{"id":85978,"date":"2016-05-27T09:29:58","date_gmt":"2016-05-27T07:29:58","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=85978"},"modified":"2016-05-31T19:47:54","modified_gmt":"2016-05-31T17:47:54","slug":"de-fausses-bonnes-idees-sur-la-dette-ecologique-par-cedric-chevalier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/05\/27\/de-fausses-bonnes-idees-sur-la-dette-ecologique-par-cedric-chevalier\/","title":{"rendered":"De fausses bonnes id\u00e9es sur la \u00ab&nbsp;dette \u00e9cologique \u00bb ?, par C\u00e9dric Chevalier"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Dans un <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/05\/16\/pour-une-comptabilite-ecologique-universelle-par-jean-paul-vignal\/\" target=\"_blank\">billet r\u00e9cent<\/a>, Jean-Paul Vignal attire avec raison notre attention sur la \u00ab\u00a0dette \u00e9cologique\u00a0\u00bb et le fait que nous vivons \u00ab\u00a0\u00e0 cr\u00e9dit \u00e9cologique\u00a0\u00bb en consommant chaque ann\u00e9e davantage que la capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration annuelle de la biosph\u00e8re. Il s\u2019interroge sur le fait de savoir si nous pourrons rembourser cette dette ou si son non remboursement modifiera les \u00e9cosyst\u00e8mes au point de mettre en cause la survie de l\u2019esp\u00e8ce humaine.<\/p>\n<p><!--more-->Il \u00e9voque \u00ab\u00a0des d\u00e9bats houleux sur les causes du r\u00e9chauffement climatique en cours\u00a0qui montrent que nous ne disposons pas actuellement des connaissances scientifiques indispensables pour jouer aux apprentis sorciers de la biosph\u00e8re\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Il propose comme actions\u00a0:<\/p>\n<p>&#8211; \u00ab\u00a0prioritairement de cesser imm\u00e9diatement d\u2019augmenter cette dette\u00a0\u00bb\u00a0;<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0de lancer imm\u00e9diatement des recherches fondamentales sur le fonctionnement complexe de la biosph\u00e8re et les interactions entre la biosph\u00e8re et le climat\u00a0\u00bb.<br \/>\n&#8211; \u00ab\u00a0de privil\u00e9gier \u00e0 court et moyen terme les recherches appliqu\u00e9es permettant de maximiser l&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie et des mati\u00e8res que nous consommons\u00a0\u00bb\u00a0;<br \/>\n&#8211; Il \u00e9voque ensuite \u00ab\u00a0l&#8217;empreinte \u00e9cologique\u00a0\u00bb comme un instrument d&rsquo;une \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9 \u00e9cologique universelle\u00a0\u00bb, le tout comme un moyen indispensable pour \u00e9viter le d\u00e9sastre environnemental. Vu l\u2019incapacit\u00e9 des march\u00e9s \u00e0 agir ad\u00e9quatement, il faudrait trouver une autre unit\u00e9 de mesure que l\u2019argent.<\/p>\n<p>Il \u00e9voque le caract\u00e8re p\u00e9dagogique de l\u2019empreinte environnementale pour montrer \u00e0 de simples citoyens occidentaux \u00e0 quel point leur impact individuel est bien au-del\u00e0 de ce que la biosph\u00e8re peut supporter si cet impact devait \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 l\u2019ensemble de la population humaine.<\/p>\n<p>Il indique que le d\u00e9bat entre action \u00e9tatique ou laissez-faire du march\u00e9 est noble mais sans grande utilit\u00e9 tant que l\u2019on ne sait pas par exemple la forme math\u00e9matique des lois auxquelles la nature ob\u00e9it quand elle est soumise \u00e0 des d\u00e9gradations. Il estime qu\u2019il faut absolument investiguer cette question des seuils de basculement des \u00e9cosyst\u00e8mes pour optimiser l\u2019utilisation des moyens, comme pr\u00e9alable \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019une nouvelle unit\u00e9 de mesure et \u00e0 une politique \u00e9cologique ad\u00e9quate.