{"id":97400,"date":"2017-07-23T16:42:06","date_gmt":"2017-07-23T14:42:06","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=97400"},"modified":"2017-07-24T16:08:41","modified_gmt":"2017-07-24T14:08:41","slug":"vers-un-nouveau-monde-a-paraitre-le-23-aout-notre-vraie-constitution-les-regles-comptables","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/07\/23\/vers-un-nouveau-monde-a-paraitre-le-23-aout-notre-vraie-constitution-les-regles-comptables\/","title":{"rendered":"<b>\u00ab\u00a0Vers un nouveau monde\u00a0\u00bb<\/b> (\u00e0 para\u00eetre le 23 ao\u00fbt) : <em>Notre vraie Constitution : les r\u00e8gles comptables<\/em>"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Couv.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-83779\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Couv.png\" alt=\"Vers un nouveau monde\" width=\"229\" height=\"343\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ouvert aux commentaires. Deux chapitres compl\u00e9mentaires de mon nouveau livre-manifeste.<\/p><\/blockquote>\n<p><b>LE MONDE TEL QU&rsquo;IL EST<\/b><\/p>\n<p><strong>11. Notre vraie Constitution : les r\u00e8gles comptables<\/strong><\/p>\n<p>Nos soci\u00e9t\u00e9s sont dites \u00ab d\u00e9mocratiques \u00bb car nous avons le droit d\u2019\u00e9lire nos repr\u00e9sentants, mais nous d\u00e9couvrons jour apr\u00e8s jour que toutes les d\u00e9cisions qui importent r\u00e9ellement dans la conduite de nos vies sont prises ailleurs, par d\u2019autres et le plus souvent \u00e0 notre insu.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Une \u00e9tude de deux professeurs am\u00e9ricains publi\u00e9e en 2014 nous montre qu\u2019aux \u00c9tats-Unis, sur 1 779 desiderata \u00e9mis par le public, dont ils ont d\u00e9couvert la pr\u00e9sence dans la presse, seule une poign\u00e9e d\u2019entre eux a trouv\u00e9 son expression au niveau parlementaire et finalement sous forme de loi, ceux, disent-ils, qui correspondaient aux v\u0153ux \u00ab des \u00e9lites \u00e9conomiques et de groupes organis\u00e9s repr\u00e9sentant les int\u00e9r\u00eats du milieu des affaires \u00bb.<\/p>\n<p>Sur qui pr\u00e9cis\u00e9ment compose ces \u00ab \u00e9lites \u00bb, une \u00e9tude men\u00e9e en Suisse en 2011 nous a inform\u00e9s. Une \u00e9quipe de l\u2019\u00c9cole polytechnique de Zurich a en effet mis en \u00e9vidence que 737 entreprises constituent 80 % de la richesse du monde et un noyau plus petit de 147 d\u2019entre elles 40 % d\u00e9j\u00e0, trois quarts de celles-ci \u00e9tant des banques.<\/p>\n<p>Des appartenances multiples aux conseils d\u2019administration font, nous expliquent-ils, que c\u2019est un nombre plus restreint encore de personnes qui d\u00e9cident du cours \u00e9conomique du monde.<\/p>\n<p>Avons-nous jamais vot\u00e9 la r\u00e8gle qui dit que les salaires sont des co\u00fbts pour l\u2019entreprise, co\u00fbts qu\u2019il faut bien entendu \u00e0 tout prix faire baisser, tandis que les dividendes des actionnaires et les bonus ind\u00e9cents des patrons sont des parts de b\u00e9n\u00e9fice, le b\u00e9n\u00e9fice \u00e9tant, comme chacun sait, la chose la plus admirable au monde, bien avant la vie elle-m\u00eame, et qu\u2019il faut faire cro\u00eetre autant que possible, nulle limite \u00e0 la hausse ne lui \u00e9tant connue ? Pourtant, c\u2019est cette r\u00e8gle qui fait que le patron licenciant ses travailleurs obtiendra de son conseil d\u2019administration une prime au prorata du nombre de travailleurs licenci\u00e9s, parce qu\u2019il a r\u00e9duit ainsi les co\u00fbts de l\u2019entreprise. Il y a l\u00e0 une application r\u00e9voltante du principe des vases communicants dont nous ne jugeons cependant jamais utile de remettre la logique en question.