{"id":88166,"date":"2016-08-04T14:08:21","date_gmt":"2016-08-04T12:08:21","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=88166"},"modified":"2016-08-04T14:08:21","modified_gmt":"2016-08-04T12:08:21","slug":"trends-tendances-la-gestion-du-risque-toujours-sacrifiee-en-premier-le-28-juillet-2016","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/08\/04\/trends-tendances-la-gestion-du-risque-toujours-sacrifiee-en-premier-le-28-juillet-2016\/","title":{"rendered":"Trends &#8211; Tendances, La gestion du risque, toujours sacrifi\u00e9e en premier !, le 28 juillet 2016"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Les f\u00e9d\u00e9rations bancaires allemande et fran\u00e7aises ont fait part le 6 juillet de leurs inqui\u00e9tudes devant les nouvelles r\u00e8gles prudentielles pr\u00e9vues par le Comit\u00e9 de B\u00e2le. Elles craignent que la mise en \u0153uvre des r\u00e8gles de B\u00e2le IV entra\u00eene une augmentation de plus de 50 %, dans certains cas des exigences de fonds propres des banques (leurs r\u00e9serves en capital). Elles estiment que les propositions donneraient un avantage aux banques am\u00e9ricaines compte tenu du poids important des march\u00e9s financiers dans le financement des entreprises aux \u00c9tats-Unis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><!--more-->Ce que signale cet entrefilet est typique : il y est sugg\u00e9r\u00e9 que la gestion du risque devrait c\u00e9der le pas devant d\u2019autres consid\u00e9rations jug\u00e9es plus importantes et dans le cas pr\u00e9sent, en raison de la concurrence existant entre les banques situ\u00e9es sur les deux rives de l\u2019Atlantique.<\/p>\n<p>Le cadre g\u00e9n\u00e9ral de cette affaire est d\u2019une tr\u00e8s grande banalit\u00e9\u00a0: les \u00e9tablissements bancaires op\u00e9rant dans un contexte diff\u00e9rent selon les nations, si on devait leur appliquer un mode de gestion du risque uniforme au niveau international (ici, par la constitution de r\u00e9serves en capital) certains seraient favoris\u00e9s par rapport \u00e0 d\u2019autres. Ceux qui s\u2019estimeraient l\u00e9s\u00e9s crieraient au scandale et r\u00e9clameraient un rel\u00e2chement des conditions qu\u2019impose pourtant une saine gestion du risque.<\/p>\n<p>Le contexte diff\u00e9rent dans ce cas-ci, c\u2019est que les firmes se financent de pr\u00e9f\u00e9rence aupr\u00e8s des banques en Europe et sur le march\u00e9 global des capitaux aux \u00c9tats-Unis.<\/p>\n<p>Si le r\u00e9gulateur tenait compte du risque syst\u00e9mique que les diff\u00e9rentes banques font courir au syst\u00e8me financier dans son ensemble, une concurrence parfaite ne pourrait \u00eatre instaur\u00e9e entre elles\u00a0: tout effort global de gestion du risque p\u00e9naliserait n\u00e9cessairement celles qui g\u00e9n\u00e8rent un risque syst\u00e9mique plus grand &#8211; qui crieraient alors \u00e0 la pers\u00e9cution. Or l\u2019obligation de constituer des r\u00e9serves vise \u00e0 prot\u00e9ger la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble contre les dangers inh\u00e9rents au fonctionnement de la finance, et plus sp\u00e9cialement de la sp\u00e9culation, dont on continue de feindre qu\u2019elle constituerait une part des pratiques aussi l\u00e9gitime que les autres.<\/p>\n<p>Un univers de concurrence parfaite, il en existe. Ainsi celui que l\u2019on a connu dans la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e9da le grand effondrement de septembre 2008 : chacun prenait les risques qu\u2019il jugeait bon de prendre et la f\u00eate battit son plein jusqu\u2019\u00e0 ce que la musique s\u2019arr\u00eate.<\/p>\n<p>Le <i>Credit-default Swap<\/i> (CDS) est un produit financier d\u00e9riv\u00e9 visant \u00e0 jouer un r\u00f4le positif dans la gestion du risque. Il permet en effet de s\u2019assurer contre les pertes \u00e9ventuelles li\u00e9es \u00e0 un emprunt\u00a0: que les int\u00e9r\u00eats promis ne soient pas vers\u00e9s, ou que le montant lui-m\u00eame du pr\u00eat ne soit pas rembours\u00e9. Celui qui s\u2019assure paie une prime. On imaginerait que le montant de la prime soit calcul\u00e9 \u2013 comme dans le cadre classique d\u2019un contrat d\u2019assurance \u2013 en fonction du risque couru et du montant possible des pertes. Or il en va autrement\u00a0: le montant de la prime est d\u00e9termin\u00e9 par l\u2019offre et la demande pour le CDS en question, lesquelles peuvent \u00eatre purement sp\u00e9culatives car un CDS peut se contracter que l\u2019on soit expos\u00e9 ou non \u00e0 une perte \u00e9ventuelle sur un emprunt. Qu\u2019est-ce qui autorise \u00e0 penser que cette formation du montant de la prime par l\u2019offre et la demande permette une \u00e9valuation valide du risque encouru\u00a0? Rien qui soit d\u2019ordre scientifique, seulement un dogme, celui de l\u2019omniscience des march\u00e9s\u00a0: la capacit\u00e9 qu\u2019on leur pr\u00eate de ne jamais se tromper.\u00a0 La \u00ab\u00a0science\u00a0\u00bb \u00e9conomique postule que la combinaison de paris sp\u00e9culatifs dans un sens et dans l\u2019autre produit une \u00e9valuation exacte du risque encouru. Est-ce le cas\u00a0? Absolument pas\u00a0! On a pu constater ainsi que dans les cinq ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019effondrement du prix des titres <i>subprime<\/i>, le montant de la prime des CDS \u00e9mis sur eux n\u2019avait pas cess\u00e9 de baisser.<\/p>\n<p>La gestion du risque en mati\u00e8re financi\u00e8re, il faut le constater, c\u2019est le reste du monde qui l\u2019exige, la finance nous le r\u00e9p\u00e8te tous les jours\u00a0: elle-m\u00eame s\u2019en passerait bien, elle traite la gestion du risque de mani\u00e8re fantaisiste ou propose de la sacrifier toujours en premier\u00a0!<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Les f\u00e9d\u00e9rations bancaires allemande et fran\u00e7aises ont fait part le 6 juillet de leurs inqui\u00e9tudes devant les nouvelles r\u00e8gles prudentielles pr\u00e9vues par le Comit\u00e9 de B\u00e2le. 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