{"id":82644,"date":"2016-02-17T19:33:14","date_gmt":"2016-02-17T18:33:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=82644"},"modified":"2016-02-17T20:19:06","modified_gmt":"2016-02-17T19:19:06","slug":"les-trolls-et-les-impots-par-michel-leis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/02\/17\/les-trolls-et-les-impots-par-michel-leis\/","title":{"rendered":"Les <i>trolls<\/i> et les imp\u00f4ts, par Michel Leis"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Un article publi\u00e9 le samedi 13 f\u00e9vrier par Thomas Piketty sur Le Monde, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/reactions\/2016\/02\/13\/le-choc-sanders_4864744_3232_2.html\">Le choc Saunders<\/a>\u00a0\u00bb, a suscit\u00e9 sur le site nombre de commentaires. S\u2019agissant de Thomas Piketty, le th\u00e8me des imp\u00f4ts et des taxes occupe une place importante, on retrouve dans les critiques violentes les arguments habituels\u00a0des thurif\u00e9raires de la \u00ab\u00a0religion f\u00e9roce\u00a0\u00bb, dont on peut extraire un floril\u00e8ge :<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\u2026 \u00ab\u00a0Les riches doivent travailler pour rien et remettre leur fortune \u00e0 la collectivit\u00e9\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>\u2026\u00a0\u00ab\u00a0Que Piketty nous explique comment des investisseurs ou des entrepreneurs peuvent accepter de risquer leur argent ou de travailler pour se faire piquer 80\u00a0% de leurs profits (\u2026) prendre des risques et se pourrir la vie pour que d&rsquo;autres vivent sans effort, ni prise de risque. Thomas Piketty se montre digne de son statut de fonctionnaire&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u2026\u00a0\u00ab\u00a0Au centre de tout il y a l&rsquo;encouragement de la cr\u00e9ation de richesse alors que Piketty n&rsquo;a jamais un mot l\u00e0-dessus et ne parle que de redistribution (\u2026) les redistributeurs ne cr\u00e9ent pas de richesse\u00a0\u00bb&#8230;<\/p>\n<p>\u2026 \u00ab\u00a0Les plus durement touch\u00e9s sont les classes ais\u00e9es abusivement appel\u00e9es \u00ab\u00a0riches\u00a0\u00bb (\u2026) Ces gens intelligents, dou\u00e9s et travailleurs ont r\u00e9ussi de belles ascensions sociales, ils sont stigmatis\u00e9s et paup\u00e9ris\u00e9s au point de devoir faire des coupes drastiques dans leur train de vie. Il faut gagner plus de 150 k\u20ac\/an pour (\u2026) \u00e9chapper au racket fiscal !\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Les trolls qui remplissent les colonnes des journaux de ces commentaires ne font que r\u00e9p\u00e9ter ad nauseam des arguments ass\u00e9n\u00e9s par le monde \u00e9conomique, omnipr\u00e9sents dans les m\u00e9dias, qui reviennent aussi dans les discours d\u2019une grande partie d\u2019un monde politique, \u00e0 court de r\u00e9flexions. Il faut combattre ces arguments et revenir sur les enjeux essentiels, quitte \u00e0 recourir \u00e0 la simplification \u00e0 laquelle recourent nos adversaires.<\/p>\n<p>Comme le rappelle Paul Jorion, la cr\u00e9ation de richesse utilise les ressources et les effets d\u2019aubaine de la nature <a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a>. L\u2019exploitation de ces ressources et leur transformation n\u00e9cessite le recours au travail des hommes et des machines, les hommes sont pour l\u2019essentiel form\u00e9s par la collectivit\u00e9, des infrastructures construites et\/ou administr\u00e9es pour tout ou partie par l\u2019\u00c9tat sont partag\u00e9es. Ces processus de production sont toujours plus organis\u00e9s, ils incorporent de plus en plus de technologie, ils n\u00e9cessitent des formations et des infrastructures de plus en plus complexes. Cette complexit\u00e9 croissante n\u00e9cessite une importante accumulation pr\u00e9alable de capital, soit de la part de l\u2019entrepreneur lui-m\u00eame, soit de la part d\u2019un apporteur de capital qui fera l\u2019avance sous forme d\u2019un pr\u00eat ou d\u2019une participation. Pour r\u00e9aliser cette condition, il est indispensable de perp\u00e9tuer une r\u00e9partition in\u00e9galitaire des richesses cr\u00e9\u00e9es et de transmettre le patrimoine accumul\u00e9.