{"id":78787,"date":"2015-09-15T08:19:13","date_gmt":"2015-09-15T06:19:13","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=78787"},"modified":"2015-09-15T08:19:13","modified_gmt":"2015-09-15T06:19:13","slug":"ivan-is-back-par-zebu","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/09\/15\/ivan-is-back-par-zebu\/","title":{"rendered":"Ivan is back\u00a0!, par Z\u00e9bu"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u2018L\u2019Occident\u2019, comme on aime parfois d\u00e9nommer un conglom\u00e9rat d\u2019int\u00e9r\u00eats parfois communs et parfois divergents, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9conomie et de finances, pensait que la Russie \u00e9tait sur le reculoir, voire m\u00eame sur l\u2019\u00e9teignoir avec la crise chypriote en 2013 qui fut, aussi, une pierre suppl\u00e9mentaire dans un jardin russe proche-oriental qui semblait rapetisser \u00e0 vue d\u2019\u0153il ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Le bail-in impos\u00e9 \u00e0 Chypre, aux oligarques russes et par suite \u00e0 la Russie, \u00e9tait une premi\u00e8re, tant pour des institutions financi\u00e8res jusqu\u2019alors habitu\u00e9es \u00e0 des bail-out g\u00e9n\u00e9reux parce que couverts par les gouvernements, que pour une Union europ\u00e9enne qui, m\u00eame indirectement, s\u2019imposait ainsi face aux int\u00e9r\u00eats russes. Et quand le pr\u00e9sident nouvellement \u00e9lu d\u2019Ukraine dut choisir entre cet \u2018Occident\u2019 et la Russie, on pensa fin 2013 que l\u2019Ukraine pencherait vers l\u2019Union Europ\u00e9enne pour une foule de raisons, notamment \u00e9conomiques et financi\u00e8res, pour un pays endett\u00e9 comme elle l\u2019\u00e9tait, en faisant d\u00e9j\u00e0 miroiter un \u2018plan d\u2019aide\u2019 financier.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au Proche-Orient, la Russie ne pouvait plus gu\u00e8re compter que sur le r\u00e9gime de Bachar Al Assad et sur l\u2019Iran, tous deux en difficult\u00e9s, le premier pour avoir accept\u00e9 et suivi le plan impos\u00e9 de d\u00e9sarmement et de destruction de ses armes biologiques, devant faire face par ailleurs \u00e0 une opposition autrement plus structur\u00e9e avec Daech et perdant du terrain progressivement, le second par les sanctions \u00e9conomiques impos\u00e9es par ce m\u00eame \u2018Occident\u2019 du fait de ses activit\u00e9s nucl\u00e9aires.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, les ambitions r\u00e9gionales d\u2019une Turquie en plein essor s\u2019affirmaient, soutenues en cela par les r\u00e9volutions arabes qui avaient notamment permis en Egypte aux Fr\u00e8res musulmans d\u2019acc\u00e9der au pouvoir d\u00e9mocratiquement par l\u2019\u00e9lection de M. Morsi \u00e0 la pr\u00e9sidence et au Qatar de contrecarrer les ambitions de l\u2019Arabie Saoudite. La Russie semblait ne pas pouvoir \u00eatre en mesure de faire face au destin de sa disparition annonc\u00e9e de cette r\u00e9gion, et plus globalement, de son \u2018containment\u2019 par \u2018l\u2019Occident\u2019 dans le monde, sinon sur ses fronti\u00e8res ouest et sud-ouest, celles qui importent en d\u00e9finitive \u00e0 \u2018l\u2019Occident\u2019.<\/p>\n<p>\u2018Ivan\u2019 n\u2019aurait ainsi plus que l\u2019Orient comme seul horizon \u2026<\/p>\n<p>Deux ans plus tard, c\u2019est \u00e0 un tout autre scenario que nous sommes en train d\u2019assister.<\/p>\n<p>Car entre-temps, plusieurs \u2018r\u00e9volutions\u2019 (ou contre-r\u00e9volutions selon la position o\u00f9 l\u2019on se situe) se sont d\u00e9roul\u00e9es. En avril 2013, Daech \u00e9merge officiellement, non plus comme simple affili\u00e9 \u00e0 Al Qa\u00efda, mais comme mouvement djihadiste autonome revendiquant une vision totalement diff\u00e9rente des mouvements djihadistes d\u2019alors avec son pr\u00e9dicat pour le Califat et sa radicalit\u00e9.