{"id":96347,"date":"2017-06-23T12:17:27","date_gmt":"2017-06-23T10:17:27","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=96347"},"modified":"2017-06-23T12:39:19","modified_gmt":"2017-06-23T10:39:19","slug":"la-politique-du-gros-dos-a-bon-dos-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/06\/23\/la-politique-du-gros-dos-a-bon-dos-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>LA POLITIQUE DU GROS DOS A BON DOS<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Imparfaitement construite, l\u2019union mon\u00e9taire est-elle condamn\u00e9e au d\u00e9mant\u00e8lement ou peut-elle se renforcer et comment ? Il fallut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas bien arm\u00e9e lorsque la crise bancaire est brutalement intervenue, suivie par celle de la dette souveraine puis par l\u2019interaction entre les deux. La <i>philosophie<\/i> du Trait\u00e9 de Maastricht voulant que chacun de ses signataires en fasse son affaire rencontrait alors ses limites, qui n\u2019ont pas depuis \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9es.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Il a fallu improviser dans l\u2019urgence, car il est vite apparu que le sort des banques et des \u00c9tats \u00e9taient \u00e9troitement li\u00e9s et ne tenait aucunement compte des fronti\u00e8res. Les juridictions fiscales, pour employer le jargon, \u00e9taient d\u00e9pass\u00e9es par les \u00e9v\u00e8nements, les autorit\u00e9s politiques confront\u00e9es \u00e0 la m\u00e9connaissance d\u2019un monde financier qui leur imposait sa loi. La surveillance des d\u00e9ficits publics par la Commission \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre une panac\u00e9e, et la BCE devait faire feu de tout bois en d\u00e9veloppant ses op\u00e9rations mon\u00e9taires sur titres (programme OMT), ainsi qu\u2019en injectant des masses de liquidit\u00e9 \u00e0 taux quasi z\u00e9ro dans le syst\u00e8me financier, qui en a fait ses choux gras. Les gouvernements suivirent le mouvement, s\u2019y prenant \u00e0 deux fois pour finalement cr\u00e9er le M\u00e9canisme europ\u00e9en de stabilit\u00e9 (MES) et le doter de capacit\u00e9s financi\u00e8res. Puis en lan\u00e7ant l\u2019Union bancaire, qui est toujours dans l\u2019attente de la constitution de son troisi\u00e8me volet &#8211; l\u2019assurance europ\u00e9enne des d\u00e9p\u00f4ts &#8211; pour cause de total d\u00e9saccord.<\/p>\n<p>Si le pire a pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9, les \u00e9normes faiblesses du dispositif sont apparues, mena\u00e7ant de d\u00e9mant\u00e8lement l\u2019Union mon\u00e9taire. S\u2019il a permis de faire face aux crises de liquidit\u00e9, il n\u2019\u00e9tait pas op\u00e9rant face \u00e0 l\u2019insolvabilit\u00e9. Comment alors y rem\u00e9dier ? Les propositions qui sont actuellement sur le tapis ne sont pas \u00e0 la mesure des enjeux. En instituant un minist\u00e8re de l\u2019\u00e9conomie, ou des finances, et en proposant l\u2019adoption d\u2019un budget d\u2019investissement commun, il est recherch\u00e9 de cr\u00e9er les conditions d\u2019une relance qui desserrerait l\u2019\u00e9tau de la r\u00e9duction des d\u00e9ficits budg\u00e9taires en accroissant les recettes fiscales. Tout en se pr\u00e9parant sans s\u2019en vanter \u00e0 traverser un tunnel dans l\u2019attente d\u2019hypoth\u00e9tiques r\u00e9sultats. L\u2019absurdit\u00e9 des d\u00e9bats engag\u00e9s au sein de l\u2019Eurogroupe \u00e0 propos des objectifs d\u2019exc\u00e9dent budg\u00e9taire primaire de la Gr\u00e8ce (avant remboursement de la dette) est \u00e9clatante, de m\u00eame que les pr\u00e9visions qui rendraient soutenables l\u2019endettement italien, qui est trop prononc\u00e9 pour \u00eatre r\u00e9sorb\u00e9. Il e\u00fbt fallu une inflation galopante, mais elle n\u2019est pas au rendez-vous.<\/p>\n<p>On ne peut que le r\u00e9p\u00e9ter : prises \u00e0 leur propre pi\u00e8ge pour avoir transf\u00e9r\u00e9 aux institutions publiques la dette bancaire priv\u00e9e, les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes ne peuvent pas politiquement assumer les pertes d\u2019une restructuration des dettes. La crise politique, en passe d\u2019\u00eatre provisoirement calm\u00e9e, repartirait de plus belle.