{"id":92755,"date":"2017-02-07T12:05:23","date_gmt":"2017-02-07T11:05:23","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=92755"},"modified":"2017-02-07T12:05:23","modified_gmt":"2017-02-07T11:05:23","slug":"leau-a-la-derive-par-christophe-thro","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/02\/07\/leau-a-la-derive-par-christophe-thro\/","title":{"rendered":"L&rsquo;eau \u00e0 la d\u00e9rive, par Christophe Thro"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Nous respirons tous un seul air, nous buvons tous une seule eau, nous vivons tous sur une seule Terre. Nous devons tous la prot\u00e9ger.\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Raoni_Metuktire\">Chef Raoni Metuktire<\/a><\/p>\n<p>Quoi de plus simple et de plus r\u00e9pandu que l\u2019eau\u00a0? Une mol\u00e9cule tr\u00e8s simple qui rassemble 2 atomes d\u2019hydrog\u00e8ne et un atome d\u2019oxyg\u00e8ne en l\u2019absence de laquelle aucune vie n\u2019aurait pu appara\u00eetre sur notre plan\u00e8te. Au niveau individuel, nous sommes constitu\u00e9s \u00e0 65% d\u2019eau, et devons r\u00e9guli\u00e8rement en boire pour hydrater notre organisme. \u00c0 d\u00e9faut nous mourons en quelques jours. <!--more-->Au niveau collectif, nos besoins en eau sont tout aussi fondamentaux que ce soit pour l\u2019agriculture, l\u2019industrie, la construction, l\u2019alimentation, l\u2019\u00e9nergie. Environ 72% de la surface de la Terre est recouverte d\u2019eau, dont 96,50 % est constitu\u00e9e d\u2019eau sal\u00e9e et 3,5% d\u2019eau douce, et c\u2019est pourquoi les astronautes ont donn\u00e9 le surnom de \u00ab\u00a0Plan\u00e8te bleue\u00a0\u00bb \u00e0 la Terre. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 une distance id\u00e9ale de la Terre par rapport au soleil que nous avons l\u2019incroyable chance d\u2019avoir des quantit\u00e9s si importantes d\u2019eau sous forme liquide. Une distance de quelques petits pour cent de plus ou de moins et toute l\u2019eau de la plan\u00e8te se retrouverait alors soit sous forme solide, soit sous forme gazeuse. La r\u00e9partition des ressources en eau est cependant in\u00e9gale dans l\u2019espace et dans le temps. Or l\u2019anthropoc\u00e8ne se caract\u00e9rise aussi par une forte amplification des d\u00e9s\u00e9quilibres climatiques naturels et par une acc\u00e9l\u00e9ration tellement s\u00e9v\u00e8re de son utilisation pour toutes sortes d\u2019activit\u00e9s que le cycle naturel de l\u2019eau subit des perturbations qui commencent \u00e0 d\u00e9passer ses capacit\u00e9s de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>Il y a quelques dizaines d\u2019ann\u00e9es \u00e0 peine, nous vivions encore dans un Jardin d\u2019Eden aquatique, sans le savoir ni le reconna\u00eetre. On pouvait librement se promener un peu partout et boire de l\u2019eau dans les rivi\u00e8res et ruisseaux que l\u2019on rencontrait, on pouvait creuser des puits dans les nappes phr\u00e9atiques sans se soucier de pollution. Actuellement, avant de boire le moindre verre d\u2019eau, il devient presque n\u00e9cessaire de se d\u00e9placer avec son propre laboratoire d\u2019analyse muni de la tr\u00e8s longue liste des DJA (doses journali\u00e8res admissibles) de centaines de produits chimiques et de m\u00e9taux lourds susceptibles d\u2019y \u00eatre dilu\u00e9s. Mais l\u2019eau n\u2019est pas uniquement un milieu qui recueille de multiples produits polluants. Elle est aussi abondamment employ\u00e9e pour accompagner les progr\u00e8s de la civilisation industrielle, et \u00e0 ce titre elle doit \u00eatre domestiqu\u00e9e et contrainte pour servir nos int\u00e9r\u00eats. Enfin, lorsque l\u2019on prend conscience que cet \u00e9l\u00e9ment est fondamental pour assurer la vie, certains refusent de penser \u00e0 l\u2019eau comme d\u2019un bien commun et envisagent de se l\u2019approprier pour leur(s) b\u00e9n\u00e9fice(s) en la transformant en instrument de contr\u00f4le.