<\/p>\n<p>Vu les enjeux essentiels de ces questions, il me semble important d\u2019apporter une contribution diff\u00e9rente.<\/p>\n<p>L\u2019analogie \u00e9conomico-financi\u00e8re (dette, cr\u00e9dit, consommation, etc.) induit selon moi en erreur lorsqu\u2019on veut comprendre scientifiquement le fonctionnement de la biosph\u00e8re mais surtout, d\u00e9force les \u00e9cologistes sinc\u00e8res dans la lutte de pouvoir pour \u00e9viter le d\u00e9sastre environnemental. La nature a ses lois que l\u2019\u00e9conomie ne peut ignorer. Si l\u2019\u00e9conomie et la finance peuvent \u00eatre le royaume de la fiction comptable et de l\u2019information sp\u00e9culative, la Biosph\u00e8re n\u2019a que faire des symboles. Elle broie impitoyablement les esp\u00e8ces incapables de s\u2019adapter \u00e0 elle. Ensuite, comme le rappelle r\u00e9guli\u00e8rement Fr\u00e9d\u00e9ric Lordon, utiliser le vocabulaire du paradigme \u00e9conomique dominant, celui-l\u00e0 m\u00eame qui donne une assise psychique \u00e0 l\u2019absence de limites du syst\u00e8me \u00e9conomique qui d\u00e9truit la biosph\u00e8re, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 avouer sa d\u00e9faite dans l\u2019indispensable m\u00e9tamorphose de la pens\u00e9e \u00e0 laquelle nous devons contribuer. En tant qu\u2019\u00e9cologiste sinc\u00e8re, on peut bien s\u00fbr penser qu\u2019utiliser le vocabulaire des entrepreneurs, des banquiers et des \u00e9conomistes, les aidera \u00e0 mieux comprendre l\u2019importance de la nature. Rien n\u2019est plus faux. Ce sont eux qui doivent apprendre le langage de la nature et pas nous qui devons le traduire en version \u00e9conomico-financi\u00e8re pour les amadouer. Si cette tactique peut marcher un temps, \u00e0 la marge, ce n\u2019est que repousser l\u2019indispensable an\u00e9antissement de la dissonance cognitive qui habite ce paradigme \u00e9conomique\u00a0: le refus des limites.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0d\u00e9bats houleux sur les causes du changement climatique\u00a0en cours \u00bb sont termin\u00e9s. Ils n\u2019ont plus voix au chapitre dans les enceintes acad\u00e9miques, comme le d\u00e9montre le contenu de la litt\u00e9rature scientifique. Si quelques hurluberlus glosent encore sur l\u2019impossibilit\u00e9 ontologique pour l\u2019Homme de modifier \u00ab\u00a0toute une plan\u00e8te\u00a0\u00bb, ils ne d\u00e9battent plus qu\u2019entre eux, et sans publier dans des revues \u00e0 comit\u00e9 de lecture. Si nous ne disposons pas des \u00ab\u00a0connaissances scientifiques indispensables pour jouer aux apprentis\u00a0sorciers de la biosph\u00e8re\u00a0\u00bb, nous disposons par contre des connaissances scientifiques amplement suffisantes pour arr\u00eater de le faire, vu le lien \u00e9tabli sans contestation entre nos activit\u00e9s humaines et les d\u00e9gradations environnementales de toute nature (y compris le d\u00e9r\u00e8glement climatique). Il faut donc inverser la perspective.