<\/p>\n<p>Les projets qui sont agit\u00e9s sont encore flous et \u00e9ludent par voie de n\u00e9cessit\u00e9 la mutualisation des ressources. Les vraies questions apparaitront lorsque seront abord\u00e9s les attributions et les pr\u00e9rogatives d\u2019un hypoth\u00e9tique minist\u00e8re europ\u00e9en, ainsi que la taille de l\u2019enveloppe budg\u00e9taire sur lequel il pourrait s\u2019appuyer pour agir.<\/p>\n<p>En Allemagne, il est propos\u00e9 que les d\u00e9cisions du futur Fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en en question soient prises \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9, une mani\u00e8re de verrouiller le dispositif en s\u2019accordant le droit de v\u00e9to. On connait d\u00e9j\u00e0 les effets d\u2019une telle r\u00e8gle, qui n\u2019existe d\u2019ailleurs pas au sein du FMI et de la BCE\u00a0: elle a repr\u00e9sent\u00e9 un d\u00e9sastreux obstacle \u00e0 toute d\u00e9finition d\u2019une politique fiscale commune au sein de l\u2019Union et laiss\u00e9 prosp\u00e9rer les pires pratiques fiscales. La stricte politique de conditionnalit\u00e9 qui est \u00e9galement revendiqu\u00e9e dans ce nouveau cadre est pour sa part \u00e0 contrecourant, le FMI \u00e9tudiant actuellement un nouveau programme d&rsquo;urgence qui abandonnerait le principe d\u2019un acc\u00e8s conditionn\u00e9 \u00e0 la mise en \u0153uvre de r\u00e9formes structurelles pour faire face aux d\u00e9veloppements attendus de la crise mon\u00e9taire mondiale.<\/p>\n<p>Pr\u00eachant avec constance dans le d\u00e9sert, le think tank bruxellois Bruegel revient m\u00e9ritoirement \u00e0 la charge avec son projet de m\u00e9canisme juridique et financier europ\u00e9en de restructuration de la dette souveraine. Cette juridiction sp\u00e9cialis\u00e9e aurait pour vocation de pr\u00e9venir les d\u00e9fauts sur celle-ci et de la rendre soutenable lorsque n\u00e9cessaire, une fois la d\u00e9cision prise par le Fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en en \u00e9troite liaison avec le MES.<\/p>\n<p>L\u2019adoption d\u2019un tel sch\u00e9ma ayant pour objectif de r\u00e9gler \u00e0 froid un probl\u00e8me est-il r\u00e9aliste ? Il faudrait pour cela que l\u2019Union mon\u00e9taire en soit r\u00e9duite \u00e0 ses derni\u00e8res extr\u00e9mit\u00e9s, alors qu\u2019il sera toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, comme c\u2019est actuellement le cas, de repousser au plus tard possible le moment des d\u00e9cisions improvis\u00e9es, politiquement douloureuses et non sans risques.<\/p>\n<p>Pour ne pas parler de la Gr\u00e8ce, c\u2019est le cas en Italie, et en Espagne o\u00f9 pour le moment l\u2019achat des petites banques \u00e0 la d\u00e9rive par les plus gros \u00e9tablissements bat son plein. La concentration bancaire se r\u00e9alise dans des conditions pas toujours clairement divulgu\u00e9es, entre le sort d\u00e9volu aux actifs toxiques dont il faudra bien \u00e9ponger les pertes et celui r\u00e9serv\u00e9 aux cr\u00e9ances bancaires garanties par l\u2019\u00c9tat. Le poids des grandes banques s\u2019accro\u00eet, ce qui n\u2019est pas synonyme de leur renforcement, si l\u2019on consid\u00e8re que les \u00e9tablissements reconnus syst\u00e9miques ont droit \u00e0 un traitement renforc\u00e9 des r\u00e9gulateurs. Mais cela met en \u00e9vidence qu\u2019un savoir-faire a \u00e9t\u00e9 incontestablement acquis dans l\u2019art de durer sans rien r\u00e9soudre.<\/p>\n<p>Dans tous les domaines o\u00f9 elle est mise en \u0153uvre, c\u2019est une politique, mais ce n\u2019est pas une issue.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Imparfaitement construite, l\u2019union mon\u00e9taire est-elle condamn\u00e9e au d\u00e9mant\u00e8lement ou peut-elle se renforcer et comment ? Il fallut se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait pas bien arm\u00e9e lorsque la crise bancaire est brutalement intervenue, suivie par celle de la dette souveraine puis par l\u2019interaction entre les deux. 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