{"id":97624,"date":"2017-07-30T12:26:46","date_gmt":"2017-07-30T10:26:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/?p=97624"},"modified":"2017-07-31T10:23:15","modified_gmt":"2017-07-31T08:23:15","slug":"le-temps-quil-fait-le-28-juillet-2017-retranscription","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/07\/30\/le-temps-quil-fait-le-28-juillet-2017-retranscription\/","title":{"rendered":"LE TEMPS QU&rsquo;IL FAIT LE 28 JUILLET 2017 &#8211; Retranscription"},"content":{"rendered":"<blockquote><p>Retranscription de <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/07\/28\/le-temps-quil-fait-le-28-juillet-2017\/\" target=\"_blank\">Le temps qu&rsquo;il fait le 28 juillet 2017<\/a>. Merci \u00e0 Marianne Oppitz et Olivier Brouwer ! Ouvert aux commentaires.<\/p><\/blockquote>\n<p>Bonjour, nous sommes le vendredi 28 juillet 2017 et hier, j\u2019ai re\u00e7u un long message d\u2019un participant au Blog, qui fait des billets sur le blog, et qui participe aussi \u00e0 l\u2019activit\u00e9 du groupe plus restreint qui s\u2019appelle\u00a0: \u00ab\u00a0Les Amis du Blog de Paul Jorion\u00a0\u00bb. Il m\u2019envoyait un portrait de la situation de mon blog, des \u00ab\u00a0Amis du Blog de Paul Jorion\u00a0\u00bb et, d\u2019une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale aussi, de la situation dans les pays o\u00f9 on lit, o\u00f9 on \u00e9coute essentiellement le Blog de Paul Jorion, c\u2019est-\u00e0-dire dans les pays francophones\u00a0: en France, en Belgique, en Suisse, au Qu\u00e9bec et dans d\u2019autres endroits. <!--more-->Cela me fait plaisir de voir de temps en temps, qu\u2019on me regarde en Chine, qu\u2019on me regarde en Am\u00e9rique Latine, qu\u2019est-ce que j\u2019ai encore vu l\u2019autre jour\u00a0? La Turquie, le Canada et ainsi de suite. Mais le Canada, je l\u2019ai mentionn\u00e9, c\u2019est le Qu\u00e9bec o\u00f9 on \u00e9coute depuis longtemps ce qui se dit ici.<\/p>\n<p>Et, le portrait qui \u00e9tait dress\u00e9 par cette personne, que j\u2019encourageais d\u2019ailleurs \u00e0 modifier l\u00e9g\u00e8rement son billet, pour enlever des \u00e9l\u00e9ments trop personnels, je l\u2019ai encourag\u00e9 \u00e0 le mettre sous une forme qui permettrait de le mettre sur le Blog, mais il ne l\u2019a pas fait, je ne sais pas, il attend. Ou bien il travaille, ou bien il pense que ce n\u2019est pas une bonne id\u00e9e. Mais le portrait qu\u2019il dressait m\u00e9rite d\u2019\u00eatre r\u00e9sum\u00e9 par une expression\u00a0: \u00ab\u00a0un champ couvert de morts sur qui tombait la nuit\u00a0\u00bb. Il faisait le bilan du fait qu\u2019il pourrait sembler, il pourrait sembler que le blog de Paul Jorion a \u00e9chou\u00e9 dans ce qu\u2019il a essay\u00e9 de faire, que ce petit groupe qui avait \u00e9t\u00e9 extr\u00eamement actif des \u00ab\u00a0Amis du Blog de Paul Jorion\u00a0\u00bb est tomb\u00e9 dans ce qu\u2019on appelle &#8211; ou dans ce qu\u2019on appelait &#8211; en psychiatrie, une \u00ab\u00a0stupeur catatonique\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire, c\u2019est le silence, le silence de gens que je crois dans un d\u00e9sarroi, de gens qui se demandent si \u00e7a vaut encore la peine de faire quelque chose, qui r\u00e9fl\u00e9chissent, qui ont \u00e9t\u00e9 sonn\u00e9s par la campagne en France, qui sont peut-\u00eatre sonn\u00e9s par la situation politique en Belgique.