{"id":84628,"date":"2016-04-16T18:54:34","date_gmt":"2016-04-16T16:54:34","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=84628"},"modified":"2016-04-16T18:54:34","modified_gmt":"2016-04-16T16:54:34","slug":"les-avatars-du-franc-cfa-flux-des-capitaux-et-regression-economique-en-afrique-francophone-par-sanou-mbaye","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/04\/16\/les-avatars-du-franc-cfa-flux-des-capitaux-et-regression-economique-en-afrique-francophone-par-sanou-mbaye\/","title":{"rendered":"LES AVATARS DU FRANC CFA, FLUX DES CAPITAUX ET R\u00c9GRESSION \u00c9CONOMIQUE EN AFRIQUE FRANCOPHONE, par Sanou Mbaye"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Le continent africain est en passe de devenir le nouveau fer de lance de l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n<p><!--more-->Le monde aura toujours besoin de foyers de d\u00e9veloppement pour servir de \u00ab\u00a0locomotives \u00bb de croissance \u00e0 ses activit\u00e9s industrielles. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, ce fut l\u2019Europe qui tint ce r\u00f4le durant sa p\u00e9riode de reconstruction que l\u2019histoire a retenue comme \u00e9tant celle des \u00ab\u00a0trente glorieuses\u00a0\u00bb qui ne prit fin qu\u2019avec le choc p\u00e9trolier de 1973. Par la suite, les pays dits \u00e9mergents en phase d\u2019industrialisation rapide comme la Chine, l\u2019Inde, la Cor\u00e9e, la Malaisie, la Turquie, et le Br\u00e9sil prirent le relais. C\u2019est dans cette nouvelle division internationale du travail que la Chine, \u00ab\u00a0principal atelier du monde\u00a0\u00bb, est devenue depuis 2010 la seconde puissance \u00e9conomique du globe, mais \u00e9galement son second pollueur derri\u00e8re les Etats Unis. Au fur et \u00e0 mesure de leur industrialisation ces pays vont voir s\u2019\u00e9tioler progressivement leurs avantages comparatifs de productivit\u00e9 et de comp\u00e9titivit\u00e9 avec l\u2019appr\u00e9ciation des taux de change de leurs monnaies et l\u2019augmentation des salaires, des charges sociales et des couts \u00e9conomiques li\u00e9s aux impacts n\u00e9gatifs du r\u00e9chauffement climatique sur l&rsquo;agriculture, la sant\u00e9 et l&rsquo;environnement<a href=\"#_edn1\" name=\"_ednref1\">[i]<\/a>. Il s\u2019ensuivra l\u2019\u00e9rosion des gains de productivit\u00e9 et de comp\u00e9titivit\u00e9 qui en faisaient les terres d\u2019asile des d\u00e9localisations des manufactures des pays industrialis\u00e9s du nord. Dans la cr\u00e9ation de leurs richesses nationales, leurs secteurs manufacturiers vont de plus en plus c\u00e9der la place aux secteurs des industries de service &#8211; commerce, finance, assurance, haute technologie, tourisme, etc.- C\u2019est \u00e0 cette jonction que les appareils productifs du monde commencent \u00e0 se chercher de nouveaux pays \u00e9mergents aptes \u00e0 prendre le relai et devenir \u00ab\u00a0les nouveaux ateliers du monde\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire des pays disposant d\u2019une croissance continue de leur produit int\u00e9rieur brut\u00a0(PIB), d\u2019un niveau faible d\u2019endettement, \u00e9tant solvables, offrant des taux de profit \u00e9lev\u00e9s, une s\u00e9curit\u00e9 des investissements, une main-d\u2019\u0153uvre qualifi\u00e9e et une abondance de sources d\u2019\u00e9nergies renouvelables.<\/p>\n<h3>Vers une nouvelle division internationale du travail<\/h3>\n<p>Le continent africain qui traverse la p\u00e9riode \u00e9conomique la plus prosp\u00e8re de son histoire est en passe d\u2019endosser ce r\u00f4le. Il est le deuxi\u00e8me moteur de la croissance \u00e9conomique mondiale apr\u00e8s l\u2019Asie<a href=\"#_edn2\" name=\"_ednref2\">[ii]<\/a>. Depuis 2000, les pays d\u2019Afrique subsaharienne ont connu une croissance moyenne situ\u00e9e entre 5\u00a0% et 7\u00a0%. Durant la r\u00e9cession mondiale de 2009, l\u2019Afrique et l\u2019Asie ont \u00e9t\u00e9 les deux seules r\u00e9gions du globe o\u00f9 le produit int\u00e9rieur brut s\u2019est accru. Selon le rapport \u00ab\u00a0Perspectives \u00e9conomiques en Afrique\u00a0\u00bb, en 2013 le taux de croissance moyen s\u2019y \u00e9tablissait \u00e0 environ 4\u00a0%, sup\u00e9rieur \u00e0 celui du reste de la plan\u00e8te (3\u00a0%). Le mouvement devrait s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer, fr\u00f4lant les 5\u00a0% en 2014 pour se situer entre 5 et 6\u00a0% en 2015<a href=\"#_edn3\" name=\"_ednref3\">[iii]<\/a>.<\/p>\n<p>Le continent est \u00e9galement celui o\u00f9 les taux de rentabilit\u00e9 sur investissements sont les plus \u00e9lev\u00e9s compar\u00e9s aux autres r\u00e9gions en d\u00e9veloppement et les investissements directs \u00e9trangers (IDE) y sont en forte hausse. En 2014, les IDE ont certes enregistr\u00e9 une baisse de 8,6% en nombre de projets, mais ils ont en revanche affich\u00e9 une croissance de 136% en valeur pour atteindre 128 milliards de dollars, ainsi qu&rsquo;une hausse de 68% en nombre d&#8217;emplois cr\u00e9\u00e9s compar\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e 2013<a href=\"#_edn4\" name=\"_ednref4\"><sup><\/sup><sup>[iv]<\/sup><\/a>. Et d\u00e9duction faite des investissements dans l\u2019exploitation p\u00e9troli\u00e8re et gazi\u00e8re, c\u2019est l\u2019Afrique du Sud qui est le plus gros investisseur sur le continent, non la Chine, l\u2019Europe ou les Etats-Unis.<\/p>\n<p>Les transferts des \u00e9migr\u00e9s repr\u00e9sentent la seconde source de devises apr\u00e8s les investissements directs \u00e9trangers. Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le Fonds International pour le d\u00e9veloppement agricole (FIDA) bas\u00e9 \u00e0 Rome a indiqu\u00e9 que les quelques 30 millions d\u2019Africains vivant en dehors de leurs pays d\u2019origine envoient tous les ans plus de 40 milliards de dollars \u00e0 leurs familles et aux membres de leurs communaut\u00e9s demeur\u00e9s chez eux. Des \u00e9tudes r\u00e9centes r\u00e9v\u00e8lent que les d\u00e9penses d\u2019\u00e9ducation et de sant\u00e9, l\u2019achat de terrains, la construction de maisons et la mise sur pied d\u2019entreprises comptent parmi les premi\u00e8res destinations des investissements financ\u00e9s par ces transferts. Ils repr\u00e9sentent 36% des investissements au Burkina Faso, 53% au Kenya, 57% au Nigeria, 15% au S\u00e9n\u00e9gal et 20% en Ouganda. Les d\u00e9penses d\u2019\u00e9ducation y aff\u00e9rentes viennent en seconde position au Nigeria et en Ouganda, en troisi\u00e8me position au Burkina Faso et en quatri\u00e8me position au Kenya.