{"id":87342,"date":"2016-07-04T22:56:24","date_gmt":"2016-07-04T20:56:24","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=87342"},"modified":"2016-07-04T22:56:24","modified_gmt":"2016-07-04T20:56:24","slug":"de-la-solidite-de-ledifice-chine-par-dh-dd","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/07\/04\/de-la-solidite-de-ledifice-chine-par-dh-dd\/","title":{"rendered":"De la solidit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9difice \u00ab\u00a0Chine\u00a0\u00bb, par DH &#038; DD"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Auto-nomm\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t \u00ab\u00a0le Pays du Milieu\u00a0\u00bb, centre du monde, espace des \u00ab\u00a0hommes v\u00e9ritables\u00a0\u00bb bien cal\u00e9 sous le ciel, laissant les marges (que ne couvre pas le ciel) \u00e0 des sous-cr\u00e9atures barbares, la Chine occupe \u00e0 ses propres yeux une position de forte assise dans l&rsquo;univers et s&rsquo;est toujours donn\u00e9e \u00e0 voir comme un mod\u00e8le de civilisation raffin\u00e9e insurpassable, donc immuable. Cette image est un trompe l&rsquo;\u0153il : en r\u00e9alit\u00e9, la Chine a toujours fonctionn\u00e9 sur trois plans d&rsquo;existence parall\u00e8les, ce qui est peut-\u00eatre le secret de la p\u00e9rennit\u00e9 de ses institutions.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>Si la Chine \u00e9tait une maison<\/strong> ? (jouons deux minutes au portrait&#8230; chinois &#8212; avec bien s\u00fbr le sch\u00e9matisme que cela suppose&#8230;)<\/p>\n<p><strong><u>A l&rsquo;\u00e9tage<\/u><\/strong>, rigoureusement interdit au public, les salons d&rsquo;honneur, l&rsquo;apparat, les tentures de soie brod\u00e9es de dragons, les sacrifices au Ciel, les sceaux, la solennit\u00e9 du pinceau imp\u00e9rial, bref tout ce qui est repr\u00e9sentation officielle et symbolise le mandat c\u00e9leste et le mandarinat, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout ce qui rel\u00e8ve d&rsquo;un ordre vertical structur\u00e9 dans l&rsquo;espace et le temps, hi\u00e9rarchis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame, minutieusement ritualis\u00e9, affichant pour but unique la pr\u00e9servation de l&rsquo;harmonie par le respect pointilleux d&rsquo;attitudes codifi\u00e9es et la sempiternelle transmission d&rsquo;enseignements ancestraux.<\/p>\n<p><u> <strong>Au rez-de-chauss\u00e9e<\/strong><\/u>, les cuisines, d\u00e9penses, celliers et buanderies : s&rsquo;y activent les corporations des diff\u00e9rents m\u00e9tiers et les guildes des marchands. Ces derniers peuvent s&rsquo;enrichir consid\u00e9rablement par des activit\u00e9s lucratives qui furent celles de nos fermiers g\u00e9n\u00e9raux. Les activit\u00e9 bancaires et mini\u00e8res, l&rsquo;affermage du commerce du sel et la charge de l&rsquo;approvisionnement des troupes permettent d&rsquo;amasser de vraies fortunes et d&rsquo;avoir largement \u00ab\u00a0pignon sur rue\u00a0\u00bb (en t\u00e9moignent les tr\u00e8s riches demeures du Shanxi et du Anhui). Les artisans, surtout ceux des professions r\u00e9pondant \u00e0 la demande de luxe des mandarins et des riches commer\u00e7ants qui les imitent, ont eux aussi un niveau de vie tout \u00e0 fait enviable. Par leur aisance financi\u00e8re, par la multiplicit\u00e9 de leurs contacts et de leurs oblig\u00e9s donc par leur entregent, artisans et marchands d\u00e9tiennent un pouvoir bien r\u00e9el au