{"id":94612,"date":"2017-04-19T21:07:07","date_gmt":"2017-04-19T19:07:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=94612"},"modified":"2017-04-19T21:07:49","modified_gmt":"2017-04-19T19:07:49","slug":"chine-sur-les-traces-du-taoisme-3-clerge-rituels-et-pratiques-par-dd-dh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/04\/19\/chine-sur-les-traces-du-taoisme-3-clerge-rituels-et-pratiques-par-dd-dh\/","title":{"rendered":"CHINE\u00a0&#8211; Sur les traces du tao\u00efsme (3)\u00a0: Clerg\u00e9, rituels et pratiques, par DD &#038;DH"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9. Troisi\u00e8me d&rsquo;une s\u00e9rie de trois.<\/p><\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/drapeau-ter.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-94221\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/drapeau-ter.jpg\" alt=\"\" width=\"147\" height=\"212\" \/><\/a>Pour ce troisi\u00e8me et (provisoirement) dernier volet de notre exploration du tao\u00efsme, nous sommes bien conscients de n&rsquo;entra\u00eener plus derri\u00e8re nous que ceux (et celles) qui ont mordu \u00e0 l&rsquo;hame\u00e7on des \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents. Autant dire des&#8230; adeptes ! Au menu de cette troisi\u00e8me \u00e9tape, un peu rude (un \u00e9quivalent des \u00ab\u00a0secteurs pav\u00e9s\u00a0\u00bb du Paris-Roubaix !), quelques tentatives d&rsquo;approche des caract\u00e9ristiques du clerg\u00e9 tao\u00efste et une \u00e9vocation, qui par la force des choses restera sommaire, des rituels, c\u00e9r\u00e9monies et offices que ce clerg\u00e9 prend en charge.<\/p>\n<p><!--more--><strong>Les ob\u00e9diences<\/strong><\/p>\n<p>Nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 dit, la notion de clerg\u00e9 tao\u00efste \u00e9merge sous les Han post\u00e9rieurs (25-220) gr\u00e2ce au soutien de cette dynastie, avec la divinisation de Laozi [Lao-Tseu, Lao-tse, etc.] et l&rsquo;apparition d&rsquo;un culte dit <em>Huanglao<\/em>, adress\u00e9 en une m\u00eame entit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Empereur Jaune (Huangdi) auquel le mythe attribue la fondation de la civilisation chinoise et \u00e0 Laozi (peut-\u00eatre tout aussi mythique) qui a postul\u00e9 l&rsquo;Un primordial et d\u00e9crypt\u00e9 le code du Tao qui r\u00e9git la propension du \u00ab\u00a0<em>qi<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 faire advenir les \u00ab\u00a0<em>dix mille \u00eatres<\/em>\u00ab\u00a0. Rappelons qu&rsquo;en Chine on est toujours dans le temps long et que la divinisation de Laozi a pris un demi-mill\u00e9naire ! La premi\u00e8re \u00ab\u00a0secte\u00a0\u00bb tao\u00efste constitu\u00e9e le fut en 142 par Zhang Daoling qui fonda la lign\u00e9e h\u00e9r\u00e9ditaire des \u00ab\u00a0Ma\u00eetres C\u00e9lestes\u00a0\u00bb (voir <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/03\/25\/chine-le-taoisme-par-le-chemin-des-ecoliers-par-dd-dh\/\" target=\"_blank\">\u00ab\u00a0Sur les traces du tao\u00efsme, 1\u00a0\u00bb<\/a>) et elle prit par la suite le nom d&rsquo; \u00ab\u00a0\u00c9cole du <strong>Zhengyi<\/strong> (l&rsquo;Un authentique)\u00a0\u00bb. D&rsquo;autres \u00ab\u00a0\u00c9coles\u00a0\u00bb sont apparues selon un processus toujours sensiblement identique : des r\u00e9v\u00e9lations communiqu\u00e9es par des esprits qui sont consign\u00e9es dans un \u00e9crit, lequel devient le texte de r\u00e9f\u00e9rence transmis de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration par les Ma\u00eetres de la secte mais non divulgu\u00e9 aux profanes. Se dessinent ainsi au fil du temps jusqu&rsquo;au Ve s. diff\u00e9rentes traditions tao\u00efstes que la compilation de Lu Xiujing (406-477) r\u00e9pertorie en deux groupes principaux : la tradition du Maoshan ou \u00ab\u00a0Ecole <strong>Shangqing<\/strong> (Supr\u00eame Puret\u00e9)\u00a0\u00bb qui privil\u00e9gie la m\u00e9ditation solitaire et celle du \u00ab\u00a0<strong>Lingbao<\/strong> (\u00c9cole du Joyau Sacr\u00e9)\u00a0\u00bb