<\/p>\n<p>Les compagnies multinationales de t\u00e9l\u00e9communications ont enregistr\u00e9 316 millions d\u2019abonn\u00e9s depuis 2000, soit plus que la population enti\u00e8re des Etats-Unis. Le secteur de la construction suit la m\u00eame courbe ascendante. L\u2019Afrique dispose de 60% des terres cultivables non exploit\u00e9es du globe. Dans un monde menac\u00e9 de famine grandissante par l\u2019explosion des prix des denr\u00e9es alimentaires, un tel actif est d\u2019une valeur inestimable.<\/p>\n<p>La jeunesse africaine est un autre atout de croissance. Dans les d\u00e9cennies \u00e0 venir, l\u2019Afrique sera le seul continent o\u00f9 la population en \u00e2ge de travailler continuera de cro\u00eetre. En 2045, leur nombre se chiffrera \u00e0 1,1 milliard, plus que la Chine et l\u2019Inde. La formation de cette jeunesse, particuli\u00e8rement dans les domaines scientifiques, sera la gageure des d\u00e9cennies \u00e0 venir. La cr\u00e9ation de l\u2019Institut africain des sciences math\u00e9matiques n\u2019est qu\u2019une initiative parmi bien d\u2019autres qui r\u00e9pond \u00e0 cet imp\u00e9ratif. Un tel institut va \u00eatre implant\u00e9 en r\u00e9seaux sur tout le continent\u00a0: au S\u00e9n\u00e9gal, en Afrique du sud, au B\u00e9nin, \u00e0 Madagascar, au Soudan, en Ouganda, au Gabon, au Cameroun, au Maroc, en Alg\u00e9rie, au Congo, en R\u00e9publique D\u00e9mocratique du Congo, au Mozambique, au Rwanda, en Tanzanie, en C\u00f4te d\u2019Ivoire, au Botswana, en Zambie, en Egypte et au Malawi. Il invitera des professeurs du monde entier, pour des formations dispens\u00e9es \u00e0 des \u00e9tudiants de tout le continent.<\/p>\n<p>Le pouvoir d\u2019achat des Africains s\u2019est accru. Durant la d\u00e9cennie pass\u00e9e, le nombre des consommateurs de la classe moyenne \u2013 ceux qui d\u00e9pensent 2 \u00e0 20 dollars par jour \u2013 a augment\u00e9 de plus de 60% et repr\u00e9sente 313 millions, suivant un rapport de la Banque Africaine de D\u00e9veloppement. Ce nombre est comparable \u00e0 celui de la classe moyenne en Chine et en Inde.<\/p>\n<p>L\u2019environnement politique s\u2019est \u00e9galement grandement am\u00e9lior\u00e9. Les troubles post\u00e9lectoraux en C\u00f4te d\u2019Ivoire, au Nigeria ou en Guin\u00e9e et les tentatives \u00e7\u00e0 et l\u00e0 de manipulation des constitutions par des politiciens soucieux de prolonger leurs mandats peuvent obscurcir le fait que des \u00e9lections libres et des transitions politiques paisibles ont eu lieu dans une majorit\u00e9 de pays comme au S\u00e9n\u00e9gal, en Zambie, en Afrique du Sud, en Ile Maurice, au Botswana, au Cap Vert, aux Seychelles et en Namibie et dans bien d\u2019autres. Des dirigeants plus soucieux des int\u00e9r\u00eats de leurs pays et du bien-\u00eatre de leurs populations prennent de plus en plus le relais des autocrates d\u2019antan dont le nombre tend \u00e0 se r\u00e9tr\u00e9cir comme une peau de chagrin.<\/p>\n<h3>L\u2019Afrique, nouvel El Dorado ?<\/h3>\n<p>En ce qui concerne les finances publiques, les pays d\u2019Afrique qui ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9s d\u00e8s les ann\u00e9es 1970s \u00e0 une crise de la dette, ont mis en place durant des d\u00e9cennies sous la f\u00e9rule du Fond mon\u00e9taire international et de la Banque mondiale des programmes d\u2019ajustement structurels\u00a0drastiques\u00a0incluant d\u00e9valuation mon\u00e9taire, d\u00e9r\u00e9glementation\u00a0des taux de\u00a0change et\u00a0du march\u00e9\u00a0du travail,\u00a0politique de taux\u00a0d&rsquo;int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s, d\u00e9r\u00e9gulation financi\u00e8re,\u00a0lib\u00e9ralisation des \u00e9changes,\u00a0privatisations,\u00a0r\u00e9duction\u00a0des salaires, compressions budg\u00e9taires et\u00a0licenciements massifs. Au prix de tant de sacrifices les comptes des Etats ont \u00e9t\u00e9 assainis. L\u2019inflation a \u00e9t\u00e9 divis\u00e9e par deux depuis les ann\u00e9es 1990, et les r\u00e9serves de devises \u00e9trang\u00e8res ont augment\u00e9 de 30 %. Les finances publiques ont affich\u00e9 un exc\u00e9dent de 2,8 % du PIB en 2008, par rapport au d\u00e9ficit de 1,4 % du PIB en 2000-2005. Les taux d\u2019\u00e9pargne se situent entre 10 et 20% et la dette ext\u00e9rieure est pass\u00e9e de 110 % du PIB en 2005, \u00e0 21 % en 2008.<\/p>\n<p>Les options d\u2019emprunts et d\u2019investissements des pays d\u2019Afrique subsaharienne se sont \u00e9galement renforc\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019ouverture aux africains des march\u00e9s des capitaux. On se souviendra qu\u2019aucun pays d&rsquo;Afrique Noire, \u00e0 l&rsquo;exception notable de l&rsquo;Afrique du Sud et de la Rhod\u00e9sie de l\u2019\u00e9poque, nagu\u00e8re gouvern\u00e9es par une minorit\u00e9 blanche, n\u2019\u00e9tait autoris\u00e9 \u00e0 lever des fonds sur les march\u00e9s des capitaux internationaux au d\u00e9but de leurs ind\u00e9pendances. Ils ne disposaient pas de la notation d\u00e9livr\u00e9e par les agences internationales de notation financi\u00e8re qui donne acc\u00e8s aux march\u00e9s des capitaux et aux investissements \u00e0 long terme qu\u2019exige le financement de tout projet de d\u00e9veloppement. Les quelques march\u00e9s des capitaux nationaux qui existaient \u00e9taient embryonnaires.<\/p>\n<p>Plusieurs pays ont d\u00e9sormais re\u00e7u le s\u00e9same qui leur donne acc\u00e8s aux march\u00e9s financiers\u00a0: le \u00ab\u00a0rating\u00a0\u00bb ou la notation financi\u00e8re qui leur a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par les agences de \u00ab\u00a0rating\u00a0\u00bb<a href=\"#_edn5\" name=\"_ednref5\"><sup><\/sup><sup>[v]<\/sup><\/a>. Cette note s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e, dans la plupart des cas, sup\u00e9rieure ou \u00e9gale \u00e0 celle de nations aussi industrialis\u00e9es que la Turquie, le Br\u00e9sil ou l\u2019Argentine. L\u2019int\u00e9r\u00eat des investisseurs internationaux pour les march\u00e9s africains n\u2019a cess\u00e9 de s\u2019accroitre ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Ils consid\u00e8rent la plupart des march\u00e9s du continent comme des march\u00e9s interm\u00e9diaires \u00e0 haut rendement.