{"id":92031,"date":"2017-01-20T21:50:18","date_gmt":"2017-01-20T20:50:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=92031"},"modified":"2017-01-20T21:50:18","modified_gmt":"2017-01-20T20:50:18","slug":"essai-critique-sur-le-commun-viii-linterface-open-source-logiciel-libre-par-dominique-temple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/01\/20\/essai-critique-sur-le-commun-viii-linterface-open-source-logiciel-libre-par-dominique-temple\/","title":{"rendered":"Essai critique sur le \u201cCommun\u201d * (VIII) L\u2019interface : <em>open source <\/em>\/ <em>logiciel libre<\/em>, par Dominique Temple"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>* \u00e0 partir de l\u2019ouvrage de Pierre Dardot et Christian Laval \u00ab\u00a0Commun. Essai sur la R\u00e9volution du XXIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Chapitre VIII<\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019interface : <em>open source <\/em>\/ <em>logiciel libre<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache que le mot <em>free<\/em> signifie <em>libre<\/em> ou <em>gratuit<\/em>. De sorte que certains utilisateurs s\u2019accordent sur le fait de traiter le logiciel libre comme un donn\u00e9 <em>a priori<\/em> qu\u2019ils peuvent utiliser \u00e0 toutes fins utiles y compris commerciales, ce qui est le contraire de ce que signifie libre pour Richard Stallman puisqu\u2019il veut dire <em>libre de toute utilisation \u00e0 des fins privatrices de libert\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Mais la question demeure : pourquoi les promoteurs du logiciel libre n\u2019utiliseraient-ils pas les services des logiciels non-libres lorsqu\u2019ils sont particuli\u00e8rement novateurs et performants ? Pourquoi ne pas int\u00e9grer l\u2019\u00e9change lucratif s\u2019il d\u00e9multiplie l\u2019efficacit\u00e9 de la recherche ? Pourquoi ne pas inf\u00e9oder le ressort du profit \u00e0 la construction d\u2019une libert\u00e9 plus efficace ?<a href=\"#_ftn90\" name=\"_ftnref90\">[90]<\/a>.<\/p>\n<p>\u00ab Ainsi, pour la plupart d\u2019entre eux, seule la commodit\u00e9 d\u2019utilisation comptait. \u00c0 moins qu\u2019un logiciel ne soit techniquement inf\u00e9rieur, ils ne voyaient pas pourquoi le refuser pour de simples raisons de licence. Un jour, les hackers finiraient par mettre au point une alternative libre \u00e0 PowerPoint. Mais en attendant, pourquoi critiquer Microsoft ou PowerPoint, et pourquoi ne pas utiliser ce logiciel ? C\u2019\u00e9tait un bon exemple du clivage de plus en plus marqu\u00e9 dans la communaut\u00e9 du logiciel libre, entre ceux qui accordaient de l\u2019importance \u00e0 la libert\u00e9 en soi, et ceux qui ne prenaient en compte que la fiabilit\u00e9 et la puissance des logiciels \u00bb<a href=\"#_ftn91\" name=\"_ftnref91\">[91]<\/a>.<\/p>\n<p>Les hackers se divisent donc.<\/p>\n<p>\u00ab Stallman d\u00e9signait ces deux camps comme deux partis politiques au sein d\u2019une m\u00eame communaut\u00e9. Il nomma le premier le \u201cparti pour la libert\u00e9\u201d. Et comme le second camp ne daignait pas se donner un nom, il l\u2019appela ironiquement \u201cle parti des opportunistes\u201d ou \u201cle parti pour le succ\u00e8s\u201d. Nombre des partisans de ce dernier consid\u00e9raient en effet que l\u2019objectif premier \u00e9tait d\u2019attirer toujours \u201cplus d\u2019utilisateurs\u201d (\u2026)\u00bb<a href=\"#_ftn92\" name=\"_ftnref92\">[92]<\/a>.<\/p>\n<p>C\u2019est alors qu\u2019est propos\u00e9 le terme d\u2019<em>open source<\/em>.<\/p>\n<p>\u00ab Le message des promoteurs de l\u2019open source \u00e9tait simple : tout ce dont vous avez besoin pour vendre le concept de \u201clogiciel libre\u201d, c\u2019est de le rendre int\u00e9ressant pour les entreprises. De leur point de vue, Stallman et le mouvement pour le logiciel libre \u00e9taient en lutte contre le march\u00e9, tandis qu\u2019eux cherchaient \u00e0 l\u2019exploiter \u00bb<a href=\"#_ftn93\" name=\"_ftnref93\">[93]<\/a>.