o\u00f9, non sans quelques greffes de bouddhisme mahayana, s&rsquo;instaure une pratique communautaire autour d&rsquo;une liturgie. Lu Xiujing y adjoint toutefois un courant, plus vivace dans le Sud, celui dit du \u00ab\u00a0<strong>San Huang<\/strong> (les Trois Augustes)\u00a0\u00bb davantage port\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre le large \u00e9ventail des pratiques thaumaturgiques et divinatoires. Plus tard (XIIe s.) \u00ab\u00a0l&rsquo;Ecole <strong>Quangzhen <\/strong>(Perfection totale)\u00a0\u00bb marque l&rsquo;av\u00e8nement d&rsquo;un tao\u00efsme exclusivement monastique : pratiqu\u00e9 sous la forme de petites communaut\u00e9s port\u00e9es \u00e0 l&rsquo;asc\u00e9tisme, ce courant est le plus spontan\u00e9ment enclin au syncr\u00e9tisme des trois grandes \u00c9coles de la pens\u00e9e chinoise (tao\u00efsme, bouddhisme, confucianisme). Enfin, une branche de la \u00ab\u00a0Perfection totale\u00a0\u00bb donne naissance \u00e0 \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9cole <strong>Longmen<\/strong> (la Porte du Dragon)\u00a0\u00bb, la plus r\u00e9pandue sous les Qing (1644-1911) et encore aujourd&rsquo;hui : c&rsquo;est de cette \u00c9cole que rel\u00e8ve le Temple des Nuages blancs (<em>Baiyunguan<\/em>) de P\u00e9kin qui est le si\u00e8ge de la tr\u00e8s officielle \u00ab\u00a0<strong>Zhongguo daojiao xiehui<\/strong>\u00a0\u00bb (Association tao\u00efste de Chine) cr\u00e9\u00e9e en 1957 (soulignons cette date qui marque que Mao a manifest\u00e9 sa volont\u00e9 de tol\u00e9rer, reconna\u00eetre et &#8230; encadrer la religion tao\u00efste). On l&rsquo;aura compris, le tao\u00efsme sous sa forme religieuse (<em>daojiao<\/em>) est multiforme, multi-ob\u00e9diences et ce trait est d&rsquo;autant plus marqu\u00e9 qu&rsquo;une tendance forte l&rsquo;am\u00e8ne, partout o\u00f9 il est repr\u00e9sent\u00e9, \u00e0 adopter et assimiler des cultes locaux plus anciens o\u00f9 survivent des formes de chamanisme archa\u00efque et les cultes, tr\u00e8s implant\u00e9s partout, d\u00e9di\u00e9s aux \u00ab\u00a0dieux du Sol\u00a0\u00bb. Spontan\u00e9ment englobant et \u0153cum\u00e9nique, le tao\u00efsme a permis \u00e0 ces sectes multiples et diverses de prosp\u00e9rer dans une cohabitation pacifique et g\u00e9n\u00e9ralement sereine. La guerre de religion n&rsquo;est pas dans l&rsquo;ADN de la Chine !<\/p>\n<p><strong>Le clerg\u00e9<\/strong>.<\/p>\n<p>Tout ce que nous venons de dire annonce clairement l&rsquo;absence d&rsquo;homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 que l&rsquo;on va constater dans le clerg\u00e9 tao\u00efste : il semble en effet qu&rsquo;on ne puisse gu\u00e8re envisager de mettre sur le m\u00eame plan celui qui a choisi le c\u00e9libat de la vie monacale, le m\u00e9ditant solitaire dans sa grotte\/ermitage, l&rsquo;officiant des grandes liturgies, le medium qui s&rsquo;adonne \u00e0 la divination et l&rsquo;alchimiste en qu\u00eate d&rsquo;immortalit\u00e9. Tous sont pourtant \u00ab\u00a0tao\u00efstes\u00a0\u00bb et participent d&rsquo;une forme de \u00ab\u00a0clerg\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Notre propos devra se contenter de faire saillir les sp\u00e9cificit\u00e9s de ces diff\u00e9rentes cat\u00e9gories de personnages sans pouvoir entrer dans le d\u00e9tail de leurs pr\u00e9rogatives.<\/p>\n<p>Le clerg\u00e9 tao\u00efste n&rsquo;est pas exclusivement masculin : contrairement aux confuc\u00e9ens, les tao\u00efstes, compte tenu du r\u00f4le \u00e9minent et premier attribu\u00e9 au \u00ab\u00a0f\u00e9minin\u00a0\u00bb chez Laozi, pouvaient difficilement exclure les femmes de leurs pratiques cultuelles (toutefois elles ont rarement eu acc\u00e8s dans l&rsquo;histoire au titre supr\u00eame de Ma\u00eetresse C\u00e9leste) et il existe toujours en Chine des monast\u00e8res de nonnes tao\u00efstes. Le clerg\u00e9, qui reste donc essentiellement masculin, comprend des personnages de rang, de statut social et de fonctions diff\u00e9rents : les <em>daoshi<\/em> qu&rsquo;on