<\/p>\n<p>Ne sont-ce pourtant pas des r\u00e8gles comme celle-ci qui donnent v\u00e9ritablement leur forme \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 nous vivons ? Ne devrait-on pas dire d\u2019elles qu\u2019elles sont la v\u00e9ritable Constitution r\u00e9glant nos vies, plut\u00f4t que le texte que nous appelons ainsi, fait de beaux principes sans doute mais qui n\u2019en sont pas moins autant de lettres mortes ?<\/p>\n<p>Qui sait aujourd\u2019hui que ces r\u00e8gles comptables sont \u00e9dict\u00e9es par une firme priv\u00e9e, l\u2019IASB (International Accounting Standards Board), dont le parent est domicili\u00e9 dans un paradis fiscal (l\u2019\u00c9tat du Delaware aux \u00c9tats-Unis), et que ses membres sont les grandes firmes d\u2019audit et les repr\u00e9sentants des plus grosses transnationales au prorata de leur cotisation ?<\/p>\n<p>Est-ce normal ? L\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral est-il bien assur\u00e9 de cette mani\u00e8re ?<\/p>\n<h5>Le monde tel qu&rsquo;il devrait \u00eatre<\/h5>\n<p><strong>3. Remettre en question la d\u00e9finition du salaire comme \u00ab co\u00fbt pour l\u2019entreprise \u00bb<\/strong><\/p>\n<p>Pour qu\u2019une entreprise fonctionne de mani\u00e8re optimale, il faut qu\u2019elle dispose de capital, assurant l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la logistique : locaux, \u00e9nergie, machines, mati\u00e8res premi\u00e8res. Il est entendu qu\u2019une coordination de l\u2019activit\u00e9 et une surveillance du processus de production sont n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019aboutissement de la t\u00e2che. Il est \u00e9vident cependant que les travailleurs sont au fondement m\u00eame d\u2019un projet de cette nature et que sans eux, dans le contexte pr\u00e9sent en tout cas (tant que les nouveaux progr\u00e8s de la m\u00e9canisation n\u2019auront pas rendu enti\u00e8rement caduque leur intervention), l\u2019entreprise n\u2019existerait pas.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, la pyramide se tient sur sa pointe : ceux qui pourvoient \u00e0 l\u2019infrastructure de notre confort, de nos \u00e9quipements souvent vitaux sont per\u00e7us dans la cha\u00eene de production comme des \u00e9l\u00e9ments subsidiaires, pour plusieurs raisons : en raison de justifications qualifi\u00e9es de hi\u00e9rarchiques, alors que celles-ci masquent souvent simplement une utilisation abusive du pouvoir, en raison aussi de facteurs pratiques li\u00e9s \u00e0 la diminution de la consommation li\u00e9e elle-m\u00eame \u00e0 la r\u00e9gression du pouvoir d\u2019achat ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019automation et \u00e0 l\u2019informatisation \u00e9liminant chaque jour des milliers d\u2019emplois.<\/p>\n<p>Devant un tel d\u00e9s\u00e9quilibre, plusieurs sc\u00e9narios voient le jour, l\u2019un nous ramenant par sa malheureuse actualit\u00e9 \u00e0 la souffrance si pr\u00e9sente au XIXe si\u00e8cle, lorsque les travailleurs retiraient de leur labeur \u00e0 peine de quoi survivre et pas assez certainement pour se soigner ni assurer leur existence ou celle de leurs enfants au niveau \u00e9l\u00e9mentaire. Au XIXe si\u00e8cle, les patrons avaient trouv\u00e9 le moyen de tirer encore un profit suppl\u00e9mentaire du maigre salaire de leurs travailleurs en leur donnant en location de petites habitations qu\u2019ils faisaient b\u00e2tir et en achetant les \u00e9piceries qu\u2019ils fr\u00e9quentaient. Aujourd\u2019hui, c\u2019est le service du cr\u00e9dit facile qui s\u2019est substitu\u00e9 \u00e0 ces proc\u00e9d\u00e9s, le cr\u00e9dit ancrant le travailleur \u00e0 l\u2019emploi qui lui permettra de rembourser le principal et de s\u2019acquitter des int\u00e9r\u00eats et relan\u00e7ant la machine \u00e9conomique \u00e0 laquelle pr\u00e9side le patron.