{"id":84785,"date":"2016-04-20T19:15:03","date_gmt":"2016-04-20T17:15:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=84785"},"modified":"2016-04-20T19:13:58","modified_gmt":"2016-04-20T17:13:58","slug":"les-bricoleurs-du-dimanche-de-la-reglementation-bancaire-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/04\/20\/les-bricoleurs-du-dimanche-de-la-reglementation-bancaire-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>LES BRICOLEURS DU DIMANCHE DE LA R\u00c9GLEMENTATION BANCAIRE<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Nous ne pouvons pas nous permettre un autre Draghi\u00a0!\u00a0\u00bb. Ce cri du c\u0153ur d\u2019un d\u00e9put\u00e9 allemand de la CSU fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la fin de son mandat en 2019 et illustre la forte d\u00e9t\u00e9rioration des rapports entre le gouvernement allemand et la BCE, ainsi que la virulente remise en cause de sa politique mon\u00e9taire outre-Rhin. On se souvient des r\u00e9cents \u00e9pisodes.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L\u2019instauration de taux n\u00e9gatifs est tr\u00e8s mal v\u00e9cue dans ce pays \u00e0 forte \u00e9pargne des particuliers, mena\u00e7ant les revenus qu\u2019ils en retirent, conduisant le secteur de l\u2019assurance-vie \u00e0 investir sur le march\u00e9 des produits structur\u00e9s risqu\u00e9s pour respecter sa garantie du taux de 1,25% alors que les Bunds (titres de la dette \u00e0 10 ans) sont \u00e0 0,13%. Ceci explique cela.\u00a0\u00c0 d\u00e9faut de pouvoir ouvertement remettre en cause le dogme de l\u2019ind\u00e9pendance de la BCE, que le pr\u00e9sident de la Bundesbank s\u2019est cru oblig\u00e9 de r\u00e9affirmer en d\u00e9pit de ses d\u00e9saccords notoires, les espoirs d\u2019un changement se reportent sur une prochaine pr\u00e9sidence allemande. Mais trois ans, c\u2019est une \u00e9ternit\u00e9 !<\/p>\n<p>Un sujet particuli\u00e8rement \u00e9pineux revient sur le tapis \u00e0 l\u2019initiative de la pr\u00e9sidence hollandaise de l\u2019Ecofin qui regroupe les ministres des finances de l\u2019Union europ\u00e9enne. Ceux-ci vont en fin de semaine plancher sur un th\u00e8me qui les divise : la consanguinit\u00e9 entre les gouvernements \u00e9metteurs de dette et les banques qui les ach\u00e8tent. Les premiers y trouvent leur compte, et les secondes peuvent ais\u00e9ment renforcer leurs fonds propres et constituer un matelas de liquidit\u00e9. Comment trancher ce n\u0153ud gordien ? La r\u00e9ponse est toute simple : il suffirait de ne plus consid\u00e9rer les titres de la dette comme \u00e9tant \u00e0 z\u00e9ro risque pour inciter les banques \u00e0 s\u2019en d\u00e9faire, car ils perdraient ainsi leur principal int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p>Il y a du pour et du contre : l\u2019augmentation des taux qui en r\u00e9sulterait serait acceptable pour de nombreux pays, par ces temps de taux tr\u00e8s bas, mais cela ne serait pas le cas pour les plus fragiles et risquerait de relancer la crise de la zone euro. D\u2019o\u00f9 de profondes h\u00e9sitations ou bien m\u00eame des refus cat\u00e9goriques. L\u2019Italie, qui se d\u00e9bat avec sa crise bancaire, serait au premier chef concern\u00e9e et s\u2019efforce \u00e0 tout prix de l\u2019\u00e9viter. Vu sous un autre angle, tous les gouvernements verraient augmenter la pression afin qu\u2019ils r\u00e9duisent leur d\u00e9ficit budg\u00e9taire, ce qui au contraire conviendrait parfaitement aux autorit\u00e9s allemandes&#8230;<\/p>\n<p>Le d\u00e9bat est coupl\u00e9 avec la cr\u00e9ation du fonds de garantie des d\u00e9p\u00f4ts bancaires &#8211; troisi\u00e8me volet de l\u2019Union bancaire &#8211; dont le projet est bloqu\u00e9 par les dirigeants allemands qui ne veulent pas d\u2019une mutualisation des pertes des banques europ\u00e9ennes sans leur assainissement pr\u00e9alable. L\u2019introduction d\u2019une \u00e9valuation des risques des obligations souveraines &#8211; ce qui en soi est parfaitement justifi\u00e9 &#8211; est l\u2019un des moyens de parvenir \u00e0 leurs fins et d\u2019accepter de passer au chapitre suivant.