reconna\u00eet \u00e0 leur connaissance approfondie du canon et \u00e0 la possession d&rsquo;un certificat d&rsquo;ordination en bonne et due forme sont au sommet de la hi\u00e9rarchie. Les Ma\u00eetres C\u00e9lestes de l&rsquo;\u00c9cole Zhengyi, h\u00e9ritiers en droite ligne de Zhang Daoling, sont les plus prestigieux d&rsquo;entre eux. En dessous de ces sommit\u00e9s \u00e9rudites, les <em>fashi<\/em>, qu&rsquo;on peut traduire par \u00ab\u00a0ma\u00eetres du rituel\u00a0\u00bb sont beaucoup plus nombreux et dans pratiquement toutes les communaut\u00e9s villageoises on trouve un ou plusieurs <em>fashi<\/em> pouvant r\u00e9pondre \u00e0 la demande de rituels courants de tout type de la part des habitants parmi lesquels ils vivent mari\u00e9s, p\u00e8res de famille et paysans\/artisans comme tout un chacun. Comme c&rsquo;est strictement le cas pour les <em>daoshi<\/em>, la possession du titre de <em>fashi<\/em> est g\u00e9n\u00e9ralement h\u00e9r\u00e9ditaire (apr\u00e8s la s\u00e9rie d&rsquo;\u00e9preuves d&rsquo;un c\u00e9r\u00e9monial d&rsquo;initiation qui doit faire la preuve que la transmission est valid\u00e9e par les dieux). Ce type de filiation de p\u00e8re en fils s&rsquo;explique par le fait que les \u00ab\u00a0pouvoirs\u00a0\u00bb du ma\u00eetre (<em>daoshi<\/em> ou <em>fashi<\/em>) se fondent sur le passage de main en main d&rsquo;un \u00e9crit sacr\u00e9 unique o\u00f9 figurent la liste des esprits et puissances c\u00e9lestes qui, par une sorte de contrat, doivent imp\u00e9rativement r\u00e9pondre \u00e0 leur appel. Cet \u00e9crit se pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement sous la forme d&rsquo;une tr\u00e8s longue bande de tissu de plusieurs m\u00e8tres portant une foule d&rsquo;inscriptions, de cartes du ciel et de diagrammes que son propri\u00e9taire garde enroul\u00e9e si serr\u00e9e qu&rsquo;elle est \u00e0 peine plus grosse qu&rsquo;un pouce. Ce sont les investigations de Patrice Fava au Hunan qui nous permettent de conna\u00eetre par le menu ces traditions toujours tr\u00e8s vivaces \u00e0 l&rsquo;heure actuelle alors qu&rsquo;on pouvait les croire \u00e9radiqu\u00e9es \u00e0 jamais.<\/p>\n<p>Nous devons en effet r\u00e9pondre maintenant \u00e0 une question que le lecteur ne peut manquer de se poser : \u00ab\u00a0Et qu&rsquo;en est-il <u>aujourd&rsquo;hui en Chine<\/u> de tout ce que vous nous racontez depuis le d\u00e9but ?\u00a0\u00bb. La question est l\u00e9gitime et nous allons tenter d&rsquo;y r\u00e9pondre au moins en partie. Tout ce que nous d\u00e9crivons est extr\u00eamement vivant et n&rsquo;a rien perdu de ses caract\u00e9ristiques \u00e0 Ta\u00efwan (du reste beaucoup des t\u00e9moignages que l&rsquo;on peut consulter sur le sujet se fondent sur des choses vues \u00e0 Ta\u00efwan). La situation en Chine continentale est plus complexe. On sait que le tao\u00efsme au sens large se trouve si \u00e9troitement imbriqu\u00e9 dans le quotidien via la th\u00e9orie des Cinq Agents (<em>wuxing<\/em>), le <em>fengshui<\/em>, la m\u00e9decine, la g\u00e9omancie, la peinture, la calligraphie, le <em>taijiquan<\/em> &#8230; qu&rsquo;il impr\u00e8gne en profondeur la culture chinoise dans laquelle il ne cesse jamais d&rsquo;infuser. Mais il en va \u00e9videmment autrement sur le plan sp\u00e9cifiquement religieux et cultuel qui a fait l&rsquo;objet d&rsquo;un travail de sape assez puissant au XXe si\u00e8cle. Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on pourrait croire de prime abord, ce n&rsquo;est pas la p\u00e9riode mao\u00efste qui a port\u00e9 les coups les plus rudes au <em>daojiao<\/em>. La tentative d&rsquo;\u00e9radication date du premier tiers du XXe si\u00e8cle par la destruction massive de temples (P\u00e9kin comptait 1000 temples intra muros en 1900, elle va en perdre les 2\/3) et la chasse aux pratiques superstitieuses. C&rsquo;est l&rsquo;influence occidentale et, en corollaire, le sentiment de honte des \u00e9lites soucieuses de modernisation (qu&rsquo;on voit s&rsquo;exprimer dans le Mouvement du 4 mai 1919) qui feront le plus de mal aux <em>daoshi<\/em> et <em>fashi.