{"id":94561,"date":"2017-04-18T01:12:09","date_gmt":"2017-04-17T23:12:09","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=94561"},"modified":"2017-04-22T19:12:59","modified_gmt":"2017-04-22T17:12:59","slug":"une-election-pas-comme-les-autres-par-gilbert-chabian","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/04\/18\/une-election-pas-comme-les-autres-par-gilbert-chabian\/","title":{"rendered":"Une \u00e9lection pas comme les autres, par Gilbert Chabian"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>L&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise de 2017 a quelque chose de particulier. Belge, je n&rsquo;y vote pas, mais suivre le spectacle politique fran\u00e7ais est une pratique des francophones de Belgique depuis longtemps&#8230; Or rien ne va plus. Rien ne s&rsquo;est pass\u00e9 normalement. Il est sans doute trop t\u00f4t pour en faire une analyse d\u00e9taill\u00e9e, ignorant encore la conclusion \u00e0 venir d&rsquo;un feuilleton \u00e9tonnant. Qu&rsquo;on me permette d&rsquo;en faire \u00e0 gros traits un premier r\u00e9cit.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>D&rsquo;abord le pr\u00e9sident, apr\u00e8s un seul mandat, ne s&rsquo;est pas repr\u00e9sent\u00e9. Il r\u00e9v\u00e9lait combien le spectacle habituel ne marchait plus. Le pr\u00e9c\u00e9dent avait rat\u00e9 sa r\u00e9\u00e9lection (et on sait combien il avait pourtant manipul\u00e9 ou d\u00e9tourn\u00e9 les r\u00e8gles, pour r\u00e9ussir), mais il n&rsquo;avait pas renonc\u00e9. M\u00eame en 2012, il se voyait bien pl\u00e9biscit\u00e9, et il s&rsquo;est fallu de peu qu&rsquo;il ne r\u00e9ussisse. Son pr\u00e9c\u00e9dent quinquennat n&rsquo;\u00e9tait pas une r\u00e9ussite, il n&rsquo;avait pas de grands acquis \u00e0 faire valoir, il n&rsquo;avait oppos\u00e9 qu&rsquo;une d\u00e9risoire gesticulation \u00e0 la crise financi\u00e8re (2008), \u00e0 la crise des banlieues (2005, il \u00e9tait ministre de l&rsquo;int\u00e9rieur et avait \u00e9voqu\u00e9 l&rsquo;usage du Karcher), \u00e0 la crise du climat. Le pr\u00e9sident sortant n&rsquo;a pas fait beaucoup mieux, il n&rsquo;a pas non plus tenu beaucoup de ses promesses, il a r\u00e9vuls\u00e9 dangereusement une partie de l&rsquo;opinion de droite, il a d\u00e9\u00e7u son opinion de gauche face \u00e0 la crise des attentats (2015), il a prot\u00e9g\u00e9 un gouvernement de plus en plus socio-lib\u00e9ral \u00e0 la Tony Blair, depuis 2014, r\u00e9gnant par ukases par d\u00e9faut de majorit\u00e9 solide. Et il a d\u00fb admettre qu&rsquo;il n&rsquo;avait aucune chance \u00e0 se repr\u00e9senter.<\/p>\n<p>Ensuite, il a \u00e9t\u00e9 menac\u00e9 par deux comp\u00e9titeurs potentiels dans son propre camp, son \u00ab\u00a0jeune loup\u00a0\u00bb qu&rsquo;il avait prot\u00e9g\u00e9, venu du milieu bancaire et jouant une carte personnelle\u00a0; et son premier ministre, pr\u00e9f\u00e9rant jouer dans le cadre du parti socialiste traditionnel. Et il a laiss\u00e9 ce jeu se nouer, sans y intervenir le moins du monde, laissant les dirigeants du parti qu&rsquo;il avait transform\u00e9 \u00e0 son service, se d\u00e9brouiller sans lui. Une \u00e9lection primaire du candidat du parti, r\u00e9clam\u00e9e de toute part, parut ill\u00e9gitime, ce qui en disait long sur la division interne, qui remontait d&rsquo;ailleurs \u00e0 bien loin.