{"id":89180,"date":"2016-09-18T17:46:31","date_gmt":"2016-09-18T15:46:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=89180"},"modified":"2016-09-18T17:46:31","modified_gmt":"2016-09-18T15:46:31","slug":"les-marchands-de-doute-2010-de-naomi-oreskes-et-erik-m-conway-iii-les-pluies-acides","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2016\/09\/18\/les-marchands-de-doute-2010-de-naomi-oreskes-et-erik-m-conway-iii-les-pluies-acides\/","title":{"rendered":"<em>Les marchands de doute<\/em> (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (III) Les pluies acides"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Un r\u00e9sum\u00e9 de <em>Les marchands de doute<\/em> (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Th\u00e9odore. Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>Au moment o\u00f9 le d\u00e9bat sur l\u2019hiver nucl\u00e9aire battait son plein, un autre apparaissait : celui sur les pluies acides. L\u2019histoire d\u00e9buta en 1955, lorsque le D\u00e9partement de l\u2019Agriculture am\u00e9ricain planta la for\u00eat exp\u00e9rimentale de Hubbard Brook dans le centre du New Hampshire. Des scientifiques am\u00e9ricains, et parmi eux Gene E. Likens, \u00e9tudi\u00e8rent l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me de cette for\u00eat et d\u00e9couvrirent, en 1963, des pluies acides en Am\u00e9rique du Nord.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Hubbard Brook \u00e9tait situ\u00e9 loin des centres urbains et pourtant on y trouvait dans l\u2019eau de pluie un PH extr\u00eamement acide, jusqu\u2019\u00e0 2,85, alors qu\u2019un PH neutre est de 7, et que le PH d\u2019une pluie est de 5, normalement.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs protectionnistes, comme Roosevelt, Rockefeller, Nixon, initiateurs des lois sur la propret\u00e9 de l\u2019air, de l\u2019eau, des esp\u00e8ces en danger, et de la loi sur la politique nationale de l\u2019environnement, Ronald Reagan allait \u00e9loigner le parti r\u00e9publicain de la pr\u00e9servation de l\u2019environnement comme de la r\u00e9gulation environnementale. Cette position le pla\u00e7a sur une trajectoire conflictuelle \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la science.<\/p>\n<p>Des lois comme celle sur la propret\u00e9 de l\u2019air marquaient un double changement de perspective : d\u2019une part on passait de la pr\u00e9servation des territoires \u00e0 la pr\u00e9vention de la pollution au moyen d\u2019une r\u00e9gulation gouvernementale scientifiquement fond\u00e9e et d\u2019autre part on glissait du local au global. Par ailleurs, on constatait que des gestes individuels qui semblaient raisonnables pouvaient avoir des cons\u00e9quences d\u00e9raisonnables pour la population : l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique s\u2019accompagnait de dommages collat\u00e9raux Cette prise de conscience incitait les gens \u00e0 penser que le r\u00f4le du gouvernement devait changer. Les pluies acides \u00e9taient une question de dommage collat\u00e9ral. En 1974, Likens \u00e9crivit dans la revue <em>Science <\/em>: des pluies et des chutes de neige acides tombent sur la plus grande partie du Nord-Est des Etats-Unis.<\/p>\n<p>Le ph\u00e9nom\u00e8ne semblait avoir atteint Hubbard Brook 20 ans auparavant et il \u00e9tait d\u00fb \u00e0 l\u2019installation de chemin\u00e9es d\u2019usine de grande taille dans le Midwest. Les \u00e9missions de soufre et d\u2019azote des usines \u00e9lectriques, des voitures et des industries pouvaient se m\u00e9langer dans l\u2019atmosph\u00e8re avec la pluie, la neige et les nuages, se d\u00e9placer sur de longues distances et affecter les lacs, les rivi\u00e8res, les sols et la vie sauvage loin des sources de pollution. La raison pour laquelle le ph\u00e9nom\u00e8ne pouvait survenir avec retard tenait aux cons\u00e9quences inattendues de l\u2019introduction de syst\u00e8mes destin\u00e9s \u00e0 d\u00e9barrasser les fum\u00e9es