<\/p>\n<p>Au cours de l\u2019ann\u00e9e 1998, Richard Stallman observe :<\/p>\n<p>\u00ab Certes, open source \u00e9vitait la confusion avec \u201clogiciel gratuit\u201d mais il supprimait par la m\u00eame occasion le sens de \u201clogiciel respectueux de la libert\u00e9\u201d \u00bb<a href=\"#_ftn94\" name=\"_ftnref94\">[94]<\/a>.<\/p>\n<p>L\u2019interface r\u00e9ciprocit\u00e9\/\u00e9change se complique donc. L\u2019\u00e9change permet de d\u00e9multiplier les relations de r\u00e9ciprocit\u00e9 pourvu qu\u2019il en respecte les \u00e9quivalences (<em>l\u2019\u00e9change de r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em>), et on peut imaginer que chaque chercheur qui vise l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral ait recours \u00e0 l\u2019\u00e9change f\u00fbt-il m\u00fb par le profit pour se procurer les compl\u00e9ments n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019avanc\u00e9e de ses travaux. Cependant, si l\u2019\u00e9change est motiv\u00e9 par le souci de son int\u00e9r\u00eat personnel, que ce soit en termes de profit ou de pouvoir, il provoque la concurrence entre les protagonistes et renverse l\u2019\u00e9galit\u00e9 en in\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9 en pouvoir. Immerg\u00e9 dans le syst\u00e8me capitaliste, le logiciel <em>open source<\/em> amarr\u00e9 \u00e0 des logiciels <em>privateurs<\/em> autorise la sp\u00e9culation, et se risque \u00e0 n\u2019\u00eatre plus qu\u2019un d\u00e9multiplicateur du capitalisme utilisant le <em>commun<\/em> comme un moyen de promouvoir la libert\u00e9\u2026 du capital.<\/p>\n<p>R\u00e9sumons cette difficile analyse : les partisans de la seule <em>open source<\/em> se soucient d\u2019abord de l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019<em>open source<\/em>, et justifient ainsi d\u2019utiliser au nom de leur performance des logiciels <em>privateurs<\/em> utilisant les <em>logiciels libres<\/em> comme la manne du d\u00e9sert, y compris au risque de d\u00e9velopper l\u2019ing\u00e9nierie capitaliste \u00e0 partir de la privatisation de leurs applications. Ils introduisent donc dans le cycle de r\u00e9ciprocit\u00e9 la sp\u00e9culation capitaliste. Aux partisans de l\u2019<em>open source<\/em>, Richard Stallman r\u00e9pond :<\/p>\n<p>\u00ab Je pense que la libert\u00e9 est plus importante que les avanc\u00e9es technologiques. Je choisirai toujours un logiciel libre moins avanc\u00e9 du point de vue technologique \u00e0 un logiciel non libre plus avanc\u00e9 parce que \u00e7a ne vaudrait pas que je renonce \u00e0 ma libert\u00e9. Je m\u2019en tiens \u00e0 cette r\u00e8gle : je ne prends rien que je ne puisse partager \u00bb<a href=\"#_ftn95\" name=\"_ftnref95\">[95]<\/a>.<\/p>\n<p>Il dira plus tard :<\/p>\n<p>\u00ab Je pensais \u00e0 des probl\u00e9matiques \u00e0 la fois \u00e9thiques, politiques et juridiques. J\u2019ai essay\u00e9 de faire quelque chose de viable dans le syst\u00e8me l\u00e9gislatif actuel. Dans l\u2019esprit, il s\u2019agissait de concevoir les bases l\u00e9gislatives d\u2019une nouvelle soci\u00e9t\u00e9, mais ne gouvernant pas, je ne pouvais changer aucune loi. Il me fallait donc tenter de les b\u00e2tir au-dessus du syst\u00e8me juridique existant, qui n\u2019a en rien \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour cela \u00bb<a href=\"#_ftn96\" name=\"_ftnref96\">[96]<\/a>.<\/p>\n<p>Pierre Dardot et Christian Laval quant \u00e0 eux concluent :<\/p>\n<p>\u00ab Internet, par sa profusion, par la multiplicit\u00e9 et la diversit\u00e9 des contributeurs constitue \u00e0 n\u2019en pas douter un ensemble de ressources produites et mises en commun par des internautes qui donnent et re\u00e7oivent sur le mode du don r\u00e9ciproque \u00bb<a href=\"#_ftn97\" name=\"_ftnref97\">[97]<\/a>.<\/p>\n<p>Mais, pour les uns, ajoutent-ils, \u00ab <em>tout se passe comme si la pr\u00e9valence de la connaissance dans la production donnait d\u00e9j\u00e0 naissance \u00e0 un commun qui, par son expansion progressive, ferait exploser l\u2019enveloppe capitaliste qui l\u2019entrave <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Tandis que pour les autres, \u00ab <em>le revenu du capital est moins un profit qu\u2019une rente obtenue par la \u201cprivatisation du commun\u201d, c\u2019est-\u00e0-dire par la mise en place de multiples formes de droits de propri\u00e9t\u00e9<\/em> \u00bb<a href=\"#_ftn98\" name=\"_ftnref98\">[98]<\/a>. (priv\u00e9e !)