{"id":79106,"date":"2015-09-26T13:33:00","date_gmt":"2015-09-26T11:33:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=79106"},"modified":"2015-09-26T13:33:42","modified_gmt":"2015-09-26T11:33:42","slug":"comment-la-finance-liberale-sera-subvertie-par-la-resurrection-des-personnes-dans-les-societes-intermediaires-par-pierre-sarton-du-jonchay","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/09\/26\/comment-la-finance-liberale-sera-subvertie-par-la-resurrection-des-personnes-dans-les-societes-intermediaires-par-pierre-sarton-du-jonchay\/","title":{"rendered":"Comment la finance lib\u00e9rale sera subvertie par la r\u00e9surrection des personnes dans les soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires, par Pierre Sarton du Jonchay"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Partons des faits. Le 17 septembre 2008, la banque \u00e9tatsunienne Lehman Brothers est d\u00e9clar\u00e9e en faillite. La R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis s&rsquo;est refus\u00e9e \u00e0 pr\u00eater de la liquidit\u00e9 centrale \u00e0 un repreneur \u00e9ventuel qui aurait garanti le remboursement des dettes de la banque d&rsquo;affaire. Les paiements quotidiens sur les engagements de Lehman sont donc suspendus \u00e0 partir du 18 septembre 2008. Des milliers de banques dans le monde ayant pr\u00eat\u00e9 directement ou indirectement se pr\u00e9cipitent dans leurs livres comptables pour \u00e9valuer les cr\u00e9ances qu&rsquo;elles ont sur Lehman et risquent de ne jamais \u00eatre rembours\u00e9es.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>En quelques heures, la panique financi\u00e8re envahit le monde. La r\u00e9alit\u00e9 saute aux yeux qu&rsquo;on s&rsquo;\u00e9tait convaincu d&rsquo;ignorer\u00a0: dans le r\u00e9gime de libre circulation du capital financier, il n&rsquo;existe aucun m\u00e9canisme ni aucune r\u00e8gle qui permette de calculer pr\u00e9cis\u00e9ment qui doit quoi \u00e0 qui. Une grande banque internationale a fait faillite et aucun banquier, m\u00eame pas la moindre banque centrale, n&rsquo;est capable de garantir qu&rsquo;il dispose de suffisamment de capital pour couvrir la perte possiblement encourue. La faillite de Lehman est un cataclysme mental et cognitif pour toutes les banques et assurances qui sont branch\u00e9es sur le march\u00e9 mondial de la liquidit\u00e9 mon\u00e9taire en dollar.<\/p>\n<p>Dans la confusion g\u00e9n\u00e9rale, les banques se mettent imm\u00e9diatement \u00e0 solliciter les op\u00e9rateurs financiers qui leur ont vendu des assurances sur leurs cr\u00e9dits potentiellement impay\u00e9s par Lehman. Tr\u00e8s vite, la menace syst\u00e9mique se profile de la concentration des risques sur quelques op\u00e9rateurs sp\u00e9cialis\u00e9s dans l&rsquo;assurance du cr\u00e9dit, dont l&rsquo;assureur <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/American_International_Group#Mise_sous_tutelle_publique\" rel=\"nofollow\">AIG<\/a> qui essuiera officiellement 100 milliards de perte au 31 d\u00e9cembre 2008. En d\u00e9pit de leur finalit\u00e9 originelle de r\u00e9partition et de division du risque, tous les appels en garantie convergent sur les m\u00eames acteurs. Les r\u00e9serves financi\u00e8res constitu\u00e9es pour couvrir les risques de cr\u00e9dit du syst\u00e8me bancaire mondial se r\u00e9v\u00e8lent brusquement radicalement insuffisantes. La R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis se trouve instantan\u00e9ment oblig\u00e9e d&rsquo;accorder des milliers de milliards de cr\u00e9dits relais pour emp\u00eacher la suspension de tous les paiements interbancaires entre des institutions qualifi\u00e9es ult\u00e9rieurement de \u00ab\u00a0syst\u00e9miques\u00a0\u00bb qui ne savent plus r\u00e9ellement si elles sont objectivement et v\u00e9ritablement liquides.<\/p>\n<h3 class=\"western\">La Loi mise en faillite par la finance<\/h3>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, les lois nationales et les r\u00e9glementations internationales interdisent aux banques centrales de consentir des cr\u00e9dits illimit\u00e9s aux banques priv\u00e9es. Les banquiers centraux ont donc d\u00fb dans l&rsquo;urgence et la pr\u00e9cipitation, t\u00e9l\u00e9phoner aux ministres du budget pour ne pas \u00eatre d\u00e9f\u00e9r\u00e9s devant les tribunaux quand viendrait le moment de mesurer les responsabilit\u00e9s. L&rsquo;acquiescement g\u00e9n\u00e9ral du pouvoir politique \u00e0 la suspension de tout r\u00e9gime de l\u00e9galit\u00e9 dans le monde financier a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diat quand il est apparu que les d\u00e9posants de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle pouvaient perdre instantan\u00e9ment tout ou partie du prix de leurs d\u00e9p\u00f4ts et de leur \u00e9pargne d\u00e9pos\u00e9e dans les banques.<\/p>\n<p>La faillite de Lehman n&rsquo;a donc pas mis fin au r\u00e9gime du capitalisme lib\u00e9ral par le fait para-normal que les grands \u00c9tats ont foul\u00e9 aux pieds la l\u00e9galit\u00e9 qui d\u00e9finit juridiquement le capital comme couverture du cr\u00e9dit. Contre la souverainet\u00e9, contre leur constitution, contre le principe de la propri\u00e9t\u00e9 et de la responsabilit\u00e9, les \u00c9tats dits de droit se sont port\u00e9s garants collectivement et sans limite du syst\u00e8me bancaire mondial pilot\u00e9 par la R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis. D&rsquo;institution centrale du syst\u00e8me de cr\u00e9dit international, la banque centrale des \u00c9tats-Unis est pass\u00e9e au statut transcendant de deus ex machina de la liquidit\u00e9 bancaire internationale. Toutes les banques centrales du monde sont devenues de fait par des autorisations de d\u00e9couvert \u00e0 la R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale, des filiales du gouvernement mondial de la monnaie au dessus des lois civiles. La banque centrale du dollar est devenue de fait le pr\u00eateur universel en dernier recours de toute \u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re l&rsquo;escroquerie cognitive des subprimes qui a servi de catalyseur, et derri\u00e8re ce qui nous est aujourd&rsquo;hui gentiment pr\u00e9sent\u00e9 comme l&rsquo;effacement in\u00e9luctable et n\u00e9cessaire du pouvoir politique en \u00e9conomie, il faut mesurer l&rsquo;ampleur de la r\u00e9volution qui s&rsquo;est accomplie. Depuis la faillite de Lehman, le cr\u00e9dit des banques centrales aux banques priv\u00e9es n&rsquo;est plus r\u00e9gi par la loi des personnes et de la souverainet\u00e9s des nations constitu\u00e9es en \u00c9tats. Le cr\u00e9dit central qui fait exister la monnaie par quoi sont r\u00e9gl\u00e9s les \u00e9changes entre les hommes est une pure technique qu&rsquo;aucun l\u00e9gislateur, aucun pouvoir politique, aucun juge ne peut discuter ni modifier. Ce que les hommes produisent et ach\u00e8tent concr\u00e8tement n&rsquo;est plus le crit\u00e8re de calibrage de l&rsquo;\u00e9mission mon\u00e9taire. La finalit\u00e9 premi\u00e8re du capital comptabilis\u00e9 en monnaie n&rsquo;est plus de financer les activit\u00e9s qui r\u00e9pondent \u00e0 des besoins humains d\u00e9lib\u00e9rables.