{"id":91926,"date":"2017-01-15T10:52:27","date_gmt":"2017-01-15T09:52:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=91926"},"modified":"2017-01-15T10:52:27","modified_gmt":"2017-01-15T09:52:27","slug":"lettre-a-paul-jorion-celui-qui-nous-eclaire-pour-eteindre-la-lumiere-par-bastien-lombaerd","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/01\/15\/lettre-a-paul-jorion-celui-qui-nous-eclaire-pour-eteindre-la-lumiere-par-bastien-lombaerd\/","title":{"rendered":"Lettre \u00e0 Paul Jorion, celui qui nous \u00e9claire pour \u00e9teindre la lumi\u00e8re, par Bastien Lombaerd *"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><em>*\u00a0Bastien Lombaerd, 21 ans, \u00e9tudiant en droit (ULB)<\/em>. Billet invit\u00e9. Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il y a des livres dont rien que le titre nous fait d\u00e9j\u00e0 r\u00eaver. Des titres qui nous emportent sur une autre plan\u00e8te, sans que nous ayons pu en lire un paragraphe de son contenu. <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em>, voici le titre du livre de Paul Jorion.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs un livre dont je n\u2019ai lu que le titre. Je ne connaissais ni l\u2019auteur, ni l\u2019existence du livre lui-m\u00eame. Comme quoi, les m\u00e9dias font beaucoup ! On pr\u00e9f\u00e8re aujourd\u2019hui parler de la sortie du livre d\u2019une ex-ministre f\u00e9d\u00e9rale belge o\u00f9 le titre, qui dans ce cas ne fait pas du tout voyager, comprend le mot \u00ab merde \u00bb, que de parler de livres d\u2019auteurs, pas forc\u00e9ment moins connus, mais dont le sujet est sensible de ne pas int\u00e9resser tout le monde. Et pourtant, avec un titre si porteur !<\/p>\n<p><code>Pourquoi, d\u00e8s lors, vous parler d\u2019un livre dont je ne connaissais, avant sa d\u00e9couverte, ni l\u2019auteur ni l\u2019existence m\u00eame de son livre ?<\/code><\/p>\n<p>Il y a de \u00e7a deux mois, lors des journ\u00e9es du patrimoine wallon, je me suis rendu dans l\u2019\u00e9glise d\u2019Yves-Gomez\u00e9e, un petit village de la Province namuroise o\u00f9 l\u2019une de mes anciennes professeures de secondaire y exposait ses \u0153uvres&#8230;<\/p>\n<p>Cette femme de livres et de lettres enseignait le fran\u00e7ais \u00e0 ses \u00e9l\u00e8ves d\u2019une mani\u00e8re digne des plus grands professeurs universitaires. Certes, tout comme ces grands intellectuels, elle avait une id\u00e9ologie politique qu\u2019elle faisait sentir et passer, tout en permettant la (re)mise en question de celle-ci. Une id\u00e9ologie qui \u00e9tait plut\u00f4t fond\u00e9e \u00e0 gauche qu\u2019\u00e0 droite. Et parfois m\u00eame, sur certains sujets, elle \u00e9tait beaucoup plus r\u00e9actionnaire, voire novatrice, que ses jeunes \u00e9tudiants \u00e0 qui elle ouvrait pourtant la sph\u00e8re la plus belle du monde, celle de la r\u00e9flexion philosophique et litt\u00e9raire, et par l\u00e0 m\u00eame, elle nous invitait \u00e0 ouvrir une deuxi\u00e8me sph\u00e8re, celle de la r\u00e9flexion politique.<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute gr\u00e2ce \u00e0 elle qu\u2019aujourd\u2019hui, j\u2019aime le d\u00e9bat et la d\u00e9mocratie, mais c\u2019est encore une autre histoire qui m\u00e9riterait un autre papier.<\/p>\n<p>J\u2019aurais pu, en tant que simple \u00e9tudiant, la garder dans le creux de ma m\u00e9moire, plac\u00e9e comme une relique, dans une esp\u00e8ce de mus\u00e9e imaginaire, dans la salle des anciens professeurs. Ce genre de relique qu\u2019on ressort aux grandes occasions, lors de grandes discussions&#8230; Mais je n\u2019ai pas opt\u00e9 pour cette direction, voyant en elle la possibilit\u00e9 de m\u2019ouvrir encore plus sur le monde et sur la r\u00e9flexion qu\u2019elle nous apprenait si bien, mais que je devais pourtant quitter pour la grande aventure qui m\u2019attendait d\u00e8s lors : celle de l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc d\u00e9cid\u00e9, un beau soir, non pas d\u2019\u00e9t\u00e9, mais d\u2019hiver, de lui adresser un mail dans lequel je lui expliquais mon entr\u00e9e dans le monde universitaire et le fait de vouloir avoir des nouvelles d\u2019elle&#8230; Elle qui entamait sa toute derni\u00e8re ann\u00e9e d\u2019enseignement avant de prendre une retraite \u00f4 combien m\u00e9rit\u00e9e.