{"id":95708,"date":"2017-05-30T19:32:37","date_gmt":"2017-05-30T17:32:37","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=95708"},"modified":"2017-05-30T19:32:37","modified_gmt":"2017-05-30T17:32:37","slug":"chine-la-grande-lecon-de-choses-des-arbres-par-dd-dh","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/05\/30\/chine-la-grande-lecon-de-choses-des-arbres-par-dd-dh\/","title":{"rendered":"CHINE &#8211; La grande \u00ab\u00a0le\u00e7on de choses\u00a0\u00bb des arbres, par DD &#038; DH"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>L&rsquo;arbre<\/b> est un des grands et plus fondamentaux symboles communs \u00e0 toutes les civilisations et cultures et on le retrouve dans pratiquement la totalit\u00e9 des r\u00e9cits d&rsquo;origine de tous les grands mythes et cultes que l&rsquo;humanit\u00e9 a \u00e9labor\u00e9s. Nous sommes quelques uns, dans le cadre de ce blog, \u00e0 esp\u00e9rer, sans na\u00efvet\u00e9 excessive mais avec une petite dose de confiance, que la Chine peut ouvrir le chemin vers une pr\u00e9servation raisonn\u00e9e de notre environnement commun sur cette plan\u00e8te et nous ne faisons gu\u00e8re ici que tenter de rassembler les \u00e9l\u00e9ments qui autorisent \u00e0 nourrir cette petite lueur d&rsquo;optimisme. <!--more-->La forte charge symbolique de l&rsquo;arbre et l&rsquo;amour\/respect dont il est toujours l&rsquo;objet de la part des Chinois d&rsquo;aujourd&rsquo;hui nous invitent \u00e0 choisir d&rsquo;annexer ce th\u00e8me tr\u00e8s riche \u00e0 notre r\u00e9flexion sur le \u00ab\u00a0<i>yang sheng<\/i>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0nourrir sa vie\u00a0\u00bb) et \u00e0 voir l\u00e0 une raison d&rsquo;esp\u00e9rer que tout n&rsquo;est pas perdu !<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">On se souvient que l&rsquo;\u00e9lan vital dont rel\u00e8ve toute forme d&rsquo;existence, y compris sous ses aspects les plus \u00ab\u00a0inertes\u00a0\u00bb comme les montagnes, les rochers et les pierres, ne peut se concevoir en Chine qu&rsquo;en termes de processus autonome permanent, d&rsquo;animation globale orchestr\u00e9e selon des rythmes plus ou moins rapides et des transformations plus ou moins silencieuses \u00e0 base d&rsquo;alternances invariables (yin\/yang, phases de la lune, saisons&#8230;). Menant la danse dans ce<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>ballet cosmique des alternances (tel que le d\u00e9crivent les 8 Trigrammes et, plus finement, les 64 Hexagrammes du Yi Jing), sont essentiellement \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre les 5 agents (<i>wu xing<\/i>) : bois, feu, terre, m\u00e9tal et eau. Bien \u00e9videmment l&rsquo;arbre se rattache \u00e0 <b>l&rsquo;agent \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb<\/b> et, par l\u00e0, \u00e0 l&rsquo;est, \u00e0 la couleur verte, \u00e0 l&rsquo;aube et au printemps. Il est donc fortement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de renouveau et de souffles vitaux r\u00e9activ\u00e9s. <i>\u00ab\u00a0L&rsquo;id\u00e9ogramme choisi pour nommer la phase \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb d\u00e9signe moins le mat\u00e9riau que ce qu&rsquo;on pouvait appeler le \u00ab\u00a0syst\u00e8me arbre\u00a0\u00bb. [&#8230;] la graphie archa\u00efque du mot \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb repr\u00e9sente le tronc avec au-dessus la ramure et en-dessous les racines. Or les racines des arbres sont g\u00e9n\u00e9ralement invisibles ; donc figurer quelque chose qui ne se voit pas, c&rsquo;est repr\u00e9senter une id\u00e9e. La particularit\u00e9 du syst\u00e8me arbre tient au fait que, \u00e0 la diff\u00e9rence de la plupart des autres v\u00e9g\u00e9taux, les arbres poussent continuellement. Pendant la partie Yang de l&rsquo;ann\u00e9e (printemps et \u00e9t\u00e9), ils poussent vers le ciel, produisant branches, feuilles, fleurs et fruits ; pendant la partie Yin de l&rsquo;ann\u00e9e (automne et hiver), ils poussent vers la terre, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de laquelle ils enfoncent leurs racines<\/i>.