<\/p>\n<p>Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 de cette m\u00eame ann\u00e9e, une r\u00e9volution \u00e9gyptienne met \u00e0 bas le pr\u00e9sident \u00e9lu M. Morsi qui finira emprisonn\u00e9 et remplac\u00e9 par le Mar\u00e9chal Al Sissi, lequel commence d\u00e8s la fin 2013 \u00e0 prendre contact avec la Russie. Et fin de cette m\u00eame ann\u00e9e, le pr\u00e9sident ukrainien Ianoukovitch provoque une r\u00e9volte par son choix \u2018russe\u2019 qui aboutira in fine par l\u2019occupation militaire de la Crim\u00e9e par la Russie.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la Russie stoppe ainsi l\u2019expansion territoriale de l\u2019Union europ\u00e9enne qui semblait sans limites, tout en fragilisant une Ukraine d\u00e9pendante du gaz russe, accabl\u00e9e par ses dettes et fragment\u00e9e territorialement. Daech lui poursuit son expansion, tant en Irak qu\u2019en Syrie, provoquant l\u2019irruption sur la sc\u00e8ne moyen-orientale de la question kurde, seule alors \u00e0 m\u00eame de stopper l\u2019avanc\u00e9e du mouvement djihadiste, mais aussi de l\u2019Iran en Irak avec les milices chiites rempla\u00e7ant l\u2019arm\u00e9e irakienne d\u00e9faillante. Cette m\u00eame question kurde poussera ensuite la Turquie \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une guerre contre les kurdes du PKK en Turquie, dans un contexte de contestation interne croissant, avec des manifestations populaires et des \u00e9lections l\u00e9gislatives qui verront le succ\u00e8s inesp\u00e9r\u00e9 d\u2019un parti alternatif turc et en partie kurde, venant ainsi contester en son sein le discours sans limites sur le pouvoir d\u2019un pr\u00e9sident turc qui se r\u00eavait sultan. Le djihadisme a ainsi remplac\u00e9 l\u2019islamisme politique comme possibilit\u00e9 d\u2019expansion dans la r\u00e9gion. Dans le sud de la p\u00e9ninsule arabique, au Y\u00e9men, mais aussi au sein des pays du Golfe, ce djihadisme sunnite ou chiite met \u00e0 mal l\u2019image de stabilit\u00e9 de ces pays et remet en question les pr\u00e9tentions, rivales, pour un leadership r\u00e9gional de l\u2019Arabie Saoudite et du Qatar. L\u2019Iran, lui, apr\u00e8s des ann\u00e9es de n\u00e9gociations, finit par obtenir un accord sur le nucl\u00e9aire contre l\u2019avis d\u2019Isra\u00ebl qui lui permet d\u2019all\u00e9ger progressivement les sanctions \u00e9conomiques qui pesaient durement sur son \u00e9conomie mais aussi sur la stabilit\u00e9 d\u2019un r\u00e9gime qui devait faire face \u00e0 une contestation sociale croissante. Sa r\u00e9int\u00e9gration dans le jeu moyen-oriental est aussi en bonne partie d\u00fb \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 pour \u2018l\u2019Occident\u2019 de faire face \u00e0 l\u2019offensive de Daech en Irak, gr\u00e2ce aux moyens militaires indirectement ou directement ins\u00e9r\u00e9s dans le sud du pays par l\u2019Iran.<\/p>\n<p>Entre-temps, le \u2018choc p\u00e9trolier\u2019 entre les tenants nord-am\u00e9ricains du gaz et du p\u00e9trole de schiste et ceux du p\u00e9trole \u2018classique\u2019 emmen\u00e9s par l\u2019Arabie Saoudite produisit une baisse tr\u00e8s forte des prix du p\u00e9trole, pour aboutir \u00e0 l\u2019acceptation par l\u2019OPEP de la situation ainsi cr\u00e9\u00e9e, relativisant du coup la pr\u00e9\u00e9minence et la pr\u00e9tention de l\u2019Arabie Saoudite \u00e0 d\u00e9finir le prix du p\u00e9trole. Ce \u2018choc\u2019 a durement impact\u00e9 la Russie en 2014, tant financi\u00e8rement que sur sa monnaie le rouble, mais la Russie a su \u00eatre r\u00e9siliente face \u00e0 cette crise dont d\u2019aucuns pr\u00e9disaient qu\u2019elle finirait par la mettre \u00e0 genoux, non sans avoir oubli\u00e9 d\u2019avoir profit\u00e9 de l\u2019occasion de la crise politique grecque et europ\u00e9enne pour se rappeler aux bons souvenirs de l\u2019Europe par ses propositions de partenariats \u00e9nerg\u00e9tiques avec la Gr\u00e8ce et la Turquie.<\/p>\n<p>A la fin de l\u2019\u00e9t\u00e9 2015, la Russie est donc dans une position g\u00e9ostrat\u00e9gique autrement plus favorable qu\u2019il y a seulement 2 ans, en bonne partie du fait de l\u2019immixtion de Daech au Moyen-Orient.