{"id":93238,"date":"2017-02-26T12:38:05","date_gmt":"2017-02-26T11:38:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=93238"},"modified":"2017-02-26T13:25:05","modified_gmt":"2017-02-26T12:25:05","slug":"ou-lon-va-reparler-des-bad-banks-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/02\/26\/ou-lon-va-reparler-des-bad-banks-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>O\u00d9 L\u2019ON VA REPARLER DES BAD BANKS !<\/b> par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>La masse des pr\u00eats douteux inscrits au bilan des banques europ\u00e9ennes est l\u2019un de ces grands succ\u00e8s dont les plus hautes autorit\u00e9s ne se vantent pas, et pour cause. Au choix, ces actifs toxiques sont le souvenir de la crise des subprimes ou l\u2019effet de leur politique de d\u00e9flation. Qualifi\u00e9es de NPL dans le jargon &#8211; acronyme anglais de \u00ab\u00a0pr\u00eats non performants\u00a0\u00bb &#8211; leur valeur repr\u00e9sente tout de m\u00eame un petit millier de milliards d\u2019euros au nominal. <\/p>\n<p><!--more-->Obnubil\u00e9s par la relance de la croissance, ces m\u00eames autorit\u00e9s donnent l\u2019Espagne en t\u00e9moignage de leur r\u00e9ussite, sans pr\u00eater attention \u00e0 la poursuite de la crise sociale. Il y a en effet croissance et croissance, on commence \u00e0 le comprendre ! Coinc\u00e9es par leur politique de d\u00e9sendettement prioritaire, ne pouvant financer des plans d\u2019investissement ou distribuer du pouvoir d\u2019achat, leur seul issue est de favoriser la relance par le cr\u00e9dit ! Dans cette optique, les bilans des banques doivent \u00eatre soulag\u00e9s de leurs NPL afin de retrouver des capacit\u00e9s de pr\u00eat, en esp\u00e9rant que la demande correspondante sera au rendez-vous. Mais ce pari est tout aussi illusoire que celui qui consistait hier \u00e0 s\u2019appuyer sur une politique de l\u2019offre, cette autre chim\u00e8re. <\/p>\n<p>Il est fait myst\u00e8re des raisons de la faiblesse de la croissance, s\u2019interrogeant sur le vieillissement de la population ou sur l\u2019absence d\u2019innovation technologique. C\u2019est pour mieux oublier la faiblesse de la demande, car elle m\u00e8ne directement \u00e0 l\u2019in\u00e9galit\u00e9 de la distribution de la richesse, une porte qui doit rester ferm\u00e9e. D\u2019o\u00f9 l\u2019appel au cr\u00e9dit salvateur. <\/p>\n<p>Les NPL, ou comment s\u2019en d\u00e9barrasser ? L\u2019id\u00e9e centrale est de favoriser la rencontre entre l\u2019offre des banques et la demande d\u2019investisseurs d\u00e9sireux d\u2019acheter des NPL pour les revendre ensuite avec profit. Mais il faut s\u2019entendre sur le montant de cette vente, et l\u00e0 tout cafouille, et la rencontre ne se fait pas ! Les banques veulent minorer leurs pertes et les investisseurs, leurs risques. Jamais en veine d\u2019une explication, les experts font alors doctement savoir qu\u2019il y a \u00ab\u00a0asym\u00e9trie d\u2019information\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0la compilation de donn\u00e9es harmonis\u00e9es\u00a0doit permettre aux prix de converger vers leur valeur r\u00e9elle de long terme\u00a0\u00bb. Car c\u2019est ainsi, tenons-nous bien, qu\u2019il est pr\u00e9vu de calculer le \u00ab\u00a0prix \u00e9conomique\u00a0\u00bb des actifs, faute de prix de march\u00e9. <\/p>\n<p>La cr\u00e9ation de bad banks est une solution toute trouv\u00e9e, dans l\u2019attente que le march\u00e9 secondaire s\u2019anime. Mais il y a un hic : qui \u00e9pongera leurs pertes, si celles-ci ach\u00e8tent aux banques leur NPL avec une trop faible d\u00e9cote ? L\u2019\u00c9tat devra-t-il les rembourser ou la banque de d\u00e9part les r\u00e9cup\u00e9rer\u00a0en vertu des nouvelles r\u00e8gles europ\u00e9ennes\u00a0? S\u2019il est toujours possible de retarder le moment o\u00f9 l\u2019on doit