\u00a0\u00bb (<b><i>Cyrille Javary<\/i><\/b>). Le flux de la s\u00e8ve orchestre le temps en s&rsquo;inversant et c&rsquo;est le moment de son retournement ascendant (non encore manifeste) qui a \u00e9t\u00e9 choisi comme marqueur du d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e (la F\u00eate du Printemps). L&rsquo;arbre constitue donc une sorte de calendrier. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs l&rsquo;image que les Chinois ont tr\u00e8s t\u00f4t adopt\u00e9e pour nommer les moments du temps (succession des ann\u00e9es et des heures) en instaurant un comput qui met bord \u00e0 bord deux s\u00e9ries de noms (d&rsquo;id\u00e9ogrammes), l&rsquo;une d\u00e9naire (les 10 <b>troncs <\/b>c\u00e9lestes) et l&rsquo;autre duod\u00e9naire (les 12 <b>branches <\/b>terrestres), le premier \u00ab\u00a0tronc\u00a0\u00bb revenant co\u00efncider avec la premi\u00e8re \u00ab\u00a0branche\u00a0\u00bb en arrivant au nombre 60 (60 ans constituant un \u00ab\u00a0grand cycle\u00a0\u00bb, esp\u00e9rance de vie longtemps consid\u00e9r\u00e9e comme tr\u00e8s estimable).<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Bien avant que soit mis en \u00e9vidence et formul\u00e9 chimiquement le ph\u00e9nom\u00e8ne de la photosynth\u00e8se, les Chinois ont attribu\u00e9 aux feuillages des arbres des pouvoirs r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateurs en lien avec l&rsquo;inspiration de souffles b\u00e9n\u00e9fiques. Quant \u00e0 leurs racines, on se doute qu&rsquo;elles ont \u00e9t\u00e9, par analogie de fonction, par\u00e9es de toutes sortes de vertus nourrissantes, fortifiantes et par l\u00e0 gu\u00e9risseuses, donc tr\u00e8s pr\u00e9sentes dans la pharmacop\u00e9e traditionnelle. S&rsquo;enfon\u00e7ant dans la terre pour s&rsquo;en nourrir et s&rsquo;\u00e9lan\u00e7ant vers le ciel pour en capter la lumi\u00e8re dont il a besoin, l&rsquo;arbre incarne le mod\u00e8le parfait des \u00e9changes Ciel\/Terre et de l&rsquo;harmonieuse circulation des flux vitaux. Tr\u00e8s sensibles au fait que les arbres, dans leur immense vari\u00e9t\u00e9, apparaissent \u00ab\u00a0programm\u00e9s\u00a0\u00bb, en fonction de l&rsquo;essence dont ils rel\u00e8vent, d\u00e8s le stade de graine, \u00e0 se conformer \u00e0 un certain type de d\u00e9veloppement (taille atteinte, diam\u00e8tre du tronc, aspect de l&rsquo;\u00e9corce et des feuilles, saison de floraison, vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 telle vari\u00e9t\u00e9 de parasites &#8230;), les Chinois en ont, d\u00e8s l&rsquo;antiquit\u00e9, d\u00e9duit l&rsquo;id\u00e9e que chacun des \u00ab\u00a0dix mille \u00eatres\u00a0\u00bb a sa propre nature et sa propre \u00ab\u00a0voie\u00a0\u00bb et que la conformit\u00e9 \u00e0 cette nature\/voie est la garante de l&rsquo;harmonie de l&rsquo;ensemble. Le tr\u00e8s large \u00e9ventail des essences, l&rsquo;extraordinaire diversit\u00e9 de leurs \u00ab\u00a0physionomies\u00a0\u00bb que chacun peut constater au sein du \u00ab\u00a0<i>syst\u00e8me arbre<\/i>\u00a0\u00bb ainsi que la vari\u00e9t\u00e9 des cadeaux naturellement et g\u00e9n\u00e9reusement offerts ont amen\u00e9 les