<\/p>\n<p>L\u2019Afrique compte aujourd\u2019hui 23 Bourses<a href=\"#_edn6\" name=\"_ednref6\">[vi]<\/a> et leur capitalisation boursi\u00e8re combin\u00e9e a explos\u00e9<a href=\"#_edn7\" name=\"_ednref7\"><sup><\/sup><sup>[vii]<\/sup><\/a>.\u00a0 Elle est pass\u00e9e de 257 milliards en 2000 \u00e0 1260 milliards en 2010 (2 pour cent du total mondial \u2013 soit l\u2019\u00e9quivalent de la quinzi\u00e8me place financi\u00e8re mondiale) avec en t\u00eate de liste\u00a0: l\u2019Afrique du Sud, l\u2019Egypte, le Maroc, le Nig\u00e9ria et le Kenya. Il existe \u00e9galement deux bourses r\u00e9gionales\u00a0groupant les quatorze pays membres de la zone franc: la Bourse R\u00e9gionale des Valeurs Mobili\u00e8res (BRVM) \u00e0 Abidjan et la Bourse des Valeurs Mobili\u00e8res de l\u2019Afrique Centrale (BVMAC) \u00e0 Libreville. Le nombre des entreprises cot\u00e9es en bourse s\u2019est \u00e9galement accru et s\u2019\u00e9l\u00e8ve aujourd\u2019hui \u00e0 plus de 2000<a href=\"#_edn8\" name=\"_ednref8\"><sup><\/sup><sup>[viii]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>D\u00e9sormais, pour mobiliser les fonds n\u00e9cessaires aux investissements massifs requis particuli\u00e8rement dans l\u2019agriculture, l\u2019\u00e9nergie et les infrastructures, les gouvernements africains, les soci\u00e9t\u00e9s publiques et priv\u00e9es, les banques, les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019assurance, les caisses de retraite, et les investisseurs priv\u00e9s locaux auront de plus en plus recours aux march\u00e9s des capitaux nationaux, r\u00e9gionaux et internationaux.<\/p>\n<h3>Dividendes \u00e9cologiques<\/h3>\n<p>Dans un monde aux prises avec un r\u00e9chauffement climatique qui menace jusqu\u2019\u00e0 la survivance de l\u2019esp\u00e8ce humaine, les pays d\u2019Afrique n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s bien que n\u2019ayant particip\u00e9 que de fa\u00e7on marginale aux \u00e9missions de gaz carbonique qui en sont\u00a0la cause. Des calamit\u00e9s de toutes sortes sont leurs lots quotidiens\u00a0: d\u00e9sertification, s\u00e8cheresse, \u00e9rosion, inondation, famine, conflits et catastrophes en tous genres.<\/p>\n<p>Pourtant ces m\u00eames pays n&rsquo;en jouissent pas moins d\u2019un double avantage quand il est question d\u2019\u00e9nergie propre et de pr\u00e9servation de l\u2019environnement. En tout premier lieu, le degr\u00e9 limit\u00e9 du processus d\u2019industrialisation du continent leur a \u00e9pargn\u00e9 le niveau alarmant de pollution des pays industrialis\u00e9s et ceux en voie de l\u2019\u00eatre. En second lieu, pour leur propre industrialisation, les industries africaines pourront \u00eatre aliment\u00e9es par des r\u00e9serves d\u2019\u00e9nergie solaire et hydraulique incommensurables si elles sont proprement exploit\u00e9es. Sur ce chapitre, il convient de noter la richesse de l\u2019Afrique subsaharienne en \u00e9nergie hydraulique avec des r\u00e9serves estim\u00e9es \u00e0 des milliers de milliards de kilowatts\/heure, repr\u00e9sentant environ la moiti\u00e9 des r\u00e9serves mondiales. Les pertes importantes qui \u00e9taient li\u00e9es au transport de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 sur un r\u00e9seau de courant alternatif \u00e9tant d\u00e9sormais ma\u00eetris\u00e9es gr\u00e2ce aux perc\u00e9es technologiques r\u00e9alis\u00e9es en mati\u00e8re de courant continu \u00e0 haute tension, l\u2019exploitation de l\u2019\u00e9nergie hydro\u00e9lectrique du seul fleuve Congo avec l\u2019am\u00e9nagement des barrages d\u2019Inga et de Kisangani pourrait suffire \u00e0 satisfaire les besoins en \u00e9lectricit\u00e9 du continent africain, et m\u00eame ceux des pays d\u2019Europe du sud<a href=\"#_edn9\" name=\"_ednref9\">[ix]<\/a>.<\/p>\n<p>Mieux encore, quelle que soit l\u2019ampleur des ressources hydro\u00e9lectriques que rec\u00e8le l\u2019Afrique, elles sont n\u00e9gligeables compar\u00e9es \u00e0 celles qu\u2019offre l\u2019\u00e9nergie solaire. Le soleil d\u00e9verse sur la terre tous les ans l\u2019\u00e9quivalent de 1,5 millions de barils d\u2019\u00e9nergie p\u00e9troli\u00e8re au kilom\u00e8tre carr\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 la technologie d\u2019\u00ab\u00e9nergie solaire concentr\u00e9e\u00bb, il suffirait de concentrer l\u2019\u00e9nergie solaire sur une superficie \u00e9quivalente \u00e0 0,5% des d\u00e9serts chauds, en l\u2019occurrence celui du Sahara pour couvrir les besoins du monde en \u00e9nergie. Les allemands l\u2019ont bien compris en initiant le projet Desertec<a href=\"#_edn10\" name=\"_ednref10\">[x]<\/a>.<\/p>\n<h3><a name=\"_Toc440307962\"><\/a>Pays de la zone franc\u00a0: les exclus de la nouvelle embellie<\/h3>\n<p>Cependant, l\u2019essentiel de ces progr\u00e8s semblent d\u00e9laisser les pays de la zone franc. Si les taux de croissance ont \u00e9t\u00e9 en moyenne de 5,5\u00a0% en 2013 dans l\u2019Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (Uemoa)<a href=\"#_edn11\" name=\"_ednref11\"><sup><\/sup><sup>[xi]<\/sup><\/a>, et de 4,6%\u00a0au sein de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique et mon\u00e9taire de l\u2019Afrique centrale (Cemac)<a href=\"#_edn12\" name=\"_ednref12\"><sup><\/sup><sup>[xii]<\/sup><\/a>, ces chiffres doivent \u00eatre relativis\u00e9s. L\u2019extraversion des \u00e9conomies des pays de la zone franc est telle que les taux de croissance ne s\u2019y traduisent pas en gain de prosp\u00e9rit\u00e9 mais en surcroit de pauvret\u00e9\u00a0: onze des quinze pays de la zone franc figurent, selon leur indice de d\u00e9veloppement publi\u00e9 par le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD), parmi les vingt-cinq pays les plus pauvres du monde.