{"id":8276,"date":"2010-02-18T17:56:14","date_gmt":"2010-02-18T16:56:14","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=8276"},"modified":"2010-02-18T18:05:43","modified_gmt":"2010-02-18T17:05:43","slug":"lactualite-de-la-crise-grece-tous-les-tiroirs-du-test-ne-sont-pas-encore-ouverts-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/02\/18\/lactualite-de-la-crise-grece-tous-les-tiroirs-du-test-ne-sont-pas-encore-ouverts-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: Gr\u00e8ce, tous les tiroirs du test ne sont pas encore ouverts, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>GRECE, TOUS LES TIROIRS DU TEST NE SONT PAS ENCORE OUVERTS<\/strong><\/p>\n<p>Des deux tests europ\u00e9ens <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6499\">identifi\u00e9s d\u00e9but janvier<\/a>, celui de l\u2019Islande semble s\u2019acheminer par un compromis en cours de n\u00e9gociation, plus tenable pour les Islandais. L\u2019autre, celui de la Gr\u00e8ce, n\u2019en finit pas de d\u00e9raper et de produire des effets impr\u00e9vus.<\/p>\n<p>Il est m\u00eame devenu un feuilleton \u00e0 rebondissements imma\u00eetris\u00e9s. Au pr\u00e9texte de remettre de l\u2019ordre dans des r\u00e8gles budg\u00e9taires bafou\u00e9es par la <i>Grande Crise<\/i>, et de pr\u00e9parer les opinions publiques \u00e0 une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 &#8211; choisissant pour mieux le d\u00e9montrer un cas exemplaire &#8211; l\u2019affaire a \u00e9chapp\u00e9 des mains de ceux qui l\u2019avaient engag\u00e9e, au premier rang d\u2019entre eux le gouvernement de coalition allemand. Montrant la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de ceux qui sont aux manettes.<\/p>\n<p>Le test grec a, dans un premier temps, d\u00e9clench\u00e9 une sp\u00e9culation internationale impr\u00e9vue sur les obligations souveraines de plusieurs pays &#8211; ainsi que mon\u00e9taire sur l\u2019euro &#8211; mettant en danger l\u2019\u00e9quilibre d\u00e9j\u00e0 fragilis\u00e9 de la zone euro, qu&rsquo;il a fallu juguler dans une grande improvisation. Il appara\u00eet aujourd\u2019hui qu\u2019il a sur les opinions publiques &#8211; principalement aux Pays-Bas, en Allemagne et en Autriche &#8211; des effets qui n&rsquo;\u00e9taient pas ceux que l&rsquo;on attendait. Induisant une tr\u00e8s forte pouss\u00e9e bien peu partageuse, afin de prioritairement pr\u00e9server la paix et le bouclier social, tels qu&rsquo;ils sont en vigueur dans ces pays. <\/p>\n<p><!--more-->Diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses avaient pu \u00eatre envisag\u00e9es sur la mani\u00e8re dont allait \u00e9voluer la crise, s\u2019agissant de la zone euro. R\u00e9sultant d\u2019un effet domino pouvant atteindre d\u2019autres pays, Portugal, Espagne et Italie, pour ne pas \u00e9largir la liste \u00e0 d&rsquo;autres pays de l\u2019Union europ\u00e9enne; ou bien aboutissant \u00e0 redimensionner  et recentrer cette zone, \u00e0 l\u2019initiative de l\u2019Allemagne. D\u2019un soutien financier \u00e0 la Gr\u00e8ce, au d\u00e9part consid\u00e9r\u00e9 comme in\u00e9vitable, on en \u00e9tait venu \u00e0 se dire qu\u2019il allait faire d\u00e9faut, entra\u00eenant des ruptures. Puis l\u2019on revenait en arri\u00e8re, comprenant que l\u2019on allait trop vite en besogne, apr\u00e8s avoir mesur\u00e9 \u00e0 quel point le syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en n\u2019\u00e9tait pas en mesure de supporter un nouveau coup de ce genre, que la stabilit\u00e9 de la zone euro restait essentielle et qu\u2019il fallait la pr\u00e9server. <\/p>\n<p>Le mal \u00e9tait cependant fait. Chauff\u00e9e par d&rsquo;unanimes d\u00e9clarations cat\u00e9goriques et d\u00e9magogiques, relay\u00e9es dans toute l\u2019Europe, (\u00ab\u00a0C\u2019est aux Grecs de r\u00e9gler leurs probl\u00e8mes\u00a0!