<\/p>\n<p>De mail en mail, d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, de fil en aiguille jusqu\u2019\u00e0 encore aujourd\u2019hui, nous \u00e9changeons nos points de vue. Tant\u00f4t sur la Vie, tant\u00f4t sur le Temps, tant\u00f4t sur la Politique, tant\u00f4t sur des ouvrages r\u00e9cemment lus&#8230;<\/p>\n<p>Un jour, elle m\u2019invita \u00e0 cette fameuse exposition dans cette fameuse \u00e9glise du fameux village d\u2019Yves-Gomez\u00e9e o\u00f9 elle y exposait de fameuses \u0153uvres. Des tableaux qu\u2019elle disait\u00a0<em>\u00ab bruts et na\u00effs &#8211; ou faussement na\u00effs &#8211; , rien de r\u00e9aliste, rien de joli, rien de raffin\u00e9, rien de classique ; souvent \u00e0 la fronti\u00e8re entre l&rsquo;abstrait et le figuratif <\/em>\u00bb. Tout en rajoutant : \u00ab <em>il est probable que tu n&rsquo;aimes pas du tout ce que je peins <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Elle m\u2019avait donn\u00e9 un d\u00e9fi &#8211; si je peux parler de d\u00e9fi &#8211; celui de la reconnaitre parmi les artistes, elle peignait sous un pseudonyme. Mais avec une telle auto-description de ses \u0153uvres, je n\u2019eus pas beaucoup de mal \u00e0 la rep\u00e9rer parmi la dizaine d\u2019artistes.<\/p>\n<p>Des \u0153uvres en effet abstraites mais parlantes, criantes et crevantes de r\u00e9alisme au travers d\u2019interrogations propos\u00e9es sur notre monde et, \u00e0 l\u2019image de <a href=\"http:\/\/wendrix.skyrock.com\/2.html\" target=\"_blank\">Wendrix<\/a> &#8211; son pseudonyme d\u2019artiste &#8211; des \u0153uvres penchant vers une certaine id\u00e9ologie philosophique voire politique.<\/p>\n<p>Une des \u0153uvres, peinte dans un cama\u00efeu de gris bleu\u00e2tre, s\u2019intitulait <a href=\"http:\/\/wendrix.skyrock.com\/photo.html?id_article=3282356974&amp;id_article_media=60094666\" target=\"_blank\"><em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em><\/a>. Une \u0153uvre inspir\u00e9e directement du livre de Paul Jorion, livre qui \u00e9tait d\u2019ailleurs expos\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s du tableau, permettant au passant d\u2019en faire la d\u00e9couverte et pourquoi pas l\u2019incitant \u00e0 l\u2019acheter par la suite.<\/p>\n<p>Une \u0153uvre qu\u2019on pourrait donc qualifier \u00ab d\u2019inspirante \u00bb qui am\u00e8ne, d\u2019office, \u00e0 la r\u00e9flexion. \u00c0 la fois sur l\u2019\u0153uvre en elle-m\u00eame et sur son titre&#8230; Et donc sur le livre auquel ce titre fait r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p><code>Voil\u00e0 mon premier contact avec Paul Jorion et son livre.<\/code><\/p>\n<p>Il fut question, \u00e0 la suite de cette exposition, dans nos mails, de ce livre de Paul Jorion, <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em> sur l&rsquo;extinction de l&rsquo;humanit\u00e9. Un livre pr\u00e9sent\u00e9 comme \u00ab <em>essai <\/em>\u00bb par l&rsquo;auteur lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>L\u2019extinction de l\u2019humanit\u00e9, un sujet d&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral trait\u00e9, comme me le disait ma professeure &#8211; que je nommerai <em>Wendrix <\/em>&#8211; non pas en r\u00e9unissant des articles divers au sens propre, mais nourri de nombreuses lectures d&rsquo;ouvrages sp\u00e9cialis\u00e9s &#8211; notamment en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n<p>Ayant cette vieille habitude, chaque fois qu\u2019elle\u00a0prend un livre en main, de prendre en m\u00eame temps un bloc de papiers et de quoi \u00e9crire&#8230; elle me fit part, de ce qu\u2019on pourrait appeler une \u00ab fiche de lecture \u00bb du livre de Paul Jorion.