<\/p>\n<p>Et si je voulais vous parler de \u00e7a, c\u2019est parce qu\u2019il y a un paradoxe. Le paradoxe, c\u2019est que j\u2019ai le sentiment, moi, personnellement, de n\u2019avoir jamais aussi bien su ce que j\u2019avais envie de faire. Oui, je vous pose des questions en vous demandant s\u2019il faut adopter telle ou telle position &#8211; j\u2019en reparlerai peut-\u00eatre pour terminer &#8211; mais j\u2019ai de la chance, j\u2019ai de la chance. Vous savez que j\u2019ai une conception extr\u00eamement psychanalytique de l\u2019\u00eatre humain et j\u2019ai le sentiment que pas plus que les autres, nous ne savons qui nous sommes si nous ne prenons pas le temps de nous regarder \u2013 les vid\u00e9os offrent la possibilit\u00e9 de le faire \u2013 de nous \u00e9couter, de relire ce que nous avons pu \u00e9crire. Et, vous savez, ce paradoxe dont je vous ai d\u00e9j\u00e0 souvent parl\u00e9, c\u2019est qu\u2019on peut avoir le sentiment \u2013 je ne suis pas le seul \u2013 d\u2019apprendre quelque chose en lisant quelque chose qu\u2019on a \u00e9crit, ce qui est tr\u00e8s paradoxal puisqu\u2019on l\u2019a \u00e9crit. Mais comme vous le savez, nous sommes\u2026 Il y a une scission au milieu de nous. Nous sommes cliv\u00e9s, nous n\u2019avons pas, comme sujet, un acc\u00e8s absolu \u00e0 la personne que nous sommes. Nous avons cette petite lucarne, cette petite fen\u00eatre que nous appelons la conscience mais elle ne nous permet que de jeter un regard, voil\u00e0, c\u2019est plut\u00f4t comme une meurtri\u00e8re ou comme un \u00ab\u00a0regard\u00a0\u00bb, comme on dit, une fen\u00eatre tr\u00e8s \u00e9troite qui ne permet pas \u2013 pas plus qu\u2019\u00e0 d\u2019autres \u2013 de comprendre qui nous sommes.<\/p>\n<p>Et l\u00e0, les al\u00e9as de l\u2019histoire (mais de l\u2019histoire avec un petit \u00ab\u00a0h\u00a0\u00bb), les \u00e9v\u00e9nements font que parfois on est dans une meilleure position qu\u2019\u00e0 d\u2019autres moments. Et l\u00e0, j\u2019ai la chance d\u2019\u00eatre dans une bonne position parce que sur une p\u00e9riode d\u2019un an, vont para\u00eetre ou ont d\u00e9j\u00e0 paru quatre ouvrages de ma plume, et dont l\u2019initiative n\u2019est pas n\u00e9cessairement la mienne, ce qui est encore plus int\u00e9ressant. Quand on vous demande de faire quelque chose, quand on vous demande de faire quelque chose, c\u2019est parce qu\u2019on reconna\u00eet que vous avez un certain talent, une certaine capacit\u00e9 \u00e0 faire quelque chose qui n\u2019est peut-\u00eatre pas ce que vous imaginez. \u00c7a a \u00e9t\u00e9 fort l\u2019histoire de ma vie, qu\u2019on me demande de faire des choses \u2013 et que je les fasse tr\u00e8s correctement \u2013 mais qui n\u2019\u00e9taient pas du tout ce que je voyais comme \u00e9tant \u00ab\u00a0ma vocation\u00a0\u00bb, comme on dit. Et l\u00e0, ces quatre ouvrages, c\u2019est, voil\u00e0\u00a0! Il y en a un qui est d\u00e9j\u00e0 paru officiellement, au mois de mars et qui <em>s\u2019appelle <\/em><em><a href=\"http:\/\/www.fayard.fr\/se-debarrasser-du-capitalisme-est-une-question-de-survie-9782213704517\">Se d\u00e9barrasser du capitalisme est une question de survie<\/a><\/em>. Je vous l\u2019ai dit, le titre n\u2019est pas de moi, le titre est d\u2019une personne qui m\u2019a interview\u00e9, dont l\u2019interview se trouve dans ce volume [Anthony Laurent]. Et sinon, c\u2019est un ensemble de chroniques que j\u2019ai \u00e9crites sur une dizaine d\u2019ann\u00e9es et en les relisant, j\u2019ai trouv\u00e9 un certain sens que je n\u2019avais peut-\u00eatre pas trouv\u00e9 au moment m\u00eame ou j\u2019\u00e9crivais ces papiers, mais tout \u00e7a se mettait ensemble. Et de voir \u00e7a, sur dix ans, il y avait effectivement ce <em>sens<\/em> qui apparaissait et qui a tr\u00e8s bien \u00e9t\u00e9 r\u00e9sum\u00e9 par cette phrase\u00a0: \u00ab\u00a0se d\u00e9barrasser du capitalisme est une question de survie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Alors, il y a un autre ouvrage et \u00e7a, cet ouvrage est le fruit d\u2019une longue discussion, sur de nombreuses ann\u00e9es, avec Jean-Pascal Labille et Michel Jadot, en Belgique. Ce sont les