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Escroquerie \u00e0 l&rsquo;assurance par les d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit<\/h3>\n<p>Une fois que le syst\u00e8me bancaire mondial en dollar \u00e0 obtenu la garantie sans limite de tous les \u00c9tats pour que les d\u00e9posants et cr\u00e9anciers des banques ne subissent aucune perte comptable, un calcul approximatif des pertes assur\u00e9es par les \u00ab\u00a0d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit\u00a0\u00bb a pu se faire dans les mois qui ont suivi la faillite de Lehman. Les d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit sont des assurances que les banques se vendent et s&rsquo;ach\u00e8tent sur les pertes comptables qu&rsquo;elles peuvent subir du fait de cr\u00e9dits non remboursables pour une quelconque raison. Des milliers de milliards de pertes comptables pouvaient \u00eatre envisag\u00e9es par les banques du fait de la mise en faillite de Lehman. Mais par les contrats d&rsquo;assurance du cr\u00e9dit, les pertes r\u00e9elles pouvaient \u00eatre moindre, \u00e0 la condition que les banques en position d&rsquo;assurance disposent de suffisamment de r\u00e9serves en capital pour verser tous les d\u00e9dommagements dus et r\u00e9clam\u00e9s.<\/p>\n<p>Le doute g\u00e9n\u00e9ral sur la fiabilit\u00e9 du syst\u00e8me financier ne pouvait \u00eatre lev\u00e9 que si le total des pertes r\u00e9elles sur les cr\u00e9dits effectivement non remboursables restait inf\u00e9rieur au total des fonds propres disponibles dans l&rsquo;ensemble des banques. Le calcul des pertes effectives engendr\u00e9es par les faillites bancaires pr\u00e9c\u00e9dant et succ\u00e9dant \u00e0 celle de Lehman s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 long, complexe et irr\u00e9m\u00e9diablement approximatif. Pourquoi\u00a0? Parce que la monnaie et le cr\u00e9dit d\u00e9connect\u00e9s d&rsquo;une loi commune entre tout ceux qui ach\u00e8tent, vendent, doivent et paient, n&rsquo;ont aucun fondement objectif quant \u00e0 ce qui a de la valeur ou n&rsquo;en a pas. Quand les banques ont confront\u00e9 entre elles l&rsquo;\u00e9valuation du solde de leurs cr\u00e9ances r\u00e9ciproques apr\u00e8s la banqueroute des subprimes, elles n&rsquo;ont pu que constater la non concordance de leurs \u00e9valuations de ce qui \u00e9tait r\u00e9ellement perdu ou pas perdu.<\/p>\n<p>En l&rsquo;absence de crit\u00e8re objectif commun \u00e0 un m\u00eame march\u00e9, les dettes remboursables des uns sont des dettes non-remboursables pour les autres\u00a0; des dettes bien assur\u00e9es pour les uns ne sont pas r\u00e9ellement assur\u00e9es pour les autres. L&rsquo;effondrement de la confiance sur le march\u00e9 interbancaire du cr\u00e9dit n&rsquo;a pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9 que par l&rsquo;engagement des banques centrales \u00e0 faire cr\u00e9dit sans limite aux banques qui n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 officiellement mises en faillite. \u00ab\u00a0Sans limite\u00a0\u00bb a explicitement signifi\u00e9 \u00e0 tout esprit financier lib\u00e9ral\u00a0: hors des limites d&rsquo;une l\u00e9galit\u00e9 commune, d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e et partag\u00e9e. Tous les banquiers ont alors consciemment r\u00e9alis\u00e9 que la d\u00e9tention d&rsquo;une masse critique de d\u00e9p\u00f4ts des entreprises et des particuliers repr\u00e9sentait un droit de tirage quantitativement illimit\u00e9 sur la liquidit\u00e9 des banques centrales.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps que les pertes de cr\u00e9dit et que la solvabilit\u00e9 effective des assureurs du cr\u00e9dit ont \u00e9t\u00e9 laborieusement \u00e9valu\u00e9es pendant l&rsquo;ann\u00e9e 2009, les mod\u00e8les de prix financier des d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit ont \u00e9t\u00e9 recalibr\u00e9s afin d&rsquo;int\u00e9grer l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment syst\u00e9mique nouveau de la garantie \u00e9tatique illimit\u00e9e des d\u00e9p\u00f4ts bancaires. Miraculeusement, les banquiers sont alors parvenus \u00e0 d\u00e9montrer que l&rsquo;ensemble des fonds propres des banques \u00e9taient suffisants pour faire face aux cons\u00e9quences d&rsquo;un nouveau krach type Lehman. Qu&rsquo;avaient r\u00e9alis\u00e9 les banquiers au plan technique\u00a0? Que la d\u00e9tention des d\u00e9p\u00f4ts et de l&rsquo;\u00e9pargne des personnes physiques qui \u00e9lisent les gouvernements, repr\u00e9sentait un capital gratuit sans limite l\u00e9gale. Ainsi avaient-ils le moyen d&rsquo;assurer n&rsquo;importe quelle politique de sp\u00e9culation sur la mesure du prix du cr\u00e9dit. La technique financi\u00e8re avait r\u00e9alis\u00e9 la dissociation absolue du droit et du bien commun.<\/p>\n<h3 class=\"western\">An\u00e9antissement financier de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral<\/h3>\n<p>Depuis le krach des subprimes, il est devenu tout \u00e0 fait inutile de produire de savants calculs juridiques et math\u00e9matiques pour \u00ab\u00a0saucissonner le risque\u00a0\u00bb de mani\u00e8re \u00e0 le rendre invisible aux \u00e9pargnants. Quand un banquier \u00ab\u00a0too big to fail\u00a0\u00bb a r\u00e9alis\u00e9 trop de pertes sur des op\u00e9rations d&rsquo;assurance du risque de cr\u00e9dit sur le faux march\u00e9 mondial de la liquidit\u00e9 en dollar et en monnaies deriv\u00e9es du dollar, il lui suffit de montrer ses d\u00e9p\u00f4ts pour menacer les pouvoirs publics de sa propre faillite. Autrement dit, il suffit de fabriquer des bombes logiques avec la th\u00e9orie math\u00e9matique des jeux et des options\u00a0; puis de vendre ces bombes logiques contre monnaie \u00e0 des \u00ab\u00a0investisseurs\u00a0\u00bb\u00a0; et enfin de pr\u00e9senter la facture aux \u00c9tats quant la bulle sp\u00e9culative se d\u00e9sint\u00e8gre. Pour \u00eatre bien s\u00fbr de se faire comprendre par les politiques, on finance leurs campagnes \u00e9lectorales et on provoque des fuites de capitaux chez ceux qui h\u00e9sitent \u00e0 puiser dans les finances publiques.<\/p>\n<p>Depuis 2010, les pouvoirs politiques ont cess\u00e9 de parler du renforcement des r\u00e8gles prudentielles de couverture du cr\u00e9dit par le capital et de la surveillance publique des banques. Officiellement, les nouvelles r\u00e8gles et nouveaux dispositifs mis en place sont incontournables. Officiellement, aucun op\u00e9rateur financier ne peut plus \u00e9chapper au contr\u00f4le de la loi commune ni \u00e0 la p\u00e9nalisation de ses erreurs d&rsquo;interpr\u00e9tation. Insensiblement, la sp\u00e9culation bancaire libre sur l&rsquo;ind\u00e9finition du cr\u00e9dit est devenue la crise du surendettement des \u00c9tats. Les banques centrales n&rsquo;ont jamais pu revenir au r\u00e9gime l\u00e9gal de limitation centrale de la masse des cr\u00e9dits accord\u00e9e \u00e0 la liquidit\u00e9 interbancaire.