<\/em> Mao, il est vrai, a poursuivi la lutte contre les \u00ab\u00a0vieilleries superstitieuses\u00a0\u00bb, mais n&rsquo;a pas attaqu\u00e9 le tao\u00efsme en tant que tel, signant avec lui une sorte de pacte de non-agression implicite (cf. plus haut) pour mieux tirer \u00e0 boulets rouges sur le confucianisme. Bien s\u00fbr la R\u00e9volution Culturelle, dans sa rage de destruction, a trouv\u00e9 un aliment de choix dans les statues, objets de pi\u00e9t\u00e9 et talismans du <em>daojiao<\/em>, mais est rest\u00e9e dans l&rsquo;ignorance de ce qu&rsquo;elle saccageait et livrait aux flammes ! On pouvait croire la Chine, d\u00e9sormais apais\u00e9e, suffisamment \u00ab\u00a0communiste\u00a0\u00bb et modernis\u00e9e pour que l&rsquo;heure soit venue de retrouver toutes ces vieilles choses dans les mus\u00e9es d&rsquo;art et traditions populaires ! Ce n&rsquo;est pas le cas et Patrice Fava\u00a0: apr\u00e8s avoir v\u00e9cu quelque temps \u00e0 Taiwan et y avoir obtenu son ordination de <em>daoshi<\/em>, le subodorait. Les d\u00e9couvertes qu&rsquo;il a faites au Hunan \u00e0 partir de 1999 montrent que toutes les pratiques qui se sont mises en sommeil au moment de leur r\u00e9pression se sont conserv\u00e9es intactes et que les rituels \u00e0 nouveau pratiqu\u00e9s au grand jour n&rsquo;ont pas chang\u00e9 d&rsquo;un iota. Statues, g\u00e9n\u00e9alogies, objets cultuels et textes magiques sont souvent sortis indemnes des cachettes o\u00f9 ils avaient pass\u00e9 pr\u00e8s d&rsquo;un si\u00e8cle de guerre et de r\u00e9volution et tout a repris son cours ancien \u00e0 la virgule pr\u00e8s !<\/p>\n<p>Les tao\u00efstes rattach\u00e9s \u00e0 un temple portent une tenue simple : pantalon et veste nou\u00e9e noirs ou bleu fonc\u00e9, gu\u00eatres de bandes molleti\u00e8res blanches enroul\u00e9es du genou \u00e0 la cheville et sandales de tissu. Les cheveux longs relev\u00e9s en chignon travers\u00e9 d&rsquo;une \u00e9pingle constituent le principal signe distinctif de la \u00ab\u00a0vocation\u00a0\u00bb tao\u00efste depuis pr\u00e8s de 2000 ans. Une coiffe de satin noir autour du chignon compl\u00e8te la tenue ordinaire du clerg\u00e9 r\u00e9gulier, celui, qui, rattach\u00e9 \u00e0 un temple et \u00e0 un Ma\u00eetre, a prononc\u00e9 ses v\u0153ux. Le \u00ab\u00a0fashi\u00a0\u00bb, 100% s\u00e9culier, ne porte pas au quotidien de v\u00eatement particulier. Pour accomplir les rituels, il endosse robe et manteau de simple coton qu&rsquo;il garde dans la m\u00eame malle que les objets sacr\u00e9s et se couvre la t\u00eate d&rsquo;un carr\u00e9 d&rsquo;\u00e9toffe o\u00f9 domine le rouge et qui comporte un chignon postiche. L&rsquo;habit de c\u00e9r\u00e9monie qu&rsquo;endossent les Ma\u00eetres <em>daoshi<\/em> lors des offices solennels est, lui, d&rsquo;une grande somptuosit\u00e9 : vastes chasubles de soie enti\u00e8rement couvertes de broderies symboliques qui marquent le rang \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;officiant et doivent en imposer. La photo que nous joignons montre, \u00e0 gauche, un jeune tao\u00efste en tenue ordinaire et, \u00e0 droite, un ma\u00eetre en chasuble de c\u00e9r\u00e9monie en train de c\u00e9l\u00e9brer un office \u00e0 la demande d&rsquo;une famille r\u00e9unie dans la salle, probablement pour un d\u00e9funt (Temple <em>Baiyunguan<\/em> de Shanghai 2011).<\/p>\n<p><strong>\u00a0<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/clerge\u00cc\u0081-taoi\u00cc\u02c6ste.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-94613\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/clerge\u00cc\u0081-taoi\u00cc\u02c6ste.