{"id":8321,"date":"2010-02-19T21:18:25","date_gmt":"2010-02-19T20:18:25","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=8321"},"modified":"2010-02-21T10:24:48","modified_gmt":"2010-02-21T09:24:48","slug":"le-soir-samedi-20-fevrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/02\/19\/le-soir-samedi-20-fevrier\/","title":{"rendered":"Le Soir, samedi 20 f\u00e9vrier"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>L&rsquo;article m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00ab\u00a0entretien\u00a0\u00bb. C&rsquo;est assez diff\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e. Enfin bon.<\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/archives.lesoir.be\/austerite-ou-croissance-le-dilemme-de-l-europe_t-20100220-00TFRG.html\">Aust\u00e9rit\u00e9 ou croissance, le dilemme de l\u2019Europe<\/a> de Dominique Berns<\/p>\n<p>Un spectre hante l\u2019Europe : l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire. Face au vieillissement, suffirait-il de r\u00e9duire les d\u00e9ficits publics au moment o\u00f9 l\u2019Union a besoin de croissance ? D\u00e9bat.<\/p>\n<p>le retour \u00e0 la discipline budg\u00e9taire, tel est le mot d\u2019ordre un peu partout en Europe. Il y a plusieurs mois, Berlin a donn\u00e9 le ton : un amendement constitutionnel a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9, qui pr\u00e9voit qu\u2019\u00e0 partir de 2016, le d\u00e9ficit public f\u00e9d\u00e9ral ne pourra d\u00e9passer 0,35 % du PIB en moyenne sur le cycle \u00e9conomique. Peu comment\u00e9 alors, ce nouveau standard met la pression sur les autres \u00c9tats membres de l\u2019Union, depuis que la sp\u00e9culation s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9e contre l\u2019\u00c9tat grec, d\u00e9sormais condamn\u00e9 \u00e0 se financer \u00e0 des taux bien plus \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n<p>L\u2019aust\u00e9rit\u00e9<\/p>\n<p>budg\u00e9taire<\/p>\n<p>tous azimuts\u2026<\/p>\n<p>La Gr\u00e8ce est le coupable id\u00e9al, parce qu\u2019elle a maquill\u00e9 ses comptes et s\u2019est exempt\u00e9e de consolider ses finances publiques malgr\u00e9 la baisse des taux dont elle a profit\u00e9 apr\u00e8s son entr\u00e9e dans l\u2019euro. Les ministres des Finances de la zone euro ont, en d\u00e9but de semaine, demand\u00e9 \u00e0 Ath\u00e8nes des efforts suppl\u00e9mentaires. Mais ce pays n\u2019est pas le seul concern\u00e9.<\/p>\n<p><!--more-->Dans une tribune libre publi\u00e9e cette semaine par le Financial Times, Otmar Issing, un ancien membre du conseil ex\u00e9cutif de la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE), apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 un \u00ab faucon \u00bb de la Bundesbank, la banque centrale allemande, a rappel\u00e9 les r\u00e8gles du jeu. La crise grecque est \u00ab un tournant pour l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire, et pour l\u2019avenir de l\u2019Europe. (\u2026) C\u2019est une grande opportunit\u00e9 \u2013 probablement la derni\u00e8re pour la Gr\u00e8ce, et pour d\u2019autres \u2013 de s\u2019adapter pleinement \u00e0 un r\u00e9gime de monnaie stable et de finances publiques solides \u00bb, \u00e9crit-il, ajoutant : \u00ab l\u2019assistance financi\u00e8re aux pays qui ont viol\u00e9 les termes de leur participation \u00e0 l\u2019UEM serait un coup majeur pour la cr\u00e9dibilit\u00e9 de toute la construction. \u00bb<\/p>\n<p>Le Portugal est dans le collimateur. Tout comme l\u2019Espagne et l\u2019Irlande, dont les d\u00e9ficits atteignent respectivement 12 et 10 % du PIB, et les dettes publiques explosent \u2013 alors que ces deux pays d\u00e9gageaient, il y a trois ans, des surplus budg\u00e9taires ! La Belgique doit \u00e9galement serrer la vis : c\u2019est le message qu\u2019a fait passer la Banque nationale de Belgique mardi, lors de la pr\u00e9sentation de son rapport annuel (Le Soir du 17 f\u00e9vrier). Comme pratiquement tous les pays europ\u00e9ens, dont les finances publiques se sont d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es.<\/p>\n<p>\u2026 risque-t-elle de casser la reprise ?<\/p>\n<p>Mais est-ce bien le moment, alors que l\u2019\u00e9conomie est convalescente et que les perspectives de croissance restent moroses, aussi bien en Europe qu\u2019aux Etats-Unis et au Japon, de mettre en \u0153uvre des politiques d\u2019aust\u00e9rit\u00e9, dont l\u2019effet sera n\u00e9cessairement d\u00e9pressif sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique ?<\/p>\n<p>\u00ab Le meilleur argument contre cette aust\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que cela va casser la reprise, si reprise il y a. Car rien ne permet d\u2019exclure aujourd\u2019hui un sc\u00e9nario en W \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire une rechute \u00bb, estime Paul Jorion, ancien cadre bancaire aujourd\u2019hui essayiste. Il n\u2019y a, en effet, aucun signe clair d\u2019une augmentation de la demande priv\u00e9e, qu\u2019il s\u2019agisse de la consommation des m\u00e9nages ou des investissements des entreprises. \u00ab Cet empressement est suspect. Le probl\u00e8me existe depuis des ann\u00e9es. Pourquoi faut-il absolument s\u2019y attaquer maintenant ? Et sur quoi va-t-on pouvoir faire des \u00e9conomies ? Sur l\u2019Etat-providence. Cherche-t-on \u00e0 achever de mettre en \u0153uvre le programme ultra-lib\u00e9ral dont la crise a pourtant invalid\u00e9 le bien-fond\u00e9 ? \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab Vous parlez d\u2019aust\u00e9rit\u00e9. Je pr\u00e9f\u00e8re le terme \u201cassainissement budg\u00e9taire\u201d, r\u00e9torque Andr\u00e9 Sapir, professeur d\u2019\u00e9conomie \u00e0 Solvay. Pour un certain nombre de pays, dont la Belgique, il importe de garantir la soutenabilit\u00e9 des finances publiques. Oui, il y a un danger de trop assainir \u00e0 court terme et de casser la reprise, mais s\u2019accommoder de d\u00e9ficits importants et laisser augmenter les dettes publiques mettraient en p\u00e9ril les finances publiques sur les moyen et long termes. Or, nous allons devoir faire face au vieillissement de la population. Et l\u2019une des conditions si l\u2019on veut pr\u00e9server la S\u00e9curit\u00e9 sociale face \u00e0 la bombe du vieillissement et de l\u2019allongement de la dur\u00e9e de la vie, c\u2019est de s\u2019assurer que la situation budg\u00e9taire soit assainie. \u00bb<\/p>\n<p>Pour Andr\u00e9 Sapir, \u00ab la Gr\u00e8ce est un cas particulier. Son horizon n\u2019est pas de quelques ann\u00e9es, mais de quelques mois. On s\u2019est focalis\u00e9 sur le d\u00e9ficit public : 13 % du PIB (en 2009). Mais il y a aussi le d\u00e9ficit de la balance courante, qui atteint 12,4 % du PIB. La Gr\u00e8ce doit emprunter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. D\u2019ici peu, elle va devoir retourner sur les march\u00e9s. Elle doit donc convaincre les investisseurs. Et pour cela, elle doit mettre en \u0153uvre une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire cr\u00e9dible. \u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9conomiste bruxellois estime que la Gr\u00e8ce aura besoin d\u2019aide et pr\u00f4ne une intervention du Fonds mon\u00e9taire international (FMI). \u00ab La Gr\u00e8ce ne va pas pouvoir s\u2019en tirer de mani\u00e8re d\u00e9cente sans un coup de pouce : un pr\u00eat conditionnel. L\u2019Europe n\u2019a pas de budget commun. Des alternatives ont \u00e9t\u00e9 \u00e9voqu\u00e9es (NDLR : notamment l\u2019\u00e9mission d\u2019un eurobond garanti par les grands pays de la zone euro), mais toutes ces solutions butent sur un probl\u00e8me politique allemand. La classe dirigeante est divis\u00e9e. La tribune libre d\u2019Otmar Issing est d\u2019abord \u00e0 usage interne en Allemagne. \u00bb<\/p>\n<p>Paul Jorion n\u2019est pas convaincu qu\u2019on puisse isoler le probl\u00e8me grec. \u00ab On dit que la Gr\u00e8ce est une petite \u00e9conomie, qui ne p\u00e8se pas lourd dans la zone euro. C\u2019est vrai. Mais les \u201csubprimes\u201d \u00e9taient aussi un petit compartiment des march\u00e9s financiers am\u00e9ricains\u2026, rappelle-t-il. Et si la Gr\u00e8ce devait voir sa notation \u00e0 nouveau abaiss\u00e9e, elle ne pourrait pas tenir. Il y aura une r\u00e9action en cha\u00eene. Les diff\u00e9rents \u00c9tats vont devoir emprunter \u00e0 des taux plus \u00e9lev\u00e9s, ce qui alourdira la charge des dettes publiques. Et le probl\u00e8me des pensions va passer \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan devant l\u2019urgence des probl\u00e8mes auxquels les pays sont confront\u00e9s d\u00e8s maintenant. \u00bb<\/p>\n<p>Une longue p\u00e9riode de stagnation ?