<\/p>\n<p><strong>Les pollutions de l\u2019eau<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019eau est un \u00e9l\u00e9ment vivant, et les multiples interventions humaines sur ce milieu peuvent litt\u00e9ralement tuer l\u2019eau \u00e0 cause de l\u2019eutrophisation. Par ailleurs, la pollution thermique de l\u2019eau est bien souvent totalement n\u00e9glig\u00e9e, mais elle intervient cependant dans la formation de certains d\u00e9s\u00e9quilibres environnementaux. Enfin, les r\u00e9sidus de m\u00e9dicaments que l\u2019on trouve maintenant tr\u00e8s fr\u00e9quemment dans l\u2019eau repr\u00e9sentent une probl\u00e9matique encore relativement peu explor\u00e9e alors qu\u2019elle affecte la qualit\u00e9 de l\u2019eau et peut m\u00eame avoir des cons\u00e9quences d\u00e9l\u00e9t\u00e8res sur les \u00eatres vivants.<\/p>\n<p><strong>La pollution chimique <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019eau est un milieu qui permet une vaste et rapide propagation de polluants du fait de sa fluidit\u00e9 qui favorise la mobilit\u00e9 de tr\u00e8s nombreuses substances. Ces derni\u00e8res se diluent dans l\u2019eau et l\u2019on a longtemps cru que cette dispersion avait un effet quasi magique qui \u00e9quivalait \u00e0 la disparition compl\u00e8te de tout produit polluant. Nous avons aussi consid\u00e9r\u00e9 que les oc\u00e9ans \u00e9taient tellement immenses et profonds qu\u2019ils allaient facilement absorber les quelques produits polluants que l\u2019homme y jetait. Dans le but de faire profiter des standards de confort fournis par la r\u00e9volution industrielle une population humaine toujours plus pl\u00e9thorique, on r\u00e9pand dans l\u2019eau un flux r\u00e9gulier de substances chimiques de plus en plus important en nombre et en quantit\u00e9. \u00c0 un point tel que l\u2019effet magique qui consiste \u00e0 croire que ce que l\u2019on ne voit pas n\u2019existe pas n\u2019est maintenant plus envisageable.<\/p>\n<p>Sur l\u2019ensemble de l\u2019eau pr\u00e9sente sur la plan\u00e8te, environ 0,3% d\u2019eau douce est facilement accessible et utilisable par l\u2019homme. Le reste de l\u2019eau douce se trouve sous forme de glace (1,74%), de nappes phr\u00e9atiques et d\u2019aquif\u00e8res (1,69%). La glace, lorsqu\u2019elle fond sous l\u2019effet du r\u00e9chauffement climatique, se m\u00e9lange aux eaux sal\u00e9es oc\u00e9aniques et va bouleverser la circulation des sch\u00e9mas hydrologiques que nous connaissions jusqu\u2019alors. Les nappes phr\u00e9atiques sont des zones souterraines o\u00f9 se trouve de l\u2019eau douce \u00e0 faible profondeur que l\u2019on peut utiliser ais\u00e9ment au moyen de puits. Elles sont d\u00e9j\u00e0 intensivement utilis\u00e9es par l\u2019homme. Leur dur\u00e9e de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration d\u00e9pend du rapport existant entre les pr\u00e9l\u00e8vements pour les activit\u00e9s humaines et leur r\u00e9alimentation gr\u00e2ce aux pr\u00e9cipitations apr\u00e8s une p\u00e9riode plus ou moins longue de filtration par le sol. Les aquif\u00e8res sont de gigantesques r\u00e9serves d\u2019eau situ\u00e9es en profondeur dans le sous-sol. Ce sont des eaux fossiles constitu\u00e9es il y a des milliers, voire des millions d\u2019ann\u00e9es, qui sont parfois l\u2019h\u00e9ritage d\u2019un climat disparu comme les Syst\u00e8mes Aquif\u00e8res du Nubien (NSAS) qui recouvrent la Lybie, le Tchad, le Soudan et l\u2019Egypte. Bien qu\u2019abondantes, certaines de ces r\u00e9serves sont peu ou pas renouvelables, alors que d\u2019autres se rechargent plus facilement. L\u2019UNESCO a lanc\u00e9 en 1999 un programme de cartographie et d\u2019\u00e9valuations hydrog\u00e9ologiques mondial (WHYMAP).<\/p>\n<p>L\u2019ONU estime que les deux tiers de l\u2019humanit\u00e9 seront en situation de stress hydrique en 2025, ce qui signifie que la demande en eau d\u00e9passera les ressources disponibles pour 6 milliards d\u2019hommes. De nombreux gouvernements et instances internationales, mais aussi certaines multinationales ont pris conscience que l\u2019eau va devenir un enjeu majeur dans un futur proche. Le projet Aqueduct regroupe des firmes telles que Goldman Sachs, General Electric, Dupont, Dow Chemical, Shell, Veolia, Bloomberg. Il a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 pour \u00ab\u00a0aider les compagnies et les investisseurs \u00e0 comprendre les indicateurs sur les risques relatifs \u00e0 l\u2019eau pour leurs affaires\u2026mais aussi pour tous les utilisateurs (\u2026)\u00a0\u00bb. Cette association de multinationales \u0153uvre au sein du World Ressource Institute (WRI) et a dress\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.wri.org\/applications\/maps\/agriculturemap\/#x=0.00&amp;y=-0.00&amp;l=2&amp;v=home&amp;d=cropland\">une carte g\u00e9ographique<\/a> indiquant les situations de stress hydrique au niveau mondial. Nul besoin d\u2019y ajouter une quelconque interrogation de type conspirationniste sur les raisons qui ont d\u00e9termin\u00e9 ces entreprises \u00e0 financer ce projet et sur les actions qu\u2019elles vont entreprendre pour exploiter commercialement ses conclusions. Les r\u00e9sultats de cette carte sont d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 tout simplement effrayants.