<\/p>\n<p>Et c\u2019est \u00e0 partir de cette situation que le pouvoir russe d\u00e9cide, en pleine crise migratoire des r\u00e9fugi\u00e9s syriens en Europe, d\u2019intervenir massivement en Syrie, le r\u00e9gime semblant effectivement \u00e0 bout de souffle face aux assauts conjoints des groupes arm\u00e9s sur le terrain.<\/p>\n<p>Quelques jours auparavant, l\u2019Egypte renoue ses relations diplomatiques avec le r\u00e9gime syrien, partageant ainsi \u00e0 la fois les m\u00eames pr\u00e9occupations s\u00e9curitaires (le Sina\u00ef est r\u00e9guli\u00e8rement l\u2019objet d\u2019attentats djihadistes) et \u00e0 la fois le m\u00eame partenaire, la Russie, y compris sur le plan de l\u2019armement, l\u2019Egypte \u00e9tant int\u00e9ress\u00e9e pour s\u2019approvisionner aupr\u00e8s de Moscou.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, ENI, multinationale italienne, redistribue les cartes \u00e9nerg\u00e9tiques dans la M\u00e9diterran\u00e9e orientale en annon\u00e7ant que le plus grand gisement gazier de la r\u00e9gion vient d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert, un gisement autrement plus important que celui d\u00e9couvert par un consortium am\u00e9ricano-isra\u00e9lien quelques ann\u00e9es auparavant. Cette d\u00e9couverte, effectu\u00e9e par une entreprise italienne dont le gouvernement stipendie r\u00e9guli\u00e8rement les sanctions europ\u00e9ennes contre la Russie, sanctions qui p\u00e8sent pr\u00e8s de 5 milliards d\u2019euros et dont le dirigeant pass\u00e9, M. Berlusconi, \u00e9tait un grand ami de M. Poutine mais aussi de M. Netanyahou, permettront au r\u00e9gime \u00e9gyptien de faire face \u00e0 ses besoins sociaux internes mais aussi d\u2019exporter, sans doute \u00e0 moindre co\u00fbt que ceux propos\u00e9s par Isra\u00ebl \u00e0 ses voisins\u00a0: Jordanie, Palestine, mais aussi \u2026 l\u2019Europe, qui cherchait \u00e0 diversifier ses sources d\u2019approvisionnement en gaz, majoritairement russes. Rosneft, soci\u00e9t\u00e9 d\u2019\u00e9tat russe et seconde productrice de p\u00e9trole en Russie, signe avec cette m\u00eame Egypte un accord de livraison de Gaz liqu\u00e9fi\u00e9 pour pourvoir aux besoins du pays jusqu\u2019en 2019, quand l\u2019Egypte envisageait jusqu\u2019il y a peu d\u2019importer ce gaz d\u2019Isra\u00ebl. Une Egypte, le hasard faisant bien les choses, qui serait tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 racheter \u00e0 la France les deux fr\u00e9gates qui devaient \u00eatre vendues \u00e0 la Russie, le premier ministre M. Valls faisant le d\u00e9placement en octobre pour s\u2019assurer qu\u2019un tel \u2018transfert\u2019 puisse se mat\u00e9rialiser \u2026<\/p>\n<p>Et c\u2019est dans ce contexte que M. Poutine a fait une offre qu\u2019Isra\u00ebl peut \u2018difficilement refuser\u2019, comme on dit, en se proposant d\u2019investir des milliards de dollars pour l\u2019exploitation du gisement de gaz Leviathan, allant jusqu\u2019\u00e0 \u2018garantir sa s\u00e9curit\u00e9\u2019, du fait justement de son positionnement militaire r\u00e9cent en Syrie, contre toutes attaques terroristes, le tout dans un contexte o\u00f9 l\u2019espace maritime et a\u00e9rien syrien est ferm\u00e9 du fait de man\u0153uvres russes jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9but octobre \u2026<\/p>\n<p>Qu\u2019un incident intervienne, contre la volont\u00e9 du \u2018parrain russe\u2019, et surtout sans qu\u2019un tel accord ait \u00e9t\u00e9 contract\u00e9, et Isra\u00ebl ne pourrait ainsi que s\u2019en mordre les doigts, alors m\u00eame que sa strat\u00e9gie d\u2019exportation de gaz aux pays frontaliers se trouve battue en br\u00e8che par l\u2019\u00e9mergence, opportune, de nouveaux gisements de gaz \u00e9gyptiens port\u00e9s par un concurrent europ\u00e9en. Isra\u00ebl, isol\u00e9e du fait des pr\u00e9occupations internes de