<\/p>\n<p>Les autorisations de d\u00e9couvert des banques aupr\u00e8s du banquier central sont bien revenues dans des limites d&rsquo;utilisation plus d\u00e9centes par rapport \u00e0 la production r\u00e9elle de richesse. Mais les conditions de couverture des cr\u00e9dits centraux par des actifs r\u00e9els d\u00e9pos\u00e9s dans les banques ont d\u00fb \u00eatre assouplies davantage qu&rsquo;au lendemain de la faillite de Lehman. Et surtout, les primes de cr\u00e9dit pay\u00e9es par les banques aux banques centrales sont devenues quasi nulles. En 2015, sept ans apr\u00e8s la faillite de Lehman, les banques centrales pr\u00eatent gratuitement aux banques. De toute \u00e9vidence, il est manifestement impossible de rehausser le prix qualitatif et quantitatif de la liquidit\u00e9 achet\u00e9e aux banques centrales sans provoquer une cascade non mesurable de faillites financi\u00e8res.<\/p>\n<p>Non seulement la mati\u00e8re premi\u00e8re de la comptabilit\u00e9 bancaire ne co\u00fbte plus rien, mais cette liquidit\u00e9 n&rsquo;est plus engag\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle du risque d&rsquo;entreprise. Toutes les pertes de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle sur les investissements insuffisamment rentables sont prises en charge par le patrimoine et le travail des entrepreneurs r\u00e9els et par la puissance publique hors des march\u00e9s financiers officiels. Entre les banquiers et les \u00c9tats, les pertes r\u00e9elles de cr\u00e9dit restent non mesurables en capital financier effectivement constitu\u00e9 et disponible dans les banques. De fait, les b\u00e9n\u00e9fices affich\u00e9s par la finance ne sont plus constitu\u00e9s que du contre-prix des pertes mesur\u00e9es dans les entreprises publiques et priv\u00e9es de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle. A partir de son extra-territorialit\u00e9, la finance retourne les lois politiques de souverainet\u00e9 n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle, pour se faire r\u00e9mun\u00e9rer le service de la calculabilit\u00e9 \u00e9conomique qu&rsquo;elle ne rend plus du tout.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Sophisme int\u00e9ress\u00e9 de la neutralit\u00e9 mon\u00e9taire<\/h3>\n<p>Dans l&rsquo;univers de la financiarisation totalitaire lib\u00e9rale, les flux mon\u00e9taires de r\u00e8glement des transactions r\u00e9elles sont grev\u00e9s d&rsquo;un pr\u00e9l\u00e8vement libre sans contrepartie r\u00e9elle. La masse des int\u00e9r\u00eats r\u00e9gl\u00e9s sur les emprunts aux non-r\u00e9sidents des zones mon\u00e9taires territorialis\u00e9es, ne correspond \u00e0 aucun service ni public, ni priv\u00e9. Les int\u00e9r\u00eats vers\u00e9s par l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle sur ses besoins de financement ont pour seul contrepartie le risque syst\u00e9mique engendr\u00e9 ex nihilo par le postulat lib\u00e9ral de la monnaie exon\u00e9r\u00e9e de la Loi. Le syst\u00e8me financier post Lehman r\u00e9alise absolument le postulat lib\u00e9ral de la neutralit\u00e9 \u00e9conomique morale intrins\u00e8que de la monnaie. Le sophisme de la neutralit\u00e9 mon\u00e9taire repose sur un postulat juridique arbitraire du capital r\u00e9el infini des banques centrales.<\/p>\n<p>Le capital r\u00e9el infini des banques centrales consiste \u00e0 d\u00e9clarer leur infaillibilit\u00e9 par une dispense de comptabilisation des pertes de cr\u00e9dit sur les banques priv\u00e9es. L&rsquo;infaillibilit\u00e9 des banques centrales fait l&rsquo;infaillibilit\u00e9 des banques en g\u00e9n\u00e9ral puisque la banque centrale n&rsquo;a pas \u00e0 rendre de comptes sur la qualit\u00e9 de ses cr\u00e9dits. L&rsquo;infaillibilit\u00e9 des banques centrales \u00e9tant cr\u00e9e par la Loi, les gouvernements lib\u00e9raux des \u00c9tats les plus puissants ach\u00e8tent par l\u00e0 un droit de pr\u00e9l\u00e8vement infini sur l&rsquo;\u00e9pargne mondiale r\u00e9elle sans avoir \u00e0 rendre compte du service de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 un bien commun universel. Quand le pr\u00e9l\u00e8vement financier oligarchique devient trop visible \u00e0 partir du krach des subprimes, les \u00ab\u00a0march\u00e9s\u00a0\u00bb accusent les citoyens de trop d\u00e9penser et d&rsquo;oublier de payer les imp\u00f4ts qui remboursent les dettes publiques. L&rsquo;infaillibilit\u00e9 des banques fait la toute puissance des oligarchies.<\/p>\n<p>L&rsquo;an\u00e9antissement de la Gr\u00e8ce dans la zone euro est ainsi absolument n\u00e9cessaire parce que la BCE ne peut pas comptabiliser la moindre perte sur les banques install\u00e9es en Gr\u00e8ce\u00a0; et parce que les banques ne veulent pas compromettre, dans leur mauvaise appr\u00e9ciation de la solvabilit\u00e9 des \u00c9tats, les int\u00e9r\u00eats per\u00e7us sur les titres de dette publique. La d\u00e9r\u00e9glementation financi\u00e8re des ann\u00e9es quatre-vingt actuellement en vigueur, a \u00e9t\u00e9 construite sur la fiction du risque nul des titres publics. Les banques peuvent r\u00e9allouer sans limite l&rsquo;\u00e9pargne de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle au rachat des titres publics et peuvent reverser imm\u00e9diatement et int\u00e9gralement, la marge d&rsquo;int\u00e9r\u00eat qu&rsquo;elles per\u00e7oivent \u00e0 leurs dirigeants et leurs actionnaires. Les politiques sont incit\u00e9s \u00e0 endetter leur pays sans limite afin de financer leur story telling \u00e9lectoral qui n&rsquo;a plus de rapport avec la r\u00e9alit\u00e9 des citoyens contribuables.<\/p>\n<p>Les portefeuilles de cr\u00e9dits des banques centrales aux banques priv\u00e9es sont devenus gigantesques. Les anciennes r\u00e8gles de proportionnalit\u00e9 quantitative du cr\u00e9dit central aux besoins de paiement quotidiens de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle tombent dans l&rsquo;oubli. La monnaie est d\u00e9sormais \u00e9mise principalement pour que les banques puissent compenser la fraction de la dette interbancaire qui reste inscrite comme active mais ne pourra jamais \u00eatre rembours\u00e9e. Les banques ont vendu \u00e0 leurs filiales log\u00e9es dans les paradis fiscaux, tous leurs cr\u00e9dits qui ne leur rapportent plus rien. Les paradis fiscaux sont des trous noirs comptables qu&rsquo;aucune autorit\u00e9 publique souveraine n&rsquo;a le pouvoir de regarder. Les banques y sont totalement ma\u00eetres des principes de r\u00e9alit\u00e9 et de l\u00e9galit\u00e9 qu&rsquo;elles appliquent aux cr\u00e9dits qu&rsquo;elles y enregistrent\u00a0: l&rsquo;existence d&#8217;emprunteurs r\u00e9els produisant des richesses effectives y est l\u00e9galement inv\u00e9rifiable.