<\/p>\n<p>L\u2019emploi, facteur d\u2019insertion dans une soci\u00e9t\u00e9 conviviale, est devenu son contraire : un lieu de disparit\u00e9s, dans notre soci\u00e9t\u00e9 domin\u00e9e par les plus forts. Alors que dans l\u2019un des camps, celui du travail, la situation s\u2019aggrave de jour en jour, dans l\u2019autre, l\u2019exigence devient de plus en plus forte : il faudrait \u2013 para\u00eet-il \u2013 r\u00e9duire les charges patronales de mani\u00e8re \u00e0 cr\u00e9er de l\u2019emploi. Mais la difficult\u00e9 l\u00e0 est la suivante : les baisses exig\u00e9es n\u2019ont pas cr\u00e9\u00e9 l\u2019emploi escompt\u00e9, et pour cause : le travail est de plus en plus effectu\u00e9 non plus par des \u00eatres humains, mais par des robots et des logiciels et les sommes obtenues par la r\u00e9duction des charges ne peuvent aboutir que l\u00e0 o\u00f9 des chenaux d\u00e9j\u00e0 bien trac\u00e9s les conduisent par une pente naturelle : en dividendes vers\u00e9s aux actionnaires et en gonflement suppl\u00e9mentaire de bonus aux montants d\u00e9j\u00e0 extravagants.<\/p>\n<p>L\u2019injustice est \u00e0 son comble quand, au moment o\u00f9 les banques voient leur grenier \u00e0 nouveau bien garni en raison de l\u2019obligeance de l\u2019\u00c9tat \u00e0 leur \u00e9gard (la n\u00f4tre, en r\u00e9alit\u00e9, \u00e0 nous les citoyens), pr\u00eat \u00e0 leur pardonner leurs frasques en raison du \u00ab risque syst\u00e9mique \u00bb qu\u2019elles font courir \u00e0 l\u2019\u00e9conomie (rien d\u2019autre en r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019une forme de chantage), succ\u00e8de une politique d\u2019aust\u00e9rit\u00e9 qui exige de nous un effort suppl\u00e9mentaire : non seulement assumer la dette, mais nous convertir \u00e0 l\u2019aust\u00e9rit\u00e9 en soi, pour en faire notre mode de vie.<\/p>\n<p>En plus d\u2019\u00eatre tenus pour responsables d\u2019une dette dans laquelle nous ne sommes pour rien, il nous est enjoint de nous sentir coupables de son existence en tant que telle.<\/p>\n<p>Le temps o\u00f9 l\u2019irresponsabilit\u00e9 des banquiers faisait la une des journaux a rapidement laiss\u00e9 la place \u00e0 celui o\u00f9 c\u2019est nous qui nous voyons reprocher, en guise d\u2019explication de la r\u00e9gression sociale que nous subissons, d\u2019avoir \u00ab v\u00e9cu au-dessus de nos moyens \u00bb. Mais l\u2019imposture est flagrante et le moment est venu pour nous de nous lever et de le dire haut et clair : \u00ab Ce n\u2019est pas nous ! C\u2019est vous, Messieurs de la finance, qui, vivant \u00e0 nos d\u00e9pens, avez v\u00e9cu au-dessus de nos moyens ! \u00bb<\/p>\n<p>Alors que les travailleurs eurent \u00e0 souffrir \u00e0 titre personnel, et au titre de leurs familles, des cons\u00e9quences de la r\u00e9cession n\u00e9e de la crise des subprimes et r\u00e9gl\u00e8rent rubis sur l\u2019ongle, en tant que contribuables, l\u2019ardoise sal\u00e9e qu\u2019on leur pr\u00e9senta une fois les banques renflou\u00e9es, les d\u00e9tenteurs d\u2019obligations \u2013 directement ou par le biais d\u2019une assurance contract\u00e9e ou d\u2019un fonds auquel on souscrit \u2013 furent eux \u00e0 l\u2019abri des retomb\u00e9es de la crise gr\u00e2ce \u00e0 la protection absolue garantie par un instrument financier magique appel\u00e9 le Credit default swap (CDS). Non pas parce qu\u2019il serait miraculeux en soi, mais parce que lorsque la compagnie d\u2019assurance American International Group (AIG), qui garantissait la majorit\u00e9 de ces contrats, s\u2019effondra, l\u2019ensemble des gouvernements, des \u00c9tats-Unis au Japon en passant par l\u2019Europe, vol\u00e8rent \u00e0 son secours, si bien que pas un seul centime ne fut en fin de compte perdu.