<\/p>\n<p>Vous recopier cette fiche de lecture ne serait, ni pour moi ni pour vous, quelque chose d\u2019utile. Mais ce que je pourrais dire, avant lecture, c\u2019est que ce livre traite de politique, d\u2019\u00e9conomie, d\u2019\u00e9conomie politique, de notion de d\u00e9mocratie, de notion de pouvoir d\u2019argent, de l\u2019environnement, d\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, de finance, de multinationale&#8230; et de pouvoir.<\/p>\n<p>\u00c0 la lecture du document et des sujets abord\u00e9s, j\u2019avais premi\u00e8rement r\u00e9agi en disant ceci :<\/p>\n<p>\u00ab Le sujet abord\u00e9 a l\u2019air tr\u00e8s technique mais pourtant si courant et d\u2019actualit\u00e9. Les affaires de transparence qui ne cessent d\u2019\u00e9clore suite aux Panama papers, Luxleaks &#8211; et l\u2019on pourrait rajouter \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 je vous \u00e9cris ce billet les \u00ab Footballeaks \u00bb &#8211; prouvent en effet que le monde, ou l\u2019humanit\u00e9, est en mutation.<\/p>\n<p>Mais de quelle mutation parlons-nous ? Une mutation qui mettra fin \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 pour toujours ou, tel le Phoenix, pour la faire rena\u00eetre de ses cendres autrement ? Une mutation qui donnera suite \u00e0 un r\u00e9el changement de la pens\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de\/sur l\u2019humanit\u00e9 ? \u00bb<\/p>\n<p>Je disais que le droit devait \u00e9voluer tout comme le syst\u00e8me politique. D\u2019ailleurs, l\u2019un et l\u2019autre sont li\u00e9s puisque c\u2019est le politique qui donne naissance au droit.\u00a0Le droit doit davantage \u00e9voluer avec son temps et ses m\u0153urs. Comment faire en sorte que les multinationales ne g\u00e2chent ni la vie de leurs employ\u00e9s, ni celles de leurs clients, ni celles des petits commer\u00e7ants qui sont en voie de disparition nette ?<\/p>\n<p>Je pense, en tant que jeune, qu\u2019il faut davantage s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019avenir plut\u00f4t qu\u2019au pr\u00e9sent et affronter les probl\u00e8mes avant qu\u2019ils n\u2019arrivent. En droit p\u00e9nal, par exemple, il faudrait repenser le syst\u00e8me des peines. Mais m\u00eame quand on le modifie, il ne semble pas correspondre aux m\u0153urs citoyennes et \u00e9thiques.<\/p>\n<p>Non, je reste convaincu que ce n\u2019est pas logique de permettre aux riches d\u2019outrepasser les r\u00e8gles que les pauvres doivent suivre (cf. Khazakgate).<\/p>\n<p><code>Pour elle et comme pour l\u2019auteur de l\u2019essai, s\u2019int\u00e9resser au futur plut\u00f4t qu\u2019au pr\u00e9sent n\u2019\u00e9tait pas la bonne solution.<\/code><\/p>\n<p>\u00ab <em>Les choses vont si vite, plus le temps passe, plus les probl\u00e8mes\u00a0s&rsquo;amplifient, se multiplient&#8230;\u00a0Les reporter \u00e0 plus tard,\u00a0n&rsquo;est-ce pas une fa\u00e7on de s&rsquo;en\u00a0d\u00e9barrasser et de les laisser aux suivants ? Avec le risque qu&rsquo;il soit trop tard&#8230;\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>Le moment o\u00f9 je parle est d\u00e9j\u00e0 loin de moi\u00a0\u00bb <\/em>disait Boileau.<\/p>\n<p>Chaque nouvelle parole est d\u00e9j\u00e0 du pass\u00e9, l&rsquo;avenir est \u00e0 chaque instant rogn\u00e9 par le\u00a0pr\u00e9sent&#8230; Le pr\u00e9sent grignote l&rsquo;avenir et le fait basculer dans le pass\u00e9&#8230;<\/p>\n<p>Dans son livre, Paul Jorion dit que\u00a0les\u00a0g\u00e9n\u00e9rations futures sont\u00a0des entit\u00e9s abstraites. Il a tout-\u00e0-fait raison ! Qui pourrait dire le contraire ? L&rsquo;avenir est une entit\u00e9 abstraite&#8230;\u00a0sur laquelle nous n&rsquo;avons aucune prise r\u00e9elle, aucune vision concr\u00e8te. C&rsquo;est maintenant, aujourd&rsquo;hui, qu&rsquo;il faut du courage pour agir et r\u00e9agir, en prenant conscience des probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre, et des changements \u00e0\u00a0op\u00e9rer &#8211; dans la mesure du possible. \u00bb<\/p>\n<p><code>\u00ab D'ailleurs, demain, serons-nous encore l\u00e0 ? \u00bb \u00e9crivait-elle tr\u00e8s justement.