des particules qu\u2019elles contenaient et \u00e0 r\u00e9duire la pollution locale de l\u2019air. Des chemin\u00e9es de grande taille \u00e9taient cens\u00e9es disperser mieux la pollution, et des filtres \u00e0 particules ou \u00ab\u00a0brosses\u00a0\u00bb avaient \u00e9t\u00e9 install\u00e9s dans les centrales \u00e9lectriques. Cependant des travaux montr\u00e8rent par la suite que les particules en cause avaient le pouvoir de neutraliser les acides, si bien que les \u00f4ter augmentait par inadvertance l\u2019acidit\u00e9 de la pollution restante. Les particules ont aussi tendance \u00e0 retomber sur le sol assez rapidement et ainsi les chemin\u00e9es avaient accru la pollution r\u00e9gionale, transformant une suie locale en pluie acide r\u00e9gionale.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences de l\u2019acidification \u00e9taient troublantes : lessivage des nutriments du sol et du feuillage des plantes, acidification des lacs et des rivi\u00e8res, dommages \u00e0 la vie sauvage et corrosion des b\u00e2timents et autres constructions. Les arguments \u00e9taient sp\u00e9culatifs mais les scientifiques trouv\u00e8rent des signes pr\u00e9curseurs de d\u00e9sastres au Canada, en Norv\u00e8ge, en Su\u00e8de, dont un rapport fut publi\u00e9 par l\u2019ONU, stipulant qu\u2019une r\u00e9duction des \u00e9missions \u00e0 la fois en Su\u00e8de et dans les pays voisins \u00e9tait n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>Des scientifiques du monde entier \u00e9tudi\u00e8rent ensuite les pluies acides. Pour prouver que le soufre contenu dans une pluie donn\u00e9e provenait d\u2019une source polluante bien identifi\u00e9e, il fallait avoir recours aux isotopes. Ceux-ci confirm\u00e8rent l\u2019origine anthropique du soufre dans les pluies acides. La population am\u00e9ricaine en fut inform\u00e9e en 1979. Il y eut \u00e0 cette \u00e9poque l\u2019instauration d\u2019une Commission \u00e9conomique des Nations-Unies pour l\u2019Europe qui adopta la convention sur la pollution transfrontali\u00e8re grande distance. Les signataires impos\u00e8rent une r\u00e9duction d\u2019\u00e9missions de soufre de 30%.<\/p>\n<p>En 1979, les \u00c9tats-Unis et le Canada publi\u00e8rent l\u2019annonce d\u2019un accord officiel au sujet de la rem\u00e9diation \u00e0 la pollution transfrontali\u00e8re. Le pr\u00e9sident Carter cr\u00e9a le Comit\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral sur les pluies acides et entama des n\u00e9gociations avec le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral canadien pour une coop\u00e9ration scientifique et politique. En 1980, Ronald Reagan acc\u00e9da au pouvoir sur un programme de r\u00e9duction de la r\u00e9gulation, de r\u00e9duction du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et de la lib\u00e9ralisation du pouvoir de la libre entreprise. Des rapports d\u2019experts mettaient en \u00e9vidence les d\u00e9g\u00e2ts dus \u00e0 la pollution mais la version am\u00e9ricaine du constat faisait \u00e9tat de davantage d\u2019incertitudes que la canadienne et, en 1984, le Congr\u00e8s rejeta la proposition d\u2019un programme commun de contr\u00f4le de la pollution. La plus grande part de celle-ci venant des \u00c9tats-Unis, ceux-ci devaient par cons\u00e9quent prendre en charge l\u2019essentiel de la d\u00e9pollution.<\/p>\n<p>En 1982, le Bureau de la Maison Blanche mandata son propre panel pour faire le point sur les pluies acides, alors qu\u2019en 1981, l\u2019Acad\u00e9mie des sciences avait d\u00e9clar\u00e9 sans \u00e9quivoque qu\u2019il y avait des preuves claires de risques s\u00e9rieux pour la sant\u00e9 humaine et pour la biosph\u00e8re et que continuer comme si de rien n\u2019\u00e9tait serait extr\u00eamement risqu\u00e9 \u00e0 long terme \u00e0 la fois pour l\u2019\u00e9conomie et pour la protection de l\u2019environnement. Il fallait r\u00e9ajuster les normes d\u2019\u00e9missions jusqu\u2019\u00e0 50%. Le rejet des conclusions des experts les plus renomm\u00e9s consterna les milieux scientifiques et les agences de r\u00e9gulation.