<\/p>\n<p>Si la poursuite ou le renforcement des tendances \u00e9volutives des variables qui t\u00e9moignent de la d\u00e9gradation de la biosph\u00e8re doit cesser, ce que nul ne conteste, il me semble peu cr\u00e9dible d\u2019imaginer que de nouvelles \u00ab\u00a0recherches fondamentales sur le fonctionnement complexe de la biosph\u00e8re et les interactions entre la biosph\u00e8re et le climat\u00a0\u00bb nous soit encore d\u2019une quelconque utilit\u00e9 d\u00e9cisive. Sauf pour d\u00e9cider sur lesquels, parmi plusieurs \u00e9cosyst\u00e8mes vitaux, il faudrait concentrer des mesures de \u00ab\u00a0sauve-qui-peut g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb, nous disposons d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent et depuis plusieurs d\u00e9cennies de suffisamment d\u2019information scientifique valid\u00e9e pour indiquer aux capitaines politiques qu\u2019ils doivent changer le cap du navire Humanit\u00e9. Le fonctionnement complexe de la biosph\u00e8re et les interactions entre elle et le climat ne sont pas les eaux inexplor\u00e9es et non cartographi\u00e9es qu\u2019on pr\u00e9sente ici.<\/p>\n<p>La formulation de l\u2019id\u00e9e de \u00ab\u00a0privil\u00e9gier \u00e0 court et moyen terme les recherches appliqu\u00e9es permettant de maximiser l&rsquo;usage de l&rsquo;\u00e9nergie et des mati\u00e8res que nous consommons\u00a0\u00bb me semble au mieux, ambigu\u00eb, au pire, une mauvaise compr\u00e9hension de la notion de \u00ab\u00a0limites de la biosph\u00e8re\u00a0\u00bb. Ces limites physico-chimico-biologiques imposent des contraintes strictes \u00e0 notre consommation \u00e9nerg\u00e9tique et mat\u00e9rielle maximale par unit\u00e9 de temps. Notre consommation n\u2019est donc pas un donn\u00e9, mais une variable d&rsquo;ajustement (comme nous allons peut-\u00eatre devoir le reconna\u00eetre \u00e0 nos d\u00e9pens prochainement). Il s&rsquo;agit bien d&rsquo;utiliser une quantit\u00e9 d&rsquo;\u00e9nergie et de mati\u00e8re dont les flux se situent sous les seuils de renouvellement de la biosph\u00e8re (\u00e9nergies renouvelables durables et \u00e9conomie circulaire durable), c&rsquo;est la d\u00e9finition du d\u00e9veloppement durable. On peut choisir de maximiser ces flux sous contrainte de respect des limites de renouvellement plan\u00e9taire (pour utiliser malgr\u00e9 tout cette affreuse analogie \u00e9conomico-financi\u00e8re\u00a0: comme une fondation maximise ses int\u00e9r\u00eats sur son capital sans y toucher). Mais on reste ind\u00e9niablement captif des rets du paradigme \u00e9conomique dominant et de son axiome de maximisation. Il me semble pr\u00e9f\u00e9rable de choisir de garder une marge de s\u00e9curit\u00e9, dans l&rsquo;ignorance des niveaux de seuils de basculement de la biosph\u00e8re. D\u00e9sirer maximiser l&rsquo;usage des ressources extraites durablement para\u00eet de plus saine logique : il s\u2019agit de maximiser le rendement de chaque unit\u00e9 de ressource extraite pour ne pas la gaspiller. Mais il ne s&rsquo;agit en aucun cas de \u00ab\u00a0maximiser l&rsquo;usage des ressources que nous consommons\u00a0\u00bb sans remettre en question notre consommation elle-m\u00eame. En fait, je proposerais la formulation suivante\u00a0:\u00a0il nous faut trouver un niveau de consommation et de technologie qui soit durablement compatible avec les limites de la biosph\u00e8re et qui offre \u00e0 l\u2019Humanit\u00e9 une vie authentiquement humaine. C&rsquo;est donc \u00e9ventuellement une optimisation sous contrainte naturelle, mais pas sous contrainte de notre consommation actuelle.