ses alli\u00e9s, la Turquie et l\u2019Arabie Saoudite, devant faire face \u00e0 l\u2019imprimatur am\u00e9ricain quant \u00e0 la r\u00e9introduction de l\u2019Iran dans le jeu r\u00e9gional, devra y r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 deux fois \u2026<\/p>\n<p>Une offre qui ne \u2018ravira\u2019 donc certainement pas le partenaire am\u00e9ricain du consortium \u00e0 40% mais aussi les \u2018int\u00e9r\u00eats am\u00e9ricains\u2019 dans la r\u00e9gion, o\u00f9 les diff\u00e9rents pays de la r\u00e9gion ou limitrophes ne peuvent que constater le retour, effectif, de la puissance russe en remplacement d\u2019une puissance am\u00e9ricaine revenue de son statut d\u2019hyper puissance, par choix (d\u00e9sengagement) ou par manque de moyens, ou les deux \u00e0 la fois. En projetant jusqu\u2019\u00e0 un sous-marin atomique de classe Typhoon, le seul qui n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9mantel\u00e9 apr\u00e8s la chute de l\u2019Union sovi\u00e9tique, la Russie montre ainsi \u00e0 Isra\u00ebl qu\u2019il serait plus qu\u2019inopportun d\u2019envisager d\u2019\u00e9ventuelles frappes contre ses alli\u00e9s r\u00e9gionaux que sont la r\u00e9gime de Damas, le for\u00e7ant \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer sa strat\u00e9gie quant \u00e0 l\u2019espoir d\u2019une chute rapide de Bachar Al Assad, mais aussi par rapport au Hezbollah libanais ou plus largement quant \u00e0 l\u2019Iran.<\/p>\n<p>La Russie d\u00e9montre aussi \u00e0 l\u2019ensemble de ses alli\u00e9s potentiels ou actuels ou partenaires qu\u2019elle, au moins, est pr\u00eate \u00e0 investir dans la s\u00e9curit\u00e9 de ceux qui font affaire avec elle, comme un parrain le ferait de ses \u2018prot\u00e9g\u00e9s\u2019, ainsi que les investissements \u00e9nerg\u00e9tiques qu\u2019elle pourrait r\u00e9aliser dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>De fait, la Russie est la seule puissance qui a d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019elle est en capacit\u00e9 de tenir le r\u00f4le du \u2018parrain\u2019 de la r\u00e9gion, s\u2019appuyant sur la mise au pas sur ses fronti\u00e8res de la contestation de sa pr\u00e9\u00e9minence (G\u00e9orgie) ou sur un r\u00e9seau d\u2019alli\u00e9s, comme l\u2019Arm\u00e9nie, l\u2019Azerba\u00efdjan, l\u2019Iran, l\u2019Egypte, voir m\u00eame la Turquie pour ses projets gaziers et p\u00e9troliers, quand la Turquie et l\u2019Arabie Saoudite d\u00e9montrent aujourd\u2019hui leurs incapacit\u00e9s respectives \u00e0 tenir ce r\u00f4le, tant \u00e9conomiquement qu\u2019\u00e9videmment militairement.<\/p>\n<p>En pleine crise migratoire des r\u00e9fugi\u00e9s syriens et irakiens, la Russie d\u00e9montre aussi \u00e0 l\u2019Union Europ\u00e9enne que cette question ne pourra pas \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e sans elle, ni sans ses alli\u00e9s, dans la r\u00e9gion du Proche-Orient et que Daech ne pourra pas \u00eatre combattu par les voies a\u00e9riennes sans que les troupes au sol, qu\u2019elles soient russes, iraniennes ou kurdes n\u2019aient \u00e9videmment leur mot \u00e0 dire.<\/p>\n<p>C\u2019est donc \u00e0 une totale reconfiguration, sans doute un retour \u00e0 une position <em>ex-ante<\/em>, \u00e0 laquelle la Russie a pouss\u00e9 dans la r\u00e9gion, profitant de la relative faiblesse am\u00e9ricaine pour prendre une place qui en l\u2019espace de quelques mois et ann\u00e9es a \u00e9t\u00e9 prise par Daech.<\/p>\n<p>Cela induira \u00e9videmment l\u2019imposition d\u2019un r\u00e8glement politique en Syrie, \u00e0 l\u2019envers des discours martiaux occidentaux, mais aussi d\u2019aborder la question kurde en Turquie, ou le r\u00e9\u00e9quilibrage de l\u2019approvisionnement, s\u00e9curis\u00e9, en \u00e9nergie de \u2018l\u2019Occident\u2019 par cette r\u00e9gion, au d\u00e9triment des pays du Golfe et au profit d\u2019anciens-nouveaux acteurs comme l\u2019Iran ou l\u2019Egypte.