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Utilit\u00e9 du paradis dans la religion f\u00e9roce<\/h3>\n<p>Les paradis fiscaux cr\u00e9\u00e9s aux XIX\u00e8me si\u00e8cle sont le socle du capitalisme financier lib\u00e9ral. Pour concentrer la richesse et les b\u00e9n\u00e9fices de l&rsquo;esprit d&rsquo;entreprise aux d\u00e9pens du travail r\u00e9el, il faut soustraire \u00e0 la Justice et au contr\u00f4le des citoyens les activit\u00e9s contraires \u00e0 l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits. Au moment du \u00ab\u00a0<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Scandale_de_Panama\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">scandale de Panama<\/a> \u00bb en 1888, Panama \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 un paradis fiscal parmi tant d&rsquo;autres. Outre l&rsquo;\u00e9vitement de l&rsquo;imp\u00f4t, la paradis fiscal est une machine \u00e0 produire des histoires publiques inv\u00e9rifiables\u00a0: pas d&rsquo;identification physique des contreparties engag\u00e9es, pas de formalisation contractuelle objective, pas d&rsquo;arbitre public impartial. La mutation qui s&rsquo;op\u00e8re effectivement par le krach des subprimes est la lev\u00e9e pour les banques et leurs dirigeants des derniers obstacles institutionnels \u00e0 l&rsquo;utilisation des paradis fiscaux.<\/p>\n<p>A l&rsquo;oppos\u00e9 exacte de ce qu&rsquo;ils affirment, les gouvernements l\u00e9gaux recourent eux-m\u00eames aux paradis fiscaux pour ne pas inscrire dans les budgets nationaux pr\u00e9sent\u00e9s aux parlements les d\u00e9penses et les d\u00e9fiscalisations financi\u00e8res, d\u00e9penses fiscales destin\u00e9es \u00e0 solvabiliser le r\u00e9gime de l&rsquo;anarchie financi\u00e8re absolue. Le sympt\u00f4me financier de l&rsquo;insolvabilit\u00e9 du syst\u00e8me bancaire et mon\u00e9taire est la croissance inexorable des dettes publiques officielles et officieuses comptabilis\u00e9es ou non dans les comptes des \u00c9tats. Malgr\u00e9 les politiques d&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9 consistant \u00e0 tailler dans les d\u00e9penses publiques de justice, d&rsquo;investissement et de solidarit\u00e9, et \u00e0 alourdir la fiscalit\u00e9, les d\u00e9ficits publics ne se r\u00e9sorbent nulle part. Les \u00c9tats sont contraints de prendre \u00e0 leur charge par des ressources emprunt\u00e9es le financement de l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle abandonn\u00e9 par les banques.<\/p>\n<p>Les paradis fiscaux qui masquent les pertes des banques masquent \u00e9galement les b\u00e9n\u00e9fices des activit\u00e9s rentables. Les \u00c9tats payent des int\u00e9r\u00eats sur leurs emprunts sans pouvoir taxer toute la valeur ajout\u00e9e qu&rsquo;ils ont pu pr\u00e9server par leurs d\u00e9penses. Les dettes publiques s&rsquo;alimentent d&rsquo;elles-m\u00eames par les seuls versements d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, qui non seulement sont sup\u00e9rieurs \u00e0 la croissance nette de la valeur ajout\u00e9e, mais qui ne sont pas taxables car vers\u00e9s \u00e0 des faux non-r\u00e9sidents log\u00e9s dans les paradis fiscaux.<\/p>\n<p>La libre circulation du capital, la mondialisation de la finance hors des souverainet\u00e9s politiques et la libre production bancaire de cr\u00e9dits hors des r\u00e9alit\u00e9s objectivement mesurables, sont une machine infernale ontologique. L&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle humaine est d\u00e9truite par une insurmontable asym\u00e9trie d&rsquo;information entre des oligarques politiques et financiers propri\u00e9taires d&rsquo;une vision g\u00e9n\u00e9rale et des esclaves enferm\u00e9s dans leur r\u00e9alit\u00e9 particuli\u00e8re. Le vrai prix des choses entre ce qu&rsquo;on sait coop\u00e9rativement produire et la somme des besoins exprim\u00e9s par les individus est r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 une minorit\u00e9 d&rsquo;initi\u00e9s. La r\u00e9partition des revenus r\u00e9mun\u00e8re la concentration du capital aux d\u00e9pens du travail r\u00e9el de transformation de la mati\u00e8re en biens effectifs. Le calcul \u00e9conomique falsifi\u00e9 par l&rsquo;anarchie financi\u00e8re ne dit plus rien de ce que les hommes demandent ni de ce qu&rsquo;ils offrent de produire par leur facult\u00e9s de travail.<\/p>\n<h3 class=\"western\">\u00c9pist\u00e9mologie de l&rsquo;escroquerie lib\u00e9rale<\/h3>\n<p>Devant l&rsquo;\u00e9vidence des destructions op\u00e9r\u00e9es par le non-syst\u00e8me actuel de la pr\u00e9dation financi\u00e8re libre, la question se pose du mode cognitif par lequel les gens de pouvoir ont perdu \u00e0 ce point le sens des responsabilit\u00e9s et de la mesure d&rsquo;une r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9ritable. Si l&rsquo;on pose que la destruction du monde par la cupidit\u00e9 ou la b\u00eatise n&rsquo;est pas une fatalit\u00e9, il y a certainement une erreur cognitive dans le raisonnement lib\u00e9ral. La falsification lib\u00e9rale du r\u00e9el consiste donc \u00e0 tout hi\u00e9rarchiser par les prix sans adosser la monnaie qui compte les prix \u00e0 la Loi qui r\u00e9unit les acheteurs et les vendeurs par des biens r\u00e9els. La r\u00e9alit\u00e9 lib\u00e9rale est juste quantifi\u00e9e par des prix qui tombent de la loi surnaturelle de l&rsquo;offre et de la demande. Les riches sont riches parce qu&rsquo;ils offrent plus qu&rsquo;ils ne demandent. Les pauvres payent des int\u00e9r\u00eats parce qu&rsquo;ils ne sont pas capables de demander moins que ce qu&rsquo;ils offrent.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9r\u00eat cognitif de la crise des subprimes transform\u00e9e en crise des dettes publiques est d&rsquo;avoir mis \u00e0 nu les dissimulations du paradigme lib\u00e9ral. L&rsquo;outil financier qui contient cet impens\u00e9 est justement le d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit, dont la version \u00e0 prix r\u00e9el n\u00e9gatif s&rsquo;appelle le \u00ab\u00a0subprime\u00a0\u00bb. Un d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit est une prime d&rsquo;assurance sur le bien fond\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9cision de cr\u00e9dit. Il s&rsquo;agit de mettre un prix sur la r\u00e9alit\u00e9 subjective issue d&rsquo;une d\u00e9cision qui peut objectivement ne pas atteindre son but dans le futur. Le prix garanti par le d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit n&rsquo;est vers\u00e9 par l&rsquo;acheteur de la prime que si le remboursement du cr\u00e9dit ne se passe pas exactement comme pr\u00e9vu dans le contrat entre le pr\u00eateur et l&#8217;emprunteur. Si l&rsquo;une des conditions du cr\u00e9dit qui d\u00e9termine son remboursement, ne se passe pas comme pr\u00e9vu, le vendeur du d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit se substitue \u00e0 l&#8217;emprunteur d\u00e9faillant. Une prime de cr\u00e9dit co\u00fbte moins cher que le cr\u00e9dit lui-m\u00eame du fait que statistiquement, parce que tous les emprunteurs ne sont pas impotents, irresponsables ou voleurs, une fraction seulement des contrats de cr\u00e9dit effectifs d\u00e9bouchent sur un d\u00e9faut total ou partiel.