<\/p>\n<p>Ainsi r\u00e9appara\u00eet la f\u00ealure entre <em>propri\u00e9t\u00e9<\/em> et <em>propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e<\/em>, car ce n\u2019est pas la propri\u00e9t\u00e9 qui est ni\u00e9e par les cr\u00e9ateurs du logiciel libre puisqu\u2019elle est tout \u00e0 fait n\u00e9cessaire pour fonder sa protection juridique, mais la privatisation de celle-ci. Si l\u2019on ne fait pas cette distinction, la disparition de la propri\u00e9t\u00e9 entra\u00eene celle de la responsabilit\u00e9 qui lui est li\u00e9e.<\/p>\n<p>Pierre Dardot et Christian Laval passent sous silence cette question de la responsabilit\u00e9 et de sa matrice, et doivent donc chercher une autre raison au logiciel libre et au <em>copyleft<\/em>. Ils se prononcent pour une question de productivit\u00e9. Sans aucun doute est-ce une raison importante et m\u00eame d\u00e9cisive pour disqualifier la privatisation sur le terrain m\u00eame o\u00f9 elle pr\u00e9tendait se justifier.<\/p>\n<p>Qu\u2019est-ce qui fait la d\u00e9cision entre une interpr\u00e9tation de la coparticipation des auteurs comme une prestation justifi\u00e9e par un int\u00e9r\u00eat priv\u00e9, et l\u2019interpr\u00e9tation de la coparticipation des auteurs comme prestation d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et mue par la raison pratique ? <em>L\u2019information<\/em> est par d\u00e9finition destin\u00e9e \u00e0 autrui, et ne peut \u00eatre estim\u00e9e que par celui qui la re\u00e7oit sans que celui-ci puisse \u00eatre sanctionn\u00e9 de la recevoir ou de ne pas la recevoir. D\u2019autre part, <em>l\u2019information<\/em> n\u2019a aucune valeur si elle n\u2019est pas incorpor\u00e9e dans un ensemble ou un corps d\u2019autres informations avec lesquelles elle doit r\u00e9agir pour engendrer sens ou valeur commune. Or, nous savons que la technique informatique (plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019Internet) \u00e9chappe au contr\u00f4le humain et rend par cons\u00e9quent le produit de l\u2019interaction r\u00e9ciproque <em>propri\u00e9t\u00e9 commune<\/em>. Mais, alors, pourquoi <em>propri\u00e9t\u00e9 <\/em>? Parce qu\u2019il est de la responsabilit\u00e9 individuelle de ses usagers de la respecter aussi bien dans sa <em>production<\/em> que dans son <em>usage<\/em>, et que cette responsabilit\u00e9 \u00e9mergeant de la g\u00e9n\u00e9ralisation de la r\u00e9ciprocit\u00e9 doit affronter la pr\u00e9tention du <em>pouvoir<\/em> de lui imposer une <em>responsabilit\u00e9 collective<\/em>.<\/p>\n<p>Richard Stallman marque cette diff\u00e9rence lorsqu\u2019il d\u00e9clare \u00e0 propos de la loi HADOPI :<\/p>\n<p>\u00ab Aux Fran\u00e7ais, j\u2019explique le logiciel libre en trois mots qui devraient leur \u00eatre familiers : libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9. Libert\u00e9, parce que chaque utilisateur est libre de l\u2019usage qu\u2019il veut faire du programme. \u00c9galit\u00e9, parce que le logiciel libre ne conf\u00e8re \u00e0 personne de pouvoir sur personne. Fraternit\u00e9, parce que les utilisateurs peuvent s\u2019entraider, en partageant (\u2026).<\/p>\n<p>Or, dans le monde, les \u00c9tats qui sont domin\u00e9s par l\u2019empire des entreprises m\u00e8nent une guerre conte la pratique du partage au point d\u2019en faire para\u00eetre la simple notion comme aberrante, antinaturelle, voire barbare. Ils l\u2019appellent \u00ab piraterie \u00bb comme si partager \u00e9quivalait moralement \u00e0 attaquer et piller un navire. (\u2026) L\u2019aspect qui r\u00e9v\u00e8le le plus clairement la nature tyrannique de la loi HADOPI est qu\u2019elle cherche \u00e0 imposer \u00e0 chaque Fran\u00e7ais le r\u00f4le de soldat d\u2019une guerre contre les autres : celui qui ne \u00ab s\u00e9curise \u00bb pas son r\u00e9seau, c\u2019est-\u00e0-dire, qui n\u2019aide pas les ma\u00eetres \u00e0 maintenir leur joug sur les autres, risque d\u2019\u00eatre puni pour \u00eatre rest\u00e9 neutre. Cette pratique de \u00ab responsabilisation collective \u00bb est le recours classique des gouvernements injustes dont le but est d\u2019exploiter leurs sujets.