{"id":80716,"date":"2015-12-06T21:40:04","date_gmt":"2015-12-06T20:40:04","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=80716"},"modified":"2016-02-15T20:55:41","modified_gmt":"2016-02-15T19:55:41","slug":"du-capital-reponse-a-hernando-de-soto-par-dominique-temple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/12\/06\/du-capital-reponse-a-hernando-de-soto-par-dominique-temple\/","title":{"rendered":"Du capital\u2026 R\u00e9ponse \u00e0 Hernando de Soto, par Dominique Temple"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Aristote distingue deux conceptions du <strong>capital<\/strong>. Selon la premi\u00e8re, le capital est accumul\u00e9 dans <em>l\u2019\u00e9conomie\u00a0domestique<\/em>, par le chef de la famille, <strong>en vue de la consommation de ses membres<\/strong>. Et de la m\u00eame fa\u00e7on, dans <em>l\u2019\u00e9conomie\u00a0politique,<\/em> il est accumul\u00e9 <strong>en vue de la redistribution entre tous les citoyens<\/strong> : son symbole quasi universel est le <em>grenier\u00a0<\/em>! qui donne naissance aux <em>pyramides<\/em> d\u2019Am\u00e9rique, d\u2019Egypte, de M\u00e9sopotamie\u2026<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re d\u00e9finition du capital s\u2019applique \u00e0 la <em>redistribution<\/em> et <em>au march\u00e9 de r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em>. La <a href=\"http:\/\/dominique.temple.free.fr\/reciprocite.php?page=notions&amp;id_mot=19\">redistribution<\/a>, c\u2019est la <em>r\u00e9ciprocit\u00e9 ternaire centralis\u00e9e<\/em>. Cette structure engendre le sentiment de responsabilit\u00e9 et le sentiment de justice de celui qui occupe la position interm\u00e9diaire entre tous les autres, mais non pour ces derniers qui \u00e9prouvent, eux, le sentiment de confiance vis-\u00e0-vis du centre, puis de gratitude, et entre eux celui de solidarit\u00e9. Dans l\u2019Antiquit\u00e9, seul le <em>pater familias<\/em> pouvait retirer au capital de la maisonn\u00e9e (et le prince au tr\u00e9sor de la cit\u00e9) une part pour l\u2019ali\u00e9ner dans un \u00e9change hors normes, en cas de n\u00e9cessit\u00e9 (comme de se procurer des mercenaires pour la guerre). Mais cette privatisation de la propri\u00e9t\u00e9 \u00e9tait l\u2019exclusive du pouvoir absolu d\u00e9volu au statut du prince.<\/p>\n<p>Le capital demeure inali\u00e9nable entre les g\u00e9n\u00e9rations que relaie une autre structure de r\u00e9ciprocit\u00e9\u00a0: la <em>structure ternaire simple <\/em>(la <em>filiation<\/em>). D\u00e8s lors, le capital est <em>accumul\u00e9<\/em> de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration parce que chacune d\u00e9sire honorer celle dont elle re\u00e7oit et l\u00e9guer \u00e0 la suivante un patrimoine sup\u00e9rieur \u00e0 celui qu\u2019elle a re\u00e7u, un h\u00e9ritage plus productif que le pr\u00e9c\u00e9dent. Ainsi s\u2019accroissent les moyens de production de chacune par rapport \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente.<\/p>\n<p>Dans le <a href=\"http:\/\/dominique.temple.free.fr\/reciprocite.php?page=notions&amp;id_mot=23\">march\u00e9 de r\u00e9ciprocit\u00e9<\/a>, o\u00f9 s\u2019impose la r\u00e9ciprocit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, chacun est responsable de fa\u00e7on individuelle de la libert\u00e9 de tous. La propri\u00e9t\u00e9 est alors individuelle, familiale ou professionnelle. Le capital est propri\u00e9t\u00e9 inali\u00e9nable parce qu\u2019il ne peut \u00eatre investi que pour augmenter les b\u00e9n\u00e9fices dont le partage ou l\u2019\u00e9change r\u00e9pond aux obligations statutaires de chacun. Il est patrimonial.<\/p>\n<p><strong>Le second sens de capital<\/strong><\/p>\n<p>Aristote prend un exemple pour en souligner la singularit\u00e9. Dans les communaut\u00e9s qui sont tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es les unes des autres, les \u00e9quivalences de r\u00e9ciprocit\u00e9 ne sont plus les m\u00eames, et si les producteurs n\u2019ont pas connaissance de ces diff\u00e9rences, les interm\u00e9diaires se trouvent libres de sp\u00e9culer. La monnaie s\u2019accumule dans leur escarcelle sans \u00eatre r\u00e9partie entre les producteurs. Le capital devient donc capital <em>d\u2019accumulation<\/em> tout court.