<\/p>\n<p>Nous l\u2019avons dit ci-dessus\u00a0: toutes les recherches suffisantes et n\u00e9cessaires pour constater que l\u2019Humanit\u00e9 va dans le mur, toutes tendances conserv\u00e9es, existent depuis suffisamment longtemps. Il me semble erron\u00e9 d&rsquo;imaginer qu&rsquo;un surplus de connaissance scientifique apportera la moindre plus-value en termes de prise de conscience et d\u2019action politique au stade o\u00f9 nous en sommes. Les travaux de psychologie environnementale ont bien montr\u00e9 qu&rsquo;information n&rsquo;entra\u00eene pas changement de comportement. Si l&rsquo;\u00eatre humain \u00e9tait si rationnel, nous aurions d\u00e9j\u00e0 adopt\u00e9 une trajectoire civilisationnelle \u00e0 nouveau durable. Il n&rsquo;y a pire sourd qui ne veut pas entendre. Et la surdit\u00e9 est universelle chez l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>De la m\u00eame mani\u00e8re, tous les indicateurs environnementaux, simples ou composites, sont sur la table depuis de nombreuses d\u00e9cennies. Il est tout aussi vain d\u2019esp\u00e9rer qu&rsquo;une \u00ab\u00a0comptabilit\u00e9 environnementale\u00a0\u00bb \u00a0bas\u00e9e sur \u00ab\u00a0l&#8217;empreinte environnementale\u00a0\u00bb serait l&rsquo;outil qui manquerait \u00e0 l&rsquo;Humanit\u00e9 pour r\u00e9aliser sa \u00ab\u00a0Grande Transition\u00a0\u00bb. Encore une fois, c&rsquo;est m\u00e9conna\u00eetre la nature et les rapports humains d&rsquo;imputer \u00e0 un instrument de mesure le r\u00f4le de modifier nos actes. Il n&rsquo;y a pire aveugle qui ne veut pas voir. Et l\u2019aveuglement est universel chez l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Peut-\u00eatre certains lecteurs penseront que je pinaille, que je suis trop s\u00e9v\u00e8re. Bien s\u00fbr, il faut poursuivre la recherche scientifique sur la biosph\u00e8re\u00a0! Bien s\u00fbr, il faut continuer \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 adopter des indicateurs environnementaux et cesser la domination de la seule unit\u00e9 de mesure mon\u00e9taire\u00a0! Mais je pense qu&rsquo;apr\u00e8s 50 ans d&rsquo;\u00e9cologie scientifique et politique, il est temps de faire un aggiornamento et d&rsquo;arr\u00eater de fantasmer sur ces solutions qui n&rsquo;ont pas suffi et ne suffiront pas.<\/p>\n<p>C&rsquo;est plut\u00f4t au c\u0153ur du psychisme et de la neurophysiologie humaine, ainsi que dans nos relations sociales et institutionnelles, qu&rsquo;il faut chercher les barri\u00e8res \u00e0 notre transition \u00e9cologique. Philosophie, neurosciences, psychanalyse et psychologie ainsi que sociologie et sciences politiques doivent \u00eatre nos priorit\u00e9s. Pas les sciences appliqu\u00e9es ni les statistiques, ni les sciences de la Terre, ni le management environnemental. Inutile \u00e0 ce stade. Suffisamment est d\u00e9j\u00e0 sur la table en termes d&rsquo;outils.<\/p>\n<p>Le danger c&rsquo;est nous, l&rsquo;esp\u00e8ce humaine, pas la biosph\u00e8re, pas nos technologies ni nos instruments de mesure. Toutes choses \u00e9gales par ailleurs, il est vraisemblable que n&rsquo;importe quelle esp\u00e8ce intelligente en viendrait \u00e0 concevoir des technologies dangereuses pour elle-m\u00eame et qu\u2019un grand nombre parmi ces esp\u00e8ces auraient flirt\u00e9 avec les limites de capacit\u00e9 de leur plan\u00e8te, comme nous l\u2019avons fait. Ce seuil de survie \u00e0 sa propre \u00ab\u00a0pr\u00e9dation \u00bb, si d&rsquo;autres intelligences dans l&rsquo;Univers existent, serait \u00e0 franchir par toutes !<\/p>\n<p>C&rsquo;est nous-m\u00eames qui devons faire l&rsquo;objet des \u00e9tudes les plus approfondies. Nous devons nous regarder le nombril, dans un grand \u00e9lan de r\u00e9flexivit\u00e9. Il faut une R\u00e9volution des consciences\u00a0!