<\/p>\n<p>D\u00e9fier la responsabilisation collective pour prot\u00e9ger les concitoyens contre l\u2019empire est le premier pas naturel de la r\u00e9sistance \u00bb<a href=\"#_ftn99\" name=\"_ftnref99\">[99]<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Pierre Dardot et Christian Laval concluent leur th\u00e8se :<\/p>\n<p>\u00ab Le commun tel qu\u2019on le comprend ici s\u2019entend avant tout du gouvernement des hommes, des institutions et des r\u00e8gles qu\u2019ils se donnent pour ordonner leurs rapports. Il s\u2019enracine donc dans la tradition politique de la d\u00e9mocratie, dans l\u2019exp\u00e9rience grecque notamment. Il donne \u00e0 entendre qu\u2019il n\u2019est de monde humain souhaitable que celui qui est fond\u00e9 explicitement et consciemment sur l\u2019agir commun, source des droits et des obligations, li\u00e9 intimement \u00e0 ce que depuis les Grecs on appelle la justice et l\u2019amiti\u00e9 \u00bb<a href=\"#_ftn100\" name=\"_ftnref100\">[100]<\/a>.<\/p>\n<p>Cependant, ces droits et obligations sont aussi li\u00e9s \u00e0 ce que l\u2019on d\u00e9signe par la responsabilit\u00e9 et pas seulement l\u2019amiti\u00e9. Nous avons soulign\u00e9 que si l\u2019amiti\u00e9 na\u00eet de la r\u00e9ciprocit\u00e9 directe, la justice et la responsabilit\u00e9 naissent de la r\u00e9ciprocit\u00e9 indirecte, si l\u2019on se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la terminologie de Marcel Mauss, ou encore de la <em>r\u00e9ciprocit\u00e9 ternaire<\/em> dans notre terminologie qui emprunte \u00e0 Claude L\u00e9vi-Strauss.<\/p>\n<p>Pierre Dardot et Christian Laval proposent dans un \u201cpost-scriptum sur la r\u00e9volution au XXIe si\u00e8cle\u201d :<\/p>\n<p>\u00ab La primaut\u00e9 du commun n\u2019impliquant donc pas la suppression de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, a fortiori n\u2019impose-t-elle pas la suppression du march\u00e9. Elle impose par contre leur subordination aux communs et, en ce sens, la <strong>limitation<\/strong> du droit de propri\u00e9t\u00e9 et du march\u00e9, non pas simplement en soustrayant certaines choses \u00e0 l\u2019\u00e9change commercial pour les r\u00e9server \u00e0 l\u2019usage commun, mais en supprimant le droit d\u2019abuser (jus abutendi) par lequel une chose est enti\u00e8rement livr\u00e9e au bon vouloir \u00e9go\u00efste de son propri\u00e9taire \u00bb<a href=\"#_ftn101\" name=\"_ftnref101\">[101]<\/a>.<\/p>\n<p>On peut \u00eatre surpris qu\u2019apr\u00e8s leur r\u00e9quisitoire impitoyable contre la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, r\u00e9quisitoire qu\u2019ils \u00e9tendent \u00e0 toute forme de propri\u00e9t\u00e9, Pierre Dardot et Christian Laval puissent conclure par : \u00ab <em>la primaut\u00e9 du commun n\u2019implique pas la suppression de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, a fortiori celle du march\u00e9\u2026 <\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Mais, si notre critique est juste, le mode d\u2019appropriation de la nature varie en fonction des diverses structures sociales qui r\u00e9pondent au principe de r\u00e9ciprocit\u00e9, et nous avons vu que la r\u00e9ciprocit\u00e9 de face-\u00e0-face conduit au <em>commun <\/em>tandis que la r\u00e9ciprocit\u00e9 ternaire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e conduit au march\u00e9 de r\u00e9ciprocit\u00e9, et \u00e0 l\u2019\u00e9change de r\u00e9ciprocit\u00e9. La propri\u00e9t\u00e9 se d\u00e9cline alors en raison de la fonction sociale qui lui est impartie par la structure de r\u00e9ciprocit\u00e9 choisie par la communaut\u00e9 : propri\u00e9t\u00e9 individuelle, familiale, sociale, chacune prot\u00e9g\u00e9e par son inali\u00e9nabilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire de toute privatisation. Il s\u2019ensuit aussi que l\u2019individu, la commune, la nation sont en droit d\u2019exiger la propri\u00e9t\u00e9 des moyens de production n\u00e9cessaires \u00e0 leur activit\u00e9 productrice.