<\/p>\n<p>La valeur primaire, donc le prix, d&rsquo;un d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit est fond\u00e9 sur l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un engagement des emprunteurs et pr\u00eateurs \u00e0 respecter les lois civiles et les r\u00e8gles l\u00e9gales du cr\u00e9dit. Un d\u00e9riv\u00e9 de cr\u00e9dit est donc une assurance sur les r\u00e9sultats mat\u00e9riels de la subjectivit\u00e9 humaine, laquelle est plus ou moins intelligente, plus ou moins responsable et plus ou moins honn\u00eate. Le paradigme lib\u00e9ral pose que la r\u00e9alit\u00e9 ne contient aucune distinction possible de la responsabilit\u00e9 subjective dans la d\u00e9finition de l&rsquo;objet sous le prix qu&rsquo;on lui donne. Un prix n&rsquo;est pas discutable. Il d\u00e9coule m\u00e9caniquement de la d\u00e9finition de l&rsquo;objet nomm\u00e9 sous le prix. Il est impossible de consid\u00e9rer qu&rsquo;un acheteur et un vendeur voient un m\u00eame objet sous leurs subjectivit\u00e9s distinctes. Il n&rsquo;y a donc pas de rapport de force entre un acheteur et un vendeur, ni aucune n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9guler ce rapport de force par une loi de nature morale qui soit plus qu&rsquo;une loi physique.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie lib\u00e9rale est intrins\u00e8quement rentable parce qu&rsquo;irr\u00e9ductiblement simple. Celui qui offre a raison parce qu&rsquo;il a\u00a0; le vrai prix ne peut pas \u00eatre autre chose que le prix de ce qu&rsquo;il a. Celui qui demande a tort parce qu&rsquo;il n&rsquo;a pas l&rsquo;objet du prix. Donc la loi de l&rsquo;offre et de la demande est m\u00e9caniquement v\u00e9rifi\u00e9e par l&rsquo;offre de prix de celui qui pr\u00e9tend poss\u00e9der la chose. Il n&rsquo;y a plus aucun d\u00e9saccord raisonnable possible puisque celui qui demande n&rsquo;a par d\u00e9finition rien de ce qu&rsquo;il demande. L&rsquo;\u00e9conomisme lib\u00e9ral \u00e9limine le probl\u00e8me de la valeur discutable du fait de la diff\u00e9rence des subjectivit\u00e9s. Comme il n&rsquo;y a plus de discussion, on comprend que l&rsquo;\u00e9quilibre de la dignit\u00e9, des droits et des devoirs des acteurs r\u00e9duits \u00e0 la condition d&rsquo;agents, ne fait plus partie de la probl\u00e9matisation du prix. L&rsquo;\u00e9conomie n&rsquo;a plus besoin de politique. Le calcul des prix n&rsquo;est plus pollu\u00e9 par la finalit\u00e9 d&rsquo;une demande humaine \u00e0 satisfaire des besoins subjectifs.<\/p>\n<h3 class=\"western\">L&rsquo;\u00eatre r\u00e9duit \u00e0 la mati\u00e8re de l&rsquo;avoir<\/h3>\n<p>Le lib\u00e9ral n&rsquo;a rien d&rsquo;inhumain. Il ne voit juste pas du tout pourquoi le prix de ce qu&rsquo;il a et de ce qu&rsquo;il offre pourrait s&rsquo;\u00e9tablir selon un point de vue diff\u00e9rent du sien. Il en d\u00e9coule que celui qui demande et va r\u00e9gler son achat en monnaie n&rsquo;a aucune raison de mettre son jugement personnel dans la balance du prix\u00a0; ni dans la balance du cr\u00e9dit que le syst\u00e8me bancaire va mobiliser pour mesurer son pouvoir d&rsquo;achat en offre future. Le postulat lib\u00e9ral de la primaut\u00e9 de l&rsquo;offre implique la primaut\u00e9 du capital sur le travail. Le capital devient une r\u00e9alit\u00e9 pr\u00e9sente d&rsquo;un ordre sup\u00e9rieur \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 future de ce que le travail produira. Celui qui offre de travailler pour compenser le prix de l&#8217;emprunt qu&rsquo;il contracte, doit forc\u00e9ment \u00eatre aux ordres du propri\u00e9taire imm\u00e9diat du capital offert. Le capital n&rsquo;est pas l&rsquo;acquisition possible de biens futurs aussi r\u00e9els que le prix actuel.<\/p>\n<p>La vision lib\u00e9rale fait l&rsquo;\u00e9conomie de la loi et de la d\u00e9finition contractualis\u00e9e des biens qui d\u00e9terminent la demande de travail. Le prix possible des biens n&rsquo;est plus subordonn\u00e9 \u00e0 la condition politique commune du bien. N&rsquo;accorder de r\u00e9alit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;offre de ce qui existe d\u00e9j\u00e0, a pour avantage d&rsquo;exclure du d\u00e9bat public, donc du processus de n\u00e9gociation des prix sur le march\u00e9, la question de ce qui doit exister et de la nature du travail qui est \u00e0 l&rsquo;origine de la production. La politique de la demande et de la r\u00e9mun\u00e9ration du travail engag\u00e9 dans la production ne sont plus n\u00e9gociables par le droit applicable \u00e0 l&rsquo;\u00e9conomie. Le propri\u00e9taire du capital se trouve de fait propri\u00e9taire de la d\u00e9finition des droits reconnus au travail. Il devient logique d&rsquo;attribuer \u00e0 l&rsquo;entrepreneur le droit de racheter par la diminution de la r\u00e9mun\u00e9ration du travail les co\u00fbts qu&rsquo;il supporte sur les droits servis aux travailleurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;explication par le co\u00fbt excessif du travail de la d\u00e9croissance post subprimes est irr\u00e9futable dans le paradigme lib\u00e9ral. La vraie valeur \u00e9tant dans le prix de ce qu&rsquo;on poss\u00e8de d\u00e9j\u00e0 et non dans le prix anticip\u00e9 par le cr\u00e9dit de ce qu&rsquo;on va produire par le travail, il faut forc\u00e9ment abaisser la r\u00e9mun\u00e9ration du travail en droits et en salaires pour avoir une chance de revenir \u00e0 une proportionnalit\u00e9 plus acceptable entre le prix du capital disponible et le prix de la production future. Aucun politique ou \u00e9conomiste lib\u00e9ral, ne peut imaginer que le rapport de prix de l&rsquo;unit\u00e9 de capital \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 de travail puisse \u00eatre ajust\u00e9 par une politique mon\u00e9taire d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e du bien commun. Comme la monnaie lib\u00e9rale n&rsquo;est qu&rsquo;un instrument et non la mesure normative du capital par les droits du travail du citoyen, il est impossible de concevoir la proposition keyn\u00e9sienne de revalorisation du capital en cr\u00e9dit par la resolvabilisation de la demande en droits mon\u00e9taires servis au travail.