{"id":80073,"date":"2015-11-09T13:41:51","date_gmt":"2015-11-09T12:41:51","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=80073"},"modified":"2015-11-09T15:46:16","modified_gmt":"2015-11-09T14:46:16","slug":"un-lundi-ou-tout-se-bouscule-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/11\/09\/un-lundi-ou-tout-se-bouscule-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>UN LUNDI O\u00d9 TOUT SE BOUSCULE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le versement d\u2019une tranche de l\u2019aide financi\u00e8re du 3\u00e8me <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce est bloqu\u00e9 depuis plus d\u2019un mois, mais le spectacle de n\u00e9gociations qui n\u2019aboutissent pas renouvelle un genre qui s\u2019\u00e9puisait. Plus question d\u2019affrontement et de ruptures, mais recherche de compromis ! Et l\u2019on entend m\u00eame le ministre fran\u00e7ais Michel Sapin prendre le parti du gouvernement grec en pr\u00e9conisant un accord malgr\u00e9 les divergences ! L&rsquo;accord ne se fera pas \u00e0 l&rsquo;Eurogroupe d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, mais il interviendra \u00ab\u00a0dans les jours \u00e0 venir\u00a0\u00bb, entend-on de partout. <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>A la recherche d\u2019un r\u00e8glement \u00ab\u00a0politique\u00a0\u00bb, Alexis Tsipras a repris ce week-end son t\u00e9l\u00e9phone pour contacter Angela Merkel et Fran\u00e7ois Hollande et entame une nouvelle une course d\u2019obstacle qui ne fait que commencer, car un second train de mesures doit \u00eatre adopt\u00e9 avant la fin de l\u2019ann\u00e9e, le premier faisant d\u00e9j\u00e0 probl\u00e8me en raison de l\u2019impact social de certaines mesures. Mais le contexte a chang\u00e9, et les dirigeants europ\u00e9ens savent combien ils vont avoir besoin de la Gr\u00e8ce dans le cadre de la crise des r\u00e9fugi\u00e9s. Le gouvernement va-t-il trouver la souplesse qu\u2019il avait vainement recherch\u00e9e lors de l\u2019\u00e9pisode pr\u00e9c\u00e9dent ? Cela va \u00eatre difficile pour ses interlocuteurs de l\u2019\u00e9viter, \u00e0 moins que les dirigeants allemands, qui s\u2019opposent \u00e0 propos des r\u00e9fugi\u00e9s, ne se raidissent sur ce sujet et sur les autres et en d\u00e9cident autrement. <\/p>\n<p>Confort\u00e9 par les \u00e9lections l\u00e9gislatives qui lui ont donn\u00e9 la majorit\u00e9 qu\u2019il recherchait, le pr\u00e9sident turc tout au renforcement de sa mainmise sur le pays va-t-il entrer ou non dans le jeu europ\u00e9en, afin que la Turquie bloque les r\u00e9fugi\u00e9s aux portes de l\u2019Union europ\u00e9enne et soulage d\u2019autant l\u2019Allemagne ? Rien n\u2019est acquis. On commence \u00e0 conna\u00eetre la situation de 2,2 millions de r\u00e9fugi\u00e9s, pour la plupart syriens, condamn\u00e9s aux petits boulots au noir pay\u00e9s une mis\u00e8re ou \u00e0 la mendicit\u00e9, leurs enfants non scolaris\u00e9s. 400.000 seraient dans ce cas, selon Human Rights Watch (HRW). Comment et avec quels moyens les inciter \u00e0 rester en Turquie et \u00e0 ne pas chercher meilleure fortune en Europe ? Plus que la bonne ou mauvaise volont\u00e9 du pr\u00e9sident turc, ou l\u2019ampleur des concessions \u00e0 son \u00e9gard des dirigeants europ\u00e9ens, l\u2019ampleur du probl\u00e8me est en soi le principal obstacle. <\/p>\n<p>L\u2019\u2019afflux des r\u00e9fugi\u00e9s p\u00e8se de tout son poids en Allemagne qui en accueille l\u2019essentiel dans l\u2019Union europ\u00e9enne. Angela Merkel fait face \u00e0 une forte opposition au sein de son propre parti, men\u00e9e par le ministre de l\u2019int\u00e9rieur Thomas de Maizi\u00e8re qui est \u00e0 l\u2019initiative et a recueilli le soutien de Wolfgang Sch\u00e4uble ainsi que de la CSU, le partenaire bavarois de la CDU. Le