<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, la phrase \u00ab <em>La primaut\u00e9 du commun n\u2019impliquant pas la suppression de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, a fortiori n\u2019impose-t-elle pas la suppression du march\u00e9<\/em> \u00bb, peut s\u2019entendre comme : la primaut\u00e9 du <em>commun<\/em> n\u2019impliquant pas la suppression de la <em>propri\u00e9t\u00e9 individuelle et responsable<\/em>, a fortiori n\u2019impose-t-elle pas la suppression du <em>march\u00e9 de r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p>Et \u00ab <em>supprimer le droit d\u2019abuser (jus abutendi) par lequel une chose est enti\u00e8rement livr\u00e9e au bon vouloir \u00e9go\u00efste de son propri\u00e9taire<\/em> \u00bb, correspondrait \u00e0 l\u2019abolition de la <em>privatisation de la propri\u00e9t\u00e9<\/em>, but vers lequel beaucoup d\u2019analyses aujourd\u2019hui convergent.<\/p>\n<p>La r\u00e9pudiation du droit <em>d\u2019abus<\/em> que la bourgeoisie a greff\u00e9 sur la notion du droit de propri\u00e9t\u00e9, pourrait \u00eatre le premier article d\u2019une refonte constitutionnelle qui fasse l\u2019unanimit\u00e9 des citoyens car elle n\u2019implique ni la suppression de la <em>propri\u00e9t\u00e9 individuelle<\/em>, ni celle de la <em>propri\u00e9t\u00e9 commune<\/em> qui sont les deux modalit\u00e9s principales de \u201c<em>La<\/em> <em>Propri\u00e9t\u00e9<\/em>\u201d universelle.<\/p>\n<p>Aristote, \u00e0 qui se r\u00e9f\u00e8rent Pierre Dardot et Christian Laval, n\u2019oppose pas seulement l\u2019altruisme \u00e0 l\u2019\u00e9go\u00efsme, le collectivisme radical de Platon \u00e0 la privatisation non moins radicale du capitalisme, il oppose \u00e0 ces extr\u00eames le <em>juste milieu<\/em> que nous appelons aujourd\u2019hui le Tiers. Il nous apprend \u00e0 le reconna\u00eetre dans le sentiment du juste, de l\u2019amiti\u00e9, de la confiance ou de la responsabilit\u00e9 en nous r\u00e9v\u00e9lant quelle en est la matrice. Cette matrice est la r\u00e9ciprocit\u00e9.<\/p>\n<p>Toute r\u00e9ciprocit\u00e9 est la matrice d\u2019une conscience affective, l&rsquo;amiti\u00e9 par exemple. Et toute conscience affective s\u2019impose absolument. Le \u201cabsolument\u201d vient du caract\u00e8re affectif de la conscience en question. Si plusieurs structures de r\u00e9ciprocit\u00e9 incarnent le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9 d\u00e8s la <em>communaut\u00e9 de parent\u00e9<\/em>, l\u2019alliance, la filiation, le partage, la redistribution et la communion, l\u2019affectivit\u00e9 \u00e9tant toujours une, l\u2019articulation des structures de r\u00e9ciprocit\u00e9 faisant <em>syst\u00e8me<\/em>, de multiples d\u00e9finitions de l\u2019humain sont possibles. Si chaque syst\u00e8me engendre une conscience affective absolue et que toute soci\u00e9t\u00e9 peut se pr\u00e9tendre universelle et unique \u00e0 partir du syst\u00e8me qu\u2019elle privil\u00e9gie, aucune ne peut donc \u00e9chapper \u00e0 l\u2019affrontement auquel conduit l\u2019exclusivit\u00e9 de sa d\u00e9finition de l\u2019humain, \u00e0 moins que la raison lui permette d\u2019\u00e9viter sa suj\u00e9tion aux valeurs qu\u2019elle privil\u00e9gie et ne lui permette de les appr\u00e9cier qu\u2019au regard de celles des autres.