hommes \u00e0 consid\u00e9rer les arbres comme des \u00eatres vivants \u00e0 part enti\u00e8re et, bien s\u00fbr, des partenaires et alli\u00e9s privil\u00e9gi\u00e9s dans le cadre de leur existence quotidienne. Bois de chauffage, bois de construction, huile, r\u00e9sines, laque, nourriture du ver \u00e0 soie, fruits de toute sorte et rem\u00e8des, l&rsquo;utilit\u00e9 des arbres et la n\u00e9cessit\u00e9 de les respecter et pr\u00e9server en \u00e9vitant leur gaspillage se sont impos\u00e9es tr\u00e8s t\u00f4t dans l&rsquo;histoire chinoise. La reconnaissance pour tous ces pr\u00e9sents s&rsquo;est manifest\u00e9e par une forme de culte dendrophile encore vivace aujourd&rsquo;hui : nombreux sont les villages qui ont un \u00ab\u00a0arbre sacr\u00e9\u00a0\u00bb. Etroitement associ\u00e9 au dieu du Sol, marquant un ancrage solide \u00e0 un point d&rsquo;attache identifi\u00e9, l&rsquo;arbre sacr\u00e9 n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement le plus grand ou le plus beau mais souvent le plus vieux (il joue aussi le r\u00f4le d&rsquo; \u00ab\u00a0arbre anc\u00eatre\u00a0\u00bb : il a \u00e9t\u00e9 contemporain des anc\u00eatres de tous les habitants). Il peut avoir \u00e9t\u00e9 choisi pour l&rsquo;extension de ses racines ou en fonction d&rsquo;un antique verdict de \u00ab\u00a0<i>fengshui<\/i>\u00ab\u00a0, mais tous sont d&rsquo;accord sur sa \u00ab\u00a0vertu\u00a0\u00bb (au sens chinois de \u00ab\u00a0<i>de<\/i>\u00ab\u00a0, l&rsquo;efficacit\u00e9) et en escomptent des bienfaits. En ville, les arbres sacr\u00e9s sont plus discrets mais bel et bien pr\u00e9sents : dans l&rsquo;enceinte imp\u00e9riale \u00e0 P\u00e9kin, dans les parcs et cours des temples de toute la Chine s&rsquo;enracinent tr\u00e8s augustement de tr\u00e8s vieux arbres que tous les \u00ab\u00a0changements de mandat\u00a0\u00bb (y compris la R\u00e9volution Culturelle) ont \u00e9pargn\u00e9s, m\u00eame quand les b\u00e2timents ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truits. Certains, ceints de rubans rouges, sont de v\u00e9ritables \u00e9quivalents-dieux. Il va de soi que la notion de \u00ab\u00a0longue vie\u00a0\u00bb joue un r\u00f4le de premier plan dans ce type de culte : d&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, m\u00eame chez les esp\u00e8ces les plus ordinaires, l&rsquo;arbre vit beaucoup plus vieux que l&rsquo;homme qui l&rsquo;a vu na\u00eetre. L&rsquo;id\u00e9e de le prendre pour mod\u00e8le et de s&rsquo;en inspirer pour \u00ab\u00a0nourrir sa vie\u00a0\u00bb n&rsquo;est donc jamais bien loin. Ainsi la conviction que l&rsquo;arbre alimente la vitalit\u00e9 entra\u00eene des comportements qui nous \u00e9tonnent un peu : il est fr\u00e9quent de voir dans des parcs des personnes (souvent assez \u00e2g\u00e9es) tenir un tronc embrass\u00e9, se frotter le dos contre un arbre ou tendre les paumes ouvertes vers son influx r\u00e9g\u00e9n\u00e9rateur. <\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b01.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95714\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b01.jpg\" alt=\"\" width=\"945\" height=\"615\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b01.jpg 945w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b01-300x195.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b01-768x500.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 945px) 100vw, 945px\" \/><\/a><br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95713\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02.jpg\" alt=\"\" width=\"1144\" height=\"596\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02.jpg 1144w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02-300x156.