repr\u00e9sentants, je ne crois pas que je les offenserais en disant qu\u2019ils repr\u00e9sentent un courant de gauche \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un mouvement qui s\u2019appelle \u00ab\u00a0le mouvement socialiste\u00a0\u00bb et qui est un\u2026. Le socialisme est un mot que plus personne n\u2019ose utiliser, ni Monsieur Macron, ni Monsieur M\u00e9lenchon. Je ne l\u2019ai pas vu beaucoup non plus chez Monsieur Hamon et voil\u00e0, je suis un des derniers \u00e0 utiliser ce mot parce que je crois que c\u2019est un mot qui est encore plein de promesses. On n\u2019a pas\u2026 Voil\u00e0, ceux qui s\u2019en sont pr\u00e9valus ne savaient pas de quoi ils parlaient ou oubliaient de quoi ils parlaient. C\u2019est une id\u00e9e neuve\u00a0! C\u2019est une id\u00e9e neuve du d\u00e9but du 19\u00e8 si\u00e8cle mais qui n\u2019a encore jamais \u00e9t\u00e9 mise en application. Le moment est venu. Oui, ce sont essentiellement des gens que Marx et Engels ont appel\u00e9 des \u00ab\u00a0socialistes utopiques\u00a0\u00bb, mais c\u2019\u00e9tait un terme de d\u00e9rision parce que eux \u00e9taient en faveur d\u2019un socialisme de type autoritaire dont j\u2019ai le sentiment qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 mis en application en Union Sovi\u00e9tique et dans quelques autres pays. Je n\u2019ai pas le sentiment, moi, je vous l\u2019ai souvent dit, que Marx et Engels aient \u00e9t\u00e9 trahis dans le communisme sovi\u00e9tique, j\u2019ai l\u2019impression que c\u2019est cela qu\u2019ils voulaient. Ce n\u2019est pas du tout \u00e7a que moi je veux personnellement et il y a d\u2019autres personnes qui se pr\u00e9valent du \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb\u00a0: de ce mot-l\u00e0.<\/p>\n<p>Alors, premier ouvrage\u00a0: <em>Se d\u00e9barrasser du capitalisme est une question de survie<\/em>, le deuxi\u00e8me\u00a0: <em>Vers un nouveau monde<\/em>\u00a0qui est ce manifeste pour un socialisme \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0de maintenant\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0de progr\u00e8s\u00a0\u00bb. Bien entendu tous ces mots, \u00ab\u00a0moderne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0progr\u00e8s\u00a0\u00bb, ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 toutes les sauces et on n\u2019ose m\u00eame plus, presque, les utiliser \u2013 ni m\u00eame \u00ab\u00a0socialisme\u00a0\u00bb. Tout \u00e7a, si, ce sont des choses qu\u2019il faut faire. Tout \u00e7a, c\u2019est dans l\u2019esprit des r\u00e9volutions\u00a0: les r\u00e9ussies, les rat\u00e9es, etc. Des choses qu\u2019il faudrait, des choses qu\u2019il faut absolument faire. Un \u00ab\u00a0manifeste pour un socialisme de demain\u00a0\u00bb dont j\u2019esp\u00e8re qu\u2019on aura l\u2019occasion, eh bien, de le mettre en pratique en Belgique en particulier. Pourquoi en Belgique\u00a0? Mais parce que c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 de le faire et c\u2019est l\u00e0 que je l\u2019ai fait tr\u00e8s volontiers. Et c\u2019est l\u00e0 que, si on me demandait de faire des choses, en tant que citoyen, c\u2019est le seul pays o\u00f9 j\u2019ai la capacit\u00e9 de le faire parce que c\u2019est la seule nationalit\u00e9 que j\u2019ai, qui est d\u2019\u00eatre Belge. Et puis, j\u2019ai beaucoup appr\u00e9ci\u00e9 quand on m\u2019a demand\u00e9, c\u2019\u00e9tait\u2026 eh bien c\u2019\u00e9tait il y a deux ans, quand on m\u2019a demand\u00e9 de participer \u00e0 ce Comit\u00e9 pour l\u2019avenir du secteur financier en Belgique eh bien, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s honor\u00e9. Je l\u2019ai fait avec beaucoup de plaisir et j\u2019ai eu le sentiment qu\u2019il y avait des choses \u00e0 faire et que je pouvais \u2013 je vous l\u2019ai dit \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u2013 que je pouvais convaincre les interlocuteurs devant moi, de faire les choses dans le sens que je vois.