<\/p>\n<p>C\u2019est la m\u00e9diation d\u2019une repr\u00e9sentation objective qui permet de mettre cette suj\u00e9tion \u00e0 distance. D\u2019o\u00f9 le recours \u00e0 l\u2019\u00e9change, car l\u2019\u00e9change offre la possibilit\u00e9 d\u2019une repr\u00e9sentation objective, l\u2019\u00e9change symbolique dans un premier temps, ensuite l\u2019\u00e9change r\u00e9gi par la relation des choses entre elles, mesur\u00e9es les unes les autres en fonction de leurs rapports de force qui sont, eux, parfaitement objectifs. Tant que les rapports humains demeurent des relations de r\u00e9ciprocit\u00e9, et que l\u2019\u00e9change est contr\u00f4l\u00e9 par le partage, le processus est valid\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9mocratique. Plusieurs structures traduisent alors le principe de r\u00e9ciprocit\u00e9. Pour la construction de la cit\u00e9, les plus importantes sont sans aucun doute la r\u00e9ciprocit\u00e9 binaire collective (le <em>commun<\/em>) qui implique la propri\u00e9t\u00e9 indivise, et la r\u00e9ciprocit\u00e9 ternaire g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e (le <em>march\u00e9<\/em>) qui implique la propri\u00e9t\u00e9 personnelle.<\/p>\n<p>Pour que la fonction sociale de la propri\u00e9t\u00e9 soit respect\u00e9e par chacun, encore faut-il que chacun puisse exercer son activit\u00e9 gr\u00e2ce au moyen de production mis \u00e0 sa disposition (pour la terre nourrir ses habitants, par exemple) de la fa\u00e7on la plus efficace possible. La notion de propri\u00e9t\u00e9 demeure donc essentielle et n\u00e9cessaire pour que la communaut\u00e9 puisse attribuer les ressources \u00e0 qui de droit, ce qui implique la propri\u00e9t\u00e9 individuelle dans certains cas, collective dans d\u2019autres, pour que tout le monde puisse contribuer \u00e0 la satisfaction des besoins de tous (la <em>chreia<\/em>) et cr\u00e9er le bonheur (l\u2019<em>eudaimonia<\/em>) de la communaut\u00e9 des hommes libres. La propri\u00e9t\u00e9 s\u2019inscrit donc comme <em>individuelle<\/em> lorsqu\u2019elle est ordonn\u00e9e au <em>commun,<\/em> et <em>indivise<\/em> lorsqu\u2019elle est ordonn\u00e9e \u00e0 <em>l\u2019individu<\/em>, de sorte qu\u2019elle puisse toujours \u201c<em>cumuler les avantages d\u2019\u00eatre collective et individuelle<\/em>\u201d.<\/p>\n<p>Pierre Dardot et Christian Laval ont propos\u00e9 cependant de r\u00e9unir toute forme de propri\u00e9t\u00e9 sous le titre de <em>dominium<\/em> parce que la <em>propri\u00e9t\u00e9<\/em>, comme le <em>dominium<\/em> antique, se pr\u00e9tend un droit <em>absolu<\/em>. L\u2019\u00e9volution du concept de propri\u00e9t\u00e9 pendant les d\u00e9bats de la R\u00e9volution fran\u00e7aise confirme que la <em>propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e<\/em> li\u00e9e au pouvoir de l\u2019individu s\u2019apparente au <em>dominium<\/em>. N\u00e9anmoins, au cours de ces d\u00e9bats, la propri\u00e9t\u00e9 s\u2019est acquis la dignit\u00e9 d\u2019un concept \u00e0 part enti\u00e8re. Nous avons soulign\u00e9 que le peuple ne voulait pas indemniser les propri\u00e9t\u00e9s du domaine f\u00e9odal parce que, disait-il, elles ne r\u00e9pondent pas au droit de propri\u00e9t\u00e9 mais \u00e0 des droits de domaine. Le <em>dominium<\/em> fut disqualifi\u00e9, de fa\u00e7on \u00e0 mettre fin \u00e0 la <em>suj\u00e9tion,<\/em> c\u2019est-\u00e0-dire au caract\u00e8re absolu de la conscience affective.<\/p>\n<p>Mais lorsque la r\u00e9ciprocit\u00e9 est renvers\u00e9e en non r\u00e9ciprocit\u00e9 par la privatisation de la propri\u00e9t\u00e9, et que les rapports de force sont subordonn\u00e9s aux int\u00e9r\u00eats des individus pour eux-m\u00eames, alors commence le <em>pouvoir<\/em> de la libert\u00e9 de chacun au d\u00e9triment de la libert\u00e9 commune. La <em>jouissance<\/em> aveugle du <em>pouvoir<\/em> distribu\u00e9 par le capitalisme pour remplir le vide de son impuissance \u00e9thique contraint la raison \u00e0 une fonction utilitaire qui l\u2019asservit \u00e0 la logique des choses. Et d\u00e8s lors que le \u201crapport des choses entre elles\u201d s\u2019impose aux relations de r\u00e9ciprocit\u00e9 intersubjectives, le Tiers est exclu des relations sociales. L\u2019anthropologie elle-m\u00eame ne parvient plus \u00e0 concevoir sa gen\u00e8se. Ses valeurs peuvent sans doute \u00eatre trait\u00e9es comme un capital symbolique, mais dont l\u2019origine est alors rapport\u00e9e \u00e0 la nature ou \u00e0 la divinit\u00e9. Le lib\u00e9ralisme \u00e9conomique ne se prive certes pas de faire appel aux \u201cvaleurs constitu\u00e9es\u201d : sous leur protection, le principe de leur gen\u00e8se peut \u00eatre plus ais\u00e9ment ignor\u00e9 ou combattu.