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02-768x400.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b02-1024x533.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1144px) 100vw, 1144px\" \/><\/a><\/p>\n<p>Mais ce ne sont pas pour autant les arbres les plus majestueux et colossaux qui ont la meilleure cote ! S\u00e9quoias, palissandres, santals et camphriers au format g\u00e9ant sont appr\u00e9ci\u00e9s pour leur tour de taille quand il s&rsquo;agit d&rsquo;en faire des colonnes de temples et palais ou d&rsquo;y sculpter des statues susceptibles de figurer au Guinness Book des records, mais au palmar\u00e8s du prestige, tel pin de montagne tordu et souffreteux a toutes les chances de leur damer le pion haut la main\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95712\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03.jpg\" alt=\"\" width=\"1215\" height=\"804\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03.jpg 1215w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03-300x199.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03-768x508.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b03-1024x678.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1215px) 100vw, 1215px\" \/><\/a>La beaut\u00e9 d&rsquo;un arbre chinois ob\u00e9it \u00e0 des crit\u00e8res qui ne sont pas d&rsquo;abord esth\u00e9tiques. \u00ab\u00a0Un arbre est beau non pas parce qu&rsquo;il correspond \u00e0 l&rsquo;un ou l&rsquo;autre crit\u00e8re humain d&rsquo;une beaut\u00e9 d\u00e9finie par une \u00e9cole ou un groupe d&rsquo;individus; il est beau parce qu&rsquo;il re\u00e7oit suffisamment de ce qui nourrit sa nature d&rsquo;arbre, qu&rsquo;il pousse en utilisant toutes ses ressources selon la condition du terrain et des circonstances. Il peut pr\u00e9senter des formes diff\u00e9rentes, sa beaut\u00e9 vient toujours de la conformit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;organisation vitale sous-jacente \u00e0 toute forme de vie.\u00a0\u00bb (E. Rochat de la Vall\u00e9e). En Chine o\u00f9 l&rsquo;on est si volontiers mat\u00e9rialiste, l&rsquo;utilit\u00e9 est certes pris\u00e9e \u00e0\u00a0sa juste valeur, mais, \u00e0 partir des Tang (VIIIe s.), l&rsquo;inutilit\u00e9 ch\u00e8re aux tao\u00efstes l&#8217;emporte en mati\u00e8re de prestige. La po\u00e9sie et la peinture donnent alors la pleine mesure de ce go\u00fbt pour l&rsquo;arbre inutilisable parce que tordu et perclus de bosses et de cicatrices : son adaptation obstin\u00e9e \u00e0 un environnement hostile et surtout son refus de se soumettre \u00e0 un trivial usage purement utilitaire le placent au niveau des plus grands sages et d\u00e9terminent sa place de choix dans le c\u0153ur des Chinois.<\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">\u00ab\u00a0<i>Le sophora pousse dans un nid de cailloux<br \/>\nEt s&rsquo;enracine orphelin au sol sombre et glac\u00e9<\/i>.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"> Ces deux vers liminaires d&rsquo;un po\u00e8me de <b><i>Bao Zhao<\/i><\/b> (416-466) illustrent ce penchant qui va bient\u00f4t culminer dans la peinture \u00e0 l&rsquo;encre et qui n&rsquo;a, \u00e0 ce jour, pas faibli. Depuis les Tang, la peinture classique chinoise, celle dite \u00ab\u00a0de paysage\u00a0\u00bb (qui se dit en r\u00e9alit\u00e9 \u00ab\u00a0montagne et eau\u00a0\u00bb, <i>shan shui<\/i>) fait une large place aux arbres. A \u00e9t\u00e9 scrupuleusement catalogu\u00e9e et codifi\u00e9e au fil des si\u00e8cles toute une s\u00e9rie de poncifs (\u00ab\u00a0patterns\u00a0\u00bb