sein de la soci\u00e9t\u00e9 chinoise, mais c&rsquo;est un pouvoir de demi-jour qui ne peut \u00eatre qu&rsquo;officieux et doit rester\u00a0\u00bb derri\u00e8re le rideau\u00a0\u00bb. Il se manifestera avec ostentation dans les frais d&rsquo;entretien de temples (le <em>Dong Yue Miao<\/em> \u00e0 P\u00e9kin par exemple) et l&rsquo;organisation de p\u00e8lerinages (le <em>Miao Feng Shan<\/em>, aux abords de P\u00e9kin) que financent avec largesse les guildes, mais il n&rsquo;a pas d&rsquo;existence officielle. Raison pour laquelle la richesse ne satisfait jamais compl\u00e8tement les gens du rez-de-chauss\u00e9e dont le r\u00eave est de pouvoir grimper l&rsquo;escalier menant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage et qui, pour y parvenir, sont pr\u00eats \u00e0 investir une bonne part de leur fortune dans l&rsquo;instruction de leurs jeunes gar\u00e7ons les plus dou\u00e9s dans l&rsquo;espoir de les voir franchir un \u00e0 un tous les obstacles des concours mandarinaux et se hisser \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage convoit\u00e9 du fonctionnariat au statut social plus prestigieux.<\/p>\n<p>Enfin, <strong><u>au sous-sol<\/u><\/strong>, dans une lumi\u00e8re glauque : un fouillis horizontal de ramifications inextricables et de groupements h\u00e9t\u00e9roclites ratissant le menu fretin des petites gens que l&rsquo;\u00e9tage ignore et que le rez-de-chauss\u00e9e exploite. L\u00e0, la survie est toujours difficile et le quotidien jamais assur\u00e9. La vie humaine au jour le jour ne tient qu&rsquo;\u00e0 un fil et n&rsquo;a aucune valeur. Une \u00e9chelle branlante m\u00e8ne difficilement au rez-de-chauss\u00e9e mais l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 l&rsquo;\u00e9tage est mur\u00e9 ! Le sentiment d&rsquo;injustice, qui y est tr\u00e8s puissant et cherche \u00e0 s&rsquo;exprimer, trouve un exutoire aupr\u00e8s de pr\u00e9dicateurs, g\u00e9n\u00e9ralement tao\u00efstes, qui organisent autour de leur personne les formes diverses d&rsquo;une contre-soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur une \u00e9galit\u00e9 des sexes et des conditions ainsi qu&rsquo;une communaut\u00e9 de destin fond\u00e9e sur un secret partag\u00e9 : celui, messianique, de l&rsquo;av\u00e8nement \u00e0 venir de la \u00ab\u00a0Grande paix \u00e9galitaire\u00a0\u00bb (<em>Tai Ping<\/em>) dont seront b\u00e9n\u00e9ficiaires ceux qui auront conclu ce pacte. C&rsquo;est dans ce sous-sol que fermentent les col\u00e8res qui serviront de carburant aux r\u00e9bellions brutales qui mettront p\u00e9riodiquement la Chine \u00e0 feu et \u00e0 sang. C&rsquo;est l\u00e0 aussi que se trament toutes les activit\u00e9s illicites, voire criminelles de la contrebande, de la contrefa\u00e7on, du banditisme et du racket. La facilit\u00e9 avec laquelle ces \u00ab\u00a0<em>hui<\/em>\u00a0\u00bb (soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes) sous leurs diff\u00e9rentes formes, toutes \u00e9galement frontalement oppos\u00e9es \u00e0 l&rsquo;ordre confuc\u00e9en, ont pu prosp\u00e9rer pendant deux mill\u00e9naires et narguer les autorit\u00e9s s&rsquo;explique essentiellement par deux facteurs :<\/p>\n<p>1) Ceux de l&rsquo;\u00e9tage se poussaient du col, mais avaient un pouvoir plus symbolique que r\u00e9el : le mandarinat ne suffisait pas \u00e0 la t\u00e2che et, il faut bien le dire, la Chine a toujours \u00e9t\u00e9 largement sous-administr\u00e9e.