<\/p>\n<p>Cette valeur sp\u00e9culative est la propri\u00e9t\u00e9 exclusive du commer\u00e7ant qui se lib\u00e8re de tout lien de r\u00e9ciprocit\u00e9 ternaire. Et cela change la d\u00e9finition de la propri\u00e9t\u00e9. La propri\u00e9t\u00e9 qui faisait corps et de fa\u00e7on inali\u00e9nable avec le producteur de biens ou de services acquiert avec le caract\u00e8re virtuel de cette monnaie un nouveau statut. Elle est une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et ali\u00e9nable en dehors de toute norme sociale\u00a0: c\u2019est le domaine de la valeur d\u2019\u00e9change.<\/p>\n<p>La <em>chr\u00e9matistique<\/em> (l\u2019accumulation primitive) a dor\u00e9navant, dit-il, deux sens contradictoires\u00a0: distincts par leur finalit\u00e9\u00a0: le <em>capital de redistribution<\/em> et le <em>capital de sp\u00e9culation<\/em>. L\u2019accumulation au premier sens n\u2019est pas sans limites car elle a pour objet la satisfaction des besoins de la communaut\u00e9, tandis que dans son deuxi\u00e8me sens elle est sans limites. \u00c0 quoi peut servir une accumulation sans limites\u00a0? \u00c0 rien semble-t-il, parce qu\u2019elle ne repr\u00e9sente aucune valeur mais seulement une diff\u00e9rence de prix, \u00e0 moins qu\u2019elle ne puisse servir <em>d\u2019avance<\/em> pour une production ult\u00e9rieure.<\/p>\n<p>L\u2019accumulation primitive n\u2019a pas d\u2019autre raison que de mobiliser la production et faciliter les \u00e9changes dont elle tire sa propre existence, du moins jusqu\u2019au moment o\u00f9 la privatisation de la propri\u00e9t\u00e9 absorbe les moyens de production eux-m\u00eames et permet de s\u2019approprier l\u2019appareil productif lui-m\u00eame. Il en r\u00e9sulte naturellement que le plus fort s\u2019empare des moyens d\u2019existence ou de production du plus faible et contraint celui-ci \u00e0 l\u2019ali\u00e9nation de sa force de travail \u2013\u00a0laquelle devient le moyen de d\u00e9multiplier la production de la valeur d\u2019\u00e9change\u00a0\u2013 la valeur du <em>travail social<\/em> est alors lamin\u00e9e et transform\u00e9e en valeur d\u2019\u00e9change, et cela jusqu\u2019\u00e0 la disparition du travailleur lui-m\u00eame quand il est remplac\u00e9 par le <em>travail mort<\/em> des machines.<\/p>\n<p>Pourvu qu\u2019il reste une diff\u00e9rence de prix entre les machines, la valeur d\u2019\u00e9change demeure le moteur de la production \u00e9conomique. <strong>La privatisation de la propri\u00e9t\u00e9 est la condition <em>sine\u00a0qua\u00a0non<\/em> de l\u2019accumulation sans limites de la valeur d\u2019\u00e9change et de son pouvoir \u00e9conomique. <\/strong>Et la condition pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019accumulation capitaliste est une Constitution qui instaure la privatisation de la propri\u00e9t\u00e9 comme fondement du droit (bourgeois).<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le capital oubli\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui des millions d\u2019habitants du tiers-monde vivent en marge de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste parce qu\u2019ils entendent la <em>propri\u00e9t\u00e9<\/em> et le <em>capital<\/em> au premier sens d\u2019Aristote, c\u2019est-\u00e0-dire inali\u00e9nables, tandis que le droit occidental entend leur imposer sa d\u00e9finition par leur privatisation. Qu\u2019exigent-ils\u00a0? B\u00e9n\u00e9ficier du pouvoir qui leur permettrait d\u2019exproprier leurs fr\u00e8res\u00a0? Ou de b\u00e9n\u00e9ficier des progr\u00e8s de la science confisqu\u00e9s par le capitalisme\u00a0? Et que refusent-ils lorsqu\u2019ils refusent toute int\u00e9gration\u00a0? D\u2019\u00eatre des victimes de l\u2019expropriation ou encore de perdre leurs conventions locales informelles, que Hernando de Soto\u00a0<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\">[1]<\/a> appelle le \u00ab droit des gens \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire leurs relations sociales de r\u00e9ciprocit\u00e9, aussi archa\u00efques fussent elles\u00a0?