<\/p>\n<p>Dans la narration dominante, cette accumulation pr\u00e9alable r\u00e9sulte des qualit\u00e9s exceptionnelles d\u2019une poign\u00e9e d\u2019individus\u00a0: go\u00fbt du risque, intelligence, esprit visionnaire. Une mise en perspective sur le long terme fait plus que relativiser ce discours, la reconduction \u00e0 l\u2019identique d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre de cet ensemble de qualit\u00e9s reste hautement improbable, ce qui est en jeu, ce sont les m\u00e9canismes de transmission du capital. Implicitement, ce discours cherche \u00e0 valoriser les individus qui approchent du plafond de verre, ou l\u2019infime minorit\u00e9 statistique qui le d\u00e9passe. C\u2019est pourtant dans cette population que l\u2019on trouve les plus ardents d\u00e9fenseurs de ce \u00ab\u00a0storytelling\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>La transmission sur le long terme du capital a un co\u00fbt\u00a0: celui de l\u2019ordre social et des garants qui lui sont n\u00e9cessaires. Historiquement, le cantonnement des individus \u00e0 la simple survie, celle du \u00ab\u00a0renouvellement de la force de travail\u00a0\u00bb, a n\u00e9cessit\u00e9 la mise en \u0153uvre d\u2019importants moyens de coercition. Dans un contexte aujourd\u2019hui domin\u00e9 par les rapports de forces, elle n\u00e9cessite la ma\u00eetrise du droit, que ce soit pour le construire (le lobbying) ou le contourner (l\u2019optimisation fiscale). Le co\u00fbt de l\u2019ordre social, autrefois public (m\u00eame s\u2019il b\u00e9n\u00e9ficiait \u00e0 une minorit\u00e9), devient progressivement un co\u00fbt priv\u00e9, financ\u00e9 par une minorit\u00e9 au profit d\u2019une minorit\u00e9.<\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de richesse r\u00e9sulte d\u2019une validation\u00a0: celle de l\u2019\u00e9change marchand. Leur volume a explos\u00e9 dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s ou \u00e9mergents, les gains de productivit\u00e9 massifs, les strat\u00e9gies d\u2019entreprises pour d\u00e9velopper les ventes <a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[ii]<\/a>, l\u2019am\u00e9lioration temporaire des rapports de force en faveur des salari\u00e9s <a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[iii]<\/a>, les politiques des \u00c9tats dans des contextes pr\u00e9cis de leur histoire <a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\">[iv]<\/a> ont fait exploser le volume de ces \u00e9changes. Dans cette forme moderne du capitalisme, l\u2019intensit\u00e9 de la cr\u00e9ation de richesse d\u00e9pend en amont de la combinaison des facteurs (la norme de production), en aval du nombre de clients solvables pr\u00eats \u00e0 consacrer une partie de leur budget pour l\u2019achat de ces produits et de ces services.<\/p>\n<p>Dans tous les cas, les rapports de force jouent un r\u00f4le crucial. Ils d\u00e9terminent les prix pay\u00e9s\u00a0pour le travail local ou sous-trait\u00e9 au loin, le co\u00fbt des machines et le co\u00fbt du capital\u00a0: cette combinaison de facteurs d\u00e9finit le point mort propre \u00e0 chaque entreprise. En aval, les rapports de force se fondent sur les relations de d\u00e9pendance du client aux produits et aux services propos\u00e9s, c\u2019est-\u00e0-dire in fine les volumes vendus et le prix pay\u00e9 par les consommateurs.<\/p>\n<p>Les grands gagnants de cette confrontation des rapports de force ont \u00e9t\u00e9 les apporteurs de capitaux. Les besoins en financement sont \u00e9lev\u00e9s, entre les investissements des entreprises et la consommation \u00e0 cr\u00e9dit. Les risques pris ont \u00e9t\u00e9 couverts en socialisant les pertes. Les grands perdants ont \u00e9t\u00e9 les salari\u00e9s (\u00e0 l\u2019exception de quelques cadres dirigeants) qui voient les gains de productivit\u00e9 se transformer en ch\u00f4mage et leur savoir-faire se banaliser.