compromis qui avait \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9 \u00e0 propos des \u00ab\u00a0zones de transit\u00a0\u00bb destin\u00e9es \u00e0 accueillir en Allemagne les r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 peine trouv\u00e9, les d\u00e9saccords sont imm\u00e9diatement r\u00e9apparus. Sans consultation de la chanceli\u00e8re &#8211; qui a depuis r\u00e9tabli les dispositions pr\u00e9c\u00e9dentes &#8211; le ministre de l\u2019int\u00e9rieur avait d\u00e9cid\u00e9 de ne plus accorder aux r\u00e9fugi\u00e9s syriens la protection compl\u00e8te de la Convention de Gen\u00e8ve. Le regroupement familial \u00e9tait aussi suspendu. <\/p>\n<p>Son d\u00e9part du gouvernement \u00e9tait en jeu, mais les appuis recueillis ont chang\u00e9 la donne. Si le SPD soutient Angela Merkel, la politique de celle-ci est de plus en plus contest\u00e9e dans l\u2019establishment de son propre parti, tandis qu\u2019un sondage enregistre la progression dans l\u2019\u00e9lectorat de l\u2019AfD, qui fait campagne contre l\u2019accueil des r\u00e9fugi\u00e9s. Il recueillerait 9% des voix, comme Die Linke, ce qui aurait comme cons\u00e9quence de rendre indispensable le maintien de la coalition CDU\/CSU et SPD. <\/p>\n<p>La p\u00e9ninsule ib\u00e9rique est aussi le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9v\u00e8nements hors normes. La venue au pouvoir au Portugal des socialistes soutenus par l\u2019extr\u00eame-gauche et les communistes se confirme au fil des \u00e9tapes, en attendant la d\u00e9cision du pr\u00e9sident de confier \u00e0 Antonio Costa le soin de constituer un gouvernement, la mission pr\u00e9c\u00e9demment confi\u00e9e \u00e0 Pedro Passos Coelho allant se terminer avec la chute de son gouvernement de droite. Le parti socialiste a int\u00e9gr\u00e9 dans son programme des mesures \u00e0 la demande du Bloc de gauche et du parti communiste, et des proc\u00e9dures de concertation sont d\u00e9cid\u00e9es afin de garantir au mieux la stabilit\u00e9\u00a0du gouvernement au long de la l\u00e9gislature, de relancer l\u2019\u00e9conomie en augmentant le revenu des Portugais et d\u2019am\u00e9liorer ainsi les rentr\u00e9es fiscales du gouvernement. La droite, dont la politique \u00e9tait aux antipodes, pr\u00e9voit de son c\u00f4t\u00e9 un trou budg\u00e9taire. La suite est \u00e0 \u00e9crire. <\/p>\n<p>Avec le maintien de Syriza au pouvoir en Gr\u00e8ce, le gouvernement de gauche portugais va continuer de l\u00e9zarder l\u2019\u00e9difice du pacte budg\u00e9taire europ\u00e9en en mettant en cause les mesures d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taires pr\u00e9conis\u00e9es dans un premier temps. S\u2019il ne remet pas formellement celui-ci en question dans les deux cas, il rejoint une troisi\u00e8me approche, celle de Matteo Renzi en Italie, qui utilise toutes les marges de souplesse disponibles. Celle-ci reste \u00e0 confirmer, tant \u00e0 Bruxelles qu\u2019\u00e0 Berlin. <\/p>\n<p>En Espagne, on attendait Podemos comme trouble-f\u00eate, et l\u2019on assiste aujourd\u2019hui aux premier pas de la s\u00e9cession catalane sous les auspices d\u2019un parlement r\u00e9gional majoritairement ind\u00e9pendantiste. La r\u00e9solution vot\u00e9e aujourd\u2019hui pr\u00e9voit que les \u00e9lus catalans \u00ab\u00a0ne se soumettront plus aux institutions de l&rsquo;\u00c9tat espagnol, en particulier \u00e0 la Cour constitutionnelle\u00a0\u00bb et lance le processus devant aboutir \u00e0 la cr\u00e9ation d&rsquo;une r\u00e9publique ind\u00e9pendante au plus tard en 2017.