dirait-on en anglais) mis \u00e0 la disposition du peintre en fonction de ce que son ou ses arbres doivent communiquer au spectateur. On retrouve le r\u00e9pertoire et le mode d&#8217;emploi de ces poncifs dans le manuel de peinture dit du \u00ab\u00a0<\/span><span class=\"s2\"><b>Jardin en grain de moutarde<\/b><\/span><span class=\"s1\">\u00a0\u00bb (vers 1689) que cite <b><i>Claude Larre<\/i><\/b> : \u00ab\u00a0<i>Arbres d\u00e9nud\u00e9s. Commencer par les plus petites branches ; disposition en V. Rendu des troncs : ordre des traits, le premier est celui de gauche, etc. Groupement des arbres : ils se regardent avec sentimentalit\u00e9. R\u00e8gle de l&rsquo;h\u00f4te et de l&rsquo;invit\u00e9 dans le regroupement. [&#8230;] Avec indication pour les aiguilles de pin, du meilleur ordre pour disposer chaque aiguille dans une pelote de dix. Exemples de feuillages : en grains de poivre, en traces de rats, feuillages horizontaux, verticaux, interrompus<\/i>.\u00a0\u00bb <\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Des milliers de peintures (ni jamais tout \u00e0 fait les m\u00eames, ni jamais tout \u00e0 fait autres) recensent ainsi tous les arp\u00e8ges du pinceau dans toutes les partitions possibles sur le th\u00e8me de l&rsquo;arbre : dans le poncif global \u00ab\u00a0montagne et eau\u00a0\u00bb, l&rsquo;arbre repr\u00e9sente le niveau humain et le choix de son traitement au pinceau exprimera par cons\u00e9quent de fa\u00e7on allusive les sentiments et \u00e9tats d&rsquo;\u00e2me du peintre. C&rsquo;est pourquoi des arbres peints sur la soie ou le papier en disent parfois long sur les difficult\u00e9s d&rsquo;une \u00e9poque et les vicissitudes travers\u00e9es par ceux qui maniaient le pinceau (faute peut-\u00eatre de pouvoir s&rsquo;exprimer autrement) dans des p\u00e9riodes troubl\u00e9es. Le plus r\u00e9v\u00e9lateur dans ce sens est le motif assez fr\u00e9quent de l&rsquo;arbre qui pousse tant bien que mal \u00e0 l&rsquo;horizontale en pleine roche au flanc vertical et abrupt d&rsquo;une falaise. Bravant les lois naturelles. Envers et contre tout !<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95711\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04.jpg\" alt=\"\" width=\"1215\" height=\"718\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04.jpg 1215w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04-300x177.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04-768x454.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b04-1024x605.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1215px) 100vw, 1215px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Sans aller jusqu&rsquo;\u00e0 cette posture de d\u00e9fi, l&rsquo;arbre qu&rsquo;on v\u00e9n\u00e8re ne peut avoir d&rsquo;utilit\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 la marge : le catalpa fera \u00e0 la rigueur un bois de cercueil de grand prestige ; le saule, suppos\u00e9 d\u00e9monifuge, offrira ses rameaux printaniers au balayage des tombes \u00e0 <i>Qingming<\/i> (F\u00eate de Morts le 4 avril) ; une branche du prunier qui s&rsquo;enhardit \u00e0 fleurir sous les derniers frimas de l&rsquo;hiver (l&rsquo;arbre sous lequel serait n\u00e9 Laozi !) sera offerte au retrait\u00e9 \u00e0 qui l&rsquo;on souhaite une vieillesse alerte et robuste ; le p\u00eacher, \u00e9troitement li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;immortalit\u00e9, pr\u00eatera son bois et m\u00eame les noyaux de ses fruits \u00e0 la fabrication tao\u00efste de toute une gamme d&rsquo;amulettes et talismans de longue vie ; mais les plus r\u00e9v\u00e9r\u00e9s semblent devoir \u00eatre pour toujours certains conif\u00e8res. Non seulement les rigueurs hivernales et les conditions climatiques extr\u00eames ne semblent pas les affecter, mais ils apparaissent capables de se jouer de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>toutes les difficult\u00e9s de terrains rocailleux et accident\u00e9s. Pins et cypr\u00e8s acqui\u00e8rent d&rsquo;ailleurs avec le grand \u00e2ge des troncs noueux, bossel\u00e9s, tordus, secs et comme morts qui ne se distinguent plus gu\u00e8re de la pierre elle-m\u00eame. La croyance populaire veut qu&rsquo;il n&rsquo;y ait pas de diff\u00e9rence essentielle entre une roche et un arbre qui s&rsquo;accommode de s&rsquo;y enraciner : \u00e0 la longue, dit-on, le bois du pin des montagnes se transforme, par \u00ab\u00a0sympathie\u00a0\u00bb naturelle et \u00e9changes de \u00ab\u00a0<i>qi<\/i>\u00ab\u00a0, en la m\u00eame pierre que l&rsquo;\u00e0-pic o\u00f9 il s&rsquo;accroche de toutes ses racines. C&rsquo;est du reste l&rsquo;estime d\u00e9mesur\u00e9e pour ces arbres\/ermites des lieux escarp\u00e9s (dont les plus remarquables exemplaires se trouvent dans les <i>Huangshan<\/i>, les Monts Jaunes) qui a incit\u00e9 les Chinois \u00e0 lancer \u00e0 la nature un type de d\u00e9fi lui aussi hors du commun : susciter, fabriquer, contr\u00f4ler et diriger artificiellement la croissance d&rsquo;un arbre de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&rsquo;il puisse orner la table du lettr\u00e9 et offrir au regard, en r\u00e9duction, toutes les caract\u00e9ristiques qu&rsquo;il aurait probablement pu avoir au bout de quelques si\u00e8cles. Ces arbres nanifi\u00e9s et vieillis par toute une gamme de tortures savantes nous sont connus par leur nom japonais de \u00ab\u00a0bonza\u00ef\u00a0\u00bb, mais la pratique est chinoise et remonte \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des Song (Xe, XIe s.) d&rsquo;un raffinement culturel parfois un peu d\u00e9cadent. Cette marotte pour les \u00ab\u00a0<i>penjing<\/i>\u00a0\u00bb ( \u00ab\u00a0paysages en cuvette\u00a0\u00bb, nom chinois des \u00ab\u00a0bonza\u00ef\u00a0\u00bb) n&rsquo;est pas qu&rsquo;une lubie de mandarins capricieux ou trop flemmards pour \u00ab\u00a0se rendre en visite \u00e0 la montagne\u00a0\u00bb, comme le dit la langue chinoise, elle est profond\u00e9ment impr\u00e9gn\u00e9e de la philosophie du \u00ab\u00a0<i>yang sheng<\/i>\u00ab\u00a0. La technique tr\u00e8s sophistiqu\u00e9e qui est mise en \u0153uvre se pr\u00e9occupe en premier lieu du ralentissement de la s\u00e8ve et de l&rsquo;allongement progressif, par des \u00ab\u00a0plis de dragon\u00a0\u00bb des vaisseaux qu&rsquo;elle parcourt. Les mouvements de base de la gymnastique tao\u00efste dans la qu\u00eate d&rsquo;immortalit\u00e9 ne sont pas autre chose, mutatis mutandis et en changeant d&rsquo;\u00e9chelle, que ces \u00e9tirements et contorsions non naturelles du corps en vue de ralentir et contr\u00f4ler toutes les formes de circulation interne, celles-l\u00e0 m\u00eames qu&rsquo;on impose aux arbres qu&rsquo;on r\u00eave de rendre immortels sous la forme obtenue au terme de leur yoga forc\u00e9.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b05.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95710\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b05.jpg\" alt=\"\" width=\"1002\" height=\"804\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b05.jpg 1002w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b05-300x241.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b05-768x616.