\u00a0\u00bb), l\u2019opinion publique allemande r\u00e9agissait, confort\u00e9e en cela par la r\u00e9v\u00e9lation, arrivant \u00e0 point nomm\u00e9, d\u2019une \u00ab\u00a0tricherie\u00a0\u00bb des <i>cueilleurs d\u2019olives<\/i>, fr\u00e9quentables uniquement \u00e0 l\u2019occasion du farniente estival. Non sans des relents profond\u00e9ment d\u00e9plaisants envers les pays du Sud de l\u2019Europe, aimablement qualifi\u00e9s de PIGS par certains britanniques s\u2019oubliant \u00e9galement un peu. Le risque que chacun cherche refuge derri\u00e8re un <i>int\u00e9r\u00eat national<\/i> illusoire grandissant, porteur d\u2019une traduction politique en suspens. Illustrant cette situation, 53% des Allemands se d\u00e9clareraient si n\u00e9cessaire en faveur de l\u2019expulsion de la Gr\u00e8ce de la zone euro, selon un sondage paru dans Bild am Sonntag,   <\/p>\n<p>S\u2019agissant de l\u2019Allemagne, c\u2019est bien son mod\u00e8le social fait de concertation qui pourrait \u00eatre mis en p\u00e9ril, alors qu\u2019il est devenu \u00e9vident que la croissance ne sera pas au rendez-vous, permettant \u00e0 la fois de diminuer les pr\u00e9l\u00e8vements fiscaux et de subventionner \u00e0 grande \u00e9chelle le ch\u00f4mage partiel, quitte \u00e0 ne pas augmenter les salaires avec l\u2019accord des syndicats (l\u2019inflation a \u00e9t\u00e9 de 0,4% en 2009). Les lib\u00e9raux membres de la coalition ont d\u00e9j\u00e0 rappel\u00e9 leur pr\u00e9f\u00e9rence pour la premi\u00e8re de ces deux politiques. Provocateur, Guido Westerwelle, ministre lib\u00e9ral des affaires \u00e9trang\u00e8res, a assimil\u00e9 le syst\u00e8me social allemand \u00e0 la \u00ab\u00a0d\u00e9cadence digne du bas empire romain\u00a0\u00bb. Il sera facile de l&rsquo;affubler du surnom de N\u00e9ron. <\/p>\n<p>Or, le seuil des 4 millions de ch\u00f4meurs pourrait \u00eatre atteint cette ann\u00e9e. Environ 11,4 millions d\u2019Allemands disposeraient, d\u2019apr\u00e8s l\u2019institut de recherche \u00e9conomique DIW, de moins de 60% du revenu moyen allemand, soit 2.000 euros mensuels (consid\u00e9r\u00e9 dans ce pays comme le seuil de pauvret\u00e9). Les communes, qui supportent une partie du co\u00fbt des programmes sociaux, sont en g\u00e9n\u00e9ral dans une tr\u00e8s mauvaise passe financi\u00e8re, suite \u00e0 la baisse des recettes de la taxe professionnelle &#8211; la crise \u00e9conomique en \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine &#8211; accrue par les mesures gouvernementales de baisse des imp\u00f4ts, qui la p\u00e9nalise \u00e9galement. Le plan de soutien \u00e0 la cr\u00e9ation de <i>bad banks<\/i> a \u00e9t\u00e9 finalement peu utilis\u00e9 par les banques, qui consid\u00e8rent qu\u2019il est plus avantageux pour elles de conserver au bilan leurs actifs toxiques (comme aux Etats-Unis, o\u00f9 elles ont sabord\u00e9 le plan du Tr\u00e9sor public PPIP &#8211; <i>Public-Private Investment Program for Legacy Assets<\/i>).  Ce qui a pour cons\u00e9quence la poursuite de la crise du cr\u00e9dit, qui affecte durement le tissu des PME allemandes.  Bref, les marges de manoeuvre dont le gouvernement dispose sont r\u00e9duites. L\u2019opinion publique tranche \u00e0 sa mani\u00e8re. <\/p>\n<p>Dans ce contexte, Angela Merkel tente de reprendre l\u2019initiative, arr\u00eatant de faire de la Gr\u00e8ce sa principale cible pour s\u2019en prendre aux banques, coupables d\u2019avoir contribu\u00e9 au maquillage des comptes grecs, provoquant ainsi une crise se propageant dans toute la zone euro.  \u00ab\u00a0C&rsquo;est un scandale s&rsquo;il s&rsquo;av\u00e8re que les banques, qui nous ont d\u00e9j\u00e0 amen\u00e9 au bord du pr\u00e9cipice, ont \u00e9galement particip\u00e9 \u00e0 la falsification des statistiques budg\u00e9taires de la Gr\u00e8ce\u00a0\u00bb, s\u2019est-elle indign\u00e9e. C\u2019est qu\u2019elle est prise \u00e0 contre pied, dans l\u2019obligation de d\u00e9fendre l\u2019int\u00e9grit\u00e9 de la zone euro, sans en avoir les moyens politiques. Pr\u00e9parant discr\u00e8tement des mesures de soutien financier, sans pouvoir en faire \u00e9tat. Ses alli\u00e9s europ\u00e9ens entrant dans son jeu afin de ne pas envenimer les choses, d&rsquo;autant qu&rsquo;aucune d\u00e9cision n&rsquo;a vraisemblablement \u00e9t\u00e9 prise, contrairement \u00e0 ce qui est affirm\u00e9. <\/p>\n<p>La le\u00e7on est pourtant l\u00e0, ni les banques allemandes, ni les fran\u00e7aises, ne peuvent se permettre une nouvelle crise financi\u00e8re qui les affecterait durement si apr\u00e8s la Gr\u00e8ce d\u2019autres pays devaient \u00eatre touch\u00e9s par la sp\u00e9culation. Il faut donc gagner du temps, louvoyer, en esp\u00e9rant que les Grecs pourront tenir le prochain examen de passage du 16 mars prochain devant la commission de Bruxelles, <i>les march\u00e9s<\/i> attendant leur heure. <\/p>\n<p>Une v\u00e9ritable tutelle budg\u00e9taire de la Gr\u00e8ce a \u00e9t\u00e9 mise en place, donnant des id\u00e9es \u00e0 ceux qui voudraient aller au-del\u00e0. Le pacte de stabilit\u00e9 europ\u00e9en ayant vol\u00e9 en \u00e9clats, la crise actuelle pourrait \u00eatre l\u2019occasion de rebondir, le dispositif de pr\u00e9vention ayant tout bonnement \u00e9t\u00e9 contourn\u00e9 et devant \u00eatre remplac\u00e9. Non sans volontarisme, les plus optimistes \u00e9chafaudent des projets de <i>gouvernance \u00e9conomique<\/i>, qui s\u2019appuieraient sur les mesures de gestion de la crise grecque p\u00e9niblement mis en place. Les <i>think tanks<\/i> communautaires plancheraient sur les moyens de coordonner les politiques macro-\u00e9conomiques des Etats, au lieu de se contenter de fixer ensemble des seuils \u00e0 ne pas franchir (dont il est vraisemblable de penser qu\u2019ils devront de toute fa\u00e7on \u00eatre revus). Mais ces bons esprits, ce faisant, continuent de n&rsquo;appr\u00e9hender la probl\u00e9matique europ\u00e9enne que sous son angle institutionnel, un p\u00each\u00e9 mignon qui est devenu une v\u00e9ritable tare. <\/p>\n<p>Si les gouvernements europ\u00e9ens veulent sortir par le haut de la crise (une formule vide de sens, dans le cas pr\u00e9sent, car aucune sortie de crise n\u2019est en vue), ils devraient pour ce faire d\u00e9finir les grandes lignes d\u2019une strat\u00e9gie \u00e9conomique commune, et s\u2019en donner les moyens financiers. Cela supposerait de faire sauter certains verrous, alors qu&rsquo;ils sont loin de l\u2019envisager, et moins encore de l\u2019admettre. Car il serait n\u00e9cessaire de traiter le probl\u00e8me de la dette publique autrement qu\u2019il n&rsquo;est actuellement consid\u00e9r\u00e9, et de se donner les moyens d\u2019une solidarit\u00e9 affirm\u00e9e, devant une crise qui s\u2019annonce de longue dur\u00e9e et qui imposera t\u00f4t ou tard des dispositifs autres que de circonstance. Il serait aussi indispensable de d\u00e9finir un plan d\u2019investissement, incluant la sauvegarde du bouclier social dont il est n\u00e9cessairement partie prenante, assorti de son financement. Qui donc pourrait aujourd&rsquo;hui \u00eatre porteur d&rsquo;une telle vision ? <\/p>\n<p>Si la relance s&rsquo;obstine, comme probable, \u00e0 \u00eatre aussi an\u00e9mique &#8211; tangente \u00e0 la r\u00e9cession &#8211; il faudra bien de toute fa\u00e7on en venir \u00e0 de f\u00e2cheuses remises en question, mais lesquelles ? La circonspection dont font preuve les gouvernements europ\u00e9ens ne fonde pas une politique.<\/p>\n<p>Demain sera un autre jour. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>GRECE, TOUS LES TIROIRS DU TEST NE SONT PAS ENCORE OUVERTS<\/strong><\/p>\n<p>Des deux tests europ\u00e9ens <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=6499\">identifi\u00e9s d\u00e9but janvier<\/a>, celui de l\u2019Islande semble s\u2019acheminer par un compromis en cours de n\u00e9gociation, plus tenable pour les Islandais. 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