{"id":96882,"date":"2017-07-06T13:05:40","date_gmt":"2017-07-06T11:05:40","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=96882"},"modified":"2017-07-06T17:19:22","modified_gmt":"2017-07-06T15:19:22","slug":"les-cochons-de-payeurs-sont-toujours-de-corvee-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/07\/06\/les-cochons-de-payeurs-sont-toujours-de-corvee-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"<b>LES COCHONS DE PAYEURS SONT TOUJOURS DE CORV\u00c9E<\/b>, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>Les r\u00e9cents sauvetages des banques italiennes vont faire supporter par les contribuables 24 milliards d\u2019euros d\u2019aide, selon un d\u00e9compte du Wall Street Journal. Quelles que soient les contorsions dont font preuve les autorit\u00e9s dans la justification de leurs choix, le moins que l\u2019on puisse dire est que leur image n&rsquo;en sort pas une fois de plus renforc\u00e9e, l\u2019Union bancaire dont ils se sont pr\u00e9valus comme d\u2019une grande r\u00e9ussite ayant comme principale mission de les prot\u00e9ger.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Au profit de recapitalisations par pr\u00e9caution ou de liquidations, les modalit\u00e9s de r\u00e9solution de l\u2019Union bancaire n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es en Italie, avec le blanc-seing de la BCE et de la Commission. En Espagne, \u00e0 contrario, le sauvetage de Banco Popular est pr\u00e9sent\u00e9 comme un exemple, mais il faut toujours regarder dans les petits coins sombres en cette mati\u00e8re. Il a par exemple \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9 que la fusion de Bankia et de Banco Mare Nostrum (BMN), qui est intervenue auparavant, allait avoir comme incidence 1,7 milliards d\u2019euros de pertes pour le fonds de restructuration des banques espagnoles (FROB) financ\u00e9 par l\u2019\u00c9tat, au titre seul de 2016.<\/p>\n<p>Consciente du mauvais effet des sauvetages italiens, pour lesquels 17 milliards de fonds publics ont \u00e9t\u00e9 mobilis\u00e9s sous une forme ou sous une autre, la Commissaire europ\u00e9enne \u00e0 la concurrence Margrethe Vestager a r\u00e9pliqu\u00e9 : \u00ab\u00a0je ne vois pas d&rsquo;impact sur l&rsquo;Union bancaire en tant que telle. Nous sommes tous dans un processus d&rsquo;apprentissage des nuances et comment ces r\u00e8gles fonctionnent\u00a0\u00bb. Puis elle a tent\u00e9 une pauvre d\u00e9fense en faisant valoir que chaque pays de l&rsquo;Union europ\u00e9enne avait dans le domaine bancaire \u00ab\u00a0une histoire, des structures et un niveau de concentration diff\u00e9rents\u00a0\u00bb et que la r\u00e9glementation de l\u2019Union bancaire n\u2019avait pas r\u00e9ponse \u00e0 tout, car \u00ab\u00a0nous sommes tous dans un processus d&rsquo;apprentissage des nuances et de comment ces r\u00e8gles fonctionnent\u00a0\u00bb. Pour un peu, elle lancerait que les exceptions confirment les r\u00e8gles&#8230;<\/p>\n<p>Dani\u00e8le Nouy, qui pr\u00e9side le Single Supervisory Mechanism (SMS) abrit\u00e9 par la BCE, s\u2019est pr\u00e9value du test formellement r\u00e9ussi de Banco Popular, mais son adjointe Sabine Lautenschl\u00e4ger a fait valoir que l\u2019Union bancaire \u00ab\u00a0\u00e9tait un projet \u00e0 long terme\u00a0\u00bb, et que \u00ab il fallait reconna\u00eetre qu\u2019il restait \u00e0 faire\u00a0\u00bb. Entretemps, la Commission a donn\u00e9 son feu vert \u00e0 la restructuration de la banque Monte dei Paschi di Siena, et autoris\u00e9 d\u00e9finitivement une aide publique d&rsquo;un montant de 5,4 milliards d&rsquo;euros&#8230;<\/p>\n<p>La pl\u00e9iade des autorit\u00e9s plac\u00e9es au chevet du syst\u00e8me bancaire europ\u00e9en a encore beaucoup de pain sur la planche. Dans le cas de l\u2019Italie, le sort de 40 milliards de <i>pr\u00eats non performants<\/i> (NPL) a \u00e9t\u00e9 r\u00e9gl\u00e9, mais cela laisse encore en suspens celui de 320 milliards d\u2019euros de titres class\u00e9s dans cette m\u00eame cat\u00e9gorie. Et dans d\u2019autres pays, comme la Gr\u00e8ce et le Portugal, les banques contribuent \u00e0 cette montagne d\u2019actifs toxiques que nul ne sait comment traiter.