<\/p>\n<p>Seuls 55% de l\u2019eau douce pr\u00e9lev\u00e9e est effectivement consomm\u00e9e, les 45% restants sont perdus par les fuites dans les r\u00e9seaux de distribution d\u2019eau, par l\u2019\u00e9vaporation lors de l\u2019irrigation, ou restitu\u00e9s apr\u00e8s usage comme pour le refroidissement des centrales \u00e9lectriques. \u00c0 elle seule, l\u2019irrigation absorbe plus de 70% des pr\u00e9l\u00e8vements mondiaux, et elle devrait encore augmenter de 15% dans les 20 prochaines ann\u00e9es, pour essayer d\u2019alimenter 9 milliards d\u2019\u00eatre humains.<\/p>\n<p>L\u2019UNESCO estime que l\u2019homme rejette 500 millions de tonnes de d\u00e9chets toxiques dans les oc\u00e9ans chaque ann\u00e9e\u00a0; 730 millions de m3 d\u2019eaux us\u00e9es sont rejet\u00e9es annuellement dans la nature\u00a0; plus de 80% des \u00e9gouts des pays en voie de d\u00e9veloppement se d\u00e9versent sans aucun traitement dans les lacs, les fleuves, les zones c\u00f4ti\u00e8res\u00a0; 3,4 millions de personnes d\u00e9c\u00e8dent chaque ann\u00e9e de la pollution aquatique selon l\u2019OMS. Il y aurait environ 12.000 km3 d\u2019eau pollu\u00e9e dans le monde, ce qui repr\u00e9sente environ la moiti\u00e9 de l\u2019eau douce facilement accessible pour l\u2019homme, ou encore, pour donner un autre ordre d\u2019id\u00e9e, ce volume d\u2019eau pollu\u00e9e est sup\u00e9rieur \u00e0 l\u2019ensemble de l\u2019eau charri\u00e9e par les dix plus grands bassins fluviaux du monde. En Europe, la totalit\u00e9 des fleuves est pollu\u00e9e, dont 25% \u00e0 un niveau extr\u00eame selon le WWF. En France, on a relev\u00e9 la pr\u00e9sence de 377 pesticides dans 90% des cours d\u2019eau, les concentrations les plus importantes \u00e9tant observ\u00e9es dans les r\u00e9gions o\u00f9 l\u2019agriculture intensive est la plus d\u00e9velopp\u00e9e. La situation est tout aussi pr\u00e9occupante pour les eaux souterraines puisqu\u2019on y a trouv\u00e9 des quantit\u00e9s significatives de 174 substances chimiques sur les 400 recherch\u00e9es lors d\u2019une campagne nationale de pr\u00e9l\u00e8vements (soit 42%). (*<em>Source\u00a0: Campagne exceptionnelle d\u2019analyse des substances pr\u00e9sentes dans les eaux souterraines de la m\u00e9tropole, rapport final, Office national de l\u2019eau et des milieux aquatiques et BRGM, juin 2013<\/em>).<\/p>\n<p>Les oc\u00e9ans sont eux aussi gravement touch\u00e9s. Tout d\u2019abord parce qu\u2019une grande partie des syst\u00e8mes hydrologiques contenant de l\u2019eau douce se d\u00e9verse dans les oc\u00e9ans. La circulation naturelle de l\u2019eau douce que l\u2019on pouvait concevoir comme un ensemble de veines et d\u2019art\u00e8res parcourant le corps plan\u00e9taire a \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 par l\u2019homme en un moyen d\u2019acheminer ses d\u00e9chets et ses polluants loin de leur source pour un co\u00fbt \u00e9conomique minimum. Les fleuves sont alors transform\u00e9s en \u00e9gouts par simple opportunisme. D\u2019apr\u00e8s le WWF, environ 80% de la pollution des mers provient des activit\u00e9s humaines terrestres. Ensuite le milieu oc\u00e9anique est lui-m\u00eame directement pollu\u00e9 par de multiples sources, comme les mar\u00e9es noires et autres d\u00e9gazages p\u00e9troliers, les installations p\u00e9troli\u00e8res off-shore, l\u2019aquaculture intensive, les immersions volontaires ou non de d\u00e9chets industriels dangereux, l\u2019exploitation mini\u00e8re des fonds marins, le rejet de boues de dragages, la chalutage qui remet en suspension des s\u00e9diments dont certains sont pollu\u00e9s, etc.