<\/p>\n<p>Quant aux mandarins, une fois sur le terrain, comme c&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment du \u00ab\u00a0terrain\u00a0\u00bb qu&rsquo;ils devaient tirer leurs subsides, il fallait bien qu&rsquo;il y e\u00fbt certains accommodements, en particulier avec ceux du rez-de-chauss\u00e9e. Et pour ce qui \u00e9tait des men\u00e9es subversives des gens du sous-sol dans sa circonscription, un mandarin n&rsquo;avait jamais int\u00e9r\u00eat \u00e0 les mentionner dans son rapport annuel \u00e0 l&rsquo;Empereur. \u00ab\u00a0<em>La paix<\/em> <em>r\u00e8gne dans l&rsquo;Empire<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9tait la formule type \u00e0 cocher et l&rsquo;agitation contestatrice d&rsquo;illumin\u00e9s n&rsquo;y \u00e9tait pas pr\u00e9vue.<\/p>\n<p>2) L&rsquo;immensit\u00e9 du territoire, la g\u00e9ographie chaotique et le relief complexe de la Chine ont offert aux fauteurs de troubles et autres faussaires des repaires totalement inexpugnables. Il faut imaginer certaines r\u00e9gions (Fujian int\u00e9rieur, Hubei, Guangxi, Sichuan) dot\u00e9es d&rsquo;un relief tellement cloisonn\u00e9 qu&rsquo;il rendait, jusqu&rsquo;\u00e0 il y a un demi-si\u00e8cle, des zones enti\u00e8res \u00e0 peu pr\u00e8s compl\u00e8tement inaccessibles et imp\u00e9n\u00e9trables. L&rsquo;expression \u00ab\u00a0<em>shan zai<\/em>\u00a0\u00bb qui d\u00e9signait autrefois ces \u00ab\u00a0villages fortifi\u00e9s des montagnes\u00a0\u00bb o\u00f9 prosp\u00e9rait le banditisme est m\u00eame devenue aujourd&rsquo;hui le mot du langage courant pour d\u00e9signer les contrefa\u00e7ons de pacotille et tout ce qui rel\u00e8ve d&rsquo;un \u00ab\u00a0d\u00e9tournement\u00a0\u00bb (en particulier sur les r\u00e9seaux sociaux) !<\/p>\n<p><strong>Et depuis l&rsquo;av\u00e8nement de la RPC ?<\/strong><\/p>\n<p><u> L&rsquo;\u00e9tage<\/u> n&rsquo;a pas fondamentalement chang\u00e9 : toujours opaque et cach\u00e9 derri\u00e8re les murs de <em>Zhongnanhai<\/em>, le pouvoir du PCC veille sur la Chine \u00e0 la mani\u00e8re imp\u00e9riale : \u00ab\u00a0P\u00e8re et m\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb et seul d\u00e9tenteur du trousseau de clefs de la maison. Dans les ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 1949 et qui ont fortifi\u00e9 la position de Mao, la plupart des \u00ab\u00a0<em>hui<\/em>\u00a0\u00bb (soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes) ont ralli\u00e9 le Parti et leurs chefs se sont retrouv\u00e9s naturellement faire partie des premiers cadres dirigeants. Les nouveaux occupants de l&rsquo;\u00e9tage ont eu la charge de relever la Chine des d\u00e9sastres des guerres (antijaponaise et civile), de mettre en \u0153uvre la r\u00e9forme agraire, de v\u00eatir, nourrir, loger et instruire la population, d&rsquo;assurer la plus grande \u00e9galit\u00e9 possible et de garantir \u00e0 tous une vie d\u00e9cente. En un mot r\u00e9aliser le r\u00eave de tous les mouvements mill\u00e9naristes que la Chine avait connus ! Ils l&rsquo;ont fait ! Mais ces \u00ab\u00a0jours heureux\u00a0\u00bb de nouveau r\u00e8gne n&rsquo;ont toujours en Chine qu&rsquo;une courte dur\u00e9e. Les cadres se sont embourgeois\u00e9s, ont pris go\u00fbt aux privil\u00e8ges et se seraient bien vus \u00e9difier un deuxi\u00e8me \u00e9tage pour s&rsquo;y reposer de leur labeur. Mao ne l&rsquo;entendit pas de cette oreille et coupa court \u00e0 leurs projets