<\/p>\n<p>Pour y faire face et essayer de tirer son \u00e9pingle du jeu en d\u00e9pit de l\u2019important recul \u00e9lectoral qui s\u2019annonce pour son parti, le pr\u00e9sident du gouvernement Mariano Rajoy cherche \u00e0 regrouper sous sa banni\u00e8re une union sacr\u00e9e anti-ind\u00e9pendantiste et \u00e0 d\u00e9placer l\u2019attention d\u2019une opinion publique prioritairement concern\u00e9e par la situation \u00e9conomique et sociale. <\/p>\n<p>A terme, les divisions au sein du camp catalan sont son principal espoir, l\u2019organisation de gauche radicale Candidatura d&rsquo;Unitat Popular (CUP) refusant d\u2019\u00e9lire \u00e0 la pr\u00e9sidence du parlement catalan Artur Mas, leader de l\u2019autre composante du mouvement ind\u00e9pendantiste, contre lequel elle a fait campagne pour corruption. De nouvelles \u00e9lections devront \u00eatre convoqu\u00e9es si un accord n\u2019est pas intervenu d\u2019ici le 9 janvier. Dans cette attente, et au plan national, le gouvernement issu des \u00e9lections l\u00e9gislatives du 20 d\u00e9cembre prochain devra r\u00e9viser le budget 2016 de Mariano Rajoy retoqu\u00e9 pour cause de pr\u00e9visions de croissance trop optimistes afin de permettre des cadeaux \u00e9lectoraux.<\/p>\n<p>La conjonction des crises d\u00e9sormais bien install\u00e9e, les ministres de l\u2019int\u00e9rieur de l&rsquo;Union europ\u00e9enne vont se retrouver cet apr\u00e8s-midi \u00e0 Bruxelles, spectateurs plus qu\u2019acteurs de la sc\u00e8ne europ\u00e9enne. Une gr\u00e8ve des ferries grecs avait interrompu ce week-end le flux des r\u00e9fugi\u00e9s, bloqu\u00e9s dans les \u00eeles, mais 15.000 d\u2019entre eux sont arriv\u00e9s ce matin au Pir\u00e9e, se dirigeant imm\u00e9diatement vers la Mac\u00e9doine. Une interruption de cet exode sous \u00e9gide des autorit\u00e9s turques \u00e9tant hypoth\u00e9tique, il ne reste que trois options : qu\u2019elle continue de se poursuivre jusqu\u2019en Allemagne, que les r\u00e9fugi\u00e9s admis soient r\u00e9partis dans les pays de l\u2019Union europ\u00e9enne sans limite de plafond, ou qu\u2019ils soient bloqu\u00e9s dans leur pays d\u2019arriv\u00e9e, la Gr\u00e8ce pour l\u2019essentiel, ainsi que l\u2019Italie. Le discours ambiant est que l\u2019Europe doit accueillir les \u00ab\u00a0vrais\u00a0\u00bb r\u00e9fugi\u00e9s, mais m\u00eame de ceux-ci aucun gouvernement ne se pr\u00e9cipite pour les accueillir&#8230; <\/p>\n<p>Apr\u00e8s la crise des banques, puis de la dette, celle des r\u00e9fugi\u00e9s s\u2019annonce particuli\u00e8rement prometteuse, la premi\u00e8re n&rsquo;\u00e9tant toujours pas r\u00e9gl\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le versement d\u2019une tranche de l\u2019aide financi\u00e8re du 3\u00e8me <i>plan de sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce est bloqu\u00e9 depuis plus d\u2019un mois, mais le spectacle de n\u00e9gociations qui n\u2019aboutissent pas renouvelle un genre qui s\u2019\u00e9puisait. Plus question d\u2019affrontement et de ruptures, mais recherche de compromis ! Et l\u2019on entend m\u00eame le ministre fran\u00e7ais Michel [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":37,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[204,17],"tags":[2067,160,264,3097],"class_list":["post-80073","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-europe","category-politique","tag-catalogne","tag-grece","tag-portugal","tag-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80073","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/37"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=80073"}],"version-history":[{"count":13,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80073\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":80086,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/80073\/revisions\/80086"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=80073"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=80073"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=80073"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}