<\/p>\n<p>Le capitaine Charles Moore d\u00e9couvrit en 1997 dans l\u2019Oc\u00e9an Pacifique deux vastes zones surcharg\u00e9es de d\u00e9chets, principalement en mati\u00e8re plastique dont la surface totale d\u00e9passe la superficie de l\u2019Inde avec ses 3,5 millions de km2 (*Note\u00a0: Charles Moore fonda une association dans le but d\u2019informer, de faire de la recherche, de trouver des solutions pour lutter contre sur cette pollution\u00a0: Algalita Marine Research Institute, <a href=\"http:\/\/www.algalita.org\">www.algalita.org<\/a> ). Une autre plaque de d\u00e9chets a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverte en 2010 \u00e0 environ 1.000 km des c\u00f4tes des \u00c9tats-Unis, dans l\u2019Oc\u00e9an Atlantique. Sa surface est \u00e9quivalente \u00e0 celle de la France, de la Belgique et de la Gr\u00e8ce. Mais d\u2019apr\u00e8s l\u2019oc\u00e9anographe Nicola\u00ef Maximenko, il existerait 5 de ces zones de concentration de d\u00e9chets dans les oc\u00e9ans. Comme la plupart des plastiques se d\u00e9composent tr\u00e8s lentement (500 \u00e0 1.000 ans), ce ph\u00e9nom\u00e8ne ne risque pas d\u2019\u00eatre un simple \u00e9pisode n\u00e9gligeable. Il se trouve que cette concentration de d\u00e9chets se produit sous l\u2019effet de conditions particuli\u00e8res li\u00e9es \u00e0 la circulation des courants oc\u00e9aniques. Mais il n\u2019est malheureusement que la partie apparente d\u2019un monumental iceberg. Sous l\u2019action des \u00e9l\u00e9ments, la majeure partie des d\u00e9chets est concass\u00e9e et r\u00e9duite en fragments \u00e0 peine visibles. Il y a donc \u00e9galement des quantit\u00e9s de microplastiques sur les plages fr\u00e9quent\u00e9es par les vacanciers, dans les lacs, dans les poissons qui les confondent avec du plancton. De plus gros morceaux se retrouvent fr\u00e9quemment dans l\u2019estomac des animaux marins, que ce soient des poissons, des mammif\u00e8res, des tortues ou des oiseaux, et y restent jusqu\u2019\u00e0 la mort de l\u2019animal. Les polluants chimiques se fixent sur ces grains de plastique par un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019agr\u00e9gation, puis se diffusent dans les organismes qui les ing\u00e8rent. Ouvrir l\u2019estomac d\u2019un oiseau pour y d\u00e9couvrir une improbable composition artistique contemporaine \u00e0 la mani\u00e8re de Arman, n\u2019est donc qu\u2019un aspect de cette pollution\u00a0: l\u2019ensemble de l\u2019organisme de l\u2019animal est aussi devenu une mini usine chimique. Si aucune action n\u2019est entreprise, \u00e0 l\u2019instar d\u2019initiatives priv\u00e9es encore au stade exp\u00e9rimental telle que celle de Boyan Slat (<a href=\"http:\/\/www.theoceancleanup.com\">www.theoceancleanup.com<\/a>), ces immenses d\u00e9charges oc\u00e9aniques s\u2019agrandiront sans cesse jusqu\u2019\u00e0 devenir un aspect normal de notre paysage plan\u00e9taire.<\/p>\n<p><strong>L\u2019eutrophisation<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une forme de pollution de l\u2019eau qui intervient lorsqu\u2019un exc\u00e8s de nutriments provenant essentiellement de l\u2019activit\u00e9 humaine, et plus particuli\u00e8rement de l\u2019agriculture intensive, g\u00e9n\u00e8re la prolif\u00e9ration de phytoplancton et de v\u00e9g\u00e9taux aquatiques. La d\u00e9composition de cet exc\u00e8s de v\u00e9g\u00e9taux multiplie la croissance de bact\u00e9ries avides d\u2019oxyg\u00e8ne. La consommation de l\u2019oxyg\u00e8ne dissout dans l\u2019eau, les tapis d\u2019algues qui emp\u00eachent le passage de la lumi\u00e8re du soleil, favorisent la fermentation par des bact\u00e9ries ana\u00e9robies et par cons\u00e9quent permettent l\u2019\u00e9mission de gaz comme par exemple de l\u2019hydrog\u00e8ne sulfur\u00e9, du m\u00e9thane, du CO<sub>2<\/sub>, des thiols, de l\u2019ammoniac. La phase ultime de l\u2019eutrophisation cr\u00e9e des zones mortes, puisque d\u00e9pourvues d\u2019oxyg\u00e8ne, o\u00f9 aucun organisme vivant ne peut plus subsister \u00e0 l\u2019exception de bact\u00e9ries fabriquant ces gaz d\u00e9l\u00e9t\u00e8res.