{"id":7925,"date":"2010-02-11T00:04:43","date_gmt":"2010-02-10T23:04:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=7925"},"modified":"2010-02-11T05:44:31","modified_gmt":"2010-02-11T04:44:31","slug":"lactualite-de-la-crise-la-confusion-comme-unique-strategie-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/02\/11\/lactualite-de-la-crise-la-confusion-comme-unique-strategie-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: la confusion comme unique strat\u00e9gie, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>LA CONFUSION COMME UNIQUE STRATEGIE<\/strong><\/p>\n<p>On ne comptait plus, hier mercredi, les confidences, communiqu\u00e9s et d\u00e9clarations ou bien les rencontres, d\u00e9jeuners, t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rences et appels t\u00e9l\u00e9phoniques, \u00e9tourdi par la f\u00e9brilit\u00e9 dont ils t\u00e9moignent et impressionn\u00e9 par le peu de r\u00e9sultat qui en ressort. Seuls les mails, les SMS et les <i>tweets<\/i> n\u2019auront pas pu \u00eatre comptabilis\u00e9s, les spectateurs de cette cohue d\u00e9bord\u00e9s. Cette journ\u00e9e aura \u00e9t\u00e9 l\u2019occasion d\u2019une sorte de mouvement brownien de conciliabules, \u00e0 propos de la crise de la zone euro ; ainsi que de la Gr\u00e8ce, par qui le malheur est arriv\u00e9 pour y avoir \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, et du soutien qui va devoir lui \u00eatre accord\u00e9, apr\u00e8s avoir sur tous les tons jur\u00e9 que l\u2019on ne s\u2019y laisserait pas prendre. <\/p>\n<p>Il faudra attendre le sommet informel de demain, et peut-\u00eatre m\u00eame au-del\u00e0, pour conna\u00eetre les mesures de soutien qui seront finalement d\u00e9cid\u00e9es, car il semble que l\u2019accouchement soit difficile et que seule une d\u00e9claration politique europ\u00e9enne, ronflante mais symbolique, soit pour l\u2019instant au programme, un recours au FMI n\u2019\u00e9tant m\u00eame pas exclu. Pour le reste, les formules \u00e0 l\u2019\u00e9tude sont connues (pour l\u2019essentiel des aides bilat\u00e9rales, sauf surprise), mais leur mise au point tarde, sans que l\u2019on soit certain qu\u2019elle va \u00eatre obtenue au finish. On se croirait revenu au temps de ces sommets bruxellois portant sur la taille des mailles des filets de la p\u00eache au maquereau. <\/p>\n<p><!--more-->Sans doute est-il trop t\u00f4t pour \u00e9piloguer, alors que le dernier acte n\u2019est pas encore \u00e9crit. Mais comment ne pas s\u2019interroger sur les raisons de cette pr\u00e9cipitation brouillonne de derni\u00e8re heure, venant apr\u00e8s des jours et des jours de surplace, avant que n\u2019intervienne un tournant \u00e0 180 degr\u00e9s ? Sur les difficult\u00e9s rencontr\u00e9es \u00e0 se mettre d\u2019accord ? Sur l\u2019image d\u2019improvisation que donne cette situation ? Les gouvernements europ\u00e9ens, d\u00e9cid\u00e9ment, ne vont pas sortir grandis de cette aventure. Pour s\u2019y \u00eatre engag\u00e9s sans discernement et pour tenter de la conclure si confus\u00e9ment. <\/p>\n<p>De premi\u00e8res constatations peuvent cependant \u00eatre tir\u00e9es, sans attendre. En premier lieu, les gouvernements de la zone euro ont \u00e9t\u00e9 les jouets des march\u00e9s, fond\u00e9s \u00e0 se croire tout permis, seuls des seconds couteaux se risquant \u00e0 les mettre en cause. Comme s\u2019il \u00e9tait d\u00e9finitivement acquis que, tel une sorte de pouvoir surnaturel, ceux-ci ne pouvaient \u00eatre d\u00e9nonc\u00e9s, ne pouvant \u00eatre combattus. Exprimant une d\u00e9mission id\u00e9ologique, politique et morale, ou bien une totale connivence, au choix. Les march\u00e9s, disent leurs adorateurs, ont toujours raison. A vaincre sans p\u00e9ril, ils viennent de triompher. Certes sans gloire, mais non sans plus-values. <\/p>\n<p>En second, que ces m\u00eames march\u00e9s anonymes ne sont \u00e9videment pas guid\u00e9s par des pulsions d\u2019ordre psychologique, mais qu\u2019ils sont tout au contraire de froids calculateurs et de vilains raisonneurs. La