<\/p>\n<p>Au sein de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (Cedeao)<a href=\"#_edn13\" name=\"_ednref13\"><sup><\/sup><sup>[xiii]<\/sup><\/a>, -l\u2019organisme r\u00e9gional mandat\u00e9 par l\u2019Union africaine pour chaperonner les politiques d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique de ses membres en Afrique de l\u2019ouest -, ce ne sont pas la C\u00f4te d\u2019Ivoire ou le S\u00e9n\u00e9gal qui m\u00e8ne la dance, mais deux pays anglophones\u00a0: le Nigeria a enregistr\u00e9 un taux de croissance de 7,4\u00a0% en 2013 (contre 6,2 % en 2012)\u00a0; le Ghana a vu sa production cro\u00eetre de 6\u00a0% en moyenne pendant les six derni\u00e8res ann\u00e9es et devrait atteindre 8\u00a0% en 2015, selon le rapport \u00ab\u00a0Perspectives \u00e9conomiques en Afrique\u00a0\u00bb pr\u00e9cit\u00e9.<\/p>\n<h3>Les avatars du Franc CFA<\/h3>\n<h4>1.\u00a0\u00a0\u00a0 Une devise anachronique<\/h4>\n<p>Pour une exploitation optimale de ses colonies, la France avait regroup\u00e9 toutes ses colonies en deux structures f\u00e9d\u00e9rales\u00a0: l\u2019Afrique-Occidentale fran\u00e7aise (AOF) et l\u2019Afrique-Equatoriale fran\u00e7aise (AEF). Ces deux f\u00e9d\u00e9rations furent dot\u00e9es d\u2019une monnaie unique\u00a0 cr\u00e9\u00e9e d\u00e8s 1945\u00a0: le \u00ab\u00a0Franc des Colonies Fran\u00e7aises d\u2019Afrique\u00a0\u00bb (FCFA).<\/p>\n<p>Quand ces pays acc\u00e9d\u00e8rent \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance en 1960, ils sign\u00e8rent des accords avec la France qui consist\u00e8rent au d\u00e9mant\u00e8lement des structures f\u00e9d\u00e9rales qui les unissaient tout en maintenant paradoxalement le franc CFA comme leur monnaie commune g\u00e9r\u00e9e par le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais en contrepartie du d\u00e9p\u00f4t de 100% de leurs r\u00e9serves de change. Les difficult\u00e9s des pays de la zone franc de leur marasme \u00e9conomique sont \u00e0 imputer \u00e0 ces politiques \u00e9conomiques et mon\u00e9taires tronqu\u00e9es, dysfonctionnelles et peu orthodoxes.<\/p>\n<p>En premier lieu, le maintien du franc\u00a0CFA\u00a0apr\u00e8s les ind\u00e9pendances de 1960 aurait requis \u00e9galement le maintien de leur f\u00e9d\u00e9ralisme. Au contraire, les jeunes Etats ont t\u00f4t fait de mettre fin \u00e0 ces deux f\u00e9d\u00e9rations en \u00e9rigeant entre eux des barri\u00e8res tarifaires et non tarifaires. Celles-ci ont annihil\u00e9 les b\u00e9n\u00e9fices du maintien d\u2019une monnaie commune favorisant le commerce entre les Etats qui la partagent. A titre de comparaison, 60\u00a0% des \u00e9changes europ\u00e9ens sont intracommunautaires, contre un maigre 13\u00a0% pour les pays africains de la zone franc<a href=\"#_edn14\" name=\"_ednref14\">[xiv]<\/a>. Ultime incongruit\u00e9\u00a0: les francs CFA \u00e9mis par la BCEAO ne sont pas interchangeables avec ceux \u00e9mis par la BEAC, bien qu\u2019ayant exactement la m\u00eame parit\u00e9. D\u00e9sormais pour s\u2019entre-\u00e9changer mutuellement, les deux monnaies doivent passer par l\u2019arbitration de l\u2019euro, induisant des frais suppl\u00e9mentaires sans cause aucune \u00e0 verser dans l\u2019escarcelle des banques et du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le d\u00e9mant\u00e8lement des structures f\u00e9d\u00e9rales des deux empires fran\u00e7ais d\u2019Afrique aurait d\u00fb aller de pair avec l\u2019abrogation du franc\u00a0CFA, chaque pays pouvant ainsi se doter de sa propre monnaie. C\u2019est ce qui se passa dans les anciennes colonies britanniques, avec l\u2019abolition de la livre sterling ouest-africaine et de la caisse d\u2019\u00e9mission d\u2019Afrique de l\u2019Ouest, en 1968, ou la dissolution de la caisse d\u2019\u00e9mission d\u2019Afrique de l\u2019Est en 1977. Peut-on imaginer une abrogation du trait\u00e9 de Maastricht qui s\u2019accompagnerait d\u2019une survivance de l\u2019euro ?<\/p>\n<p>Le maintien du franc\u00a0CFA\u00a0a cr\u00e9\u00e9 un environnement \u00e9conomique impropre \u00e0 toute strat\u00e9gie de d\u00e9veloppement. Cette absence de perspectives dans une Afrique en pleine mutation favorise l\u2019instabilit\u00e9 et les conflits. Dans un pass\u00e9 r\u00e9cent, la C\u00f4te d\u2019Ivoire, la Guin\u00e9e-Bissau, le Mali et la Centrafrique ont \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre de violences qui ont ensanglant\u00e9 la r\u00e9gion. La France, appuy\u00e9e par les Etats-Unis, a par ailleurs instrumentalis\u00e9 ces crises pour renforcer sa pr\u00e9sence militaire dans la r\u00e9gion. Dans ce contexte, les strat\u00e9gies d\u2019int\u00e9gration \u00e9conomique de\u00a0l\u2019Uemoa et de la Cemac \u00e9taient vou\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9chec. Les pr\u00e9alables indispensables \u00e0 la viabilit\u00e9 d\u2019une union mon\u00e9taire ont en effet \u00e9t\u00e9 m\u00e9connus\u00a0: on ne trouve aucun m\u00e9canisme de solidarit\u00e9, ni march\u00e9 commun, ni union politique.<\/p>\n<h4><a name=\"_Toc440307965\"><\/a>2.\u00a0\u00a0\u00a0 Un taux de change fixe arrim\u00e9 \u00e0 l\u2019euro<\/h4>\n<p>Au deuxi\u00e8me rang des incons\u00e9quences structurelles de la zone franc figure le taux de change fixe du franc CFA, la monnaie commune, ancr\u00e9e \u00e0 l\u2019euro \u00e0 un niveau abusivement sur\u00e9valu\u00e9<a href=\"#_edn15\" name=\"_ednref15\"><sup><\/sup><sup>[xv]<\/sup><\/a>. Il s\u2019agit officiellement de pr\u00e9server la stabilit\u00e9 de la monnaie, sa convertibilit\u00e9 et son libre transfert en France par le m\u00e9canisme du contr\u00f4le des changes instaur\u00e9 en 1993. Mais ce montage fonctionne surtout \u00e0 l\u2019avantage des compagnies fran\u00e7aises, qui exercent un quasi-monopole sur l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique de la zone\u00a0: Bouygues, Areva, Total, Bollor\u00e9, Eiffage, Orange (Sonatel), BNP Paribas (BICI), Soci\u00e9t\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, Air France, etc. La sph\u00e8re publique n\u2019est pas en reste de leur domination. Ce sont ces m\u00eames entreprises qui raflent la quasi-totalit\u00e9 des march\u00e9s publics. Prenons au S\u00e9n\u00e9gal l\u2019exemple de la construction du tron\u00e7on d\u2019autoroute \u00e0 p\u00e9age de Diamniadio. L\u2019Agence fran\u00e7aise de d\u00e9veloppement (AFD) a pr\u00eat\u00e9 au S\u00e9n\u00e9gal, dans le cadre de son plan S\u00e9n\u00e9gal \u00e9mergent (PSE), 58 milliards de francs\u00a0CFA\u00a0(88,5 millions d\u2019euros) pour la construction de ce tron\u00e7on d\u2019autoroute \u00e0 p\u00e9age qui va rallier Diamniadio au futur a\u00e9roport, dans la banlieue de\u00a0Dakar.