<\/p>\n<p>Les nutriments \u00e9tant \u00e0 l\u2019origine de ce ph\u00e9nom\u00e8ne sont les nitrates contenus dans les engrais azot\u00e9s, et les phosphates, qui rejoignent le milieu aqueux par ruissellement. Les phosphates sont contenus dans les d\u00e9tergents, les rejets organiques humains et animaux, les engrais, et certains rejets industriels. L\u2019eutrophisation est d\u2019autant plus marqu\u00e9e et persistante que la temp\u00e9rature de l\u2019eau augmente (d\u00e9boisement des berges et r\u00e9chauffement climatique), que la dur\u00e9e d\u2019\u00e9clairement par le soleil est longue (photosynth\u00e8se), et que les courants sont rares (lacs) ou ralentis.<\/p>\n<p>Le processus d\u2019eutrophisation est visible par l\u2019interm\u00e9diaire de ce que l\u2019on appelle les fleurs d\u2019eau, c\u2019est-\u00e0-dire une pullulation d\u2019algues ou de cyanobact\u00e9ries en nappes de couleur rouge (les mar\u00e9es rouges) ou de couleur bleu-vert, jaune ou brune qui peuvent former des \u00e9cumes sur la surface. Durant la journ\u00e9e ces nappes absorbent de la lumi\u00e8re et de la chaleur, ce qui modifie la stratification thermique de l\u2019eau situ\u00e9e en-dessous et par cons\u00e9quent affecte la vie marine si le ph\u00e9nom\u00e8ne se prolonge. Pendant la nuit le phytoplancton consomme de grandes quantit\u00e9s d\u2019oxyg\u00e8ne dissous dans l\u2019eau. Si la quantit\u00e9 de nutriments devient insuffisante pour nourrir toutes ces algues, celles-ci meurent, modifient la turbidit\u00e9 de l\u2019eau en se d\u00e9posant au fond, et se d\u00e9composent sous l\u2019action de bact\u00e9ries qui se d\u00e9veloppent dans un milieu sans oxyg\u00e8ne.<\/p>\n<p>Selon l\u2019Agence Europ\u00e9enne pour l\u2019Environnement, 73% des cours d\u2019eau europ\u00e9ens connaissent une eutrophisation consid\u00e9r\u00e9e de significative \u00e0 massive. Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par Robert Diaz et Rutger Rosenberg montre que la surface des zones mortes oc\u00e9aniques double chaque d\u00e9cennie depuis les ann\u00e9es 1960. Il y a actuellement 405 zones mortes importantes totalisant 205.000 km2, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 la superficie de la Nouvelle Z\u00e9lande, dont certaines sont devenues quasi permanentes comme par exemple dans la mer Baltique, l\u2019estuaire du Saint-Laurent (Canada), la mer Caspienne, les fjords scandinaves, le golfe du Mexique, la mer de Chine orientale, la mer Noire, le Nord de la mer Adriatique. La rar\u00e9faction g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de l\u2019oxyg\u00e8ne risque d\u2019avoir un impact majeur sur les oc\u00e9ans, d\u2019autant plus que l\u2019activit\u00e9 humaine qui se caract\u00e9rise par une augmentation de l\u2019utilisation d\u2019engrais ainsi que des rejets des eaux us\u00e9es ne peut qu\u2019amplifier ce ph\u00e9nom\u00e8ne (*<em>sources\u00a0: <\/em><a href=\"http:\/\/water.montana.edu\/symposium\/proceedings\/default.htm\"><em>A global perspective on the effects of eutrophication and hypoxia on aquatic biota<\/em><\/a><em> de Robert Diaz et all., in U.S. Environmental Protection Agency\u00a0; <\/em><a href=\"http:\/\/www.greenpeace.to\/publications\/zones-mortes.pdf\"><em>Eutrophication and hypoxia on costal areas\u00a0: A global assesment of the state of the knowledge<\/em><\/a><em> Robert Diaz, Mindy Selman et all., in World Resources Institute Policy Note, mars 2008\u00a0; Zones mortes\u00a0: Comment les engrais agricoles tuent nos rivi\u00e8res, lacs et oc\u00e9ans, de Reyes Tirado, Greenpeace<\/em>)<em>.<\/em><\/p>\n<p><strong>La pollution thermique<\/strong><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019une pollution pratiquement ignor\u00e9e compte tenu du fait qu\u2019il existe des probl\u00e8mes environnementaux consid\u00e9r\u00e9s comme bien plus graves et plus urgents. C\u2019est une forme de pollution qui augmente ou diminue la temp\u00e9rature normale de l\u2019eau, de mani\u00e8re progressive ou brutale. L\u2019eau est massivement utilis\u00e9e comme liquide de refroidissement pour un certain nombre d\u2019activit\u00e9s industrielles et plus particuli\u00e8rement pour les centrales thermiques et nucl\u00e9aires, mais aussi les aci\u00e9ries et autres usines fabriquant divers m\u00e9taux, les industries de p\u00e2tes \u00e0 papier, les industries chimiques et p\u00e9troli\u00e8res, l\u2019industrie de tannage du cuir.