<\/p>\n<p>Les miettes sont trop grosses pour \u00eatre gliss\u00e9es sous le tapis, ouvrant un concours aux solutions. Andrea Enria, le pr\u00e9sident de l\u2019Autorit\u00e9 bancaire europ\u00e9enne (EBA), pr\u00e9conise la cr\u00e9ation d\u2019une bad bank europ\u00e9enne dont le fonctionnement \u00e9luderait toute mutualisation des pertes. Mais si Klaus Regling du MES l\u2019a suivi, ce n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le cas de Wolfgang Sch\u00e4uble qui n\u2019en a pas voulu, au pr\u00e9texte que rien ne doit soulager l\u2019effort produit pas chaque pays pour soulager sa peine.<\/p>\n<p>Le Portugal \u00e9tant l\u2019un des pays dont le syst\u00e8me bancaire est particuli\u00e8rement affect\u00e9 par les NPL, il n\u2019est pas surprenant que le Portugais Vitor Const\u00e2ncio, le vice-pr\u00e9sident de la BCE, soutienne la cr\u00e9ation d\u2019une bad bank, cette fois-ci nationale. Mais le m\u00e9canisme de la bad bank rencontre une grosse difficult\u00e9 en raison de la dissym\u00e9trie de l\u2019information\u00a0sur le march\u00e9 des NPL : le vendeur a plus d\u2019\u00e9l\u00e9ments d\u2019information sur la qualit\u00e9 des titres que l\u2019acheteur. Et cela fait obstacle \u00e0 leur vente, les titres restant finalement sur les bras de la bad bank aux frais de ses actionnaires et garants, o\u00f9 l\u2019\u00c9tat n\u2019est pas le moindre des partenaires quand il n\u2019est pas l\u2019unique.<\/p>\n<p>Au jeu de comment s\u2019en d\u00e9barrasser, la titrisation figure in\u00e9vitablement. Mais les investisseurs sont \u00e9chaud\u00e9s et les efforts destin\u00e9s \u00e0 les rassurer en projetant de cr\u00e9er un label de certification de leur qualit\u00e9 n\u2019ont pas jusqu\u2019\u00e0 maintenant produit de r\u00e9sultats tangibles : le march\u00e9 de la titrisation souffre de la m\u00eame asym\u00e9trie de l\u2019information.<\/p>\n<p>Une derni\u00e8re proposition h\u00e9t\u00e9rodoxe a pour auteur Yves Mersch, un membre de la Commission ex\u00e9cutive de la BCE, qui vient tout juste de la d\u00e9fendre. Elle repose sur l\u2019acceptation comme collat\u00e9ral par celle-ci de titres ABS (Asset-Backed Securities) fournis par les banques. Ces titres r\u00e9sulteraient de la titrisation des NPL, une fois cr\u00e9\u00e9 un registre procurant toutes les informations n\u00e9cessaires sur leurs sous-jacents afin de supprimer cette asym\u00e9trie paralysante. Pour aller droit au but, avec Yves Mersch ce serait \u00e0 la BCE d&rsquo;endosser les pertes.<\/p>\n<p>On croit comprendre, toutes solutions inop\u00e9rantes confondues, que ces pertes ne peuvent \u00eatre assum\u00e9es que par les \u00c9tats ou la BCE, dont ceux-ci sont les actionnaires via les banques centrales nationales (BCN). Jamais par le syst\u00e8me financier lui-m\u00eame. Une belle asym\u00e9trie de traitement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les r\u00e9cents sauvetages des banques italiennes vont faire supporter par les contribuables 24 milliards d\u2019euros d\u2019aide, selon un d\u00e9compte du Wall Street Journal. 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