{"id":9710,"date":"2010-03-30T18:23:06","date_gmt":"2010-03-30T16:23:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=9710"},"modified":"2013-01-02T18:05:18","modified_gmt":"2013-01-02T17:05:18","slug":"lactualite-de-la-crise-risques-notoires-par-francois-leclerc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2010\/03\/30\/lactualite-de-la-crise-risques-notoires-par-francois-leclerc\/","title":{"rendered":"L&rsquo;actualit\u00e9 de la crise: risques allemands notoires, par Fran\u00e7ois Leclerc"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Billet invit\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p><strong>RISQUES ALLEMANDS NOTOIRES<\/strong><\/p>\n<p><i>Les march\u00e9s<\/i> n\u2019auront pas attendu pour saluer \u00e0 leur mani\u00e8re l\u2019\u00e9mission obligataire grecque de lundi. Ce mardi matin, le taux des obligations grecques sur 10 ans grimpaient brutalement \u00e0 6,416%, contre 6,289% lundi soir. <\/p>\n<p>Paradoxalement, le gouvernement grec n\u2019a pas cess\u00e9 d\u2019afficher sa satisfaction depuis le sommet europ\u00e9en de la semaine derni\u00e8re, aux r\u00e9sultats pourtant jug\u00e9s finalement tr\u00e8s d\u00e9cevants, une fois le texte de l&rsquo;accord de sauvetage financier connu et analys\u00e9. Georges Papaconstantinou, le ministre grec des Finances, a m\u00eame qualifi\u00e9 la nouvelle \u00e9mission de succ\u00e8s. Comment le comprendre ? <\/p>\n<p>L\u2019argumentation du ministre repose sur l\u2019id\u00e9e que les taux vont se d\u00e9tendre et, explique-t-il, qu\u2019il n\u2019y a plus que 10 milliards (ou 12 milliards, selon une autre source grecque) a trouver dans l\u2019imm\u00e9diat sur <i>les march\u00e9s<\/i>, d\u2019ici \u00e0 la fin mai (compte-tenu des r\u00e9serves de l\u2019Etat). Il poursuit : \u00ab\u00a0Ce serait une grave erreur de penser que l&rsquo;\u00e9cart de taux chuterait juste apr\u00e8s la d\u00e9cision du sommet de l&rsquo;UE\u00a0\u00bb. Ne donnant par ailleurs aucune information sur les raisons qui lui permettent de pr\u00e9voir cette d\u00e9tente ult\u00e9rieure des taux. <\/p>\n<p><!--more-->Sauf, peut-on penser, pour tout simplement gagner du temps, car le ministre fait naturellement de la politique et en connait les ressources. Dans l\u2019impasse, demander aujourd\u2019hui une intervention du seul FMI, seule solution pour obtenir un taux notablement r\u00e9duit par rapport \u00e0 celui qu\u2019offrent <i>les march\u00e9s<\/i>, aurait deux cons\u00e9quences non souhaitables. Cela ouvrirait \u00e0 nouveau au sein de la zone euro une plaie qui vient \u00e0 peine d\u2019\u00eatre referm\u00e9e, augurant d\u2019autres difficult\u00e9s pour la Gr\u00e8ce, et cela enclencherait surtout une dynamique de sortie de la zone euro, ce qui serait sans doute la pire des solutions pour le pays. D\u2019autant que les Allemands sont de plus en plus soup\u00e7onn\u00e9s d\u2019avoir en t\u00eate une reconfiguration de la zone euro, dont les grecs seraient exclus ainsi que d\u2019autres \u00ab\u00a0petits pays\u00a0\u00bb. <\/p>\n<p>Des analyses commencent \u00e0 sortir qui montrent pourquoi l\u2019Allemagne n\u2019a pas les moyens de laisser la crise se g\u00e9n\u00e9raliser. En raison des engagements de son syst\u00e8me bancaire, d\u00e9j\u00e0 si mal en point, mais aussi parce qu\u2019elle r\u00e9alise une part tr\u00e8s importante de ses exportations, et plus encore de ses exc\u00e9dents commerciaux, au sein de celle-ci. Il est donc logique qu\u2019elle ait privil\u00e9gi\u00e9 l\u2019intervention du FMI, afin d\u2019\u00e9viter que la Gr\u00e8ce puisse faire d\u00e9faut, et r\u00e9affirm\u00e9 par ailleurs sa vocation \u00e0 d\u00e9fendre l\u2019euro attaqu\u00e9. <\/p>\n<p>Apr\u00e8s l\u2019OCDE, le FMI vient d\u2019ailleurs de revoir \u00e0 la baisse ses pr\u00e9visions de croissance de l\u2019Allemagne. Pour 2010, le PIB ne devrait cro\u00eetre que de 1,2% (au lieu de 1,5% de ses pr\u00e9visions pr\u00e9c\u00e9dentes de f\u00e9vrier), et pour 2011 de 1,7% (au lieu de 1,9%). Assortissant ses donn\u00e9es d\u2019un