<\/p>\n<p>Il faut d\u2019abord constater l&rsquo;\u00e9chec de la politique (ne parlons m\u00eame pas de l\u2019\u00e9conomie) \u00e0 impulser la grande transition depuis 50 ans, sans pusillanimit\u00e9. Et ne pas rejeter la lutte politique pour autant ! Et surtout pas en rester \u00e0 l\u2019id\u00e9e que l\u2019\u00e9cologie politique en particulier, ce grand mouvement de pens\u00e9e et d\u2019action, serait \u00e0 abandonner \u00e0 cause d\u2019une certaine impuissante \u00e0 infl\u00e9chir les tendances. Il faut seulement r\u00e9aliser un aggiornamento et peut-\u00eatre \u00ab\u00a0revenir \u00e0 la bifurcation pr\u00e9c\u00e9dente\u00a0\u00bb (une id\u00e9e que Paul Jorion d\u00e9fend souvent) afin de d\u00e9clencher une \u00ab\u00a0Renaissance\u00a0\u00bb de l&rsquo;\u00e9cologie politique, qui tiennent compte des \u00e9checs ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9cologie politique a fait le bon diagnostic des probl\u00e8mes, et reste pertinente. Elle se bat pour une cause, LA cause la plus importante qui soit : notre survie ! Mais elle doit aujourd&rsquo;hui muter pour chercher de nouveaux sentiers d&rsquo;action, et cesser de fantasmer sur des mod\u00e8les simplistes \u00ab\u00a0mesure-information-compr\u00e9hension-cr\u00e9ation d\u2019outils-action ad\u00e9quate\u00a0\u00bb qui n&rsquo;ont pas march\u00e9.<\/p>\n<p>Je ne suis pas certain que nous\u00a0pouvons\u00a0changer en tant qu&rsquo;esp\u00e8ce. Comme l\u2019a dit Paul Jorion dans la lign\u00e9e de nombreux penseurs, nous sommes tr\u00e8s mal outill\u00e9s. Mais je suis certain qu&rsquo;\u00e0 ce stade, il n&rsquo;existe pas encore une v\u00e9ritable conscience que nous\u00a0devons\u00a0changer. Je veux dire, une conscience profonde, concr\u00e8te sur les cons\u00e9quences du changement requis au niveau soci\u00e9tal (pas une pseudo-conscience de compromis psychologique \u00ab\u00a0allez je bois juste un dernier petit verre d&rsquo;alcool, ce n&rsquo;est pas de l&rsquo;alcoolisme !\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Pour ceux qui ont cette conscience de devoir changer, il reste encore \u00e0 v\u00e9rifier que nous\u00a0voulons r\u00e9ellement changer, corps et \u00e2mes, en acceptant toutes les implications. Et l\u00e0 je m&rsquo;adresse aux \u00e9cologistes de pens\u00e9e et de discours, qui croient agir suffisamment mais qui ne savent pas que leur empreinte environnementale est sup\u00e9rieure \u00e0 celle de la plupart des individus vivant sur Terre, et sup\u00e9rieure \u00e0 ce que la Biosph\u00e8re peut supporter de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e.<\/p>\n<p>Sommes-nous convaincus que nous pouvons changer\u00a0? Que nous le devons\u00a0? Et voulons-nous vraiment changer ? Sans nous cacher derri\u00e8re un chiffre, une technologie ou un doute raisonnable, sommes-nous pr\u00eats \u00e0 nous regarder tels que nous sommes vraiment\u00a0? Sommes-nous pr\u00eats \u00e0 accepter les cons\u00e9quences de la r\u00e9flexivit\u00e9, de l\u2019autonomie et de la responsabilit\u00e9\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans un <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/05\/16\/pour-une-comptabilite-ecologique-universelle-par-jean-paul-vignal\/\" target=\"_blank\">billet r\u00e9cent<\/a>, Jean-Paul Vignal attire avec raison notre attention sur la \u00ab\u00a0dette \u00e9cologique\u00a0\u00bb et le fait que nous vivons \u00ab\u00a0\u00e0 cr\u00e9dit \u00e9cologique\u00a0\u00bb en consommant chaque ann\u00e9e davantage que la capacit\u00e9 de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration annuelle de la biosph\u00e8re. 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