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9union europ\u00e9enne s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 de passes d\u2019armes ant\u00e9rieures, notamment avec la Commission, dont le grand point de d\u00e9part a \u00e9t\u00e9 le <i>sauvetage<\/i> de la Gr\u00e8ce de juillet dernier et qui a d\u00e9j\u00e0 connu bien des rebondissements. Mais elle n\u2019aboutira pas \u00e0 des d\u00e9cisions, \u00e9tant de surcroit informelle. Le trou volontairement laiss\u00e9 dans la r\u00e9glementation du syst\u00e8me bancaire n\u2019est pas pr\u00eat d\u2019\u00eatre combl\u00e9, ni le dossier de l\u2019Union bancaire boucl\u00e9.\u00a0Celle-ci rencontre par ailleurs de s\u00e9rieuses difficult\u00e9s d\u2019application. Le \u00a0syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en toujours si fragile continue \u00e0 se r\u00e9v\u00e9ler r\u00e9tif \u00e0 toutes les tentatives de le domestiquer. L\u2019actualit\u00e9 est ponctu\u00e9e par ses sauvetages successifs, en Gr\u00e8ce et en Espagne puis en Italie et au Portugal, o\u00f9 leur stabilit\u00e9 reste chancelante. Derri\u00e8re les gouvernements, la BCE est \u00e0 l\u2019ouvrage, car il est indispensable d\u2019y parvenir pour \u00e9viter des r\u00e9actions en cha\u00eene passant outre les fronti\u00e8res, vu la forte interconnexion globale des banques entre elles.<\/p>\n<p>Il y a pire, la nouvelle formule du <i>bail-in<\/i> instaur\u00e9e depuis janvier dernier &#8211; destin\u00e9e \u00e0 faire supporter par les actionnaires et les d\u00e9tenteurs de titres de la dette bancaire le co\u00fbt des sauvetages &#8211; s\u2019av\u00e8re inapplicable quand elle menace les petits d\u00e9posants, comme en Italie, g\u00e9n\u00e9rant alors des cons\u00e9quences politiques dangereuses pour les gouvernements en place. Le premier test en grandeur r\u00e9elle de cet important volet de l\u2019Union bancaire n\u2019est \u00e0 cet \u00e9gard pas sp\u00e9cialement probant, puisqu\u2019il est pratiquement contourn\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Faut-il rappeler que le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy a d\u00fb d\u00e9dommager des petits d\u00e9tenteurs d\u2019obligations bancaires &#8211; c\u2019\u00e9tait avant que le bail-in n\u2019entre en fonction &#8211; et qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9 une bad bank, la Sareb ? Que le gouvernement portugais d\u2019Ant\u00f3nio Costa envisage de faire de m\u00eame, et que Matteo Renzi a appuy\u00e9 en Italie la cr\u00e9ation d\u2019un montage sophistiqu\u00e9 de soutien des petites banques par les grandes, qui pourrait menacer ces derni\u00e8res\u00a0? Dans chaque cas, mais diff\u00e9remment, se dissimule une m\u00eame constatation se dissimule : \u00e9vacu\u00e9e par la porte de devant, l\u2019implication des fonds publics revient par la porte de derri\u00e8re.<\/p>\n<p>Une autre initiative confirme indirectement cet \u00e9chec. Afin de prot\u00e9ger une fois de plus ses banques r\u00e9gionales et son r\u00e9seau des caisses d\u2019\u00e9pargne &#8211; qui le sont d\u00e9j\u00e0 du regard inquisiteur de la BCE &#8211; le minist\u00e8re des finances allemand cherche aupr\u00e8s de la Commission \u00e0 exon\u00e9rer celles-ci des contraintes des directives europ\u00e9ennes de r\u00e9gulation bancaire, au pr\u00e9texte partag\u00e9 avec son homologue britannique que les petites banques sont \u00ab\u00a0sur-r\u00e9gul\u00e9es\u00a0\u00bb par des mesures trop complexes qui ne devraient \u00eatre destin\u00e9es qu\u2019aux banques syst\u00e9miques. Il est en cons\u00e9quence demand\u00e9 \u00e0 la Commission de soit les dispenser de leur application, soit de revoir les directives en ce qui les concerne.<\/p>\n<p>Il n\u2019y en a pas un pour racheter l\u2019autre !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Nous ne pouvons pas nous permettre un autre Draghi\u00a0!\u00a0\u00bb. 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