{"id":86886,"date":"2016-06-19T14:05:32","date_gmt":"2016-06-19T12:05:32","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=86886"},"modified":"2016-06-19T14:11:59","modified_gmt":"2016-06-19T12:11:59","slug":"un-peu-de-folklore-ecologique-a-propos-de-comment-tout-peut-seffondrer-de-pablo-servigne-et-raphael-stevens-par-marie-paule-nougaret","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/06\/19\/un-peu-de-folklore-ecologique-a-propos-de-comment-tout-peut-seffondrer-de-pablo-servigne-et-raphael-stevens-par-marie-paule-nougaret\/","title":{"rendered":"Un peu de folklore \u00e9cologique, \u00e0 propos de <em>Comment tout peut s\u2019effondrer<\/em> de Pablo Servigne et Rapha\u00ebl Stevens, par Marie-Paule Nougaret"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">En m\u00e9moire d\u2019Alain Richert<\/p>\n<\/blockquote>\n<figure id=\"attachment_86887\" aria-describedby=\"caption-attachment-86887\" style=\"width: 350px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Alice_par_John_Tenniel_09.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-86887\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Alice_par_John_Tenniel_09.png\" alt=\"Illustration de John Tenniel \" width=\"350\" height=\"400\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Alice_par_John_Tenniel_09.png 793w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Alice_par_John_Tenniel_09-263x300.png 263w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Alice_par_John_Tenniel_09-768x877.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 350px) 100vw, 350px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-86887\" class=\"wp-caption-text\">Illustration de John Tenniel<\/figcaption><\/figure>\n<p>Nous savons que nous allons mourir, au moins en th\u00e9orie, &#8211; ceux qui l\u2019ont senti venir, sans doute davantage -, et que c\u2019est la fin de la douleur physique. Mais nous ignorons si l\u2019humanit\u00e9 s\u2019\u00e9teindra bient\u00f4t comme le dodo, cet oiseau qu\u2019on disait stupide car incapable de voler, il se laissait prendre, plumer, r\u00f4tir, sur les plages de l\u2019Ile Maurice, par les navigateurs. Un oiseau d\u20191m de haut, \u00e9teint d\u00e8s 1700, peut \u00eatre avant. Eteint depuis 160 ans donc, quand Lewis Carroll le pr\u00e9sente \u00e0 <em>Alice au pays des merveilles <\/em>en 1862, d\u2019apr\u00e8s une peinture vue au mus\u00e9e d\u2019Oxford. D\u2019o\u00f9 l\u2019expression proverbiale en anglais, <em>as dead as a dodo<\/em> : mort et plus que mort, \u00e9teint.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Une des incertitudes r\u00e9side dans les effets de seuil, partout chez les \u00eatres vivants. C\u2019est l\u2019histoire classique du Lac du Grand Elan dans la cha\u00eene des Adirondack. Les fum\u00e9es acides de la combustion de fuel (diesel) et de lignite (charbon soufr\u00e9) qui soufflaient de la plaine, ont diminu\u00e9 en 1929, pendant la crise, et repris en 1950. L\u2019acidit\u00e9 de l\u2019eau du lac augmente alors d\u2019un coup (le PH descend sur le croquis) et le poisson se meurt. On a pass\u00e9 un point de non retour. Pourquoi ? Comment\u00a0? Nul ne le sait.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-86890\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac.png\" alt=\"lac\" width=\"700\" height=\"482\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac.png 1118w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac-300x207.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac-768x529.png 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/lac-1024x705.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>De nos jours dans le lac, croisent quelques truites de belle taille, selon l\u2019office du tourisme, la pollution de l\u2019air ayant cess\u00e9 (fuel d\u00e9sulfur\u00e9s). L\u2019eau se neutralise un peu, r\u00e9pond le labo qui la surveille, peut-\u00eatre mais ce n\u2019est pas certain, par \u00e9rosion des roches de la rive, et le lac reste fragile \u00e0 l\u2019acidit\u00e9. Les lecteurs de science connaissent ce langage : \u00ab\u00a0ceci sugg\u00e8re que\u00a0\u00bb\u00a0est une affirmation os\u00e9e en la mati\u00e8re, nous savons tr\u00e8s tr\u00e8s peu. Et cela vaut dans les deux sens : nous ne savons pas tous les facteurs qui nous projettent dans le mur, pas mieux que ceux qui minent le dit mur et permettent de le contourner.