<\/p>\n<p>Que l\u2019\u00e9nergie psychique soit alors privatis\u00e9e et \u201caccumul\u00e9e\u201d sous la forme inerte du <em>capital<\/em>, ne signifie pourtant pas sa \u201c<em>mort<\/em>\u201d. L\u2019\u00e9nergie psychique fait partie de la nature. Et la nature exige son respect. Nous avons observ\u00e9 que la nature questionne d\u00e9sormais le <em>pouvoir<\/em>, puisque <em>l\u2019information<\/em> exige la libert\u00e9 commune et celle-ci la r\u00e9ciprocit\u00e9. La nature se rebelle donc contre <em>l\u2019hubris. <\/em>C\u2019est ce que nous rappelle aujourd\u2019hui le d\u00e9bat exemplaire du <em>logiciel libre<\/em>.<\/p>\n<p>Le <em>pouvoir<\/em> est, certes, une manifestation de la <em>puissance <\/em>au sens aristot\u00e9licien du terme. Cette manifestation est <em>non contradictoire<\/em> lorsqu\u2019elle s\u2019actualise dans le sens de la physique ou dans celui de la vie, et <em>contradictoire<\/em> lorsqu\u2019elle se d\u00e9veloppe comme le <em>juste milieu<\/em>, la <em>m\u00e9di\u00e9t\u00e9<\/em>, le <em>Tiers<\/em>, fruit de <em>la dialectique de l\u2019antagonisme<\/em> entre la <em>dialectique de la physique<\/em> et la <em>dialectique de la vie<\/em>.<\/p>\n<p>Ce Tiers, Aristote dit qu\u2019il est un <em>sentir<\/em>. Lorsqu\u2019il devient par la r\u00e9ciprocit\u00e9 le <em>sentir du sentir<\/em>, il est la pens\u00e9e pure (<em>l\u2019\u00e2me<\/em>), et lorsqu\u2019il est sentir de quelque chose (sentir que l\u2019on voit, que l\u2019on entend, que l\u2019on marche), il est conscience objective (<em>l\u2019esprit<\/em>)<a href=\"#_ftn102\" name=\"_ftnref102\">[102]<\/a>.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, les sciences humaines, la sociologie, la psychanalyse\u2026, les sciences de la vie, les neurosciences, l\u2019\u00e9cologie\u2026, les sciences de la nature, la physique, la chimie\u2026, et m\u00eame la math\u00e9matique (Grothendieck) et la logique (Lupasco), qui furent pourtant longtemps utilis\u00e9es comme boucliers par les capitalistes, s\u2019interrogent sur le Tiers. Seule l\u2019id\u00e9ologie de l\u2019\u00e9conomie politique occidentale demeure fig\u00e9e dans une posture sectaire, et se cramponne encore irrationnellement \u00e0 la justification d\u2019un syst\u00e8me meurtrier ou suicidaire.<\/p>\n<p>C\u2019est pourquoi l\u2019avenir n\u2019est pas dans le choix entre communisme et lib\u00e9ralisme politique, entre le <em>commun<\/em> et <em>l\u2019individuation<\/em>, ou entre leurs valeurs respectives, <em>l\u2019amiti\u00e9<\/em> et la <em>responsabilit\u00e9<\/em>. Le capitalisme se joue de l\u2019un comme de l\u2019autre et de l\u2019un contre l\u2019autre, mais il doit se colleter avec la puissance psychique. Son dernier recours est d\u2019inviter tout le monde (en tant que subalterne, il est vrai) \u00e0 la jouissance du <em>pouvoir<\/em>. Il semble qu\u2019il joue sur le velours en s\u2019adressant \u00e0 la multitude puisque tr\u00e8s nombreux sont en effet ceux qui s\u2019inqui\u00e8tent \u00e0 juste titre de fuir la suj\u00e9tion de leurs anc\u00eatres, et qui veulent conna\u00eetre la libert\u00e9 ou se faire une place au soleil. Faudra-t-il pour autant attendre la d\u00e9tresse du monde entier pour r\u00e9cuser les leurres du capital et consentir \u00e0 l\u2019effort de construire la libert\u00e9 commune ? Rien n\u2019y oblige. Toutes les communaut\u00e9s, toutes les soci\u00e9t\u00e9s, comme le dit Karl Marx \u00e0 Vera Zassoulitch, peuvent directement construire la soci\u00e9t\u00e9 post-capitaliste sans passer par les diff\u00e9rentes phases du d\u00e9veloppement de la soci\u00e9t\u00e9 capitaliste pourvu que par la raison elles \u00e9clairent la gen\u00e8se de leurs sentiments \u00e9thiques. Il faudra donc un nouvel effort pour affranchir la raison de la logique des choses \u00e0 laquelle se r\u00e9f\u00e8re le capitalisme, et r\u00e9initialiser la gen\u00e8se de la <em>m\u00e9di\u00e9t\u00e9<\/em> (du Tiers). Mais un effort imm\u00e9diatement largement r\u00e9compens\u00e9. Quiconque passe en effet le seuil de l\u2019\u00e9conomie capitaliste accompagn\u00e9 de cette conscience critique r\u00e9volutionnaire acquiert un sentiment victorieux et irr\u00e9versible de contentement (l\u2019<em>eudaimonia<\/em>, le d\u00e9mon du bien) qui ne peut \u00eatre d\u00e9truit parce qu\u2019il est celui du bonheur de tous.