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, ce furent les contribuables dans leur ensemble qui sauvegard\u00e8rent la fraction la plus riche d\u2019entre eux, celle qui, quant \u00e0 soi, par la pratique de la bien nomm\u00e9e \u00ab optimisation fiscale \u00bb, parvient d\u00e9j\u00e0 pour une grande part \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 l\u2019imp\u00f4t, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la solidarit\u00e9 nationale.<\/p>\n<p>La crise de 2008 restera dans l\u2019histoire comme l\u2019illustration la plus parfaite de la logique selon laquelle notre soci\u00e9t\u00e9 in\u00e9galitaire fonctionne r\u00e9ellement, selon le principe le mieux cach\u00e9 sans doute mais cependant le plus fondamental, le plus r\u00e9v\u00e9lateur d\u2019o\u00f9 vont ses pr\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des diff\u00e9rentes cat\u00e9gories socio-\u00e9conomiques de citoyens : \u00ab Privatiser les b\u00e9n\u00e9fices, socialiser les pertes \u00bb.<\/p>\n<p>Or, nous n\u2019y sommes strictement pour rien si la sp\u00e9culation et l\u2019avidit\u00e9 de profit de la classe poss\u00e9dante malm\u00e8nent les non-poss\u00e9dants, nous n\u2019y pouvons strictement rien si la troisi\u00e8me r\u00e9volution technique mondiale am\u00e8ne avec elle des cr\u00e9atures con\u00e7ues pour nous aider mais qui dans la r\u00e9alit\u00e9 nous remplacent une fois pour toutes et engraissent encore davantage leurs propri\u00e9taires plut\u00f4t que de redistribuer leur manne \u00e0 la communaut\u00e9 dans son ensemble, communaut\u00e9 qui a pourtant rendu possible leur venue par ses efforts.<\/p>\n<p>La volont\u00e9 de culpabilisation \u00e0 notre encontre de cet \u00e9tat de fait, qui nous spolie essentiellement, s\u2019exprime aussi dans les \u00ab conseils \u00bb dont on nous matraque : puisque notre dur\u00e9e de vie s\u2019allonge, il nous faut \u00e9conomiser d\u00e8s notre plus jeune \u00e2ge afin de nous assurer une retraite convenable par nos propres moyens. Mais comment allons-nous \u00e9conomiser si l\u2019emploi a disparu ? Pourquoi, apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 toute une vie, n\u2019avons-nous droit qu\u2019\u00e0 une pension qui nous permet \u00e0 peine de survivre ?<\/p>\n<p>Pour \u00e9chapper \u00e0 ce sentiment d\u2019impuissance et d\u2019infantilisation induit \u00e0 notre intention par la classe dirigeante, il nous faut nous r\u00e9approprier notre travail et ses moyens de production, afin que ceux-ci cessent d\u2019\u00eatre litt\u00e9ralement happ\u00e9s par la sp\u00e9culation et la recherche du profit.