<\/p>\n<p><em>Comment tout peut s\u2019effondrer<\/em>, \u00e9crivent Pablo Servigne et Rapha\u00ebl Stevens (S &amp; S) aux \u00e9ditions du Seuil). Comment tout s\u2019est un peu effondr\u00e9, par pans entiers, est la r\u00e9alit\u00e9 que nous vivons.<\/p>\n<p>Certains signes que S &amp; S indiquent comme annonciateurs du collapsus, sont en fait d\u00e9pass\u00e9s, int\u00e9gr\u00e9s, subvertis, si bien que l\u2019acc\u00e9l\u00e9ration prend figure de boucle de ralentissement.<\/p>\n<p>Ainsi de la mode, sujet futile, voire.<\/p>\n<p>Pour S &amp; S, \u00ab\u00a0les modes vestimentaires, mod\u00e8les de voiture et styles de musique se succ\u00e8dent \u00e0 une vitesse croissante\u00a0\u00bb, mais de quels temps nous parlent-ils ? Une femme peut se couvrir le cou comme les suffragettes de 1900, qui estimaient valoir autant que les messieurs en cravate, et exigeaient le droit de vote. La m\u00eame peut aussi bien aller pieds nus en minijupe, selon l\u2019inspiration du moment.<\/p>\n<p>La mode ne change plus, a compris en 2015 Le Monde (que nous remercions pour cet encart). <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/La-mode-dure-1.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/La-mode-dure-1.png\" alt=\"La mode dure 1\" width=\"350\" height=\"495\" class=\"alignleft size-full wp-image-86897\" \/><\/a>D\u00e8s 1965, dans le roman <em>Les Choses<\/em>, les h\u00e9ros de Georges P\u00e9rec allaient aux puces chercher de vieux pulls de tennis blancs, \u00e0 torsades, tr\u00e8s chic. Aux puces, dans les ann\u00e9es 70, on trouvait des tenues de soir\u00e9e dignes d\u2019Hollywood et des robes de mandarins chinois, toutes rebrod\u00e9es, \u00e0 100 F (15 \u20ac), valant pr\u00e8s de 2600 \u20ac de nos jours. C\u2019est un peu rapide d\u2019employer le mot contre culture pour ces usages, si r\u00e9pandus que l\u2019industrie du design a invent\u00e9 \u00ab r\u00e9tro\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0<em>vintage<\/em>\u00a0\u00bb (mill\u00e9sime) pour d\u00e9signer cette concurrence, selon le vieux principe : si vous ne pouvez pas l\u2019emp\u00eacher, feignez d\u2019en \u00eatre ou mieux, de l\u2019avoir lanc\u00e9.<\/p>\n<p>Si je porte une chemise Lacoste d\u2019occasion, achet\u00e9e 1 $ \u00e0 l\u2019Arm\u00e9e du Salut de San Francisco en 1986, et n\u2019en ai pas \u00f4t\u00e9 le crocodile (malgr\u00e9 la tentation); si je fais faire une nouvelle doublure \u00e0 ma veste \u00e0 5 F, du march\u00e9 d\u2019Aligre, par une couturi\u00e8re\/f\u00e9e, m\u00eame pas tr\u00e8s ch\u00e8re, c\u2019est que j\u2019aime ces v\u00eatements. J\u2019en suis d\u2019autant plus fi\u00e8re que je ne les ai pas connus neufs. C\u2019\u00e9tait de la bonne qualit\u00e9, c\u2019est \u00e7a le jeu. Pas du nylon noir de tchador \u00e0 suer au soleil, \u00e0 s\u2019\u00e9nerver par d\u00e9charges \u00e9lectriques (ions positifs), ou \u00e0 flamber devant le fourneau. Pas du coton OGM insecticide, qui cause de l\u2019asthme et des dermatoses, chez les ouvrier(e)s des filatures en Inde et aux Philippines, sans parler de libert\u00e9 au travail. Le v\u00eatement existe, le mal est fait, mais on peut le circonscrire : il faut recycler.<\/p>\n<p>Quant aux mod\u00e8les de voitures, ils changent certes, mais les jeunes ne veulent plus du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/m-perso\/article\/2015\/09\/18\/cette-jeunesse-qui-ne-veut-plus-rouler_4761923_4497916.html\">permis<\/a>. Et les styles de musiques se succ\u00e8dent ou plut\u00f4t se rencontrent\u2026 enfin ! On a connu des temps plus sectaires o\u00f9 le folk crachait sur le rock, et le jazz ou le classique, chacun, sur tout le reste. Le directeur de France Musique, Louis Dandrel fut \u00e9ject\u00e9 en 77 pour avoir os\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.franceculture.fr\/emissions\/mythologie-de-poche-de-la-radio-multidiffusion\/louis-dandrel-la-revolution-france-musique\">m\u00e9lange<\/a>. Ce type d\u2019effondrement ne laisse aucun regret.