\u00a0Le march\u00e9 a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 \u00e0 Eiffage sans appel d\u2019offres. L\u2019Agence Fran\u00e7aise de D\u00e9veloppement (AFD)\u00a0versera directement en France \u00e0 cette soci\u00e9t\u00e9 le montant du pr\u00eat que les contribuables s\u00e9n\u00e9galais vont payer. Pour faire bonne mesure, Eiffage s\u2019est vu allouer pour trente ans la mainmise sur le p\u00e9age de l\u2019autoroute. Total, quant \u00e0 elle, est attributaire des stations d\u2019essence qui approvisionnent les automobilistes empruntant l\u2019autoroute. Ces stations d\u2019essence accordent \u00e0 leur tour des allocations de cr\u00e9dits de t\u00e9l\u00e9phones portables aux abonn\u00e9s d\u2019Orange qui s\u2019approvisionnent en essence chez elles. Comme cela la boucle est boucl\u00e9e et Eiffage, Total comme Orange ont toute latitude de rapatrier en France les b\u00e9n\u00e9fices en francs CFA engrang\u00e9s en zone franc. Dans un tel contexte d\u2019extraversion des \u00e9conomies des pays de la zone franc, les taux de croissance \u00e9conomiques ne sont pas des indicateurs de source de prosp\u00e9rit\u00e9, mais des vecteurs d\u2019accumulation de dettes et de propagation de pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Ce verrouillage est renforc\u00e9 par l\u2019ostracisme auquel est assujetti la Chine dont les investissements massifs ont contribu\u00e9 \u00e0 la propulsion \u00e9conomique de pays comme le Kenya, l\u2019Ethiopie, le Nigeria ou le Ghana. Il n\u2019en a rien \u00e9t\u00e9 dans aucun pays de la zone franc pour une raison bien simple\u00a0: dans le pr\u00e9-carr\u00e9 fran\u00e7ais, les capitaux asiatiques, particuli\u00e8rement chinois, ne peuvent \u00eatre investis qu\u2019en partenariat avec Paris ou avec l\u2019accord pr\u00e9alable des Comit\u00e9s de Politique Mon\u00e9taire (CPM) en charge de la d\u00e9finition et de la conduite de la politique mon\u00e9taire de l\u2019Uemoa ou de la Cemac. Mais personne n\u2019est dupe. Ce sont les repr\u00e9sentants du Tr\u00e9sor Fran\u00e7ais qui si\u00e8gent dans ces CPM dans lesquels ils disposent de voix d\u00e9lib\u00e9ratives qui sont les v\u00e9ritables maitres du jeu.<\/p>\n<h4><a name=\"_Toc440307966\"><\/a>3.\u00a0\u00a0\u00a0 Des r\u00e9serves de change spoli\u00e9es<\/h4>\n<p>Supr\u00eame paradoxe\u00a0: les pays de la zone franc doivent payer toutes ces facilit\u00e9s accord\u00e9es \u00e0 la France en se d\u00e9lestant de leurs r\u00e9serves de change dans un compte d\u2019op\u00e9rations log\u00e9 dans les caisses du Tr\u00e9sor fran\u00e7ais. Selon les chiffres publi\u00e9s par la France, les r\u00e9serves de change sont estim\u00e9es en 2008 \u00e0 15,8 milliards de dollars pour la Cemac et 9,3 milliards pour l\u2019Uemoa soit au total 25,1 milliards de dollars. Avec la ponction des cinquante pour cent pr\u00e9lev\u00e9s par le Tr\u00e9sor fran\u00e7ais, cela signifie-t-il que les pays de la zone franc disposent d\u2019un montant global de r\u00e9serves de 50,2 milliards de dollars\u00a0? Ces chiffres seraient plus proches des estimations des sources qui les \u00e9valuent \u00e0 plus de 72 milliards de dollars. Le fait est qu\u2019en dehors des mandarins fran\u00e7ais, personne n\u2019a connaissance des \u00e9critures du compte d\u2019op\u00e9rations qui, du reste, n\u2019ont jamais fait l\u2019objet d\u2019aucun audit ind\u00e9pendant.<\/p>\n<p>Pour faire bonne mesure, le taux de couverture de l\u2019\u00e9mission mon\u00e9taire serait de 110%, alors que la convention de 1962 n\u2019exige qu\u2019un taux de couverture de 20 %. Cela signifie qu\u2019en dehors de toute contrainte, les argentiers africains se priveraient de 90% de leurs r\u00e9serves actuelles. Paris peut, en toute impunit\u00e9, placer ces dizaines de milliards d\u2019euros dans des bons du Tr\u00e9sor et des titres qui lui rapportent des rendements bien plus sup\u00e9rieurs au maigre 1% qu\u2019elle verse aux africains.<\/p>\n<p>La tendance g\u00e9n\u00e9rale des banques centrales est d\u2019\u00e9viter d\u2019accumuler des r\u00e9serves excessives, du fait des pertes qu\u2019elles entrainent. Dans la Zone Franc ces pertes proviennent du co\u00fbt de la non utilisation des surplus de r\u00e9serves pour financer des investissements ou rembourser une partie de la dette ext\u00e9rieure et r\u00e9duire ainsi les paiements d\u2019int\u00e9r\u00eats, ainsi que du co\u00fbt du diff\u00e9rentiel de rendement entre la r\u00e9mun\u00e9ration de 1% offerte par la France et celle plus \u00e9lev\u00e9e des instruments dans lesquels les r\u00e9serves auraient pu \u00eatre investies,\u00a0et du co\u00fbt des d\u00e9ficits g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par l\u2019appr\u00e9ciation de la monnaie.<\/p>\n<p>Les pays membres de la zone franc, si pauvres soient- ils, se voient ainsi priv\u00e9s par la France d\u2019\u00e9normes ressources financi\u00e8res qui auraient pu \u00eatre investies dans les secteurs clefs de leurs \u00e9conomies (production vivri\u00e8re, \u00e9ducation, sant\u00e9, logements et infrastructures). Le plus r\u00e9voltant dans ce march\u00e9 de dupes est que la France et ses banques se servent de l\u2019\u00e9pargne de ces pays pour leur conc\u00e9der des pr\u00eats \u00e0 des taux prohibitifs. Le comble est que les pays de la zone, non contents de se voir amputer d\u2019une part importante de leurs revenus, sont contraints de s\u2019endetter aupr\u00e8s de la Banque mondiale et du FMI aux conditions drastiques que l\u2019on sait. En se comportant comme des victimes consentantes, lesdits pays n\u2019ont fait que traduire une attitude \u00e9minemment freudienne des \u00e9lites africaines francophones qui confine \u00e0 l\u2019auto-flagellation. Il en r\u00e9sulte que le Programme alimentaire mondial (PAM) doit venir \u00e0 la rescousse pour nourrir des populations de pays comme le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad ou le S\u00e9n\u00e9gal, l\u2019ancien joyau de l\u2019empire fran\u00e7ais d\u2019Afrique et la deuxi\u00e8me \u00e9conomie de l\u2019Uemoa, dont les dirigeants ne se consolent pas de voir le pays classer parmi les vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2015.