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"539\" \/><\/a><\/strong><\/p>\n<p><strong>Les pr\u00e9rogatives du clerg\u00e9 tao\u00efste. <\/strong><\/p>\n<p>Le tao\u00efsme, nous l&rsquo;avons dit, a durablement impr\u00e9gn\u00e9 la vie quotidienne dans tous ses aspects. M\u00eame si, en RPC, on s&rsquo;en \u00e9mancipe peu \u00e0 peu, en tout cas en ville, le tao\u00efsme est rest\u00e9 pr\u00e9sent en filigrane dans les repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales, qu&rsquo;elles soient donn\u00e9es par des poup\u00e9es sur tiges ou par des acteurs en chair et en os. Encore aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s ritualis\u00e9, l&rsquo;op\u00e9ra traditionnel garde la trace de sa fonction d&rsquo;abord liturgique. Si les grandes villes ont maintenant des salles de spectacle \u00e0 l&rsquo;occidentale, les villages chinois ont leur sc\u00e8ne en plein air pour accueillir, comme cela s&rsquo;est toujours fait, les troupes ambulantes d&rsquo;acteurs ou de montreurs de marionnettes. \u00ab\u00a0<em>Le r\u00f4le religieux du th\u00e9\u00e2tre de marionnettes est encore plus marqu\u00e9 que celui du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 acteurs humains. Il est rare qu&rsquo;il ne soit fait appel aux montreurs que pour le spectacle : les marionnettes ont une puissance qui fait d&rsquo;elles de pr\u00e9cieux auxiliaires dans la lutte contre les mauvaises influences. C&rsquo;est donc en premier lieu pour l&rsquo;exorcisme qu&rsquo;on invite la troupe en cas de sinistre (&#8230;) ou de purification. (&#8230;) Car les poup\u00e9es ne repr\u00e9sentent pas les dieux, elles SONT les dieux.<\/em>\u00a0\u00bb (Kristofer Schipper). A ces repr\u00e9sentations de marionnettes, auxquelles il faut joindre celles du th\u00e9\u00e2tre d&rsquo;ombres, sont \u00e9troitement li\u00e9s les rites fun\u00e9raires (qu&rsquo;elles accompagnaient autrefois). Les tao\u00efstes y ont eu et ont encore un r\u00f4le de premier plan. En effet c&rsquo;est \u00e0 eux qu&rsquo;on confie le soin de purifier la maison du mort et de mener le cort\u00e8ge de deuil le jour de l&rsquo;enterrement : c&rsquo;est au son de la musique tao\u00efste que le d\u00e9funt est men\u00e9 \u00e0 sa tombe sur laquelle seront consacr\u00e9s et guid\u00e9s, par des miroirs et des incantations, vers le s\u00e9jour des morts tous les objets de papier \u00e0 br\u00fbler que la parent\u00e9 a pr\u00e9vus pour le confort du disparu dans son nouveau lieu de r\u00e9sidence. Il arrive que la famille d\u00e9cide de confier la suite des c\u00e9r\u00e9monies de deuil aux bouddhistes, mais on est en Chine et il y a de la place pour tout le monde \u00e0 son heure.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/talismans.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-94614\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/talismans.jpg\" alt=\"\" width=\"700\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/talismans.jpg 1002w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/talismans-300x219.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/talismans-768x562.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 700px) 100vw, 700px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Une des fonctions les plus courantes des tao\u00efstes consiste \u00e0 d\u00e9livrer des amulettes, des talismans et autres papiers-charmes ( les <em>zhima<\/em> : \u00ab\u00a0papiers \u00e0 cheval\u00a0\u00bb, appel\u00e9s ainsi pour leur c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 \u00e0 aller porter aux dieux les requ\u00eates qui leur ont \u00e9t\u00e9 confi\u00e9es). Les talismans sont des <em>fu<\/em> : \u00ab\u00a0<em>caract\u00e8res de forme bizarre que l&rsquo;on appelle aussi \u00e9crits sigillaires ou caract\u00e8res-nuages, ils repr\u00e9sentent des noms, des souffles divins issus du corps du ma\u00eetre. Consacr\u00e9s et purifi\u00e9s par la fum\u00e9e qui s&rsquo;exhale du br\u00fble-parfum<\/em>\u00a0\u00bb (John Lagerwey), ils sont cens\u00e9s emp\u00eacher toute offensive des mauvais souffles. Ces formules seront, selon les prescriptions de celui qui les a r\u00e9dig\u00e9es, coll\u00e9es dans la demeure, gard\u00e9es sur soi ou br\u00fbl\u00e9es pour en ing\u00e9rer la cendre. On voit l\u00e0 clairement se dessiner, outre le r\u00f4le