<\/p>\n<p>De m\u00eame, paradoxalement, S &amp; S montrent une \u00e9trange confiance dans l\u2019agriculture industrielle dont ils d\u00e9plorent la fin. Or selon la FAO, autrement dit l\u2019ONU, les petits paysans fournissent 75% de l\u2019alimentation humaine Avec un productivit\u00e9 incroyable, ajoute l\u2019organisation <a href=\"https:\/\/www.grain.org\/article\/entries\/4960-affames-de-terres-les-petits-producteurs-nourrissent-le-monde-avec-moins-d-un-quart-de-l-ensemble-des-terres-agricoles\">Grain<\/a>, et sur 25 % des terres seulement. Ajoutons que ceux ci, organis\u00e9s dans <em>Via Campesina,<\/em> forment le plus grand mouvement social du monde, ce qu\u2019ils semblent ignorer. Plus de d\u00e9tails dans le <em>Manifeste pour un XXI \u00e8me si\u00e8cle paysan<\/em>, de Sylvia Perez Vittoria (Actes sud), une lecture revigorante s\u2019il en est.<\/p>\n<p>La p\u00e9nurie d\u2019engrais phosphat\u00e9s nous menace, disent S &amp; S. Parlons-en, c\u2019est une plaie. Peu de regrets de ce c\u00f4t\u00e9 l\u00e0 non plus. Les gisements s\u00e9dimentaires de phosphate, causes de guerres sans fin au Sahara, sont si charg\u00e9s en radioactivit\u00e9 que les puits de Jordanie sont contamin\u00e9s par leur poussi\u00e8re, avec un bon taux de cancer aux alentours. Ces phosphates en outre contiennent du cadmium, un m\u00e9tal tr\u00e8s toxique, sans int\u00e9r\u00eat aucun, qui passe dans la fum\u00e9e des cigarettes de tabac industriel, comme les radio-\u00e9l\u00e9ments, directement dans les poumons. Dans la nourriture aussi, direz vous. Mais les poumons n\u2019ont pas de syst\u00e8me de d\u00e9sintoxication, au contraire des intestins, o\u00f9 l\u2019\u00e9vacuation du cadmium peut \u00eatre aid\u00e9e par certains v\u00e9g\u00e9taux. Si bien que des mauvais esprits accusent les phosphates, et l\u2019agriculture industrielle, du cancer du poumon. Et ce n\u2019est pas fini. Il y a la question des sols.<\/p>\n<p>Justus von Liebig passe pour celui qui aurait r\u00e9duit en cendre les plantes, trouvant trois composants seulement (au 19<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle) : azote, phosphore, potasse. NPK, la sainte trinit\u00e9 des engrais solubles dans l\u2019eau que l\u2019on donne aux cultures pour les faire pousser rapido. Non seulement \u00e7a les assoiffe comme je l\u2019ai expliqu\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2015\/02\/21\/aussi-vrai-que-les-cheveux-vous-tirent-les-poisons-du-corps-par-marie-paule-nougaret\/\">ici<\/a>, et les d\u00e9s\u00e9quilibre, mais les sels chimiques du type des phosphates st\u00e9rilisent les sols, tuant les champignons indispensables aux v\u00e9g\u00e9taux pour absorber le phosphore justement.<\/p>\n<p>Les phosphates font partie de l\u2019armature de la double h\u00e9lice d\u2019<a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Acide_d%C3%A9soxyribonucl%C3%A9ique\">ADN<\/a>. On en trouve absolument dans tout \u00eatre vivant. Encore faut-il rendre au sol ce qu\u2019on lui a pris. Et l\u00e0, encore, nos amis S &amp; S s\u2019illusionnent, et une fois de plus, sur le confort du pass\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la grande peste du XIV<sup>\u00e8me<\/sup> si\u00e8cle aventurent-ils,\u00a0les survivants pouvaient \u00ab\u00a0s\u2019appuyer sur des syst\u00e8mes non pollu\u00e9s et diversifi\u00e9es, de nouvelles terres arables potentielles, des for\u00eats en relative abondance et un climat stable\u00a0\u00bb. Passons sur les pollutions organiques, ou par les m\u00e9taux, du tannage, etc. qui ne datent pas d\u2019hier. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce qu\u2019il n\u2019y avait plus de for\u00eat \u00e0 abattre, hormis les parcs de chasse de l\u2019aristocratie, lorsque les grands d\u00e9frichements sont accomplis, \u00e0 la fin du XIII<sup>\u00e8me <\/sup>si\u00e8cle, que le climat change et devient violent. Alors se l\u00e8vent les temp\u00eates qui ne rencontrent plus de frein, entre le relief et l\u2019oc\u00e9an. Au m\u00eame moment, les sols sont \u00e9puis\u00e9s.