<\/p>\n<p>Une grande quantit\u00e9 d\u2019eau est pomp\u00e9e puis rejet\u00e9e plus loin avec entre 2 et 15\u00b0 Celsius suppl\u00e9mentaires, et un panel de polluants additionnels qui d\u00e9pend du type d\u2019industrie. Par exemple le refroidissement des centrales nucl\u00e9aires peut \u00eatre assur\u00e9 soit par un circuit ouvert soit par un circuit ferm\u00e9. Un circuit ouvert n\u00e9cessite un pr\u00e9l\u00e8vement de 40 \u00e0 50m3 d\u2019eau par seconde, ce qui repr\u00e9sente 1.000 millions de m3 par an et par centrale. Un circuit ferm\u00e9 ne n\u00e9cessite que 2m3 d\u2019eau par seconde, soit environ 50 millions de m3 par an. Puisque la mer ou le fleuve qui fournissent cette eau sont des milieux vivants contenant algues, plantes, crustac\u00e9s et organismes de toutes tailles, il faut de grandes quantit\u00e9s de produits chimiques, et notamment plusieurs tonnes de chlore par jour, pour \u00e9viter que ces organismes vivants ne s\u2019installent sur les pales et les tuyauteries. On utilise aussi d\u2019autres produits chimiques acides pour \u00e9viter l\u2019accumulation de calcaire. Tous ces produits sont \u00e9vacu\u00e9s plus loin avec une eau r\u00e9chauff\u00e9e de plusieurs degr\u00e9s. De plus environ 100.000m<sup>3<\/sup> d\u2019eau est d\u00e9min\u00e9ralis\u00e9e chaque ann\u00e9e pour effectuer d\u2019\u00e9ventuels appoints d\u2019eau dans les circuits primaires et secondaires de chaque r\u00e9acteur. En cas de canicule, les r\u00e9acteurs en circuit ouvert peuvent \u00eatre ferm\u00e9s si le d\u00e9bit du cours d\u2019eau est trop faible. Pour la centrale du Bugey, la limite r\u00e9glementaire d\u2019\u00e9chauffement est fix\u00e9e \u00e0 7,5\u00b0C ramen\u00e9e \u00e0 5,5\u00b0C pendant l\u2019\u00e9t\u00e9. La temp\u00e9rature maximale au rejet est de 30\u00b0C, port\u00e9e \u00e0 34\u00b0C en \u00e9t\u00e9. Quels sont les poissons d\u2019eau douce qui peuvent survivre \u00e0 des eaux \u00e0 34\u00b0C\u00a0?<\/p>\n<p>La pollution thermique modifie les \u00e9cosyst\u00e8mes marins et fluviaux, en affectant la faune et la flore. Les m\u00e9tabolismes des organismes vivants sont g\u00e9n\u00e9ralement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s lorsque la temp\u00e9rature de l\u2019eau augmente jusqu\u2019\u00e0 leurs seuils de tol\u00e9rance, ce qui entra\u00eene une hausse de la consommation d\u2019oxyg\u00e8ne et une demande alimentaire plus forte. \u00c0 partir du moment o\u00f9 ces seuils sont d\u00e9pass\u00e9s, les r\u00e9actions m\u00e9taboliques diminuent, alors que la sensibilit\u00e9 aux substances chimiques augmente, jusqu\u2019\u00e0 produire des effets l\u00e9taux ou sub-l\u00e9taux qui modifient les processus physiologiques et biochimiques tels que la reproduction, la croissance, l\u2019alimentation de ces divers organismes. Par exemple, dans un milieu plus chaud, on constate une prolif\u00e9ration de certaines algues et bact\u00e9ries qui participent au ph\u00e9nom\u00e8ne de l\u2019eutrophisation. Beaucoup d\u2019esp\u00e8ces migrent ou meurent et sont remplac\u00e9es par d\u2019autres populations de milieux chauds, dont certaines sont invasives et modifient la qualit\u00e9 sanitaire de l\u2019eau. Pour de nombreux poissons, des eaux plus chaudes riches en chlore peuvent constituer un mur infranchissable de plusieurs kilom\u00e8tres de long. Les cycles migratoires de nombreuses esp\u00e8ces de poissons vers leurs lieux de ponte sont fortement affect\u00e9s, ce qui participe \u00e0 leur rar\u00e9faction.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude effectu\u00e9e sur les effets des rejets des eaux de refroidissement de la centrale nucl\u00e9aire de Muehleberg en Suisse sur les \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques du Rhin et de l\u2019Aare jusqu\u2019\u00e0 l\u2019estuaire en Mer du Nord montre que ces \u00e9missions interviennent pour 3% \u00e0 90% de la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes en fonction d\u2019une multiplicit\u00e9 de facteurs complexes. Par exemple durant le mois de juillet, cette \u00e9tude montre une mortalit\u00e9 de 4,2% des esp\u00e8ces pour chaque \u00e9l\u00e9vation de temp\u00e9rature de 1\u00b0C. (*<em>source\u00a0: Characterization factors for thermal pollution in freshwater aquatic environments, de Francesca Verones et al., in Environmental science and technology, 11 novembre 2011<\/em>).