<\/p>\n<p>Car le parti socialiste s&rsquo;\u00e9tait \u00e9croul\u00e9 avec la d\u00e9faite de son candidat en 2002. Il s&rsquo;\u00e9tait divis\u00e9 en courants (ou motions) antagonistes, il avait choisi d\u00e8s lors d&rsquo;organiser une primaire en vue de 2007, et avait vu d\u00e9j\u00e0 les militants d\u00e9signer une femme contre les caciques patent\u00e9s. Ce fut la cur\u00e9e sans gloire, o\u00f9 le machisme ne fut pas \u00e9tranger. Tout cela fut oubli\u00e9. En 2012, un boulevard paraissait ouvert pour un candidat \u00e9vident et glorieux du parti socialiste, mais il disparut soudain dans un scandale sexuel aux USA (\u00e9chappant du coup \u00e0 un autre scandale sexuel \u2013 l&rsquo;affaire du Carlton &#8212; mont\u00e9 par le camp du pr\u00e9sident sortant).<\/p>\n<p>Le parti gagna quand m\u00eame l&rsquo;\u00e9lection, avec un candidat \u00ab\u00a0second couteau\u00a0\u00bb qui s&rsquo;\u00e9tait pourtant pr\u00e9par\u00e9 de longue date \u00e0 cette hypoth\u00e8se opportuniste. Derri\u00e8re ce pr\u00e9sident, le parti fut inexistant durant le quinquennat, et l&rsquo;unit\u00e9 ne fut jamais \u00e0 l&rsquo;ordre du jour. Le pr\u00e9sident renon\u00e7ant soudain \u00e0 se repr\u00e9senter, il n&rsquo;y avait aucun processus possible de pr\u00e9sentation d&rsquo;une \u00ab\u00a0motion\u00a0\u00bb ou d&rsquo;un programme. Pour ne pas manifester cette atonie du parti, on organisa sans gloire une \u00e9lection dite \u00ab\u00a0de la belle alliance populaire\u00a0\u00bb, ouvrant la candidature \u00e0 tout vent mais excluant soudain quelques candidats sans grand motif. Spectacle pitoyable.<\/p>\n<p>Entre-temps, le parti de la droite &lsquo;bourgeoise&rsquo; ne se retrouvait pas dans un meilleur \u00e9tat. L&rsquo;ancien pr\u00e9sident accumulait les &lsquo;casseroles&rsquo; judiciaires et les \u00e9chappatoires peu glorieuses. L\u00e0 aussi, le recours \u00e0 une primaire parut une mani\u00e8re peu co\u00fbteuse de produire une unit\u00e9 de fa\u00e7ade autour d&rsquo;un candidat l\u00e9gitime. Mais le candidat naturel, si l&rsquo;on voulait \u00e9viter l&rsquo;ex-pr\u00e9sident d\u00e9chu, n&rsquo;\u00e9tait pas engageant.<\/p>\n<p>Ainsi les deux camps &lsquo;naturels&rsquo; des \u00e9lections, gauche et droite, se retrouvaient avec un processus bizarre et fragile pour construire une l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 un candidat que les partis auraient \u00e9t\u00e9 bien en peine de d\u00e9signer eux-m\u00eames. Deux partis sans direction forte depuis longtemps. Et deux partis menac\u00e9s par trois candidatures externes \u00e0 ce syst\u00e8me bi-partisan\u00a0: la candidate du Front National, ce parti biaisant le syst\u00e8me \u00e9lectif \u00e0 deux tours depuis 2002, imposant aux citoyens de voter pour une \u00ab\u00a0candidature unique\u00a0\u00bb contre l&rsquo;extr\u00eame-droite\u00a0; un candidat se r\u00e9clamant d&rsquo;une gauche centriste \u00e0 la Tony Blair et lan\u00e7ant un appel \u00e0 cr\u00e9er un mouvement \u00ab\u00a0ni droite ni gauche\u00a0\u00bb pour construire par avance et positivement (plut\u00f4t que par d\u00e9faut) cette \u00ab\u00a0candidature unique\u00a0\u00bb\u00a0; enfin un candidat d&rsquo;extr\u00eame-gauche se proclamant fort de rassembler la gauche autrement que par un accord d&rsquo;appareils partisans, et lan\u00e7ant de tr\u00e8s loin un mouvement politique \u00e9tranger au fonctionnement des partis.