<\/p>\n<p>==========================================<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref90\" name=\"_ftn90\">[90]<\/a> \u00ab <em>Quelle \u00e9tait donc la nature de ce syst\u00e8me mixte et \u00e0 quelle philosophie serait-il rattach\u00e9 ? \u00c9tait-ce l\u2019incarnation de l\u2019esprit du logiciel libre explicit\u00e9 par Stallman au sein du Manifeste GNU ? Ou n\u2019\u00e9tait-ce qu\u2019un amalgame d\u2019outils ing\u00e9nieux que n\u2019importe quel utilisateur, tout aussi motiv\u00e9, aurait pu lui-m\u00eame assembler sur son syst\u00e8me maison<\/em> ? \u00bb<em> Ibid., <\/em>p. 206.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref91\" name=\"_ftn91\">[91]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 229-230.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref92\" name=\"_ftn92\">[92]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 230-235.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref93\" name=\"_ftn93\">[93]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 244.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref94\" name=\"_ftn94\">[94]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 240.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref95\" name=\"_ftn95\">[95]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 164.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref96\" name=\"_ftn96\">[96]<\/a> <em>Ibid.<\/em> p. 182.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref97\" name=\"_ftn97\">[97]<\/a> Pierre Dardot et Christian Laval, <em>Commun, op. cit.,<\/em> p. 170.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref98\" name=\"_ftn98\">[98]<\/a> <em>Ibid<\/em>., p. 200-202.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref99\" name=\"_ftn99\">[99]<\/a> Sam Williams, Richard Stallman &amp; Christophe Masutti, <em>Richard Stallman et la r\u00e9volution du logiciel libre<\/em>, <em>op. cit<\/em><em>.,<\/em> p. 274.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref100\" name=\"_ftn100\">[100]<\/a> Pierre Dardot et Christian Laval, <em>Commun, op. cit.,<\/em> p. 459.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref101\" name=\"_ftn101\">[101]<\/a> <em>Ibid.,<\/em> p. 582.<\/p>\n<p><a href=\"#_ftnref102\" name=\"_ftn102\">[102]<\/a> Certes nous ne disposons pas des \u00e9crits originaux d\u2019Aristote de sorte que nous devons risquer notre interpr\u00e9tation. Nous faisons appel au <em>principe d\u2019antagonisme<\/em> pour dire la relativisation de l\u2019\u00e9nergie et de la mati\u00e8re au profit de leur <em>m\u00e9di\u00e9t\u00e9<\/em> (l\u2019\u00e9nergie psychique, le Tiers). Nous appelons <em>principe du contradictoire<\/em> la r\u00e9v\u00e9lation de ce qui est en soi contradictoire comme de nature affective dans l\u2019exp\u00e9rience de la conscience. Nous appelons <em>principe de r\u00e9ciprocit\u00e9<\/em> la relation intersubjective entre les uns et les autres, qui produit la r\u00e9flexion du Soi qui engendre la Conscience.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>* \u00e0 partir de l\u2019ouvrage de Pierre Dardot et Christian Laval \u00ab\u00a0Commun. Essai sur la R\u00e9volution du XXIe si\u00e8cle\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center;\">Chapitre VIII<\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019interface : <em>open source <\/em>\/ <em>logiciel libre<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache que le mot <em>free<\/em> signifie <em>libre<\/em> ou <em>gratuit<\/em>. 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