<\/p>\n<p>La contradiction entre les deux conceptions du capital est patente. Deux droits \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 s\u2019affrontent, l\u2019un formel fond\u00e9 sur la privatisation, l\u2019autre informel, fond\u00e9 sur l\u2019inali\u00e9nabilit\u00e9 de ce qui est d\u00e9volu par le groupe social \u00e0 chacun pour exercer son activit\u00e9. L\u2019un correspond au second sens de la <em>chr\u00e9matistique<\/em>\u00a0: l\u2019accumulation sans limites de la puissance \u00e9conomique. Et l\u2019autre au sens premier\u00a0: l\u2019accumulation ordonn\u00e9e \u00e0 la consommation de la communaut\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab On a tendance \u00e0 consid\u00e9rer le\u00a0\u201ccontrat social\u201d comme une abstraction invisible quasi divine qui ne r\u00e9siderait que dans l\u2019esprit de visionnaires comme Locke, Hume ou Rousseau. Mais, avec mes coll\u00e8gues, j\u2019ai constat\u00e9 que les contrats sociaux du secteur extra l\u00e9gal ne sont pas seulement des obligations sociales implicites, connaissables d\u2019apr\u00e8s les comportements en soci\u00e9t\u00e9\u00a0: ce sont aussi des arrangements explicitement document\u00e9s par des gens en chair et en os. Les contrats sociaux extral\u00e9gaux sont donc tangibles et susceptibles d\u2019\u00eatre assembl\u00e9s pour construire un r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9 et de formation du capital qui sera reconnu et mis en vigueur par la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame \u00bb<\/em> \u00e9crit Hernando de Soto.<\/p>\n<p>Mais de quel r\u00e9gime de propri\u00e9t\u00e9 et de quel capital la soci\u00e9t\u00e9 doit-elle \u00eatre le garant\u00a0?<\/p>\n<p>Hernando de Soto r\u00e9pond\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab<em>\u00a0L\u2019histoire du P\u00e9rou contient une le\u00e7on importante pour les r\u00e9formateurs de toutes couleurs politiques. Qu\u2019ils cherchent \u00e0 droite (droits de propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e distribu\u00e9s autoritairement par la loi) ou \u00e0 gauche (protection des terres des pauvres au sein de collectivit\u00e9s g\u00e9r\u00e9es par l\u2019\u00c9tat), les programmes publics destin\u00e9s \u00e0 donner des biens aux pauvres \u00e9chouent r\u00e9guli\u00e8rement depuis cent cinquante ans. La division simpliste \u201cdroite contre gauche\u201d est largement d\u00e9connect\u00e9e des besoins de la plupart des gens dans les pays en voie de d\u00e9veloppement. Ces gens passent dans l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 non parce que la loi les a privatis\u00e9s ou collectivis\u00e9s, mais simplement parce qu\u2019elle ne r\u00e9pond pas \u00e0 leurs d\u00e9sirs, qui eux m\u00eames peuvent \u00e9voluer. Il leur faut parfois r\u00e9unir leurs propri\u00e9t\u00e9s, et parfois les diviser. Si la loi ne les y aide pas, ils se d\u00e9brouilleront sans elle. Ce qui caract\u00e9rise les ennemis de la propri\u00e9t\u00e9 et de la formation du capital dans les pays en voie de d\u00e9veloppement et les ex-pays communistes n\u2019est pas qu\u2019ils sont de gauche ou de droite, mais qu\u2019ils pr\u00e9f\u00e8rent le statu quo. Les mouvements des pays en voie de d\u00e9veloppement doivent cesser de se mouler dans les pr\u00e9jug\u00e9s des Occidentaux inspir\u00e9s par la cruaut\u00e9 des enclosures et de la cr\u00e9ation de la propri\u00e9t\u00e9 en Grande Bretagne voil\u00e0 des si\u00e8cles ou par la spoliation sanglante des indig\u00e8nes en Am\u00e9rique du Nord comme du Sud. Ces dettes mortelles sont r\u00e9elles, mais sont \u00e0 payer en Occident, pas ailleurs. Ailleurs, les gouvernements devraient \u00e9couter les chiens qui aboient dans leurs pays et trouver ce que leurs lois devront dire. Alors seulement les gens cesseront de vivre \u00e0 l\u2019\u00e9cart du droit<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est en d\u00e9couvrant ce \u201cdroit des gens\u201d et les conventions sociales qui naissent entre eux que l\u2019on peut \u00e9riger un droit qui rende la propri\u00e9t\u00e9 \u00e0 tous.<\/p>\n<p>Il pr\u00e9cise que \u00ab <em>ceux qui g\u00e8rent les r\u00e9gimes de propri\u00e9t\u00e9 des pays avanc\u00e9s ont des soucis fonci\u00e8rement diff\u00e9rents. Les questions qui les occupent se rapportent surtout aux droits de propri\u00e9t\u00e9. Or, ma pr\u00e9occupation premi\u00e8re ne portait pas sur ces droits eux-m\u00eames, mais sur un \u201cm\u00e9ta-droit\u201c\u00a0: le droit d\u2019avoir des droits de propri\u00e9t\u00e9 <\/em>\u00bb. (p.