<\/p>\n<p>Cette g\u00e9ographie particuli\u00e8re de l&rsquo;avant \u00e9lection ne marqua pas encore la primaire de droite. L\u00e0, par impr\u00e9vu, un vote populaire \u00e9tendu fit barrage aux candidats les plus repr\u00e9sentatifs du parti, apportant des voix massives (aussi de la gauche) \u00e0 l&rsquo;outsider inattendu et, de ce fait, peu confort\u00e9 dans sa l\u00e9gitimit\u00e9. Tr\u00e8s vite, celui-ci fut la cible d&rsquo;une campagne de d\u00e9nonciations syst\u00e9matiquement construite et reprise par la presse. Vengeance du service public (menac\u00e9 de d\u00e9graissage par ce candidat) ou du camp de l&rsquo;ancien candidat de gauche, victime de scandale sexuel\u00a0? Sans qu&rsquo;on sache le fin mot de cet acharnement, le r\u00e9sultat est l\u00e0\u00a0: le candidat de la droite n&rsquo;a qu&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 tr\u00e8s limit\u00e9e, m\u00eame si le parti aurait \u00e9t\u00e9 bien en peine de pr\u00e9senter une candidature alternative plus l\u00e9gitime. Ce n&rsquo;est pas faute d&rsquo;avoir essay\u00e9 !<\/p>\n<p>Par contre, la primaire de la gauche, bien plus tardive, fut marqu\u00e9e tr\u00e8s vite par la g\u00e9ographie des trois candidatures d\u00e9j\u00e0-l\u00e0, et hors syst\u00e8me des deux partis traditionnels. Ici aussi, c&rsquo;est un outsider qui fut promu, au d\u00e9triment d&rsquo;un candidat (premier ministre sortant) paraissant naturellement celui que devait adopter ce parti totalement atone. Le candidat issu de la primaire jouissait ainsi d&rsquo;une \u00e9vidente l\u00e9gitimit\u00e9 \u00ab\u00a0populaire\u00a0\u00bb, mais il d\u00e9couvrit qu&rsquo;aucune troupe ne lui \u00e9tait donn\u00e9e en accompagnement\u00a0: les transfuges vers le candidat \u00ab\u00a0nouveau\u00a0\u00bb du centre prenaient plus de place que les soutiens &lsquo;par d\u00e9faut&rsquo; du parti pr\u00e9sidentiel. Sur base de cette l\u00e9gitimit\u00e9 et de premiers sondages favorables, il obtint rapidement le d\u00e9sistement du candidat \u00e9cologiste, esquissant la perspective d&rsquo;une unit\u00e9 de gauche, mais cela s&rsquo;\u00e9croula de soi-m\u00eame. Et le candidat d&rsquo;extr\u00eame-gauche tira les marrons du feu, inaugurant une dynamique inattendue.<\/p>\n<p>Voil\u00e0 des \u00e9pisodes (vite oubli\u00e9s) qu&rsquo;il fallait rappeler pour mieux voir le tableau d&rsquo;aujourd&rsquo;hui\u00a0: deux candidats \u00ab\u00a0traditionnels\u00a0\u00bb (gauche et droite) mal appuy\u00e9s par des appareils partisans pourtant encore solides au plan parlementaire, jouant p\u00e9niblement leur r\u00f4le sur la sc\u00e8ne \u00e9lectorale attendue, tandis que deux autres candidats \u00ab\u00a0alternatifs\u00a0\u00bb, jouant une carte apparemment personnelle, et ayant suivi un itin\u00e9raire tr\u00e8s diff\u00e9rent malgr\u00e9 les similitudes de r\u00e9sultat, viennent troubler le jeu au point de d\u00e9tenir les deux premi\u00e8res places. Ou plut\u00f4t les deux \u00ab\u00a0secondes\u00a0\u00bb places, car le jeu est toujours fauss\u00e9 par la candidature du Front National qui m\u00e8ne la course sans pouvoir pr\u00e9tendre encore (!) obtenir une majorit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9lectorat fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Et cette situation perdure depuis 2002, soit depuis quinze ann\u00e9es. De ce fait, la bataille du premier tour ne peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e, comme on le dit souvent, comme le moment de l&rsquo;expression