<\/p>\n<p>Le directeur du panel \u00e9tait <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/William_Nierenberg\">William Nierenberg<\/a>, cofondateur de l\u2019institut Marshall et d\u00e9fenseur de la SDI. Le panel de Nierenberg \u00e9tablit que les conclusions des groupes de travail techniques sur l\u2019accord \u00c9tats-Unis-Canada \u00e9taient solides et approfondies sur le fond et que l\u2019existence des pluies acides \u00e9tait suffisamment \u00e9tablie pour enclencher une action politique imm\u00e9diate.<\/p>\n<p>Un seul des membres du panel avait \u00e9t\u00e9 choisi par la Maison Blanche. Il s\u2019agissait de <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Fred_Singer\">Fred Singer<\/a>, personnage \u00e0 l\u2019interface de la science, du gouvernement et de l\u2019arm\u00e9e. Les autres membres du panel avaient \u00e9t\u00e9 convoqu\u00e9s par Nierenberg et faisaient partie de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences. Singer sugg\u00e9ra que, malgr\u00e9 les conclusions du r\u00e9sum\u00e9 pour d\u00e9cideurs, on n\u2019en savait pas assez pour prendre des mesures de contr\u00f4le des \u00e9missions. Alors qu\u2019auparavant il avait des pr\u00e9occupations environnementalistes, il changea d\u2019opinion entre 1970 et 1980. Il s\u2019inqui\u00e9ta du co\u00fbt de la protection environnementale\u00a0; il croyait par ailleurs que l\u2019innovation technologique favoris\u00e9e par le march\u00e9 nous sauverait.<\/p>\n<p>En juin 1983, le Bureau de la Maison Blanche demanda au panel un rapport interm\u00e9diaire et un r\u00e9sum\u00e9 des recommandations pour la recherche. Il \u00e9tait pr\u00e9vu par Nierenberg que des d\u00e9saccords \u00e9ventuels seraient mentionn\u00e9s et qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019annexe au rapport. La version provisoire du communiqu\u00e9 de presse \u00e9tait tr\u00e8s virulente, insistant sur l\u2019importance des \u00e9missions (25 millions de tonnes de dioxyde de soufre par an pour les Etats-Unis et le Canada), sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019intervenir imm\u00e9diatement, et surtout sur les dommages \u00e0 long terme, peut-\u00eatre irr\u00e9versibles, et ceux caus\u00e9s au sol, pouvant entra\u00eener des effets en cascade sur la cha\u00eene alimentaire.<\/p>\n<p>Lorsque le rapport revint de la Maison Blanche, il avait \u00e9t\u00e9 transform\u00e9, les paragraphes concernant les dommages \u00e0 long terme avaient \u00e9t\u00e9 retir\u00e9s et la mention de la quantit\u00e9 de soufre \u00e9mise avait \u00e9t\u00e9 rel\u00e9gu\u00e9e \u00e0 la fin du rapport, contrairement \u00e0 la premi\u00e8re version. Concernant les recommandations, Singer avait propos\u00e9 une alternative. Dans son texte, il stipulait que les \u00e9missions ne mena\u00e7aient pas la vie, qu\u2019il existait une incertitude scientifique, que les technologies de contr\u00f4le \u00e9taient ch\u00e8res et peu fiables. Il recommandait un moyen terme : r\u00e9duire les polluants par des d\u00e9marches de moindre co\u00fbt et observer les r\u00e9sultats avant d\u2019entreprendre un programme plus co\u00fbteux.<\/p>\n<p>Le rapport Nierenberg avait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9 \u00e0 la Maison Blanche en avril et ne fut rendu public qu\u2019en ao\u00fbt. <em>Times magazine<\/em> sugg\u00e9ra que le vote du Congr\u00e8s aurait pu \u00eatre diff\u00e9rent si le rapport Nierenberg avait \u00e9t\u00e9 rendu public plus t\u00f4t. De plus, si les autres membres du panel s\u2019indign\u00e8rent des modifications apport\u00e9es, il apparaissait que la responsabilit\u00e9 de Nierenberg ait aussi \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e par rapport \u00e0 ceux-ci.