\u00a0130)<\/p>\n<p>Le <em>m\u00e9ta-droit<\/em> signifie que le droit de propri\u00e9t\u00e9 ne puisse \u00eatre viol\u00e9 par sa privatisation. C\u2019est cela que nous appelons <em>l\u2019inali\u00e9nabilit\u00e9 de la propri\u00e9t\u00e9<\/em>. Et ce qui le garantit, c\u2019est le respect des <em>conventions sociales<\/em> sur lesquelles il est fond\u00e9.<\/p>\n<p><em>\u00ab L\u2019id\u00e9e selon laquelle les bonnes lois reposent sur des contrats sociaux remonte \u00e0 Platon, qui pensait que la l\u00e9gitimit\u00e9 devait se fonder sur un contrat social quelconque. Emmanuel Kant lui-m\u00eame critiquant Locke \u00e9crivait que le contrat social devait pr\u00e9c\u00e9der la propri\u00e9t\u00e9 r\u00e9elle\u00a0; tout droit de propri\u00e9t\u00e9 na\u00eet de la reconnaissance par la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019une pr\u00e9tention est l\u00e9gitime. (\u2026) C\u2019est pourquoi les lois et titres impos\u00e9s sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des contrats sociaux existant \u00e9chouent r\u00e9guli\u00e8rement\u00a0: ils n\u2019ont pas de l\u00e9gitimit\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb. (<em>Ibidem<\/em>)<\/p>\n<p>Droit formel et droit informel viennent ici recouvrir des rapports sociaux antagonistes car les <em>enclosures<\/em> (la privatisation de la propri\u00e9t\u00e9) ou la <em>violence<\/em> s\u2019opposent aux <em>conventions sociales spontan\u00e9es<\/em> de la soci\u00e9t\u00e9 humaine.<\/p>\n<p><em>Capital de distribution<\/em> ou <em>capital d\u2019accumulation,<\/em> <em>propri\u00e9t\u00e9 inali\u00e9nable<\/em> ou <em>propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e<\/em>, <em>droit informel<\/em> ou <em>droit formel<\/em>, depuis les commencements et non pas seulement depuis Platon, la soci\u00e9t\u00e9 est confront\u00e9e \u00e0 la contradiction entre le <em>pouvoir<\/em> <em>de quelques uns<\/em> et la <em>libert\u00e9<\/em> <em>de tous<\/em>. C\u2019est \u00e0 la privatisation de la propri\u00e9t\u00e9\u00a0qu\u2019est reconnu d\u00e9j\u00e0 dans la Bible le pouvoir de domination des uns sur les autres\u00a0: \u201c<em>Reconnais en moi le pouvoir de domination et tout ce que tu vois t\u2019appartiendra<\/em>\u201d. Et c\u2019est \u00e0 la <em>r\u00e9ciprocit\u00e9 d\u2019alliance<\/em> qu\u2019est reconnue la libert\u00e9 cr\u00e9atrice.<\/p>\n<p>Pour les capitalistes, il est d\u00e9cisif de faire en sorte que la propri\u00e9t\u00e9 ne puisse \u00eatre revendiqu\u00e9e que sous la forme de <em>propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e<\/em>, et il est indispensable que le <em>capital<\/em> ne soit con\u00e7u que sous la forme de <em>capital d\u2019accumulation<\/em> ; la <em>valeur<\/em> que sous la forme de <em>valeur d\u2019\u00e9change<\/em>, le <em>b\u00e9n\u00e9fice<\/em> que sous la forme du <em>profit<\/em>, la <em>consommation<\/em> que sous la forme de <em>consommation productive<\/em>, la <em>production<\/em> que sous la forme de <em>rentabilit\u00e9 du capital<\/em>, et les <em>rapports humains<\/em> que sous la forme de <em>rapports de force<\/em> (militaires ou mon\u00e9taires).<\/p>\n<p>Mais, aujourd\u2019hui, le capitalisme outrepasse ses limites. La Terre elle-m\u00eame (la nature) d\u00e9nonce sa d\u00e9mesure comme un d\u00e9fi insens\u00e9 \u00e0 la <em>cr\u00e9ation<\/em> dont elle avait confi\u00e9 la puissance au <em>terrien<\/em>.<\/p>\n<p>========================================================<br \/>\n<a href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Hernando de Soto (2000) <em>Le\u00a0myst\u00e8re du capital.<\/em> <em>Pourquoi le capitalisme triomphe en Occident et \u00e9choue partout ailleurs.<\/em> Ed.\u00a0Flammarion, 2005, 302 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aristote distingue deux conceptions du <strong>capital<\/strong>. Selon la premi\u00e8re, le capital est accumul\u00e9 dans <em>l\u2019\u00e9conomie\u00a0domestique<\/em>, par le chef de la famille, <strong>en vue de la consommation de ses membres<\/strong>. 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