<\/p>\n<p>L&rsquo;incurie lib\u00e9rale s&rsquo;\u00e9croule si la croissance de la dette est index\u00e9e par la valeur ajout\u00e9e objective du travail. Si la monnaie redevient l&rsquo;expression de la souverainet\u00e9 politique sur l&rsquo;\u00e9quilibre des \u00e9changes dans le temps entre les personnes, c&rsquo;est \u00e0 dire du travail par le capital, alors le cr\u00e9dit devient le prix actuel de la richesse v\u00e9ritable. Apr\u00e8s avoir observ\u00e9 l&rsquo;effondrement \u00e9conomique du paradigme lib\u00e9ral dans l&rsquo;entre deux guerres, Keynes a implicitement d\u00e9fini l&rsquo;instrument mon\u00e9taire comme l&rsquo;outil politique de proportionnalisation du prix du travail au prix de capitalisation en cr\u00e9dit bancaire de la production future. La monnaie est de nature politique parce qu&rsquo;elle r\u00e9sulte du cr\u00e9dit issu de l\u2019\u00c9tat de droit adopt\u00e9 par les soci\u00e9t\u00e9s politiques. L\u2019\u00c9tat de droit keyn\u00e9sien n&rsquo;est naturellement pas cantonn\u00e9 \u00e0 l&rsquo;int\u00e9riorit\u00e9 des \u00c9tats souverains puisqu&rsquo;il est international par la mon\u00e9tisation des \u00e9changes.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Substance mon\u00e9taire de l&rsquo;\u00e9conomie du vivre ensemble<\/h3>\n<p>L&rsquo;outil d&rsquo;internationalisation du droit entre des souverainet\u00e9s diff\u00e9rentes est la monnaie\u00a0; parce que la monnaie est une fonction de souverainet\u00e9, en l\u2019occurrence celle de l&rsquo;indexation des prix par la justice des contrats\u00a0; mais aussi parce que la monnaie est un instrument commun \u00e0 tous les \u00c9tats par quoi les nations peuvent rationnellement n\u00e9gocier leurs rapports de prix en capital. La th\u00e9orisation keyn\u00e9sienne de la monnaie revient \u00e0 l&rsquo;\u00e9tymologie du capital\u00a0: prix d&rsquo;\u00e9change de la richesse globale d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 humaine gouvern\u00e9 par une \u00ab\u00a0t\u00eate\u00a0\u00bb incarnant une communaut\u00e9 de normes partag\u00e9es de transformation des biens. Le capital keyn\u00e9sien n&rsquo;est donc pas dissociable ni de la t\u00eate qui le gouverne ni des t\u00eates qui le travaillent. Le capital est donc le prix relatif d&rsquo;une politique de production identifiable par une soci\u00e9t\u00e9 incarn\u00e9e.<\/p>\n<p>Si deux soci\u00e9t\u00e9s sont en relation d&rsquo;\u00e9change dans la dur\u00e9e, elles peuvent r\u00e9gler leurs \u00e9changes par le cr\u00e9dit qu&rsquo;elles se font r\u00e9ciproquement. Le cr\u00e9dit intersocial est comptabilis\u00e9 en prix unitaire du capital commun qu&rsquo;elles constituent. Dans la chambre de compensation internationale que Keynes avait propos\u00e9 \u00e0 Bretton Woods, l&rsquo;unit\u00e9 de compte des dettes internationales est de fait \u00e9talonn\u00e9e sur le capital commun de tous les \u00c9tats engag\u00e9s dans le commerce international. Un \u00c9tat en exc\u00e9dent commercial se retrouve cr\u00e9ancier de la soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9tats en unit\u00e9 du capital nominal commun. Les cr\u00e9ances ne sont pas garanties par chacun des \u00c9tats d\u00e9biteurs mais bien par la communaut\u00e9 des nations propri\u00e9taires du capital international en \u00ab\u00a0bancors\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si un \u00c9tat \u00e0 la t\u00eate de sa propre zone mon\u00e9taire vient \u00e0 accumuler trop de cr\u00e9ances sur ses partenaires par rapport au capital mon\u00e9taire international qui le garantit, alors la prime de cr\u00e9dit de l&rsquo;actif mon\u00e9taire \u00e9tatique cr\u00e9diteur est d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e par la r\u00e9\u00e9valuation de la parit\u00e9 de change de la monnaie nationale en monnaie internationale. En contrepartie et afin de ma\u00eetriser la croissance de la masse mon\u00e9taire internationale en proportion de la croissance mondiale r\u00e9elle, les monnaies des zones excessivement d\u00e9ficitaires et excessivement endett\u00e9es par rapport au capital international, sont d\u00e9valu\u00e9es. La d\u00e9valuation d&rsquo;une parit\u00e9 de change nationale revient \u00e0 revaloriser la prime de cr\u00e9dit de la dette zonale en monnaie internationale. La compensation keyn\u00e9sienne est un syst\u00e8me de garantie internationale du cr\u00e9dit.<\/p>\n<p>La compensation en monnaie de capital \u00e9tatique international a pour cons\u00e9quence de distinguer le prix national et le prix international du capital. La contre-r\u00e9volution lib\u00e9rale des subprimes serait renvers\u00e9e dans ses cons\u00e9quences quant \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration du travail. Le prix du travail \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des zones mon\u00e9taires n&rsquo;est plus calculable directement dans les monnaies des autres zones mon\u00e9taire. Pour n\u00e9gocier une comp\u00e9tence de travail d&rsquo;une zone mon\u00e9taire \u00e0 l&rsquo;autre, il faut passer par la parit\u00e9 internationale publique de la monnaie nationale, laquelle n&rsquo;est calculable qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la souverainet\u00e9 juridique donc en incluant le prix du droit et des services publics de la zone o\u00f9 le travail est effectu\u00e9.<\/p>\n<p>La monnaie keyn\u00e9sienne r\u00e9int\u00e8gre la finance du cr\u00e9dit dans les droits du travail en incluant le prix du droit effectif dans les parit\u00e9s de change. La rupture est syst\u00e9mique par rapport \u00e0 la barbarie lib\u00e9rale\u00a0: restaur\u00e9e comme instrument financier de la responsabilit\u00e9 politique des \u00c9tats de droit, la monnaie contient la calculabilit\u00e9 du prix des primes d&rsquo;assurance des droits du travailleur. Les \u00c9tats et les gouvernements ne sont plus oblig\u00e9s de servir exclusivement les int\u00e9r\u00eats financiers anonymes mais peuvent s&rsquo;engager financi\u00e8rement dans une politique de promotion du travail et de la productivit\u00e9 r\u00e9elle du citoyen qui travaille. Si les droits et les investissements accord\u00e9s au travail co\u00fbtent cher aux entreprises expos\u00e9es au march\u00e9 international, les surco\u00fbts sociaux sont financ\u00e9s par la solidarit\u00e9 mon\u00e9taire \u00e9tatale induite par la d\u00e9valuation de la parit\u00e9 internationale concert\u00e9e. Le financement de la croissance par une politique de la demande retrouve du sens.