<\/p>\n<p>La peste de 1346 tombait sur une population affam\u00e9e, selon Claude Bourguignon, auteur de l\u2019indispensable <em>Le sol, la terre, les champs<\/em> (ed. Sang de la Terre). Auparavant, sur les terres <em>novales, <\/em>gagn\u00e9es sur les bois abattus, le rendement en bl\u00e9, la premi\u00e8re ann\u00e9e, atteignait 35 quintaux l\u2019hectare, ce qui reste honorable de nos jours. Un tiers de la population a surv\u00e9cu. C\u2019est seulement avec l\u2019\u00e9levage bovin, \u00e0 la Renaissance, qu\u2019on reconstruit une fertilit\u00e9.<\/p>\n<p>Que ce fut plus facile qu\u2019aujourd\u2019hui, je ne le parierais pas. La r\u00e8gle c\u2019est que nous n\u2019avons pas la r\u00e8gle du jeu.<\/p>\n<p>Sur la finance, n\u2019ayant rien \u00e0 dire, je me laisserai convaincre pas S &amp; S facilement. Mais sur le sort qui nous attend, \u00e0 titre d\u2019antidote et de relaxation, pour bercer notre perplexit\u00e9, je dois citer ici le beau livre d\u2019Alain Richert. <em>L\u2019envers de l\u2019endroit, \u00e9loge de l\u2019incertitude<\/em>, \u00e9ditions Sens et Tonka. L\u2019endroit c\u2019est celui qu\u2019on cultive, visite et observe surtout.<\/p>\n<figure id=\"attachment_86892\" aria-describedby=\"caption-attachment-86892\" style=\"width: 700px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-86892\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21.png\" alt=\"Alain Richert\" width=\"700\" height=\"571\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21.png 2362w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21-300x245.png 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21-768x627.png 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/AR-21-1024x835.png 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-86892\" class=\"wp-caption-text\">Alain Richert<\/figcaption><\/figure>\n<p>L\u2019auteur qui vient de dispara\u00eetre, fut un paysagiste rare, f\u00e9ru de mycologie, d\u2019entomologie, d\u2019ornithologie, de physique et de th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution. Les jardins qu\u2019il a cr\u00e9\u00e9s ont la vertu de l\u2019autonomie (ne jamais arroser d\u2019arbres sauf \u00e0 la plantation) et d\u2019int\u00e9grer la flore sauvage du lieu. Il a plant\u00e9 un labyrinthe aux essences choisies pour attirer des oiseaux chanteurs et, avec Catherine Willis, compos\u00e9 un jardin parfum\u00e9 et sonore, dans une \u00e9cole pour non voyants.<\/p>\n<p>Le livre est \u00e0 la fois, une histoire de l\u2019art des jardins, une histoire du regard, un manuel de jardinage plein d\u2019humour et une source d\u2019inspiration. Deux extraits :<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0des milliards d\u2019hommes ont plant\u00e9 des dizaines de milliards de plantes, avec des outils \u00e0 peu pr\u00e8s semblables. Un des seuls rituels qui nous restent, et pas moyen de tricher, sous peine de mort, les plantes d\u2019abord, nous juste apr\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais attention, \u00ab\u00a0croire que les plantes font des jardins c\u2019est s\u2019imaginer que des poissons rouges dessinent des aquariums\u00a0\u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">En m\u00e9moire d\u2019Alain Richert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nous savons que nous allons mourir, au moins en th\u00e9orie, &#8211; ceux qui l\u2019ont senti venir, sans doute davantage -, et que c\u2019est la fin de la douleur physique. Mais nous ignorons si l\u2019humanit\u00e9 s\u2019\u00e9teindra bient\u00f4t comme le dodo, cet oiseau qu\u2019on disait stupide car incapable [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4390],"tags":[4379,4362,4363],"class_list":["post-86886","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-collapsologie","tag-comment-tout-peut-seffondrer","tag-pablo-servigne","tag-raphael-stevens"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86886","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=86886"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86886\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":86902,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/86886\/revisions\/86902"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=86886"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=86886"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=86886"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}