<\/p>\n<p>Ce r\u00e9\u00e9quilibrage \u00e9tait d\u2019ailleurs engag\u00e9 par l\u2019\u00e9mergence d\u2019acteurs nord-am\u00e9ricains de gaz de schiste, au profit d\u2019une s\u00e9curisation accrue des voies d\u2019approvisionnement et d\u2019une baisse importante du co\u00fbt de l\u2019\u00e9nergie, sans oublier un retrait am\u00e9ricain prudent d\u2019un soutien \u00e0 l\u2019Arabie Saoudite et plus largement aux pays du Golfe dont la fiabilit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 questionn\u00e9e, pour avoir financ\u00e9 ou laiss\u00e9 financer des groupes djihadistes comme Daech.<\/p>\n<p>Il n\u2019est d\u2019ailleurs pas dit que la Russie ne continue pas, avec son alli\u00e9 l\u2019Iran, de \u2018r\u00e9occuper\u2019 une position d\u2019influence en Afghanistan qu\u2019elle occupait il y a presque 30 ans et que les Etats-Unis, via les services pakistanais d\u2019abord, puis directement, ont ensuite occup\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ivan is back\u00a0!\u00a0\u00bb pourrait-on donc dire, mais \u00e9tait-il jamais parti\u00a0du Proche et du Moyen-Orient ?<\/p>\n<p>Car en contre-point, c\u2019est surtout l\u2019\u00e9tat de faiblesse de l\u2019Europe et la fin de la p\u00e9riode d\u2019interventionnisme am\u00e9ricain (\u00ab\u00a0l\u2019hyper-puissance\u00a0\u00bb), qui entre dans une possible p\u00e9riode d\u2019isolationnisme, que souligne cette r\u00e9\u00e9mergence du pouvoir russe face aux faiblesses, aux incoh\u00e9rences et \u00e0 l\u2019inconsistance d\u2019un \u2018Occident\u2019 qui n\u2019est plus vraiment unitaire, si tant est que ce fut jamais le cas depuis la fin du mur de Berlin.<\/p>\n<p>La nature ayant horreur du vide, Daech \u00e9mergea et incarna ce vide, dans toute son horreur.<\/p>\n<p>Le retour de la Russie, pour refermer ce vide et cette parenth\u00e8se quant \u00e0 son absence, est-elle pour autant une bonne chose\u00a0pour le monde entier ?<\/p>\n<p>Il faudra attendre pour le savoir, notamment selon les r\u00e9actions am\u00e9ricaines \u00e0 ce \u00ab\u00a0retour d\u2019Ivan\u00a0\u00bb dans la r\u00e9gion et surtout selon le r\u00e9sultat des prochaines \u00e9lections am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>Le monde n\u2019est cependant plus le m\u00eame qu\u2019il y a seulement deux ans et ne sera certainement plus le m\u00eame non plus dans les deux prochaines ann\u00e9es \u00e0 venir, quitte \u00e0 ce que ce retour de la Russie ait des faux-airs d\u2019un retour au <em>statu quo ante<\/em>, au moins pour le Moyen-Orient, avec ses perdants (Pays du Golfe, Isra\u00ebl, Etats-Unis et Union Europ\u00e9enne peut-\u00eatre) et ses gagnants (Russie \u00e9videmment, Egypte, Iran, Turquie et Kurdes \u00e9ventuellement).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u2018L\u2019Occident\u2019, comme on aime parfois d\u00e9nommer un conglom\u00e9rat d\u2019int\u00e9r\u00eats parfois communs et parfois divergents, notamment lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019\u00e9conomie et de finances, pensait que la Russie \u00e9tait sur le reculoir, voire m\u00eame sur l\u2019\u00e9teignoir avec la crise chypriote en 2013 qui fut, aussi, une pierre suppl\u00e9mentaire dans un jardin russe proche-oriental qui semblait rapetisser [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1627],"tags":[69],"class_list":["post-78787","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-geopolitique-2","tag-russie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78787","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=78787"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78787\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":78790,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/78787\/revisions\/78790"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=78787"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=78787"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=78787"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}