<\/p>\n<p>Faut-il, comme Emmanuel Todd et Jean-Luc Gr\u00e9au dans les colonnes du Soir du 12 f\u00e9vrier, reprocher \u00e0 l\u2019Allemagne d\u2019imposer une politique d\u00e9flationniste qui a pour effet d\u2019ob\u00e9rer la croissance de l\u2019Union ? \u00ab Cette discussion devrait avoir lieu au niveau des ministres des Finances, reconna\u00eet Andr\u00e9 Sapir. Mais pour comprendre l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit allemand, il faut rappeler que lors de l\u2019introduction de l\u2019euro, le mark est sur\u00e9valu\u00e9, en raison de la r\u00e9unification allemande. Une d\u00e9valuation du mark aurait \u00e9t\u00e9 opportune, mais elle \u00e9tait politiquement infaisable. De sorte que l\u2019Allemagne a souffert d\u2019un manque de comp\u00e9titivit\u00e9. Elle a choisi la m\u00e9thode dure : un strict contr\u00f4le des co\u00fbts salariaux. Les Allemands ont travaill\u00e9 plus sans \u00eatre pay\u00e9s plus. Il est difficile de leur expliquer aujourd\u2019hui qu\u2019ils doivent venir au secours de pays qui se sont comport\u00e9s de mani\u00e8re irresponsable ou laxiste. \u00bb<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Sapir admet que \u00ab l\u2019Allemagne dispose d\u2019une marge de man\u0153uvre pour augmenter les salaires et la demande interne. \u00bb Mais il ajoute : \u00ab N\u2019essayez pas de me faire dire que l\u2019\u00e9l\u00e9ment principal pour relancer durablement la croissance europ\u00e9enne, c\u2019est l\u2019augmentation de la demande allemande ; c\u2019est un leurre. \u00c0 moyen terme, ce qui permettra \u00e0 l\u2019Europe de conna\u00eetre une croissance solide, c\u2019est les investissements, les innovations, les gains de productivit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>\u00ab La Chine a d\u00e9cid\u00e9 de relever le salaire minimum. C\u2019est une mesure qui devrait permettre de d\u00e9velopper son march\u00e9 int\u00e9rieur. Mais c\u2019est la derni\u00e8re chose \u00e0 laquelle pensent les responsables europ\u00e9ens, regrette Paul Jorion. Il faudrait relancer la demande et, pour cela, les salaires. Au contraire, les responsables pr\u00f4nent l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire et la mod\u00e9ration salariale pour garantir la comp\u00e9titivit\u00e9 des entreprises (NDLR : c\u2019est aussi un \u00e9l\u00e9ment sur lequel la BNB a insist\u00e9 cette semaine). Le risque est r\u00e9el de voir l\u2019Europe conna\u00eetre une longue p\u00e9riode de stagnation \u00e9conomique comme le Japon dans les ann\u00e9es 90. \u00bb<\/p>\n<p>Andr\u00e9 Sapir ne nie pas que les perspectives \u00e0 long terme ne sont pas roses. \u00ab Le vieillissement, c\u2019est moins de nouveaux travailleurs, moins de demande int\u00e9rieure, une soci\u00e9t\u00e9 moins dynamique, une moindre croissance de la productivit\u00e9\u2026 Toutes autres choses \u00e9gales par ailleurs, la croissance tendancielle, qu\u2019on estime \u00e0 2 %, tombera \u00e0 1,5 % d\u2019ici 15 ans. L\u2019Europe a absolument besoin d\u2019une nouvelle strat\u00e9gie de croissance. \u00bb<\/p>\n<p>Mais au vu de l\u2019\u00e9chec de la strat\u00e9gie de Lisbonne \u00e0 faire de l\u2019Europe \u00ab l\u2019\u00e9conomie de la connaissance la plus comp\u00e9titive au monde \u00bb, peut-on continuer \u00e0 affirmer, \u00e0 l\u2019exemple d\u2019Otmar Issing ou de Jean-Claude Trichet, le patron de la BCE, que des r\u00e9formes structurelles, une monnaie stable et des finances publiques solides sont les conditions n\u00e9cessaires et suffisantes d\u2019une croissance soutenue ? C\u2019est la vraie question qui hante l\u2019Europe, au-del\u00e0 de la crise grecque.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>L&rsquo;article m&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 comme un \u00ab\u00a0entretien\u00a0\u00bb. C&rsquo;est assez diff\u00e9rent \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e. Enfin bon.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/archives.lesoir.be\/austerite-ou-croissance-le-dilemme-de-l-europe_t-20100220-00TFRG.html\">Aust\u00e9rit\u00e9 ou croissance, le dilemme de l\u2019Europe<\/a> de Dominique Berns<\/p>\n<p>Un spectre hante l\u2019Europe : l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 budg\u00e9taire. Face au vieillissement, suffirait-il de r\u00e9duire les d\u00e9ficits publics au moment o\u00f9 l\u2019Union a besoin de croissance ? D\u00e9bat.<\/p>\n<p>le retour \u00e0 la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1,18],"tags":[142,160],"class_list":["post-8321","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-economie","category-monde-financier","tag-dette-publique","tag-grece"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8321","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8321"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8321\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":8395,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8321\/revisions\/8395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8321"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8321"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8321"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}