<\/p>\n<p>Entre les deux, l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle est prise en ciseau, mis \u00e0 part pour les entreprises dominantes \u00e0 m\u00eame de peser sur le co\u00fbt des facteurs de production, d\u2019\u00e9tablir une forte d\u00e9pendance de leurs clients, et de pratiquer l\u2019optimisation fiscale \u00e0 grande \u00e9chelle. Pour une majorit\u00e9 des entreprises, le point mort est relativement \u00e9lev\u00e9, les prix de vente sont contraints par des rapports de force d\u00e9favorables, et dans un contexte de crise, le nombre de clients solvables est en diminution, ou du moins la part de budget qu\u2019ils peuvent arbitrer baisse constamment.<\/p>\n<p>La strat\u00e9gie des entreprises\u00a0est simple, il faut reconstituer les marges \u00e0 tout prix\u00a0: rechercher de nouveaux gains de productivit\u00e9 (automation, sous-traitance, production \u00e0 l\u2019\u00e9tranger), remplacer progressivement le salariat par un travail pay\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che, exercer des pressions pour contraindre les salaires, mais surtout diminuer les charges et la fiscalit\u00e9. C\u2019est l\u00e0 que la question de la redistribution et des imp\u00f4ts revient en force.<\/p>\n<p>\u00c0 court terme, une telle strat\u00e9gie peut se r\u00e9v\u00e9ler gagnante pour une entreprise. \u00c0 long terme, l\u2019agr\u00e9gation de ces comportements pose un double probl\u00e8me\u00a0: elle impacte la consommation et le financement de la redistribution. La redistribution n\u2019est pas seulement une assurance individuelle et une correction \u00e0 un partage des revenus trop in\u00e9galitaires, elle est une garantie collective pour l\u2019\u00e9conomie dans son ensemble. Elle maintient la consommation et les \u00e9changes marchands \u00e0 un niveau plus \u00e9lev\u00e9 qu\u2019ils ne le seraient sans l\u2019existence de ces m\u00e9canismes redistributifs. C\u2019est encore plus vrai aujourd\u2019hui dans le contexte des politiques men\u00e9es conjointement par les entreprises et les \u00c9tats, en d\u2019autres termes, la redistribution contribue \u00e0 la cr\u00e9ation de la richesse.<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 de ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, c\u2019est l\u2019\u00e9rosion progressive de ces m\u00e9canismes de redistribution. Elle laisse de moins en moins de choix aux citoyens\u00a0: recours aux mutuelles et assurances de sant\u00e9, \u00e9pargne retraite individuelle\u2026 La protection collective est rentr\u00e9e de plain-pied dans le monde marchand. Le monde \u00e9conomique esp\u00e8re de nouvelles sources de profit et la reconstitution des marges, le monde politique, la r\u00e9duction des d\u00e9ficits publics. Reste que ces syst\u00e8mes ne sont pas accessibles \u00e0 tous et ne couvrent pas toutes les situations.<\/p>\n<p>L\u2019exploitation au-del\u00e0 de ce qui est renouvelable des aubaines et des ressources de la nature a aussi un co\u00fbt, au m\u00eame titre que les impacts environnementaux. Plus nous avancerons dans le temps, plus leur montant nous appara\u00eetra comme faramineux, compromettant le futur m\u00eame de notre soci\u00e9t\u00e9. Si les \u00c9tats \u00e9dictent quelques r\u00e8gles, celles-ci sont fortement limit\u00e9es par le poids des lobbys. Les march\u00e9s du carbone font rentrer les droits de polluer dans la sph\u00e8re marchande, avec des prix qui ne sont pas fix\u00e9s en fonction des d\u00e9g\u00e2ts r\u00e9els occasionn\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, mais par les rapports de force.<\/p>\n<p>Enfin, on ne peut conclure ce tour d\u2019horizon sans \u00e9voquer l\u2019utilisation des infrastructures collectives (routes, chemin de fer, \u00e9quipements collectifs\u2026) et l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enseignement. Ces co\u00fbts, autrefois mutualis\u00e9s, financ\u00e9s par les imp\u00f4ts et g\u00e9r\u00e9s par la collectivit\u00e9 sortent progressivement de la sph\u00e8re publique. La doxa lib\u00e9rale a impos\u00e9 un peu partout la privatisation des services et des infrastructures. Un droit d\u2019usage se substitue aux imp\u00f4ts, mais dans la r\u00e9alit\u00e9, ce droit est loin d\u2019\u00eatre \u00e9gal pour tous. L\u2019utilisation occasionnelle de la plupart des infrastructures n\u2019offre pas le m\u00eame