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Scientologie lib\u00e9rale du nominalisme quantitatif<\/h3>\n<p>Pourquoi les politiques et les entrepreneurs de bonne volont\u00e9 n&rsquo;ont-ils pas adopt\u00e9 et promu le syst\u00e8me de la monnaie keyn\u00e9sienne\u00a0? La premi\u00e8re raison est historique. La R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis victorieuse de la deuxi\u00e8me guerre mondiale est rest\u00e9e sur le plan \u00e9conomique dans l&rsquo;\u00e9tat de guerre internationale qui l&rsquo;a fond\u00e9e en 1783. Elle a ferm\u00e9 les robinets de la liquidit\u00e9 internationale en dollar \u00e0 tous les pays qui ont cherch\u00e9 \u00e0 recouvrer leur souverainet\u00e9 \u00e9conomique et financi\u00e8re. Elle a achet\u00e9 la politique dans toutes les d\u00e9mocraties lib\u00e9rales o\u00f9 les \u00ab\u00a0souverainistes\u00a0\u00bb peuvent parler. M\u00eame apr\u00e8s la chute de l&#8217;empire communiste, la guerre civile financi\u00e8re en dollar est demeur\u00e9e impitoyable et mondiale. Le fisc \u00e9tatsunien et ses alli\u00e9s industriels branch\u00e9s sur les r\u00e9seaux d&rsquo;espionnage num\u00e9rique du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral frappent o\u00f9 il veulent pour des bonnes raisons autant que pour des mauvaises.<\/p>\n<p>Le coup de ma\u00eetre du lib\u00e9ralisme anglo-\u00e9tatsunien a \u00e9t\u00e9 la cr\u00e9ation de la zone euro sans cr\u00e9ation d&rsquo;une gouvernementalit\u00e9 conf\u00e9d\u00e9rale responsable devant les \u00c9tats nationaux et devant la soci\u00e9t\u00e9 politique europ\u00e9enne. L&#8217;emprise des lib\u00e9raux est absolue dans la zone euro\u00a0; les \u00c9tats nationaux ont perdu leurs moyens concrets d&rsquo;action au profit d&rsquo;une administration financiariste d\u00e9territorialis\u00e9e constitu\u00e9e dans le marbre de trait\u00e9s supranationaux. Les partisans d&rsquo;une vraie Europe politique fond\u00e9e sur des gouvernements responsables, locaux, nationaux et f\u00e9d\u00e9ral, sont rendus inaudibles par la d\u00e9sertification conceptuelle de l&rsquo;ordo-lib\u00e9ralisme franco-allemand. L&rsquo;\u00e9crasement explicite de l\u2019\u00c9tat de droit en Gr\u00e8ce laisse les opinions publiques sans voix ni conscience.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me raison \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9nuit\u00e9 mon\u00e9taire est l&rsquo;illusion cognitive scientifiquement fabriqu\u00e9e par le nominalisme quantitatif. La civilisation de la consommation libre maximale focalise toute la capacit\u00e9 de cognition humaine sur l&rsquo;objet d\u00e9tach\u00e9 du sujet qui produit. Seuls comptent les prix en monnaie neutre des achats qui font exister l&rsquo;individu pour lui-m\u00eame. Alors, la rationalit\u00e9 juridique et morale du prix par le travail de la personne pr\u00e9alable \u00e0 une quelconque consommation ne peut pas \u00eatre pens\u00e9e. Le citoyen r\u00e9sum\u00e9 par son pouvoir d&rsquo;achat en monnaie n&rsquo;a plus d&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 la causalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9conomie des biens dans la politique de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;hypnose lib\u00e9rale repose sur l&rsquo;annulation du prix des socialit\u00e9s interm\u00e9diaires entre l&rsquo;individu et l\u2019\u00c9tat. Par le monopole du cr\u00e9dit l\u00e9gal accord\u00e9 \u00e0 un syst\u00e8me bancaire hors la Loi, les solidarit\u00e9s sociales ne sont plus le substrat de la valeur ajout\u00e9e.<\/p>\n<p>Le capital lib\u00e9ral r\u00e9duit la r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 des marges virtuelles issues de mod\u00e8les de prix math\u00e9matis\u00e9s. Pour abolir le temps de l&rsquo;intelligible, les mod\u00e8les ont \u00e9t\u00e9 informatis\u00e9s. Les soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires durables et r\u00e9elles est exactement ce que le lib\u00e9ralisme an\u00e9antit. Si les citoyens ne se r\u00e9unissent plus par des personnalit\u00e9s morales librement constituables dans le temps, la transformation de la mati\u00e8re physique par les prix n&rsquo;a plus de substance. La restauration par la monnaie des conditions de possibilit\u00e9 d&rsquo;existence libre des soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires est pr\u00e9cis\u00e9ment le chemin d&rsquo;invalidation du nihilisme lib\u00e9ral. Or il se trouve que tous les outils d&rsquo;indexation de la monnaie par la multiplicit\u00e9 libre des soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires sont d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9s dans l&rsquo;actuelle compensation plan\u00e9taire des \u00e9changes.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Inverser le sens de la compensation financi\u00e8re internationale<\/h3>\n<p>Les outils cach\u00e9s de la finance globalis\u00e9e sont\u00a0: la propri\u00e9t\u00e9 personnelle des donn\u00e9es informatis\u00e9es de mesure du cr\u00e9dit\u00a0; le langage informatique hypertexte qui transforme la parole en nombre et r\u00e9ciproquement\u00a0; le march\u00e9 des changes qui rend n\u00e9gociable les primes de change entre des discours politiques diff\u00e9rents\u00a0; le march\u00e9 interbancaire mondial qui produit des parit\u00e9s de change nominal variables selon un \u00e9quilibre unique des rapports de force internationaux.<\/p>\n<p>La monnaie de compensation multinationale propos\u00e9e en 1944 par Keynes dans la n\u00e9gociation des accords de Bretton Woods existe mat\u00e9riellement et politiquement depuis le krach de 2008. Mais au lieu d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour r\u00e9partir les pertes de cr\u00e9dit sur les d\u00e9tenteurs de capital r\u00e9el, la monnaie internationale de fait a servi \u00e0 comptabiliser un accroissement fictif des dettes publiques\u00a0; afin de faire payer par les contribuables nationaux le capital virtuel amass\u00e9 par les oligarchies financi\u00e8res \u00ab\u00a0non-r\u00e9sidentes\u00a0\u00bb. Le capital r\u00e9el est la comp\u00e9tence de travail achet\u00e9e par la demande sociale \u00e0 l&rsquo;offre sociale. Le cr\u00e9dit r\u00e9el est l&rsquo;anticipation politique comptable des revenus du travail par les soci\u00e9t\u00e9s qui en ont achet\u00e9 les productions. Enfin la monnaie internationale est l&rsquo;unit\u00e9 de compte implicite qui a r\u00e9alis\u00e9 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 du prix de toutes les dettes au prix de toutes les cr\u00e9ances \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la soci\u00e9t\u00e9 mondiale.<\/p>\n<p>Pour sortir du virtualisme financier lib\u00e9ral, il faut et il suffit que la propri\u00e9t\u00e9 personnelle des donn\u00e9es du cr\u00e9dit soit publique et socialis\u00e9e. C&rsquo;est \u00e0 dire\u00a0: qu&rsquo;il soit impossible de comptabiliser un cr\u00e9dit au nom d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 dont la r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;est pas identifiable dans des personnes physiques nomm\u00e9es\u00a0; donc que toute soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9bitrice ou cr\u00e9ditrice en monnaie soit mesurable par l&rsquo;identit\u00e9 v\u00e9rifiable de chaque personne physique qui en fasse partie\u00a0; donc que la fonction d&rsquo;une banque soit de garantir l&rsquo;indexation de tout actif par les personnes morales qui en assurent le prix, et par les personnes physiques qui en r\u00e9alisent le prix\u00a0; donc que la fonction d&rsquo;un \u00c9tat soit pour chaque soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e par son capital en monnaie, de garantir la justice entre les citoyens actionnaires solidaires.