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1002px) 100vw, 1002px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">La Chine est relativement pauvre en arbres utiles. Ses principales for\u00eats exploitables se trouvent dans les massifs montagneux du Grand Kinghan de l&rsquo;ex-Mandchourie. L&rsquo;actualit\u00e9 toute r\u00e9cente (5 mai 2017) fait \u00e9tat d&rsquo;un nouvel incendie dans cette zone r\u00e9guli\u00e8rement ravag\u00e9e par le feu. Le plus terrible de ces incendies \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque contemporaine a eu lieu en mai 1987, d\u00e9truisant sans pouvoir \u00eatre ma\u00eetris\u00e9 70% de la for\u00eat et faisant 200 morts et 50 millions de sans abri. Cette ressource est donc fragile et n&rsquo;est actuellement pas enti\u00e8rement reconstitu\u00e9e. Ailleurs, le patrimoine forestier ancien est tr\u00e8s limit\u00e9 : en 1949, \u00e0 l&rsquo;av\u00e8nement de la RPC, si l&rsquo;on excepte les quelques arbres intouchables parce que sacr\u00e9s que nous avons \u00e9voqu\u00e9s, la Chine est enti\u00e8rement d\u00e9bois\u00e9e, la terre dans les zones habit\u00e9es y est pel\u00e9e et nue comme le dos de la main car les arbres que les guerres (sino-japonaise et civile) n&rsquo;ont pas d\u00e9truits en pr\u00e8s de 20 ans ont \u00e9t\u00e9 litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0d\u00e9vor\u00e9s\u00a0\u00bb par une population affam\u00e9e en qu\u00eate de bois pour faire du feu et de feuilles, \u00e9corces et racines \u00e0 mettre dans la marmite ! Voyez des photos de l&rsquo;\u00e9poque : elles montrent d&rsquo;\u00e9tonnants paysages quasi lunaires. Quant aux arbres replant\u00e9s avec ardeur dans les ann\u00e9es 50, un nombre non n\u00e9gligeable d&rsquo;entre eux a,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>h\u00e9las, fourni du bois pour alimenter les hauts-fourneaux de poche du Grand Bond et contribu\u00e9 \u00e0 produire un acier inutilisable !<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\">Actuellement, pour ses besoins en bois utilitaire, nous le savons car nous sommes directement concern\u00e9s, la Chine se tourne beaucoup vers l&rsquo;importation et elle est, depuis quelques d\u00e9cennies, extr\u00eamement demandeuse (et pr\u00eate \u00e0 payer cher et rubis sur l&rsquo;ongle) d&rsquo;une forte quantit\u00e9, sous forme de grumes, de nos ch\u00eanes fran\u00e7ais (dont une partie nous revient transform\u00e9e en parquets stratifi\u00e9s pr\u00eats \u00e0 poser !). Non seulement la Chine veut d\u00e9sormais pr\u00e9server sa propre for\u00eat primaire, mais elle est confront\u00e9e \u00e0 un probl\u00e8me tr\u00e8s aigu de d\u00e9sertification. Le d\u00e9sert de Gobi gagne inexorablement du terrain et les temp\u00eates terribles qui s&rsquo;y forment emportent chaque fois des millions de m<\/span><span class=\"s3\"><sup>3<\/sup><\/span><span class=\"s1\"> de poussi\u00e8re vers P\u00e9kin, la Cor\u00e9e et le Japon. Ce sont ces col\u00e8res du \u00ab\u00a0Dragon jaune\u00a0\u00bb renforc\u00e9es par la pollution industrielle qui asphyxient toute la Chine du nord certains jours de printemps ! La Chine a entrepris de r\u00e9pondre \u00e0 ce d\u00e9fi en entreprenant le chantier \u00ab\u00a0\u00e9cologique\u00a0\u00bb les plus colossal au monde : \u00e9difier face au Gobi et \u00e0 sa menace une \u00ab\u00a0Grande Muraille Verte\u00a0\u00bb, soit une ceinture plant\u00e9e de 4500 km du Xinjiang au Heilongjiang. Les travaux commenc\u00e9s en 1978 devraient s&rsquo;achever vers 2070. Un si\u00e8cle de lutte contre une nature hostile et, de surcro\u00eet, tr\u00e8s malmen\u00e9e par la marche forc\u00e9e de la Chine vers le statut de grande