<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9chelle mondiale le r\u00e9chauffement climatique est responsable du ph\u00e9nom\u00e8ne de blanchiment des coraux du fait de l\u2019\u00e9l\u00e9vation de la temp\u00e9rature g\u00e9n\u00e9rale des oc\u00e9ans et de l\u2019acidification des eaux qui en r\u00e9sulte. Lorsque les coraux perdent les algues symbiotiques pigment\u00e9es qui vivent dans les tissus des polypes coralliens (des zooxanthelles) car elles ne peuvent supporter des \u00e9l\u00e9vations de temp\u00e9rature de plusieurs degr\u00e9s. Les coraux deviennent blancs en r\u00e9v\u00e9lant leur squelette calcaire et meurent g\u00e9n\u00e9ralement quelques semaines plus tard. Certains coraux peuvent s\u2019adapter aux changements de temp\u00e9rature lorsque ce processus s\u2019\u00e9tend sur plusieurs centaines ou des milliers d\u2019ann\u00e9es. Ils ne peuvent malheureusement pas s\u2019acclimater \u00e0 des modifications brutales portant sur quelques ann\u00e9es seulement. C\u2019est en 1998 qu\u2019un blanchiment des coraux \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 pour la premi\u00e8re fois. Le PNUE (Programme des Nations-Unies pour l\u2019Environnement) chiffre la perte des coraux \u00e0 34 millions d\u2019hectares en moins de 20 ans. Les r\u00e9cifs des Cara\u00efbes seront en danger de disparition \u00e0 concurrence de 90% en 2030, et \u00e0 100% en 2050. Les cons\u00e9quences d\u2019une extinction g\u00e9n\u00e9rale des coraux sont immenses, y compris pour des dizaines de millions d\u2019hommes qui perdront \u00e0 la fois leurs emplois (p\u00eache, tourisme, etc.) et leur alimentation.<\/p>\n<p>Enfin, il existe un autre probl\u00e8me qui est encore tr\u00e8s peu \u00e9voqu\u00e9, m\u00eame dans les milieux scientifiques, mais dont l\u2019ampleur grandissante est pr\u00e9occupante. Le r\u00e9chauffement climatique est en partie une cons\u00e9quence de l\u2019afflux massif de CO<sub>2<\/sub> d\u00fb \u00e0 la combustion des \u00e9nergies fossiles, dans l\u2019atmosph\u00e8re, mais aussi dans les oc\u00e9ans. L\u2019augmentation du taux de CO<sub>2<\/sub> dans les oc\u00e9ans entra\u00eene une plus grande acidification de l\u2019eau en formant de l\u2019acide carbonique, qui, \u00e0 son tour diminue le taux de carbonate de calcium. Or le carbonate de calcium (autrement dit le calcaire) est utilis\u00e9 par les coraux, les crustac\u00e9s, les mollusques, et de nombreuses esp\u00e8ces de plancton pour former leurs coquilles. Quelques \u00e9tudes scientifiques ont d\u00e9j\u00e0 constat\u00e9 que les coquilles de ces esp\u00e8ces \u00e9taient devenues plus fines et donc moins r\u00e9sistantes. Il a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 que l\u2019acidification de certaines zones oc\u00e9aniques associ\u00e9e avec des mouvements saisonniers affectant la colonne d\u2019eau au large de la Californie entra\u00eene \u00e9galement une corrosion directe et une dissolution d\u2019une partie des coquilles de certaines esp\u00e8ces de mollusques. Pour l\u2019instant ils (essentiellement des papillons de mer) n\u2019en meurent pas, mais ils sont fragilis\u00e9s ce qui peut favoriser des maladies et amplifier d\u2019autres facteurs de stress. Or ces animaux sont des \u00e9l\u00e9ments essentiels de la cha\u00eene alimentaire aquatique puisqu\u2019ils forment une source de base de nourriture pour de nombreuses esp\u00e8ces de poissons <em>(*source\u00a0: Limacina helicina shell dissolution as an indicator of declining habitat suitability owing the ocean acidification in the California Current Ecosystem, de N. Bednarsek and al., in Proceedings of the Royal Society, Biological sciences, 22 juin 2014<\/em>). La r\u00e9alit\u00e9 est en train de rattraper le sc\u00e9nario du film de science fiction <em>Soleil Vert<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Le r\u00e8gne des m\u00e9duses<\/strong><\/p>\n<p>La transformation de zones maritimes, fluviales et lacustres de plus en plus vastes dont seule l\u2019activit\u00e9 humaine est la cause ne s\u2019arr\u00eate pas l\u00e0. Notre civilisation est \u00e0 l\u2019origine du pr\u00e9lude \u00e0 la transformation en profondeur des \u00e9cosyst\u00e8mes aquatiques. L\u2019incroyable explosion de cette forme de vie extr\u00eamement ancienne\u00a0que sont les m\u00e9duses en constitue l\u2019un des exemples, puisque ce