<\/p>\n<p>Il n\u2019y eut pas de l\u00e9gislation sur les pluies acides pendant le reste des ann\u00e9es Reagan. En 1990, sous l\u2019administration de George Bush, des amendements \u00e0 la loi sur la propret\u00e9 de l\u2019air institu\u00e8rent un march\u00e9 des \u00e9missions pour r\u00e9duire les pluies acides. Le r\u00e9sultat de ce syst\u00e8me fut de r\u00e9duire de 54% les niveaux de dioxyde de soufre entre 1990 et 2007, tandis que le prix de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, tenant compte de l\u2019inflation, diminuait pendant la m\u00eame p\u00e9riode. En 2003, l\u2019EPA, agence de protection de l\u2019environnement, informa le Congr\u00e8s que le co\u00fbt total de la r\u00e9duction de pollution de l\u2019air avait, au cours des 10 ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes, \u00e9t\u00e9 de 8 \u00e0 9 milliards de dollars, alors que les b\u00e9n\u00e9fices \u00e9taient de 101 \u00e0 119 milliards de dollars, soit plus de dix fois sup\u00e9rieurs. La science avait eu raison sur toute la ligne.<\/p>\n<p>Cependant, en 2076, les \u00e9rables \u00e0 sirop seront \u00e9teints sur de vastes superficies de la for\u00eat du Nord-Ouest. Les pluies acides viennent en premier sur la liste de menaces \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de la for\u00eat. Le m\u00e9canisme de l\u2019offre et la demande n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suffisant pour vaincre le mal.<\/p>\n<p>La v\u00e9ritable question est de fixer un plafond et de disposer d\u2019un m\u00e9canisme pour l\u2019ajuster (\u00e0 la hausse ou \u00e0 la baisse) si des informations nouvelles sugg\u00e8rent qu\u2019il le faudrait. De plus, il y a tout lieu de croire qu\u2019une approche directe du type :\u00a0\u00ab\u00a0J\u2019impose et je contr\u00f4le\u00a0\u00bb pourrait avoir de meilleurs r\u00e9sultats que l\u2019approche \u00ab\u00a0Plafonnements et \u00e9change\u00a0\u00bb sur un aspect essentiel. La recherche montre en effet l\u2019efficacit\u00e9 de la r\u00e9glementation pour stimuler l\u2019innovation technologique. Autrement dit, si on veut que les entreprises fournissent les produits et les services dont les gens ont besoin, le meilleur moyen &#8211; du moins en ce qui concerne la pr\u00e9vention de la pollution &#8211; semble \u00eatre, paradoxalement, de le lui imposer. Le r\u00e9sultat peut m\u00eame se traduire par des \u00e9conomies pour les compagnies.<\/p>\n<p>La r\u00e9glementation n\u2019est certes pas le seul moyen de gouverner (le gouvernement peut investir dans la pr\u00e9vention, offrir des cr\u00e9dits d\u2019imp\u00f4ts et des soutiens, ou faciliter les transferts de connaissances) mais elle reste le moyen le plus efficace, parce qu\u2019une r\u00e9glementation claire et rigoureuse cr\u00e9e un stimulus fort et continu pour l\u2019innovation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Un r\u00e9sum\u00e9 de <em>Les marchands de doute<\/em> (2010) de Naomi Oreskes et Erik M. Conway (Le Pommier 2012), par Madeleine Th\u00e9odore. Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au moment o\u00f9 le d\u00e9bat sur l\u2019hiver nucl\u00e9aire battait son plein, un autre apparaissait : celui sur les pluies acides. L\u2019histoire d\u00e9buta en 1955, lorsque le D\u00e9partement de l\u2019Agriculture am\u00e9ricain planta [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4494],"tags":[5049],"class_list":["post-89180","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-environnement","tag-pluies-acides"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89180","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=89180"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89180\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":89182,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/89180\/revisions\/89182"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=89180"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=89180"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=89180"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}