d&rsquo;un choix de conviction, avant un choix majoritaire. L&rsquo;\u00e9lection se joue au premier tour. Cette situation particuli\u00e8re ne pouvait que perturber la lutte partisane traditionnelle et aboutir \u00e0 des candidatures auto-proclam\u00e9es. Mais il a fallu l&rsquo;affaiblissement des deux partis traditionnels pour que ces alternatives, improbables il y a encore quelques mois, apparaissent si l\u00e9gitimes aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p>Deux le\u00e7ons au moins doivent \u00eatre tir\u00e9es de cet aboutissement.<\/p>\n<p>D&rsquo;abord, le syst\u00e8me uninominal \u00e0 deux tours (qui se pratique pour l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle mais aussi pour les \u00e9lections parlementaires, r\u00e9gionales, et pour la plupart des \u00e9lections territoriales \u2013 seules les petites municipalit\u00e9s jouissant d&rsquo;un syst\u00e8me tout diff\u00e9rent \u2013 et tout aussi \u00e9tonnant vu de l&rsquo;ext\u00e9rieur) ne fonctionne plus du tout du fait de cette obligation de \u00ab\u00a0cordon sanitaire\u00a0\u00bb contre un candidat majoritaire (d&rsquo;extr\u00eame-droite, mais qui pourrait \u00eatre nationaliste, populiste, ou simplement exotique). Dans la pratique, on a un syst\u00e8me uninominal \u00e0 un tour, produisant un \u00ab\u00a0candidat unique\u00a0\u00bb largement minoritaire (sans parler m\u00eame de l&rsquo;abstention). Ce syst\u00e8me est injuste pour les \u00e9lecteurs et ne produit qu&rsquo;un \u00e9lu \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 tr\u00e8s affaiblie. Il entra\u00eene un d\u00e9go\u00fbt accentu\u00e9 de la politique. Mais on ne voit pas que la le\u00e7on puisse \u00eatre tir\u00e9e et amener \u00e0 une autre conception des \u00e9lections, c&rsquo;est \u00e0 dire de la repr\u00e9sentativit\u00e9 des \u00e9lus par rapport aux \u00e9lecteurs. Cela tient \u00e0 la faiblesse des partis en France (et c&rsquo;est sans doute le syst\u00e8me \u00e9lectoral qui les aura lamin\u00e9s en trente ans), \u00e0 la culture du chef si pr\u00e9gnante depuis la guerre 40-45, et \u00e0 l&rsquo;\u00e9loignement des \u00e9lus nationaux, milieu endog\u00e8ne et coup\u00e9 de la vie du simple citoyen. Deux candidats (de gauche) annoncent une r\u00e9vision constitutionnelle, mais il n&rsquo;est pas dit qu&rsquo;un syst\u00e8me plus adapt\u00e9 puisse \u00eatre instaur\u00e9, faute d&rsquo;une perception claire de la situation aux yeux de l&rsquo;opinion, et faute de l\u00e9gitimit\u00e9 du pr\u00e9sident.<\/p>\n<p>Ensuite, l&rsquo;\u00e9lection parlementaire qui suit (depuis pas si longtemps) la pr\u00e9sidentielle, et alors qu&rsquo;elle \u00e9tait une formalit\u00e9 jadis, permettant m\u00eame de s&rsquo;octroyer une majorit\u00e9 \u00ab\u00a0\u00e9crasante\u00a0\u00bb au d\u00e9triment de la d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, para\u00eet plus ouverte que jamais. Il n&rsquo;est pas du tout certain que le pr\u00e9sident d\u00e9sign\u00e9 en mai jouisse d&rsquo;une majorit\u00e9 parlementaire en juin, lui permettant de r\u00e9aliser le programme pour lequel il aura \u00e9t\u00e9 \u00e9lu. Et on ne voit pas bien si les deux candidats \u00ab\u00a0alternatifs\u00a0\u00bb vont avoir \u00e0 n\u00e9gocier avec des \u00e9lus individuels ou des partis. On aura un cas exemplaire avec les \u00e9lus \u00ab\u00a0verts\u00a0\u00bb (EELV), jouissant d&rsquo;une repr\u00e9sentation