preuve en a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par le soulagement subitement intervenu sur le march\u00e9 de la dette souveraine grecque, anticipant des mesures europ\u00e9ennes de soutien sifflant la fin de la r\u00e9cr\u00e9ation, d\u00e8s lors qu\u2019il est apparu vraisemblable qu\u2019elles allaient intervenir. Car elles \u00e9taient susceptibles d\u2019infliger des revers de fortune aux sp\u00e9culateurs qui n\u2019auraient pas saut\u00e9 du train \u00e0 temps. <\/p>\n<p>En troisi\u00e8me lieu, cette crise dans la crise &#8211; qui n\u2019est pas termin\u00e9e &#8211; a permis de constater \u00e0 quel point les syst\u00e8mes bancaires \u00e9taient interconnect\u00e9s entre eux et fragiles, comment le sort d\u2019un pays pouvait rejaillir sur les autres. Que le sort de chaque pays, aussi, \u00e9tait li\u00e9 \u00e0 celui de ses banques et r\u00e9ciproquement. Celles-ci \u00e9tant gav\u00e9es de titres de la dette publique achet\u00e9s avec les liquidit\u00e9s de la banque centrale et risquant gros si elles venaient \u00e0 perdre leur valeur. On a parl\u00e9 de l\u2019offensive qui mena\u00e7ait l\u2019Espagne, mais l\u2019on a peu entendu, dans le charivari d\u2019aujourd\u2019hui, Mervyn King, gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre, \u00e9num\u00e9rer tout ce qui diff\u00e9rencie le Royaume-Uni de ce pays, comme si cela n\u2019allait pas strictement de soi, dans le but de stopper une dangereuse contagion. Quant aux Allemands, qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 la manoeuvre pour enfoncer la Gr\u00e8ce, puis pour lui tendre une main int\u00e9ress\u00e9e, ils ont d\u00fb se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019ils allaient finir par se br\u00fbler les doigts \u00e0 leur propre jeu. <\/p>\n<p>Que va-t-il rester du test qui a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 avec la Gr\u00e8ce\u00a0? La journ\u00e9e de demain ne sera pas de trop pour tenter de lui redonner tout l\u2019\u00e9cho que l\u2019on en attendait. De communiquer sur la rigueur qui s\u2019abat sur la Gr\u00e8ce et, gr\u00e2ce \u00e0 un audacieux raisonnement tordant le cou \u00e0 ce qui s\u2019est pass\u00e9, de s\u2019appesantir sur ce que l\u2019on risque \u00e0 ne pas vouloir s\u2019y r\u00e9soudre. Le tout envelopp\u00e9 dans l\u2019un de ces nouveaux plans europ\u00e9ens, encore moins cr\u00e9dible aujourd\u2019hui que le pr\u00e9c\u00e9dent ne l\u2019a \u00e9t\u00e9 (<i>La strat\u00e9gie de Lisbonne<\/i>). Mais demain sera un autre jour. Il faudra aussi v\u00e9rifier sur les \u00e9crans que les sp\u00e9culateurs sont all\u00e9s se coucher apr\u00e8s avoir entendu une belle histoire. <\/p>\n<p>Les gouvernements europ\u00e9ens n\u2019ont d\u00e9cid\u00e9ment pas la main heureuse ces derniers temps. Afin de disculper le gouvernement fran\u00e7ais, mis en cause par le rapport 2009 de la Cour des comptes qui lui attribuait une responsabilit\u00e9 dans l\u2019augmentation du d\u00e9ficit public (pass\u00e9 en un an de 3,4 \u00e0 7,9% du PIB), le ministre du budget a lundi soir dernier r\u00e9pliqu\u00e9 que celle-ci \u00e9tait \u00ab\u00a0en totalit\u00e9\u00a0\u00bb le r\u00e9sultat de la crise. Comment ne pas en tirer la conclusion qui s\u2019impose dans ces conditions ? Que c\u2019est aux responsables de la crise de payer <i>en totalit\u00e9<\/i> pour les d\u00e9g\u00e2ts qu\u2019ils ont commis, et qu\u2019il n\u2019est pas fond\u00e9 de toucher \u00e0 la sant\u00e9, aux retraites et aux programmes sociaux. Quand on cherche \u00e0 trop d\u00e9montrer&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>LA CONFUSION COMME UNIQUE STRATEGIE<\/strong><\/p>\n<p>On ne comptait plus, hier mercredi, les confidences, communiqu\u00e9s et d\u00e9clarations ou bien les rencontres, d\u00e9jeuners, t\u00e9l\u00e9conf\u00e9rences et appels t\u00e9l\u00e9phoniques, \u00e9tourdi par la f\u00e9brilit\u00e9 dont ils t\u00e9moignent et impressionn\u00e9 par le peu de r\u00e9sultat qui en ressort. 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