propitiatoire des interventions des tao\u00efstes (les porte-bonheur ou les anti-poisse), leur r\u00f4le prophylactique : dans un contexte o\u00f9 les soins m\u00e9dicaux peuvent \u00eatre trop loin, trop chers ou ressentis comme susceptibles de contrarier la nature des choses, le recours au <em>daoshi <\/em>ou au <em>fashi<\/em> en cas de maladie fait partie des conduites encore adopt\u00e9es dans les campagnes. On attend de lui qu&rsquo;il proc\u00e8de \u00e0 une c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 domicile au cours de laquelle on le verra en g\u00e9n\u00e9ral se d\u00e9mener beaucoup, donner de grands coups de son \u00e9p\u00e9e c\u00e9r\u00e9monielle et gronder f\u00e9rocement des formules de menaces, aux prises qu&rsquo;il est avec des l\u00e9gions de d\u00e9mons qui ne sont autres que les microbes, virus et infections qu&rsquo;il lui faut faire sortir de la pi\u00e8ce avec l&rsquo;aide des troupes divines qu&rsquo;il commande. Des sc\u00e8nes de ce genre sont fr\u00e9quentes \u00e0 Taiwan. Qu&rsquo;en est-il en Chine continentale ? Difficile de mesurer l&rsquo;impact actuel de ces pratiques : elles ont lieu \u00e0 huis-clos et dans l&rsquo;anonymat. Disons juste qu&rsquo;il serait \u00e9tonnant qu&rsquo;elles aient compl\u00e8tement disparu. La pr\u00e9sence de <em>fashi<\/em> dans les campagnes que P. Fava a mise en \u00e9vidence implique l&rsquo;existence de ce type de survivances. Y compris venant en plus et en compl\u00e9ment de l&rsquo;intervention d&rsquo;un m\u00e9decin ! Notre panorama (plus que sommaire) des fonctions et interventions du tao\u00efsme serait incomplet si nous ne mentionnions pas, \u00e0 ses marges, le recours aux ph\u00e9nom\u00e8nes de transes lors desquelles des m\u00e9diums (qui ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas des membres du clerg\u00e9, mais souvent des femmes, et parmi les plus humbles) rendent des oracles et font des pr\u00e9dictions. Leur m\u00e9diumnit\u00e9 se manifeste de plusieurs fa\u00e7ons : soit le dieu parle par leur voix qu&rsquo;on ne reconna\u00eet plus alors comme \u00e9tant la leur, soit il se manifeste par l&rsquo;interm\u00e9diaire d&rsquo;une petite chaise (ou table) \u00ab\u00a0\u00e9crivante\u00a0\u00bb qui, tenue par le\/la m\u00e9dium trace des caract\u00e8res sur la surface d&rsquo;une vasque remplie de sable ou de riz. Ce genre de pratiques impr\u00e9gn\u00e9es de magie et h\u00e9riti\u00e8res directes du chamanisme des origines a toujours eu beaucoup plus cours dans le sud de la Chine (dans la m\u00eame aire g\u00e9ographique que Taiwan) que dans le nord. Sans doute la tradition n&rsquo;en est-elle pas non plus \u00e9teinte &#8230;<\/p>\n<p>Que beaucoup de choses nous \u00e9chappent quant aux significations des activit\u00e9s qui rel\u00e8vent du tao\u00efsme est une \u00e9vidence que nous ne saurions nier. Et ce n&rsquo;est pas seulement parce que nous avons affaire \u00e0 une religion, pour une grande part \u00e9sot\u00e9rique, dont les textes sacr\u00e9s ne sont pas divulgu\u00e9s au profane et qui repose sur une sorte de \u00ab\u00a0catharisme\u00a0\u00bb r\u00e9servant le salut \u00e0 des \u00ab\u00a0bons hommes\u00a0\u00bb initi\u00e9s. M\u00eame ce que nous avons sous les yeux \u00e9chappe bien souvent \u00e0 notre compr\u00e9hension et nous allons vous donner un exemple de nos limites tr\u00e8s vite atteintes dans ce domaine. A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2009, dans le grand temple tao\u00efste qui se trouve au pied du Pic sacr\u00e9 du Sud (<em>Nanyue<\/em> au Hunan), nous avons crois\u00e9 un \u00ab\u00a0p\u00e8lerinage\u00a0\u00bb (nous employons ce mot faute d&rsquo;autre) de beaucoup d&rsquo;hommes et de quelques femmes dont nous n&rsquo;avons pu d\u00e9terminer clairement les objectifs et la d\u00e9marche. Une photo vous les montre : tous portent les m\u00eames v\u00eatements noirs et ont la t\u00eate couverte d&rsquo;une bande de tissu, noir lui aussi. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus int\u00e9ressant dans leur habillement est le tablier de soie rouge brod\u00e9 qu&rsquo;ils portent tous, hommes et femmes. Ce tablier pourrait nous \u00e9voquer des \u00ab\u00a0d\u00e9cors\u00a0\u00bb ma\u00e7onniques : il ne serait en effet pas si aventureux d&rsquo;imaginer que toutes ces personnes soient affili\u00e9es \u00e0 une forme de \u00ab\u00a0fraternit\u00e9\u00a0\u00bb. Mais, en Chine, ce tablier qui couvre le ventre est le v\u00eatement d&rsquo;\u00e9t\u00e9 traditionnel des tout petits enfants et, \u00e0 Taiwan, lors des processions, il est port\u00e9 par les m\u00e9diums. On sait que le but ultime de l&rsquo;adepte du tao\u00efsme est de \u00ab\u00a0r\u00e9gresser\u00a0\u00bb vers l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;<em>enfan\u00e7on<\/em> qui est la porte de l&rsquo;immortalit\u00e9. Le port de ce tablier d&rsquo;enfant marque-t-il une avanc\u00e9e vers ce but ? Quoi qu&rsquo;il en soit, nous avan\u00e7ons sans preuves l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;un groupe de m\u00e9diums r\u00e9unis (pour un symposium ? un s\u00e9minaire ?). Tous portent en effet devant eux une esp\u00e8ce de petit meuble \u00e0 quatre pieds qui pourrait bien \u00eatre cette fameuse table\/chaise \u00ab\u00a0\u00e9crivante\u00a0\u00bb dont nous venons de parler. Nous les avons vus ex\u00e9cuter ensemble sur le parvis du temple des s\u00e9ries de pas visant \u00e0 composer comme une grande danse collective \u00e0 plusieurs figures, mais, h\u00e9las, nous ne les avons pas vus \u00ab\u00a0m\u00e9diumniser\u00a0\u00bb ! En fait, nous sommes r\u00e9duits \u00e0 des conjectures : les Chinois qui nous accompagnent ne semblent pas en mesure de nous fournir des explications. Ils ne savent visiblement pas mieux que nous la signification de ces v\u00eatements, de cette table\/chaise et de cette danse. Nous remarquons toutefois qu&rsquo;aucun ne s&rsquo;avise d&rsquo;interroger ces gens pour en savoir plus. Ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois que nous ressentons chez des Chinois \u00ab\u00a0modernes\u00a0\u00bb une sorte de crainte superstitieuse en pr\u00e9sence de \u00ab\u00a0<em>fangshi<\/em>\u00a0\u00bb (hommes \u00e0 techniques magiques, donc \u00e0 pouvoirs) tao\u00efstes&#8230;<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/me\u00cc\u0081diums.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-94615\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/me\u00cc\u0081diums.jpg\" alt=\"\" width=\"1177\" height=\"804\" \/><\/a>Il reste \u00e0 \u00e9voquer les grandes c\u00e9r\u00e9monies des Ma\u00eetres C\u00e9lestes qui sont toujours pratiqu\u00e9es \u00e0 Taiwan. Leur rituel est trop complexe et leur dur\u00e9e trop longue (elles peuvent s&rsquo;\u00e9tendre sur plusieurs jours) pour que nous entrions dans le d\u00e9tail. Nous nous bornons donc \u00e0 \u00e9voquer leur plan d&rsquo;ensemble : le premier acte de cet office qui se d\u00e9roule souvent en plein air, par exemple dans une cour, consiste \u00e0 d\u00e9limiter une aire sacr\u00e9e orient\u00e9e et purifi\u00e9e par les fum\u00e9es d&rsquo;encens au centre de laquelle se placera l&rsquo;autel (une simple table devenant \u00ab\u00a0table\/grotte\u00a0\u00bb) devant lequel le Ma\u00eetre va mener seul le long processus de l&rsquo;appel aux divinit\u00e9s. Ensuite, entamant en lui-m\u00eame un voyage int\u00e9rieur peupl\u00e9 de visualisations, il suivra \u00e0 la lettre tout un canevas de pas, de d\u00e9placements dans l&rsquo;espace sacr\u00e9, de maniements d&rsquo;objets rituels (\u00e9crits sur papier, tablette, \u00e9p\u00e9e &#8230;). Il n&rsquo;a pas d&rsquo;assistants visibles, mais il est cens\u00e9 en avoir des foules d&rsquo;invisibles venus lui pr\u00eater main forte dans son combat contre les forces malignes qui se manifestent sous les formes d&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie, pluie de sauterelles ou autre d\u00e9sordre &#8230;<\/p>\n<p>Toutes ces pratiques nous paraissent d&rsquo;un autre \u00e2ge ? Il est vrai qu&rsquo;elles nous renvoient \u00e0 ce que fut notre Moyen \u00c2ge et que le pauvre P. Henri Dor\u00e9 s&rsquo;en arrachait les cheveux au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle d\u00e9sesp\u00e9rant pour de bon d&rsquo;un peuple aussi irr\u00e9m\u00e9diablement enfonc\u00e9 dans la b\u00eatise de pareilles absurdit\u00e9s !