sans doute permise par un accord \u00e9lectoral avec le Parti socialiste (voulu par le candidat de ce parti aux pr\u00e9sidentielles), mais pouvant monnayer leur soutien \u00e0 un candidat hors parti&#8230; au d\u00e9triment de leur propre groupe. Et pour le candidat \u00ab\u00a0ni droite ni gauche\u00a0\u00bb, on peut se demander si ce ne sera pas une majorit\u00e9 \u00ab\u00a0introuvable\u00a0\u00bb qui marquera une vie politique profond\u00e9ment incertaine quant aux politiques qui seront finalement vot\u00e9es. Cette situation nouvelle d&rsquo;une \u00e9lection parlementaire totalement ouverte est sans doute la pr\u00e9occupation majeure actuellement, mais elle se pr\u00e9pare hors des \u00e9crans, selon des processus totalement abscons, et il n&rsquo;est pas certain que la situation sera \u00e9claircie au moment o\u00f9 les \u00e9lecteurs seront appel\u00e9s \u00e0 voter, mi-juin.<\/p>\n<p>Tout ceci se d\u00e9roule dans un contexte tr\u00e8s difficile, mais qui n&rsquo;explique pas l&rsquo;impasse o\u00f9 le processus \u00e9lectoral se trouve. Nous vivons une situation de crise du syst\u00e8me par de multiples dimensions, ce serait trop long d&rsquo;en faire \u00e9tat, mais c&rsquo;est bien connu. Les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9cents qui sont li\u00e9s au terrorisme d&rsquo;une part, \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e de r\u00e9fugi\u00e9s d&rsquo;autre part, enveniment la r\u00e9flexion (mais ils ne paraissent pas dominer la campagne). Plus g\u00e9n\u00e9ralement, la tendance au populisme qui a d\u00e9j\u00e0 une vingtaine d&rsquo;ann\u00e9es mais qui montre combien l&rsquo;\u00e9lectorat est aujourd&rsquo;hui d\u00e9structur\u00e9, para\u00eet arriv\u00e9e \u00e0 une maturit\u00e9 propre \u00e0 d\u00e9ranger le fonctionnement des institutions.<\/p>\n<p>Un tel spectacle laisse perplexe. Oui, c&rsquo;est la perplexit\u00e9 qui domine. Les candidatures paraissent incomparables (et les exercices de comparaison sont d\u00e9risoires, m\u00eame si quelques enjeux paraissent raisonnablement discutables).<\/p>\n<p>De quoi s&rsquo;agit-il\u00a0? Il s&rsquo;agit de trouver, de mani\u00e8re d\u00e9mocratique, un gouvernement stable pour un grand pays. Les deux quinquennats pr\u00e9c\u00e9dents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cevants sur ce plan. Et il est probable que la situation sera pire pour les cinq ans qui viennent. Les institutions pr\u00e9vues pour structurer le processus \u00e9lectoral (c&rsquo;est la principale fonction des partis) sont hors d&rsquo;\u00e9tat de peser sur la campagne, et on ne voit pas qu&rsquo;elles vont se reconstituer autrement. Face \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une pr\u00e9sidence \u00ab\u00a0populiste\u00a0\u00bb comme aux USA, les pouvoirs distribu\u00e9s par la Constitution au pr\u00e9sident, au premier ministre et aux parlements. Plus largement, un syst\u00e8me \u00e9lectoral qui a largement profit\u00e9 de l&rsquo;essor de la t\u00e9l\u00e9vision dans les foyers depuis les ann\u00e9es &rsquo;60, est aujourd&rsquo;hui apparemment d\u00e9phas\u00e9 par rapport aux r\u00e9seaux de communication virtuelle. Le tout puissant syst\u00e8me m\u00e9diatique a beaucoup perdu de son influence sur les urnes (m\u00eame s&rsquo;il influe encore les sondages).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. 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