pouvoir de n\u00e9gociation que celui des entreprises. Le citoyen paye le prix fort quand les entreprises r\u00e9alisent un triple b\u00e9n\u00e9fice\u00a0: nouvelles sources de profits, acc\u00e8s \u00e0 prix r\u00e9duit aux infrastructures, et justification des demandes de r\u00e9duction des charges et de la fiscalit\u00e9. L\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019enseignement suit la m\u00eame logique. Si la complexit\u00e9 croissante des processus de production n\u00e9cessite des comp\u00e9tences pointues, la banalisation des savoir-faire sur le plan mondial et des algorithmes de plus en plus sophistiqu\u00e9s limiteront \u00e0 terme le nombre d\u2019individus hautement qualifi\u00e9s n\u00e9cessaires pour faire tourner l\u2019\u00e9conomie. Dans une perspective purement lib\u00e9rale, un enseignement sup\u00e9rieur accessible \u00e0 tous a moins de raison d\u2019\u00eatre, les \u00e9tudes payantes dans un syst\u00e8me priv\u00e9 s\u2019inscrivent parfaitement dans cette logique.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re le discours des <em>trolls<\/em> sur les imp\u00f4ts se profilent d\u2019autres r\u00e9alit\u00e9s. Le maintien de l\u2019ordre social a un prix, de m\u00eame que l\u2019utilisation des ressources communes, qu\u2019elles soient naturelles ou mises en \u0153uvre par la collectivit\u00e9. Les m\u00e9canismes de redistribution sont une garantie \u00e0 la fois individuelle et collective \u00e0 la bonne marche de la soci\u00e9t\u00e9, ils doivent \u00eatre financ\u00e9s. Les entreprises ont fait un choix, celui de r\u00e9duire leurs co\u00fbts. Le discours de la \u00ab\u00a0religion f\u00e9roce\u00a0\u00bb n\u2019a retenu de la redistribution que l\u2019aspect assurance individuelle. Pour aller au bout de cette logique, tous souhaitent transf\u00e9rer aux individus la responsabilit\u00e9 de se couvrir contre les risques et d\u2019assurer leur propre formation. Quant aux entreprises, l\u2019utilisation des ressources communes doit se r\u00e9duire \u00e0 un droit d\u2019usage. Par la baisse des imp\u00f4ts, l\u2019\u00e9conomie r\u00e9elle esp\u00e8re restaurer ces profits et favoriser l\u2019accumulation du capital, dans les faits, elle scie la branche sur laquelle elle est assise, entre point mort \u00e9lev\u00e9 et consommation en berne. Le monde politique en les soutenant dans cette voie ne touche pas seulement \u00e0 l\u2019id\u00e9e de solidarit\u00e9, il pourrait bien mettre \u00e0 mal la coh\u00e9sion de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>====================================<br \/>\n<a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Dans son livre \u00ab\u00a0Penser tout haut l\u2019\u00e9conomie avec Keynes\u00a0\u00bb aux \u00e9ditions Odile Jacob<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> Le \u00ab\u00a0Welfare capitalism\u00a0\u00bb \u00e0 partir des ann\u00e9es 20 repose transforme les ouvriers en consommateur en payant des salaires plus \u00e9lev\u00e9s, le recours massif \u00e0 la publicit\u00e9 et au marketing \u00e0 compter des ann\u00e9es 50 soutient la consommation,<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Quelques p\u00e9riodes de plein emploi li\u00e9es entre autres aux h\u00e9catombes guerri\u00e8res, \u00e0 la reconstruction et \u00e0 la complexit\u00e9 technologique croissante qui n\u00e9cessite une main-d\u2019\u0153uvre form\u00e9e<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> Le contexte particulier de la concurrence entre blocs de l\u2019Est et de l\u2019Ouest qui pousse les \u00c9tats occidentaux \u00e0 \u00eatre des vitrines de l\u2019abondance, la puissance des syndicats et des partis communistes, les politiques de transition voulue par des pays comme la Chine<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un article publi\u00e9 le samedi 13 f\u00e9vrier par Thomas Piketty sur Le Monde, \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/reactions\/2016\/02\/13\/le-choc-sanders_4864744_3232_2.html\">Le choc Saunders<\/a>\u00a0\u00bb, a suscit\u00e9 sur le site nombre de commentaires. 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