commentaire sur les \u00ab\u00a0risques notoires\u00a0\u00bb encourus par le pays, en particulier \u00ab\u00a0la faiblesse persistante des banques et la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9changes internationaux plus faibles que pr\u00e9vu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si les dissensions les plus apparentes se sont tues au sein de la coalition gouvernementale allemande, il semble que d\u2019importants d\u00e9saccords subsistent en son sein \u00e0 propos de la conduite des affaires \u00e9conomiques, budg\u00e9taires et fiscales. Car ce que l\u2019on appelle le <i>mod\u00e8le allemand<\/i> va se r\u00e9v\u00e9ler ne plus \u00eatre la voie royale qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 et va devoir \u00eatre adapt\u00e9 \u00e0 une nouvelle donne qui n&rsquo;est pas encore sur le tapis. D\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, cela va impliquer de s\u2019appuyer davantage sur le march\u00e9 int\u00e9rieur allemand. <\/p>\n<p>Sans entrer encore dans ce d\u00e9bat, Wolfgang Sch\u00e4uble, le ministre des finances, vient de d\u00e9clarer \u00e0 Die Zeit \u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons besoin de plus de coordination, d&rsquo;un gouvernement \u00e9conomique, m\u00eame si nous n&rsquo;aimons pas beaucoup le terme\u00a0\u00bb.  Refusant toute analogie avec le syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9ral allemand, en raison de son degr\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration, le ministre n\u2019en a pas moins fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une conception f\u00e9d\u00e9rale nouvelle, sans la pr\u00e9ciser. Etant, de ce point de vue, d\u2019\u00e9querre avec sa proposition de Fonds mon\u00e9taire europ\u00e9en. <\/p>\n<p>Un rien, toutefois, suffira \u00e0 d\u00e9jouer les meilleurs calculs. Il s\u2019appelle au choix Portugal, Italie, Irlande ou surtout Espagne. Car pas plus qu\u2019il n\u2019en existe encore pour les <i>m\u00e9gabanques<\/i>, les pays de la zone euro n\u2019ont pas \u00e9tabli de <i>testament vif<\/i> (living will) au cas o\u00f9 il leur arriverait malheur. Nul ne sait comment g\u00e9rer en catastrophe la sortie d\u2019un pays de la zone euro sans risquer d\u2019en subir de s\u00e9rieuses cons\u00e9quences, notamment en raison des engagements financiers pris du temps de l&rsquo;insouciance par les <i>m\u00e9gabanques<\/i> europ\u00e9ennes.  <\/p>\n<p>L&rsquo;Allemagne, la France et le Royaume-Uni sont comme Trois Gr\u00e2ces qui ne se tiendraient plus la main et se tourneraient m\u00eame le dos si elles en avaient les moyens. Dans ces conditions, si elles devaient en venir \u00e0 finalement s&rsquo;engager dans la mise sur pied d&rsquo;une sorte de <i>gouvernement \u00e9conomique<\/i>, quelle orientation commune appliqueraient-elles ? Le respect du Pacte de stabilit\u00e9, pour les deux premi\u00e8res d&rsquo;entre elles qui l&rsquo;ont sign\u00e9, n&rsquo;est pas en soi une politique. La d\u00e9fense de <i>l&rsquo;industrie financi\u00e8re<\/i> qui en tient lieu pour la troisi\u00e8me non plus. <\/p>\n<p>Sur ces entrefaites, on a appris que l&rsquo;agence Fitch vient de maintenir la note AAA pour la dette souveraine fran\u00e7aise, assortis de sombres consid\u00e9rations sur de possibles \u00ab\u00a0d\u00e9rives budg\u00e9taires\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 lui, le chancelier Alistair Darling promet au Royaume-Uni du sang et des larmes pour 2011, afin de pr\u00e9server la notation \u00e9quivalente du pays. Il faut esp\u00e9rer que les agences de notation vont bient\u00f4t acc\u00e9der, de plein droit, au G20 o\u00f9 des si\u00e8ges leur seront attribu\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Billet invit\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>RISQUES ALLEMANDS NOTOIRES<\/strong><\/p>\n<p><i>Les march\u00e9s<\/i> n\u2019auront pas attendu pour saluer \u00e0 leur mani\u00e8re l\u2019\u00e9mission obligataire grecque de lundi. 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