ph\u00e9nom\u00e8ne est la cons\u00e9quence de plusieurs facteurs convergents. Il s\u2019agit de v\u00e9ritables invasions biologiques qui occupent parfois des dizaines de kilom\u00e8tres carr\u00e9s, dont certaines causes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es. Le r\u00e9chauffement g\u00e9n\u00e9ral des eaux oc\u00e9aniques multiplie le d\u00e9veloppement des larves de m\u00e9duses. A une \u00e9chelle plus locale, le r\u00e9chauffement des eaux d\u00fb aux rejets des centrales nucl\u00e9aires a le m\u00eame effet, ce qui a d\u00e9j\u00e0 entra\u00een\u00e9 la fermeture de plusieurs d\u2019entre elles apr\u00e8s la saturation de leurs filtres. Comme poissons et m\u00e9duses se nourrissent de plancton, la surp\u00eache laisse le champ libre \u00e0 la pullulation des m\u00e9duses. De plus certains de ces poissons \u00e9tant \u00e9galement des pr\u00e9dateurs de m\u00e9duses, de leurs \u0153ufs ou de leurs larves, la p\u00eache trop intensive ne permet plus \u00e0 ces poissons et tortues de r\u00e9guler le d\u00e9veloppement des m\u00e9duses. La pollution par des produits pharmaceutiques comme certaines hormones modifie les populations de poissons en diminuant le nombre de m\u00e2les, et par cons\u00e9quent perturbe leur cycle de reproduction\u00a0: la r\u00e9duction du nombre de poissons b\u00e9n\u00e9ficie ainsi au d\u00e9veloppement des m\u00e9duses. Une \u00e9tude r\u00e9cente a \u00e9tabli la relation directe entre l\u2019abondance de petits poissons p\u00e9lagiques et la diminution du nombre de m\u00e9duses <em>(*source\u00a0: Jellyfication of marine ecosystems as a likely consequence of overfishing pelagic fishes\u00a0: lessons from the Benguela, de Roux, van der Lingen et all., in Bulletin of marine science, janvier 2013<\/em>). Au contraire, lorsque les m\u00e9duses deviennent trop nombreuses, se sont elles qui d\u00e9vorent les poissons \u00e0 l\u2019\u00e9tat larvaire ce qui inverse le fonctionnement normal de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me maritime. L\u2019exc\u00e8s de nutriments d\u00e9vers\u00e9s dans l\u2019oc\u00e9an, \u00e9galement responsable de l\u2019eutrophisation, est aussi d\u00e9sign\u00e9 comme l\u2019un des facteurs favorisant ces pullulations de m\u00e9duses. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e0 ce point pr\u00e9occupant que certains scientifiques redoutent que le r\u00e8gne des m\u00e9duses se substitue \u00e0 celui des poissons, et la FAO s\u2019inqui\u00e8te \u00ab\u00a0d\u2019un cercle vicieux (\u2026)\u00a0qui pourrait \u00eatre la goutte d\u2019eau qui fait d\u00e9border le vase\u00a0\u00bb dans un rapport r\u00e9cent (*<em>source\u00a0: Review of jellyfish blooms in the Mediterranean and Black Sea, de Ferdinando Boero pour la FAO et la General Fisheries Commission for the Mediterranean, in Studies and Reviews n\u00b093, 2013<\/em>). Le r\u00e9chauffement climatique associ\u00e9 \u00e0 la surp\u00eache risque donc de multiplier encore bien davantage le nombre de m\u00e9duses dans les ann\u00e9es \u00e0 venir.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Nous respirons tous un seul air, nous buvons tous une seule eau, nous vivons tous sur une seule Terre. Nous devons tous la prot\u00e9ger.\u00a0\u00bb <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Raoni_Metuktire\">Chef Raoni Metuktire<\/a><\/p>\n<p>Quoi de plus simple et de plus r\u00e9pandu que l\u2019eau\u00a0? Une mol\u00e9cule tr\u00e8s simple qui rassemble 2 atomes d\u2019hydrog\u00e8ne et un atome d\u2019oxyg\u00e8ne en l\u2019absence [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22,4494],"tags":[3677],"class_list":["post-92755","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ecologie","category-environnement","tag-eau"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92755","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=92755"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92755\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":92756,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/92755\/revisions\/92756"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=92755"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=92755"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=92755"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}