constater les pertes, il faut bien que quelqu\u2019un les prenne \u00e0 son compte un jour ou l\u2019autre\u00a0! A moins, encore une fois, que la d\u00e9cote accept\u00e9e au d\u00e9part par les banques ne soit pas une demi-mesure. <\/p>\n<p>Lors du d\u00e9marrage de la crise, quelques voix dont celle de Willem Buiter s\u2019\u00e9taient \u00e9lev\u00e9es pour pr\u00e9coniser la cr\u00e9ation de bad banks, mais la solution \u00e9tait trop novatrice, et la mesure du probl\u00e8me n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 prise. Des bricolages s\u2019improvis\u00e8rent avec la cr\u00e9ation de structures de d\u00e9faisance internes et la distribution de garanties publiques. Puis l\u2019on assista, de 2008 \u00e0 2014, \u00e0 la cr\u00e9ation de bad banks \u00e0 laquelle tr\u00e8s peu de pays \u00e9chapp\u00e8rent, dont l\u2019Italie. Ce qui fut sa grande erreur. Une quinzaine furent cr\u00e9\u00e9es au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et en Belgique (Dexia), mais aussi en Espagne, en Autriche et en Irlande&#8230; Puis on en parla le moins possible mais elles sont toujours l\u00e0.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, l\u2019Association bancaire europ\u00e9enne (EBA) revient \u00e0 la charge. Elle est favorable \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une bad bank europ\u00e9enne, tandis que la BCE pr\u00e9conise un r\u00e9seau europ\u00e9en de celles-ci, selon une formule plus acceptable pour le gouvernement allemand. Parall\u00e8lement, un travail a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 pour harmoniser la comptabilisation des arri\u00e9r\u00e9s et des r\u00e8gles de provisionnement. Et les normes comptables IFRS9 ont \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9es pour adopter des mod\u00e8les de d\u00e9pr\u00e9ciation fond\u00e9s sur les pertes attendues et non plus constat\u00e9es&#8230; Toutes ces mesures \u00e9tant destin\u00e9es \u00e0 favoriser la rencontre \u00e9voqu\u00e9e plus haut, tout en minimisant les pertes encourues par les banques. <\/p>\n<p>Il est en effet urgent de passer \u00e0 la phase 2 de l\u2019op\u00e9ration, que l\u2019on pourrait intituler \u00ab\u00a0sauvez les bad banks\u00a0!\u00a0\u00bb. Leur situation n\u2019est en effet pas toujours rose, et il faut anticiper. Dans le cas de la bad bank espagnole, la Sareb, l\u2019\u00c9tat ne poss\u00e8de que 45% de son capital, et c\u2019est \u00e0 hauteur de cette participation qu\u2019il devra \u00e9ponger d\u2019importantes pertes qui s\u2019annoncent probables. Tour de passe-passe, un d\u00e9cret-loi du gouvernement espagnol lui a permis de ne pas imputer la charge de moins-values latentes de 3 milliards d\u2019euro sur ses fonds propres, mais pour la suite&#8230;  <\/p>\n<p>Le cas de la Nama, cette bad bank irlandaise souvent donn\u00e9e en exemple, m\u00e9rite aussi d\u2019\u00eatre regard\u00e9 de plus pr\u00e8s. Certes, elle peut se pr\u00e9valoir de r\u00e9sultats spectaculaires dans la gestion de son stock de NPL, mais c\u2019est parce qu\u2019elle n\u2019en avait recueilli que la cr\u00e8me\u00a0! R\u00e9sultat, le taux de NPA irlandais a bien fondu de moiti\u00e9 depuis 2013, mais il restait en 2016 parmi les plus \u00e9lev\u00e9s d\u2019Europe (14,5%), tr\u00e8s proche de celui de l\u2019Italie (16,4%).<\/p>\n<p>Nous ne jouerons pas les \u00e9tonn\u00e9s, il y a encore beaucoup de cafouillage en perspective. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La masse des pr\u00eats douteux inscrits au bilan des banques europ\u00e9ennes est l\u2019un de ces grands succ\u00e8s dont les plus hautes autorit\u00e9s ne se vantent pas, et pour cause. Au choix, ces actifs toxiques sont le souvenir de la crise des subprimes ou l\u2019effet de leur politique de d\u00e9flation. 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