<\/p>\n<h4><a name=\"_Toc440307967\"><\/a>4.\u00a0\u00a0\u00a0 Des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s<\/h4>\n<p>Au troisi\u00e8me rang des incongruit\u00e9s mon\u00e9taires de la zone franc figure le niveau \u00e9lev\u00e9 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat qui y sont pratiqu\u00e9s. Les banques fran\u00e7aises appliquent des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat variant de 6\u00a0% \u00e0 7% aux pr\u00eats \u00e0 court terme (3mois) qu\u2019elles accordent aux gouvernements de la zone franc pour financer leurs importations de p\u00e9trole, de denr\u00e9es alimentaires, de biens d\u2019\u00e9quipement et autres. Avec un loyer de l\u2019argent pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 18\u00a0% pour les particuliers et les entrepreneurs locaux, peut-on s\u2019\u00e9tonner du r\u00f4le n\u00e9faste des banques commerciales fran\u00e7aises dans le processus de d\u00e9sindustrialisation\u00a0des pays-membres de la zone franc ? Ces taux faramineux contrastent avec la pratique universelle de taux d\u2019int\u00e9r\u00eat tr\u00e8s bas destin\u00e9s \u00e0 relancer une \u00e9conomie mondiale qui sort \u00e0 peine de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re la plus d\u00e9vastatrice de son histoire depuis la d\u00e9b\u00e2cle de 1929.<\/p>\n<p>Les taux d\u2019int\u00e9r\u00eat ont toujours \u00e9t\u00e9 historiquement \u00e9lev\u00e9s dans la zone franc du fait du choix de la Banque centrale des \u00e9tats de l\u2019Afrique de l\u2019ouest (BCEAO) et la Banque centrale des \u00e9tats de l\u2019Afrique centrale (BEAC), les deux banques centrales de la zone franc de privil\u00e9gier la lutte contre l\u2019inflation. En ne se souciant que d\u2019accumulation de r\u00e9serves et de stabilit\u00e9 des prix dans une zone o\u00f9 la demande fait cruellement d\u00e9faut, la BCEAO et la BEAC se cantonnent \u00e0 prot\u00e9ger les d\u00e9tenteurs de capitaux, sp\u00e9cialement fran\u00e7ais, au d\u00e9triment de leurs autres fonctions que sont la croissance \u00e9conomique et le plein emploi. Ce choix est discutable\u00a0: l\u2019assomption sur laquelle il est bas\u00e9, \u2013 \u00e0 savoir que la hausse des prix r\u00e9sulte d\u2019un exc\u00e8s d\u2019offre de monnaie dans la zone franc \u2013 est inexacte. L\u2019inflation est essentiellement d\u2019origine import\u00e9e, car li\u00e9e notamment \u00e0 l\u2019\u00e9volution des couts du p\u00e9trole et des denr\u00e9es alimentaires. Dans une telle conjoncture, une banque centrale avis\u00e9e aurait favoris\u00e9 l\u2019octroi de cr\u00e9dits \u00e0 bon march\u00e9 aux agriculteurs locaux pour produire et contrecarrer l\u2019insuffisance et l\u2019instabilit\u00e9 de l\u2019offre agricole locale.<\/p>\n<p>Un tel syst\u00e8me ne peut qu\u2019engendrer des d\u00e9ficits budg\u00e9taires structurels, une d\u00e9pendance excessive aux importations et une \u00e9vasion massive de capitaux. On pourrait s\u2019\u00e9tonner que le Fonds mon\u00e9taire international (FMI), gardien de la rigueur budg\u00e9taire et de l\u2019orthodoxie mon\u00e9taire, s\u2019accommode non seulement de tels dysfonctionnements, mais les renforce par l\u2019implantation de programmes d\u2019ajustement structurel. En \u00eatre surpris serait oublier que, de M. Pierre-Paul Schweitzer \u00e0 Mme Christine Lagarde, en passant par MM.\u00a0Jacques de Larosi\u00e8re, Michel Camdessus et Dominique Strauss-Kahn, la France a toujours pris soin de faire nommer comme directeur g\u00e9n\u00e9ral du\u00a0FMI\u00a0des hauts fonctionnaires qui s\u2019\u00e9taient pr\u00e9alablement distingu\u00e9s en gardiens du temple de la politique mon\u00e9taire des anciennes colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique. N\u2019est-ce pas M.\u00a0Camdessus qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 la d\u00e9valuation massive de 50\u00a0% du franc\u00a0CFA\u00a0impos\u00e9e par Paris en 1994<a href=\"#_edn16\" name=\"_ednref16\"><sup><\/sup><sup>[xvi]<\/sup><\/a>?<\/p>\n<h3>Quelles politiques de convergence pour une monnaie ouest-africaine\u00a0?<\/h3>\n<p>Ces outils de la domination fran\u00e7aise permettent aussi aux \u00e9lites africaines francophones de s\u2019enrichir impun\u00e9ment gr\u00e2ce aux importations et de s\u2019approprier des fonds publics qu\u2019elles n\u2019ont aucun mal \u00e0 exporter vers l\u2019Hexagone tout en menant \u00e0 domicile un train de vie extravagant. Complices de l\u2019exploitation institutionnalis\u00e9e de leur pays, les dirigeants africains souscrivent d\u2019autant plus aux r\u00e8gles mon\u00e9taires que leurs homologues fran\u00e7ais de tous bords leur ont toujours conf\u00e9r\u00e9 une long\u00e9vit\u00e9 politique sans fin. F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny est rest\u00e9 pr\u00e9sident de la C\u00f4te d\u2019Ivoire de l\u2019ind\u00e9pendance du pays, en 1960, \u00e0 la fin de sa vie, en 1993. La liste des dirigeants francophones ind\u00e9tr\u00f4nables est longue\u00a0: MM.\u00a0Denis Sassou Nguesso au Congo, Idris Deby au Tchad, Paul Biya au Cameroun. Au Burkina Faso, apr\u00e8s 27 ans de r\u00e8gne, il a fallu des manifestations de masse pour d\u00e9tr\u00f4ner Blaise Compaor\u00e9 que la France a fini par exfiltrer en C\u00f4te-d\u2019Ivoire pour le soustraire \u00e0 la vindicte populaire.<\/p>\n<p>Dans ces conditions, on ne voit rien d\u2019\u00e9tonnant \u00e0 ce que les pays francophones d\u2019Afrique ne sentent pas souffler le vent de changement qui balaie le continent, mais soient au contraire le th\u00e9\u00e2tre de coups d\u2019Etat, de pr\u00e9dation, de corruption, de terrorisme et de trafics en tous genres.