<\/p>\n<p>J\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 des obstacles hi\u00e9rarchiques, \u00e9conomiques, structurels, d\u2019autres li\u00e9s \u00e0 des pr\u00e9jug\u00e9s de civilisation, comme celui d\u2019attacher davantage d\u2019importance \u00e0 l\u2019aspect mat\u00e9riel de l\u2019existence qu\u2019\u00e0 la recherche de son sens ou \u00e0 la reconnaissance des travailleurs dans l\u2019entreprise. Il est un autre pr\u00e9jug\u00e9 cependant aussi important que celui que je viens d\u2019\u00e9voquer et non moins d\u00e9vastateur car il livre \u00ab pieds et poings li\u00e9s \u00bb le travailleur au bon vouloir des actionnaires et des dirigeants d\u2019entreprises : c\u2019est celui qui concerne la mani\u00e8re d\u2019aborder le travail en lui-m\u00eame, pr\u00e9jug\u00e9 v\u00e9hicul\u00e9 par la \u00ab science \u00bb \u00e9conomique et sa conception tr\u00e8s particuli\u00e8re de la comptabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Son principe est le suivant, que personne jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent n\u2019a jug\u00e9 bon de contester : le travail, au sein de l\u2019entreprise, est consid\u00e9r\u00e9 comme un co\u00fbt et les bonus accord\u00e9s aux dirigeants, les dividendes aux actionnaires comme des parts de b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p>Partant de ce principe, dont on nous affirme qu\u2019il est celui que sugg\u00e8re le bon sens, le travail doit \u00eatre r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 de mani\u00e8re inversement proportionnelle aux largesses accord\u00e9es aux dirigeants et actionnaires. Il convient donc d\u2019abaisser le salaire jusqu\u2019au niveau de tol\u00e9rance en dessous duquel le travailleur ne pourra plus remplir sa fonction de mani\u00e8re efficace et productive. Cette mani\u00e8re de voir ne laisse aucune place \u00e0 une consid\u00e9ration d\u2019ordre humain ou \u00e9thique : le salaire est ce qu\u2019il faut bien \u00ab c\u00e9der \u00bb pour obtenir soi-m\u00eame le maximum d\u2019argent dont on se rassure qu\u2019il r\u00e9compense un talent dont il n\u2019existe en r\u00e9alit\u00e9 aucune preuve tangible, ou un risque que l\u2019on s\u2019est en r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s prudemment abstenu de prendre, tout l\u2019art de la logique du profit consistant pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 transf\u00e9rer le risque \u00e0 d\u2019autres ; l\u2019affaire des Credit default swaps de 2008 en \u00e9tant la parfaite illustration.<\/p>\n<p>Nous pourrions analyser l\u2019ensemble de nos rapports sociaux uniquement \u00e0 partir de cette formule, tant elle refl\u00e8te avec justesse nos v\u00e9ritables \u00ab valeurs \u00bb : atomisation, exploitation, \u00e9litisme, mat\u00e9rialisme, domination.<\/p>\n<p>Les r\u00e8gles comptables telle celle qui d\u00e9finit le travail comme co\u00fbt et les bonus et dividendes comme parts de profit \u2013 un principe qui d\u00e9finit \u00e0 notre insu le type de soci\u00e9t\u00e9 o\u00f9 nous vivons bien mieux que notre constitution officielle \u2013 doivent \u00eatre modifi\u00e9es pour que toutes les avances consenties par des parties prenantes \u00e0 la fabrication d\u2019un produit ou l\u2019offre d\u2019un service, avances en travail aussi bien qu\u2019en capital ou en supervision et direction des entreprises, soient r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es selon une logique unique, prenant pleinement en compte qu\u2019elles sont toutes trois indispensables au m\u00eame titre pour aboutir au produit fini : il faut aussi, parall\u00e8lement, que le travailleur remplac\u00e9 par une machine b\u00e9n\u00e9ficie de la productivit\u00e9 future de celle-ci, selon le principe d\u2019une \u00ab taxe Sismondi \u00bb (j\u2019en expliquerai le principe au prochain chapitre).