<\/code><\/p>\n<p>Mais la r\u00e9ponse, on la connait tous : non. Non, c\u2019est un fait certain, nous ne serons plus l\u00e0 demain. Nous vivons pour, au bout, mourir et quitter ce monde et cette humanit\u00e9. Une humanit\u00e9 qui, \u00e0 l\u2019\u00e9vidence, aura sa mort aussi.<\/p>\n<p>Je suis partisan de la notion \u00ab\u00a0d\u2019\u00e9gar\u00e9s \u00bb que Jean d\u2019Ormesson attribue aux humains que nous sommes. Il est vrai que nous ne savons pas ce qui nous am\u00e8ne sur cette Terre et ce que nous allons devoir y faire. Ce que nous savons, c\u2019est notre d\u00e9but &#8211; notre naissance &#8211; et notre fin &#8211; notre mort. Nous savons que nous partirons. Nous ne savons pas encore quand ou encore comment. Mais, c\u2019est certain, nous partirons.\u00a0Vous, moi, eux&#8230;<\/p>\n<p>Ce que nous pouvons faire, et j\u2019en suis convaincu, c\u2019est de faire vivre, \u00e0 l\u2019image de notre vie, l\u2019humanit\u00e9 et de la faire survivre un temps soit peu dans de meilleures circonstances que celles dans laquelle elle navigue pour le moment.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>On s\u2019active f\u00e9brilement \u00e0 tuer le temps, on se divertit pour ne pas penser \u00e0 la mort\u00a0\u00bb<\/em> poursuivait-elle. Et bien au contraire de ce qu\u2019elle, et sans doute Paul Jorion, peut penser : oui, nous passons notre vie \u00e0 nous divertir, car nous savons qu\u2019au bout de cette vie, il y a la mort. Et c\u2019est sans doute aussi pour cela que les riches &#8211; qui ont plus de temps libre que les pauvres qui doivent travailler pour gagner un minimum d\u2019argent qui leur permettra de survivre &#8211; permettent par leurs actions de faire \u00e9voluer plus rapidement le monde &#8211; et l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs les \u00ab nouveaux riches \u00bb, les patrons de Facebook, Microsoft ou encore Google, qui s\u2019attardent \u00e0 d\u00e9ployer des moyens financiers dans le domaine de la recherche scientifique m\u00e9dicale, qui permettront peut-\u00eatre un jour d\u2019\u00e9radiquer les maladies tueuses d\u2019hommes. Des maladies qui, au rythme de leur accroissement, seront peut-\u00eatre le moteur principal de notre extinction&#8230;<\/p>\n<p><code>Mais... \u00ab Il faudrait \u00eatre bien na\u00eff pour croire que les milliards de Microsoft, Google et Facebook vont sauver l'humanit\u00e9 ! \u00bb m\u2019\u00e9crivait-elle.<\/code><\/p>\n<p><em>\u00ab Les \u00ab\u00a0Gafa\u00a0\u00bb (Google, Apple, Facebook et Amazon) ne paient quasi pas d&rsquo;imp\u00f4ts dans les pays o\u00f9 ils sont utilis\u00e9s et o\u00f9 ils font des profits faramineux.<\/em><\/p>\n<p><em>En plus, ils redirigent leurs b\u00e9n\u00e9fices vers des paradis fiscaux o\u00f9 l&rsquo;imp\u00f4t est nul : les iles Ca\u00efmans pour Facebook, les Bermudes pour Google et Microsoft, le Delaware, Gibraltar, Jersey et les iles Vierges britanniques pour Amazon. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle \u00ab\u00a0l&rsquo;optimisation fiscale\u00a0\u00bb&#8230;<\/em><\/p>\n<p><em>Avec de tels montages, stratag\u00e8mes, roublardises, manipulations&#8230; peut-on leur faire confiance dans leurs intentions humanitaires ? Les sommes vers\u00e9es dans\u00a0les recherches (par exemple m\u00e9dicales) leur permettent d&rsquo;\u00e9viter l\u00e9galement l&rsquo;imp\u00f4t et en plus leur procurent une fa\u00e7ade\u00a0de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de bienveillance vis-\u00e0-vis du public. \u00bb\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Et l\u00e0, \u00e9videmment, on ne peut qu\u2019\u00eatre en accord avec cet argument. Mais dans l\u2019\u00e9tat des choses, bien que ce contournement fiscal soit peu \u00e9thique dans son but premier, mais licite, doit-on reprocher au Priv\u00e9 de prendre \u00e0 ses frais ce que le Public ne fait pas ?