<\/p>\n<p>Dans la perspective de la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie commune ouest-africaine \u00e0 l\u2019horizon 2020, il conviendra d\u2019anticiper et de reformer pr\u00e9alablement les r\u00e8gles qui r\u00e9gissent le franc CFA afin de le rendre comp\u00e9titif par rapport aux autres monnaies des diff\u00e9rents pays de la Cedeao, particuli\u00e8rement le naira nig\u00e9rian et le cedis ghan\u00e9en. En tout premier lieu, l\u2019abolition de la convertibilit\u00e9 du franc\u00a0CFA\u00a0est n\u00e9cessaire \u00e0 son alignement aux autres monnaies en cours dans la Cedeao dans l\u2019ex\u00e9cution et le respect des crit\u00e8res de convergence \u00e9conomique qui sont pr\u00e9alables \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une monnaie commune. Il en va de la comp\u00e9titivit\u00e9 future des \u00e9conomies des pays de la zone franc dans un espace r\u00e9gional int\u00e9gr\u00e9. Aujourd\u2019hui \u00e9rig\u00e9e en \u00e9vidence, la convertibilit\u00e9 des monnaies n\u2019a pourtant rien d\u2019obligatoire. C\u2019est m\u00eame une h\u00e9r\u00e9sie pour les pays en voie d\u2019industrialisation. La Chine, par exemple, la deuxi\u00e8me puissance \u00e9conomique du monde n\u2019autorise pas la lib\u00e9ralisation de son march\u00e9 des changes, et sa monnaie, le yuan, n\u2019est pas librement convertible. Il en va de m\u00eame de tous les pays \u00e9mergents\u00a0: Br\u00e9sil, Inde, Afrique du sud, Malaisie, etc.<\/p>\n<p>En second lieu, la politique du taux de change fixe est une aberration \u00e0 laquelle il convient de mettre fin. Depuis l\u2019abolition de l\u2019\u00e9talon or et des taux de change fixes en 1972 par le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Richard Nixon, les cours des monnaies sont, dans leur tr\u00e8s grande majorit\u00e9, flottants. De m\u00eame, la strat\u00e9gie de la plupart des pays consiste \u00e0 maintenir au niveau le plus bas possible le taux de change de leurs devises afin d\u2019accro\u00eetre leur comp\u00e9titivit\u00e9 et le volume de leurs exportations. C\u2019est dans ce cadre que s\u2019inscrit ce qu\u2019il est convenu d\u2019appeler la \u00ab\u00a0guerre des monnaies\u00a0\u00bb entre les pays industrialis\u00e9s et \u00e9mergents. En toute logique, le franc\u00a0CFA\u00a0ne saurait faire exception. Il devrait au minimum \u00eatre arrim\u00e9 non exclusivement \u00e0 l\u2019euro, mais \u00e0 un panier de monnaies\u00a0choisies parmi celles des principaux partenaires commerciaux des pays de la zone franc (euro, dollar et yuan).<\/p>\n<h3><a name=\"_Toc440307969\"><\/a>CEDEAO\u00a0: Cadre id\u00e9al des reformes de la politique mon\u00e9taire<\/h3>\n<p>Le meilleur cadre pour articuler ces r\u00e9formes en Afrique de l\u2019Ouest est la\u00a0Cedeao. Malheureusement, la France la per\u00e7oit comme acquise aux int\u00e9r\u00eats des pays anglophones et privil\u00e9gie l\u2019Uemoa et la Cemac, deux organisations cr\u00e9\u00e9es par les pays de la zone franc dans l\u2019espoir d\u00e9raisonnable d\u2019endiguer l\u2019influence britannique, am\u00e9ricaine et nig\u00e9riane dans ce qui est per\u00e7u comme une chasse gard\u00e9e fran\u00e7aise. Il n\u2019en demeure pas moins que la\u00a0Cedeao\u00a0est l\u2019organisation mandat\u00e9e par l\u2019Union africaine pour mener en Afrique de l\u2019Ouest les politiques de convergence \u00e9conomique et financi\u00e8re n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019adoption d\u2019un tarif ext\u00e9rieur commun (TEC). Il s\u2019agit par ce biais de r\u00e9aliser une union douani\u00e8re, pr\u00e9alable \u00e0 une int\u00e9gration \u00e9conomique r\u00e9ussie. Une monnaie commune implique des politiques fiscales et mon\u00e9taires convenues de mani\u00e8re centralis\u00e9e, qui n\u00e9cessitent elles-m\u00eames une int\u00e9gration \u00e9conomique et politique.<\/p>\n<p>La boutade en vogue dans les milieux intellectuels de Lagos (Nigeria) est que deux grandes puissances coexistent au sein de la\u00a0Cedeao\u00a0: le Nigeria et la France. L\u2019ancien pr\u00e9sident du Nigeria, M.\u00a0Goodluck Jonathan, l\u2019avait bien compris. M.\u00a0Pierre Moscovici, alors ministre fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9conomie et des finances, \u00e9tait le seul invit\u00e9 non africain \u00e0 la septi\u00e8me r\u00e9union minist\u00e9rielle conjointe de la Conf\u00e9rence des ministres africains des finances qui s\u2019est tenue \u00e0 Abuja (Nigeria) les 29 et 30 mars 2014. Cette conf\u00e9rence majeure avait pour th\u00e8me \u00ab\u00a0L\u2018industrialisation au service du d\u00e9veloppement inclusif et de la transformation de l\u2019Afrique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les seuls b\u00e9n\u00e9ficiaires du syst\u00e8me sont les \u00e9lites africaines, les banques, les compagnies et les multinationales fran\u00e7aises qui tiennent en otages les populations africaines sous la garde vigilante des forces fran\u00e7aises. Pourtant, il y a lieu de s\u2019interroger sur les b\u00e9n\u00e9fices que la France tire r\u00e9ellement de ce syst\u00e8me. En d\u00e9pit du contr\u00f4le quasi total \u2013 politique, diplomatique, militaire, \u00e9conomique et financier \u2013 qu\u2019elle exerce dans son pr\u00e9 carr\u00e9, son arm\u00e9e a d\u00fb intervenir plus de quarante fois sur le sol africain en l\u2019espace d\u2019un demi-si\u00e8cle pour \u00e9craser toute vell\u00e9it\u00e9 de r\u00e9sistance et maintenir ses alli\u00e9s au pouvoir. D\u2019anciennes puissances imp\u00e9riales, comme le Royaume-Uni, qui se sont d\u00e9barrass\u00e9es de leurs oripeaux coloniaux et paient au prix du march\u00e9 leurs importations d\u2019Afrique, paraissent en meilleure sant\u00e9 \u00e9conomique que la France qui affiche un taux de ch\u00f4mage sup\u00e9rieur \u00e0 10%, et dont la dette publique est \u00e9quivalente \u00e0 96,9% de son PIB et le d\u00e9ficit public \u00e0 4,3\u00a0%, bien loin du plafond de 3% des crit\u00e8res du pacte de stabilit\u00e9 et de croissance de l\u2019Union europ\u00e9enne (UE).<\/p>\n<p>*Sanou Mbaye, \u00e9conomiste s\u00e9n\u00e9galais, ancien haut fonctionnaire de la Banque africaine de d\u00e9veloppement, auteur de \u00ab\u00a0L\u2019Afrique au secours de l\u2019Afrique\u00a0\u00bb. (\u00c9ditions de l\u2019atelier, Paris, 2009).