puissance ! La chose n&rsquo;est pas simple et le projet donne lieu en Chine m\u00eame \u00e0 de s\u00e9rieuses controverses. On estime que la couverture foresti\u00e8re s&rsquo;est accrue de 13 millions d&rsquo;hectares depuis 2008, mais les temp\u00eates d\u00e9truisent les jeunes arbres comme on abat des quilles, certaines essences succombent \u00e0 des \u00e9pid\u00e9mies ou s&rsquo;adaptent plus mal que pr\u00e9vu au sable et aux cailloux. Certains sp\u00e9cialistes doutent de l&rsquo;efficacit\u00e9 d&rsquo;une mono-plantation comme celle que l&rsquo;on obtient par ensemencement a\u00e9rien, d&rsquo;autres sont sceptiques quant au probl\u00e8me de l&rsquo;eau. Mais le chantier se poursuit activement co\u00fbte que co\u00fbte car le gouvernement chinois n&rsquo;a pas le choix : disons qu&rsquo;il tient \u00e0 honorer ses engagements de la COP 21 \u00e0 r\u00e9duire drastiquement ses \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, mais ajoutons que, s&rsquo;il veut garder le pouvoir, il a le couteau sous la gorge et est oblig\u00e9 d&rsquo;engranger des r\u00e9sultats probants dans ce domaine de l&rsquo;\u00e9cologie auquel la population est, \u00e0 force de souffrir d&rsquo;effets n\u00e9fastes \u00e0 sa sant\u00e9 et \u00e0 celle de ses enfants, extr\u00eamement sensible ! Cent milliards d&rsquo;arbres devront \u00e0 terme avoir bois\u00e9 250 000 km2, soit \u00e0 peu pr\u00e8s l&rsquo;\u00e9quivalent de 6 fois la Suisse. Le Serpent vert doit imp\u00e9rativement juguler le Dragon jaune &#8230; Question de survie. Pour nous tous !<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-95709\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06.jpg\" alt=\"\" width=\"1049\" height=\"804\" srcset=\"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06.jpg 1049w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06-300x230.jpg 300w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06-768x589.jpg 768w, https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/photo-n\u00b06-1024x785.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1049px) 100vw, 1049px\" \/><\/a><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>Ouvrages cit\u00e9s<\/b><\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><em><span class=\"s2\">La souplesse du dragon<\/span><span class=\"s1\">. <\/span><span class=\"s4\">Les fondamentaux de la culture chinoise<\/span><\/em><span class=\"s4\">, par<\/span><span class=\"s1\">\u00a0Cyril J-D Javary<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(Ed. Albin Michel 2014)<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><em><span class=\"s2\">Esth\u00e9tiques du quotidien en Chine<\/span><\/em><span class=\"s1\">\u00a0(ouvrage collectif) : Chap. \u00ab\u00a0<\/span><span class=\"s4\">L&rsquo;harmonieuse beaut\u00e9 de la sant\u00e9\u00a0\u00bb<\/span><span class=\"s1\"> Elisabeth Rochat de la Vall\u00e9e. (Ed. du Regard 2016)<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><em><span class=\"s2\">Les Chinois<\/span><\/em><span class=\"s2\">, par<\/span><span class=\"s1\"><span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Claude Larre<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>(Ed. Philippe Auzou-Lidis 1982)<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s1\"><b>L&rsquo;arbre<\/b> est un des grands et plus fondamentaux symboles communs \u00e0 toutes les civilisations et cultures et on le retrouve dans pratiquement la totalit\u00e9 des r\u00e9cits d&rsquo;origine de tous les grands mythes et cultes que l&rsquo;humanit\u00e9 a \u00e9labor\u00e9s. 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