<\/p>\n<p><code>La question sera sans doute celle qui opposera gauchistes et droitistes pour quelques ann\u00e9es encore... Sauf si plusieurs <em>Emmanuel Macron<\/em> naissent ici et l\u00e0.<\/code><\/p>\n<p>Alors oui, il est plus int\u00e9ressant de s\u2019int\u00e9resser au pr\u00e9sent. Mais si on travaille aujourd\u2019hui sur le pr\u00e9sent, les r\u00e9formes n\u2019aboutiront que demain. N\u00e9anmoins, il y a tant de choses \u00e0 faire pr\u00e9sentement qui auraient des effets directs, mais qui ne sont pas mises en place par nos hommes politiques qui, eux aussi, finiront comme nous tous : morts.<\/p>\n<p>Il faut croire au progr\u00e8s, bien plus qu\u2019en Dieu. Le progr\u00e8s, on le remarque, on ne le voit pas, mais on voit son action. Et le progr\u00e8s, ce n\u2019est que demain&#8230;<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, <em>Jean d\u2019Ormesson<\/em> dit, dans son dernier livre, \u00ab\u00a0<em>il y a pire encore que les imb\u00e9ciles qui croient au progr\u00e8s : ce sont les imb\u00e9ciles qui n\u2019y croient pas\u00a0<\/em>\u00bb. Et il dit, dans son d\u00e9veloppement : \u00ab\u00a0<em>qui accepterait demain de vivre comme hier ?\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Du progr\u00e8s, il y en a. Ne fut-ce que dans les sciences &#8211; la m\u00e9decine, notamment &#8211; mais aussi dans l\u2019id\u00e9e de justice &#8211; le retrait de la peine de mort, la protection des minorit\u00e9s, &#8230; &#8211; et dans l\u2019environnement aussi.<\/p>\n<p>Mais, comme dans tout, c\u2019est le pouvoir et l\u2019argent qui mettent le frein \u00e0 ces progr\u00e8s.<\/p>\n<p>Il est vrai que plus on \u00e9volue, moins on voit les progr\u00e8s qui nous entourent. Raymond Aron disait : \u00ab\u00a0<em>Les hommes font l\u2019histoire, mais ils ne savent pas l\u2019histoire qu\u2019ils font\u00a0<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Le progr\u00e8s est aussi diff\u00e9rent pour chacun. Quand certains verront du progr\u00e8s dans le fait de d\u00e9ployer de l\u2019argent \u00e0 d\u00e9velopper une voiture autonome non polluante plut\u00f4t que d\u2019investir cet argent \u00e0 la fabrication d\u2019armes toujours plus redoutables\u2026 D\u2019autres y verront un recul.<\/p>\n<p>Alors, plus que sinc\u00e8rement, je crois au progr\u00e8s, et j\u2019invite chacun d\u2019entre vous \u00e0 s\u2019interroger sur ce qu\u2019il peut faire pour am\u00e9liorer notre environnement simplement. Il suffit parfois d\u2019un rien.<\/p>\n<p><code>\u00catre citoyen, c\u2019est bien. Mais \u00eatre acteur de ce monde et de cette humanit\u00e9 c\u2019est mieux.<\/code><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><em>*\u00a0Bastien Lombaerd, 21 ans, \u00e9tudiant en droit (ULB)<\/em>. Billet invit\u00e9. Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il y a des livres dont rien que le titre nous fait d\u00e9j\u00e0 r\u00eaver. Des titres qui nous emportent sur une autre plan\u00e8te, sans que nous ayons pu en lire un paragraphe de son contenu. <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la [&hellip;]<\/em><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4728],"tags":[4327],"class_list":["post-91926","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-dernier-qui-sen-va-eteint-la-lumiere","tag-le-dernier-qui-sen-va-eteint-la-lumiere"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91926","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=91926"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91926\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":91930,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/91926\/revisions\/91930"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=91926"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=91926"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=91926"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}