<\/p>\n<p>Il est imp\u00e9ratif que la d\u00e9finition et la r\u00e9vision ensuite des r\u00e8gles comptables europ\u00e9ennes deviennent partie int\u00e9grante d\u2019un processus de d\u00e9cision d\u00e9mocratique au lieu d\u2019\u00eatre d\u00e9termin\u00e9es comme c\u2019est le cas \u00e0 l\u2019heure actuelle par un organisme priv\u00e9 nomm\u00e9 IASB (International Accounting Standards Board), une filiale de l\u2019IASCF (International Accounting Standards Committee Foundation), domicili\u00e9 de mani\u00e8re inacceptable dans un paradis fiscal (l\u2019\u00c9tat du Delaware aux \u00c9tats-Unis). Wikipedia nous explique : \u00ab Ind\u00e9pendant, il n\u2019a de comptes \u00e0 rendre \u00e0 personne sinon aux fondations qui le financent et o\u00f9 l\u2019on retrouve les plus grands \u00e9tablissements financiers et les principaux cabinets d\u2019audit de la plan\u00e8te. \u00bb<\/p>\n<p>Il est imp\u00e9ratif que soit r\u00e9vis\u00e9e la structure actuelle de l\u2019IASB o\u00f9 seuls ces grandes firmes d\u2019audit et les repr\u00e9sentants des plus grosses transnationales d\u00e9terminent \u2013 avec un pouvoir de d\u00e9cision de fait au prorata du montant de leur cotisation \u2013 le contenu de r\u00e8gles qui, pour ce qui touche \u00e0 notre vie de tous les instants, d\u00e9finissent le v\u00e9ritable cadre qui y pr\u00e9side pour l\u2019essentiel.<\/p>\n<p><strong>Proposition<\/strong> : Remettons en question la d\u00e9finition comptable traditionnelle mais n\u00e9anmoins arbitraire des salaires comme \u00ab co\u00fbts pour l\u2019entreprise \u00bb, co\u00fbts qu\u2019il s\u2019agit bien entendu de r\u00e9duire autant que possible, alors que les dividendes accord\u00e9s aux actionnaires et les bonus \u2013 souvent extravagants \u2013 accord\u00e9s \u00e0 la direction sont eux autant de \u00ab parts de b\u00e9n\u00e9fice \u00bb, dont chacun sait qu\u2019il faut chercher \u00e0 les maximiser \u00e0 tout prix. Les \u00ab avances \u00bb, comme s\u2019exprimaient les \u00e9conomistes d\u2019autrefois, quelle que soit leur nature, sont bien \u00e9videmment aussi indispensables les unes que les autres \u00e0 la bonne marche de l\u2019entreprise, et les avances en travail au m\u00eame titre que celles en capital ou en direction \/ supervision de la bonne marche des affaires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p><a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Couv.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-83779\" src=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-content\/uploads\/Couv.png\" alt=\"Vers un nouveau monde\" width=\"229\" height=\"343\" \/><\/a><\/p>\n<p>Ouvert aux commentaires. Deux chapitres compl\u00e9mentaires de mon nouveau livre-manifeste.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><b>LE MONDE TEL QU&rsquo;IL EST<\/b><\/p>\n<p><strong>11. Notre vraie Constitution : les r\u00e8gles comptables<\/strong><\/p>\n<p>Nos soci\u00e9t\u00e9s sont dites \u00ab d\u00e9mocratiques \u00bb car nous avons le droit d\u2019\u00e9lire nos repr\u00e9sentants, mais nous d\u00e9couvrons jour [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4614,5319],"tags":[5320],"class_list":["post-97400","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-comptabilite","category-vers-un-nouveau-monde","tag-vers-un-nouveau-monde"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97400","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97400"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97400\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":97434,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97400\/revisions\/97434"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97400"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97400"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97400"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}