<\/p>\n<p>Taiwan d&rsquo;abord et d\u00e9sormais la Chine Populaire font tous les jours la preuve que ces croyances ne sont pas un frein \u00e0 la plus avanc\u00e9e et f\u00e9conde des modernit\u00e9s, \u00e0 la ma\u00eetrise des technologies de pointe et \u00e0 la recherche fondamentale dans les domaines les plus pointus. Ce \u00ab\u00a0myst\u00e8re chinois\u00a0\u00bb sur lequel nous sommes, bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, appel\u00e9s \u00e0 compter dans l&rsquo;espoir de ne pas devoir \u00ab\u00a0<em>\u00e9teindre d\u00e9finitivement la lumi\u00e8re<\/em>\u00a0\u00bb tr\u00e8s vite, non seulement n&rsquo;est pas un obstacle \u00e0 une modernit\u00e9 raisonn\u00e9e, mais pourrait peut-\u00eatre m\u00eame servir d&rsquo;antidote \u00e0 bien des poisons que nous distillent les options que nous avons choisies, nous, sur le chemin de ladite modernit\u00e9.<\/p>\n<p>Il nous reste \u00e0 \u00e9voquer tout ce qui concerne la qu\u00eate de l&rsquo;immortalit\u00e9 et les recherches alchimiques qui se sont fix\u00e9 ce but. C&rsquo;est le c\u0153ur m\u00eame du <em>daojiao<\/em> ! Raison pour laquelle il ne saurait \u00eatre question d&rsquo;aborder ce sujet, qui va nous mener vers des hauteurs mystico-m\u00e9taphysiques, en fin de parcours, \u00e0 la va-vite et avec des lecteurs (il nous en reste beaucoup \u00e0 ce stade ?) compl\u00e8tement essor\u00e9s ! Nous ne manquerons pas d&rsquo;y revenir &#8230; \u00e0 t\u00eate repos\u00e9e.<\/p>\n<p>==================================================================<br \/>\n\u00ab\u00a0<u>Le continent des esprits<\/u> \/ La Chine dans le miroir du tao\u00efsme\u00a0\u00bb John Lagerwey .- \u00c9d. Maisonneuve &amp; Larose 1993<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<u>Aux portes du ciel<\/u>\u00a0\u00bb \/ La statuaire tao\u00efste au Hunan\u00a0\u00bb Patrice Fava,\u00a0\u00c9d. Les Belles Lettres EFEO 2014<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<u>Le corps tao\u00efste<\/u>\u00a0\u00bb Kristofer Schipper,\u00a0Ed. Fayard 1982<\/p>\n<p>Il nous est, \u00e9videmment, impossible ici de citer les tr\u00e8s nombreux ouvrages sur le sujet. On y trouve un peu d\u2019ivraie, celle\u00a0qui prolif\u00e8re en surfant sur la vague commerciale du new age, mais beaucoup de bon grain car nous avons en France d\u2019excellents sp\u00e9cialistes de la question, pour n\u2019en citer qu\u2019une\u00a0: Isabelle Robinet.<\/p>\n<p>Par ailleurs, nous sugg\u00e9rons, pour un t\u00e9moignage en images, un DVD exceptionnel que l\u2019on peut commander au CNRS qui l\u2019a \u00e9dit\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<u>La revanche de Han Xin\u00a0: un myst\u00e8re tao\u00efste<\/u>\u00a0\u00bb de Patrice Fava, CNRS Images 2005<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/videotheque.cnrs.fr\/index.php?urlaction=doc&amp;id_doc=1217\">http:\/\/videotheque.cnrs.fr\/index.php?urlaction=doc&amp;id_doc=1217<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9. Troisi\u00e8me d&rsquo;une s\u00e9rie de trois.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/drapeau-ter.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-94221\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/drapeau-ter.jpg\" alt=\"\" width=\"147\" height=\"212\" \/><\/a>Pour ce troisi\u00e8me et (provisoirement) dernier volet de notre exploration du tao\u00efsme, nous sommes bien conscients de n&rsquo;entra\u00eener plus derri\u00e8re nous que ceux (et celles) qui ont mordu \u00e0 l&rsquo;hame\u00e7on des \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents. Autant dire des&#8230; adeptes ! 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