en donnant carr\u00e9ment en 1966 l&rsquo;ordre de d\u00e9truire la maison de fond en comble (d\u00e9clenchement de la R\u00e9volution Culturelle). Si elle traversa tant bien que mal la d\u00e9cennie de troubles, la maison en sortit n\u00e9anmoins largement fissur\u00e9e et \u00e0 rafistoler. L&rsquo;\u00e9tage fut reb\u00e2ti \u00e0 l&rsquo;identique. Ou presque, puisqu&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 des cadres du PCC toujours recrut\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;ancienne, sur le m\u00e9rite et la vertu (en th\u00e9orie en tout cas !), on vit appara\u00eetre une \u00ab\u00a0aristocratie\u00a0\u00bb de naissance : la g\u00e9n\u00e9ration des \u00ab\u00a0fils de\u00a0\u00bb qui s&rsquo;install\u00e8rent bien s\u00fbr dans les meilleures chambres et descendirent se remplir les poches au rez-de-chauss\u00e9e, comportement qui a eu, \u00e0 toutes les \u00e9poques, le don de mettre le peuple en fureur !<\/p>\n<p><u>Le rez-de-chauss\u00e9e<\/u> est rest\u00e9 pratiquement vide et plein de toiles d&rsquo;araign\u00e9es pendant une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. L&rsquo;Etat contr\u00f4lant tous les secteurs de la production, du commerce et de toutes les formes d&rsquo;approvisionnement, seuls subsist\u00e8rent alors les ateliers et les magasins d&rsquo;Etat. On put croire d\u00e9finitivement disparus artisans et marchands, en tant que classe sociale. Mais quand l&rsquo;\u00e9tau se desserra au d\u00e9but des ann\u00e9es 80, que le nouveau slogan \u00ab\u00a0S&rsquo;enrichir est glorieux\u00a0\u00bb vint redonner des ailes \u00e0 la libre entreprise, le rez-de-chauss\u00e9e se remit \u00e0 grouiller comme jamais d&rsquo;activit\u00e9s de toutes sortes et d&rsquo;innovations dans tous les domaines. En quelques ann\u00e9es, il h\u00e9bergea un concentr\u00e9 de capitalisme qui fut parfois sauvage et apparemment sans frein, mais que l&rsquo;\u00e9tage ne cessa jamais vraiment d&rsquo;avoir \u00e0 l&rsquo;\u0153il, ne f\u00fbt-ce que parce qu&rsquo;il y avait aussi tr\u00e8s avantageusement plac\u00e9 ses billes&#8230;<\/p>\n<p><u>Au sous-sol<\/u>, toujours peu de lumi\u00e8re mais une persistance de l&rsquo;agitation autant qu&rsquo;on puisse en juger. Apr\u00e8s 1949, il semble bien qu&rsquo;un certain nombre de \u00ab\u00a0<em>hui\u00a0\u00bb<\/em> et sectes aient maintenu quelques foyers actifs, d\u00e9nonc\u00e9s comme \u00ab\u00a0contre-r\u00e9volutionnaires\u00a0\u00bb et soup\u00e7onn\u00e9s de collusion avec Ta\u00efwan.<\/p>\n<p>Un mouvement surtout, \u00ab\u00a0La Voie de l&rsquo;Unit\u00e9 fonci\u00e8re\u00a0\u00bb (<em>Yiguandao<\/em>), fut consid\u00e9r\u00e9 comme le plus remuant et le plus irr\u00e9ductible dans son opposition au r\u00e9gime. On vit m\u00eame, d\u00e9nonc\u00e9e en 1952 par le \u00ab\u00a0Journal du Yangzi\u00a0\u00bb, publi\u00e9 \u00e0 Wuhan, une \u00ab\u00a0<em>hui<\/em>\u00ab\u00a0, \u00ab\u00a0L&rsquo;Autel de la Dame au Boisseau\u00a0\u00bb, renouer avec le vieux l\u00e9gitimisme Ming en pr\u00e9tendant faire monter sur le tr\u00f4ne un enfant de 8 ans r\u00e9put\u00e9 descendant direct de cette dynastie (r\u00e8gne : 1368-1644 !)