<\/p>\n<h3>Notes<\/h3>\n<p><a href=\"#_ednref1\" name=\"_edn1\">[i]<\/a> Le r\u00e9chauffement climatique est responsable de 300.000 morts par an et coute 90 milliards d&rsquo;euros (125 milliards de dollars) chaque ann\u00e9e soit plus de 2850 euros chaque seconde), selon un rapport publi\u00e9 par le Forum humanitaire mondial de mai 2009. Selon ce rapport, vers 2030, les d\u00e9c\u00e8s au r\u00e9chauffement atteindront pr\u00e8s d&rsquo;un million par an !<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref2\" name=\"_edn2\">[ii]<\/a> UNCTAD, 2009, World Investment Report 2009, Transnational Corporation, Agricultural Production and Development, United Nations, New York and Geneva<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref3\" name=\"_edn3\">[iii]<\/a> Ce rapport est le fruit d\u2019une collaboration entre la Banque africaine de d\u00e9veloppement (BAD), le centre de d\u00e9veloppement de l\u2019Organisation de coop\u00e9ration et de d\u00e9veloppement \u00e9conomiques (OCDE) et le Programme des Nations unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD),\u00a0<a href=\"http:\/\/www.africaneconomicoutlook.org\/\">http:\/\/www.africaneconomicoutlook.org<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref4\" name=\"_edn4\">[iv]<\/a> Cf.: Etude d&rsquo;Ernst\u00e9 &amp; Young \u00ab\u00a0attractiveness survey Africa 2015\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref5\" name=\"_edn5\">[v]<\/a> Principaux organismes de rating\u00a0: Standard &amp; Poors, Moody&rsquo;s et Fitch, Cf. Ibrahim Warde, \u00ab\u00a0Ces puissantes officines qui notent les \u00c9tats\u00a0\u00bb, Le Monde diplomatique, f\u00e9vrier 1997.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref6\" name=\"_edn6\">[vi]<\/a> Bolsa de Valores de Cabo Verde (Cap Vert), BSE (Botswana), Bourse de Tunis (Tunisie), Bourse r\u00e9gionale des valeurs mobili\u00e8res (BRVM\u00a0: C\u00f4te d\u2019Ivoire, B\u00e9nin, Burkina Faso, Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal, Togo, Guin\u00e9e-Bissau), Bourse des valeurs mobili\u00e8res de l\u2019Afrique centrale (BVMAC\u00a0: Cameroun, Congo, Centrafrique, Gabon, Guin\u00e9e \u00e9quatoriale, Tchad), CSE (Maroc), Dar es Salam SE (Tanzanie), Douala Stock Exchange (Cameroun), EGX (\u00c9gypte), GSE (Ghana), JSE (Afrique du Sud ), Khartoum SE (Soudan), Libyan Stock Market (Libye), LSE (Zambie), Malawi SE (Malawi), Mozambique SE (Mozambique), Nairobi SE (Kenya), Namibian SE (Namibie), Nigerian SE (Nigeria), SE of Mauritius (Maurice), Swaziland SE (Swaziland), USE (Ouganda), ZSE (Zimbabwe).<br \/>\nL\u2019ASEA (Association des Bourses de valeurs africaines) en regroupe 21 sur 23 (la BVMAC et la Bourse du Swaziland n\u2019en sont pas membres).<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref7\" name=\"_edn7\">[vii]<\/a> Les march\u00e9s financiers souvent appel\u00e9s bourses sont des lieux o\u00f9 s\u2019\u00e9changent des instruments financiers tels que les actions et les obligations. Gr\u00e2ce aux r\u00e9volutions des TIC les offres et les demandes des acteurs sont transmises en temps r\u00e9el.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref8\" name=\"_edn8\">[viii]<\/a> <a href=\"http:\/\/terangaweb.com\/des-marches-financiers-en-afrique-absolument\/\">http:\/\/terangaweb.com\/des-marches-financiers-en-afrique-absolument\/<\/a><\/p>\n<p><a href=\"#_ednref9\" name=\"_edn9\"><\/a><\/p>\n<p>[ix] &#8211; \u00ab\u00a0Les Fondements \u00e9conomiques et culturels d\u2019un \u00e9tat f\u00e9d\u00e9ral d\u2019Afrique noire\u00a0\u00bb, Cheikh Anta Diop, Pr\u00e9sence Africaine, 2008 (r\u00e9\u00e9dition)<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref10\" name=\"_edn10\">[x]<\/a> Desertec, un concept \u00e9co \u00e9nerg\u00e9tique allemand d\u2019implantation de fermes solaires dans le d\u00e9sert du Sahara, est un projet \u00a0d\u2019un co\u00fbt estim\u00e9 de 400 milliards de dollars en vue de l\u2019approvisionnement en \u00e9lectricit\u00e9 des pays d\u2019Europe, du Moyen Orient et d\u2019Afrique du nord.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref11\" name=\"_edn11\"><\/a><\/p>\n<p>[xi] B\u00e9nin, Burkina Faso, C\u00f4te d\u2019Ivoire, Guin\u00e9e Bissau, Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal, Togo.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref12\" name=\"_edn12\">[xii]<\/a> Cameroun, R\u00e9publique centrafricaine, R\u00e9publique du Congo, Gabon, Guin\u00e9e \u00e9quatoriale et Tchad.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref13\" name=\"_edn13\">[xiii]<\/a> Cedeao: B\u00e9nin, Burkina Faso, C\u00f4te-d\u2019Ivoire, Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal, Togo, Cap-Vert, Nigeria, Liberia, Sierra Leone, Guin\u00e9e, Gambie, Guin\u00e9e-Bissau, Ghana.<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref14\" name=\"_edn14\">[xiv]<\/a> Banque africaine de d\u00e9veloppement, \u201cImpact des unions mon\u00e9taires sur les \u00e9changes commerciaux\u201d, juillet 2013<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref15\" name=\"_edn15\">[xv]<\/a> Un euro vaut 655,95 francs\u00a0CFA<\/p>\n<p><a href=\"#_ednref16\" name=\"_edn16\">[xvi]<\/a> M. Michel Camdessus fut directeur du\u00a0FMI\u00a0de 1987 \u00e0 2000. Lire Sanou Mbaye\u00a0: \u00ab\u00a0<a href=\"http:\/\/mbaye.info\/1994\/03\/13\/lafrique-noire-happee-par-le-marche-mondial\/88\">L\u2019Afrique noire happ\u00e9e par le march\u00e9 mondial<\/a>\u00a0\u00bb,\u00a0Le Monde diplomatique, mars 1994.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le continent africain est en passe de devenir le nouveau fer de lance de l\u2019\u00e9conomie mondiale.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_crdt_document":"","footnotes":""},"categories":[4456,1],"tags":[4781,4780],"class_list":["post-84628","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie","tag-economie-africaine","tag-franc-cfa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=84628"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":84630,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/84628\/revisions\/84630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=84628"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=84628"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=84628"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}