<\/p>\n<p>La subversion de la virtualit\u00e9 lib\u00e9rale par les soci\u00e9t\u00e9s r\u00e9elles n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le r\u00e9gime politique de la d\u00e9mocratie lib\u00e9rale\u00a0; mais lib\u00e9rale parce qu&rsquo;\u00e9conomiquement et financi\u00e8rement juste. Dans le r\u00e9gime de la d\u00e9mocratie v\u00e9ritable, il n&rsquo;existe pas de capital sans une soci\u00e9t\u00e9 de citoyens coop\u00e9rant \u00e0 la r\u00e9alisation du cr\u00e9dit sur un ensemble commun d&rsquo;objets moraux. Et il n&rsquo;existe pas de soci\u00e9t\u00e9 financi\u00e8rement solvable sans la caution d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 de droits par qui les personnes physiques sont assur\u00e9es de leur int\u00e9grit\u00e9 dans les activit\u00e9s des soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires. La loi et le budget communs d&rsquo;assurance mutuelle sont n\u00e9cessairement le fait d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 politique interm\u00e9diaire\u00a0; interm\u00e9diaire dans la soci\u00e9t\u00e9 humaine une. L&rsquo;\u00e9conomie de la libert\u00e9 est la d\u00e9lib\u00e9ration socialis\u00e9e des biens sous le prix n\u00e9gociable des choses concr\u00e8tes.<\/p>\n<h3 class=\"western\">Application pratique \u00e0 l&rsquo;Union de l&rsquo;euro<\/h3>\n<p>Si les Europ\u00e9ens veulent revenir sur le chemin de la d\u00e9mocratie par la monnaie unique dont ils se sont dot\u00e9s, ils ne peuvent pas \u00e9viter de fonder une soci\u00e9t\u00e9 politique, financi\u00e8re, interm\u00e9diaire, commune. Donc un \u00c9tat conf\u00e9d\u00e9ral de leur monnaie commune. Il ne faut pas penser l\u2019\u00c9tat conf\u00e9d\u00e9ral de l&rsquo;euro comme une r\u00e9plique de la r\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale imp\u00e9riale \u00e9tatsunienne ou des m\u00e9tropoles imp\u00e9riales romaine, britannique, fran\u00e7aise et allemande. La Conf\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;euro est une soci\u00e9t\u00e9 politique de compensation financi\u00e8re entre des souverainet\u00e9s nationales pleinement libres et responsables. Les r\u00e8gles \u00e9conomiques et financi\u00e8res de fonctionnement des nations et de la conf\u00e9d\u00e9ration sont de m\u00eame nature, mais ordonn\u00e9es s\u00e9par\u00e9ment dans des personnes morales institu\u00e9es et distinctes.<\/p>\n<p>Si les contrats politiques internationaux sont inscrits dans la chambre de compensation de l&rsquo;euro et si l&rsquo;arm\u00e9e et la police restent dans les mains nationales, le pouvoir politique conf\u00e9d\u00e9ral ne peut plus \u00eatre capt\u00e9 par des int\u00e9r\u00eats nationaux ou \u00e9trangers. \u00c9videmment, le prix de conversion de l&rsquo;euro entre les souverainet\u00e9s internes et dans les devises \u00e9trang\u00e8res, doit devenir un monopole du march\u00e9 mon\u00e9taire public conf\u00e9d\u00e9ral. Il devient impossible \u00e0 un int\u00e9r\u00eat financier en dollar ou en livre sterling de pr\u00eater ou d&#8217;emprunter des euros sans \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 par des personnes physiques citoyennes de la Conf\u00e9d\u00e9ration de l&rsquo;euro. L&rsquo;appartenance \u00e0 la zone euro implique par cons\u00e9quent une administration douani\u00e8re conf\u00e9d\u00e9rale capable de filtrer tous les flux de capitaux r\u00e9els, donc des personnes et des biens, aux fronti\u00e8res du territoire de l&rsquo;euro.<\/p>\n<p>Pour que le contr\u00f4le conf\u00e9d\u00e9ral des personnes et des biens soient l&rsquo;application concr\u00e8te de la loi commune, il faut que le gouvernement de la conf\u00e9d\u00e9ration soit incarn\u00e9 par des repr\u00e9sentants l\u00e9gislatifs et ex\u00e9cutifs \u00e9lus par les citoyens de l&rsquo;euro. Les juges ind\u00e9pendants y sont r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s par une taxation conf\u00e9d\u00e9rale de la valeur ajout\u00e9e. Dans une compensation publique organis\u00e9e par l&rsquo;actuel Syst\u00e8me Europ\u00e9en des Banques Centrales, il n&rsquo;est aucun obstacle \u00e0 l&rsquo;enregistrement unique et exhaustif des personnes physiques. Chaque citoyen inscrit dans le SEBC, peut disposer d&rsquo;une voix en euro pour d\u00e9signer le pr\u00e9sident, les ministres, les d\u00e9put\u00e9s et les juges conf\u00e9d\u00e9raux qui capitalisent objectivement son suffrage. Pour qu&rsquo;un citoyen europ\u00e9en soit investi de l&rsquo;une de ses fonctions, il faut et il suffit qu&rsquo;il r\u00e9unisse la majorit\u00e9 des suffrages sur son nom par rapport \u00e0 tous les autres candidats reconnus \u00e9ligibles par l&rsquo;assembl\u00e9e l\u00e9gislative de la Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>L&rsquo;int\u00e9gration du capital, du cr\u00e9dit et de la monnaie dans la d\u00e9mocratie r\u00e9elle des biens personnalis\u00e9s par les soci\u00e9t\u00e9s interm\u00e9diaires revient \u00e0 organiser un march\u00e9 central public des d\u00e9riv\u00e9s de cr\u00e9dit. La prime de cr\u00e9dit fondamentale est la personne. Elle est figur\u00e9e activement par le corps physique et passivement par la socialit\u00e9 morale interm\u00e9diaire libre. Le prix r\u00e9el de toute personne physique ou morale est par d\u00e9finition unitaire et \u00e9gal au prix nominal. Le prix unitaire de toute personne est l&rsquo;essence quantitative de la monnaie\u00a0: sa condition d&rsquo;existence dans la r\u00e9alit\u00e9. Le prix des choses se d\u00e9duit alors du prix des personnes par d\u00e9composition analytique des biens dans la subjectivit\u00e9 des personnes. La d\u00e9composition financi\u00e8re analytique d&rsquo;un objet de bien est le titre n\u00e9gociable d&rsquo;un actif. Le prix d&rsquo;un titre est le prix en cr\u00e9dit qui fait accord entre acheteurs et vendeurs effectifs solidaires par la m\u00eame loi. Pour que le prix d&rsquo;un actif financier soit la mesure d&rsquo;un bien r\u00e9el, il faut qu&rsquo;il soit garanti par le capital d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 interm\u00e9diaire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Partons des faits. Le 17 septembre 2008, la banque \u00e9tatsunienne Lehman Brothers est d\u00e9clar\u00e9e en faillite. La R\u00e9serve F\u00e9d\u00e9rale des \u00c9tats-Unis s&rsquo;est refus\u00e9e \u00e0 pr\u00eater de la liquidit\u00e9 centrale \u00e0 un repreneur \u00e9ventuel qui aurait garanti le remboursement des dettes de la banque d&rsquo;affaire. 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