<\/p>\n<p>Le PCC essaya de r\u00e9cup\u00e9rer \u00e0 son profit un domaine que les sectes s&rsquo;\u00e9taient traditionnellement appropri\u00e9 et o\u00f9 elles recrutaient de nombreux adeptes : le \u00ab\u00a0<em>qigong<\/em>\u00ab\u00a0. Dans les ann\u00e9es 50, l&rsquo;Etat chinois entreprit de retirer aux tao\u00efstes cette pratique de techniques corporelles et contr\u00f4le du souffle pour la la\u00efciser et la confier \u00e0 des professionnels de la m\u00e9decine (en application d&rsquo;un des slogans du moment : \u00ab\u00a0Que l&rsquo;ancien serve le nouveau !\u00a0\u00bb). Toutefois, d\u00e9velopp\u00e9 avec la b\u00e9n\u00e9diction des autorit\u00e9s, le <em>qigong <\/em>reprit peu \u00e0 peu, de l&rsquo;\u00e9sot\u00e9risme qui l&rsquo;avait vu na\u00eetre, le vieux fonds symbolique et obscurantiste que le PCC avait voulu \u00e9radiquer et, dans les ann\u00e9es 90, une controverse s&rsquo;\u00e9leva dans la presse, d\u00e9non\u00e7ant les aspects dangereux de cette \u00ab\u00a0sorte de nouveau clerg\u00e9 s\u00e9culier\u00a0\u00bb prosp\u00e9rant sur la cr\u00e9dulit\u00e9 populaire et fort de dizaines de millions d&rsquo;adeptes. C&rsquo;est dans ce contexte que le personnage de Li Hong zhi, pr\u00e9sent\u00e9 d\u00e8s 92 comme une star montante du <em>qigong<\/em>, se mit en sc\u00e8ne, \u00e0 travers son livre \u00ab\u00a0<em>Zhuan Falun<\/em>\u00a0\u00bb (= \u00ab\u00a0Tourner la roue du dharma\u00a0\u00bb) en 95, sous les traits de celui qui venait \u00ab\u00a0sauver les hommes\u00a0\u00bb (un messie de plus !), en restaurant la morale et revivifiant un bouddhisme perverti, et leur proposer, rien de moins, une voie directe vers le salut (moyennant finances, cela va de soi !). Ce fut l&rsquo;acte de naissance de la secte <em>Falungong <\/em>qui devait bient\u00f4t \u00e9pouvanter la population de l&rsquo;\u00e9tage quand, le dimanche 25 avril 1999, plus de dix mille personnes se r\u00e9clamant de cette appartenance form\u00e8rent une cha\u00eene humaine pacifique et muette qui encercla pendant treize heures le quartier de <em>Zhongnanha<\/em>i. Le fondateur de <em>Falun<\/em> vit d\u00e9sormais aux USA o\u00f9 son petit commerce de magie karmique marche tr\u00e8s bien, mais le pouvoir chinois continue sans rel\u00e2che (avec quel succ\u00e8s ?) \u00e0 traquer tout ce qui, de pr\u00e8s ou de loin, peut ressembler \u00e0 cette \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb qui a os\u00e9 le d\u00e9fier!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Auto-nomm\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t \u00ab\u00a0le Pays du Milieu\u00a0\u00bb, centre du monde, espace des \u00ab\u00a0hommes v\u00e9ritables\u00a0\u00bb bien cal\u00e9 sous le ciel, laissant les marges (que ne couvre pas le ciel) \u00e0 des sous-cr\u00e9atures barbares, la Chine occupe \u00e0 ses propres yeux une position de forte assise dans l&rsquo;univers et s&rsquo;est toujours donn\u00e9e \u00e0 voir comme [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4489],"tags":[40],"class_list":["post-87342","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chine","tag-chine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87342","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=87342"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87342\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":87343,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/87342\/revisions\/87343"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=87342"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=87342"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=87342"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}