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me ouvrage, c\u2019est un ouvrage dont je ne vous ai absolument pas encore parl\u00e9, qui s\u2019appelle\u00a0: <em>\u00c0 quoi bon encore penser \u00e0 l\u2019heure du grand collapse\u00a0?<\/em> Un tr\u00e8s beau titre mis au point par Sandrine Palussi\u00e8re chez Fayard. Voil\u00e0, je vous le r\u00e9p\u00e8te\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 quoi bon encore penser \u00e0 l\u2019heure du grand collapse\u00a0?\u00a0\u00bb. C\u2019est un ouvrage qui d\u00e9rive\u2026 qui a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u \u00e0 partir de ces interviews qu\u2019ont voulu faire de moi Frank Cormerais et Jacques Athanase Gilbert. Franck Cormerais est professeur \u00e0 Bordeaux et Jacques Athanase Gilbert, professeur \u00e0 Nantes. Des membres de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Ars_industrialis\">\u00ab\u00a0Ars Industrialis\u00a0\u00bb<\/a>, des gens proche de Stiegler qui ont voulu m\u2019interroger, vous avez d\u00fb voir \u00e7a sur le blog aussi. Et c\u2019est une sorte de parcours intellectuel qui m\u2019a permis, l\u00e0, de comprendre, de comprendre non pas ce que j\u2019avais \u00e9crit comme dans le cas du premier ouvrage dont je viens de parler, mais de comprendre ce que j\u2019avais peut-\u00eatre essay\u00e9 de faire dans une carri\u00e8re intellectuelle. Tout \u00e7a a l\u2019air de s\u2019articuler. Tout \u00e7a a l\u2019air d\u2019aller ensemble. Ma r\u00e9flexion sur la guerre civile num\u00e9rique, \u00e7a fait corps avec la r\u00e9flexion que j\u2019avais pu faire en intelligence artificielle. Ce que j\u2019ai pu comprendre de travailler dans la soute, dans la salle des machines des banques o\u00f9 on m\u2019a demand\u00e9 de venir travailler. De ce que j\u2019ai compris dans mon parcours d\u2019anthropologue et, l\u00e0 aussi, c\u2019est un ouvrage qui est salutaire pour moi parce que j\u2019ai compris les \u00e9l\u00e9ments que j\u2019ai pu rassembler. Et l\u00e0 aussi \u00e7a fait sens. \u00c7a fait sens\u00a0: tout \u00e7a va bien ensemble.<\/p>\n<p>Et ensuite, il y a l\u2019ouvrage que je suis en train de terminer. Vous en voyez des bribes sur le blog parce que je les publie. Des r\u00e9flexions sur le transhumanisme, des r\u00e9flexions sur la th\u00e9ologie, des r\u00e9flexions sur \u00ab\u00a0o\u00f9 en est-on\u00a0?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0qu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire dans un monde comme le n\u00f4tre\u00a0?\u00a0\u00bb. Et l\u00e0 o\u00f9 m\u2019a conduit de lire r\u00e9cemment la pens\u00e9e de ce th\u00e9ologien qui s\u2019appelle <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jacob_Taubes\">Jacob Taubes<\/a>, un th\u00e9ologien qui ne tombe pas du tout dans le moule (rires), ne vous attendez pas \u00e0 trouver quelqu\u2019un qui ne sort pas de sa tour d\u2019ivoire et qui r\u00e9fl\u00e9chit en th\u00e9ologien. Non, il a fait de la th\u00e9ologie, je dirais, d\u2019une mani\u00e8re qui vous encourage, qui encourage tout le monde \u00e0 en faire, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 mettre ensemble tous les \u00e9l\u00e9ments de notre culture et d\u2019essayer de voir comment \u00e7a se goupille ensemble. Et l\u00e0, tout \u00e7a aboutit \u00e0 cette conclusion que je vous ai soumise, d\u2019ailleurs, la semaine derni\u00e8re\u00a0: on peut aussi bien, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de notre culture&#8230; Et l\u00e0, je ne parle pas de la Chine parce que la Chine, c\u2019est un autre truc et l\u00e0 aussi, j\u2019essaye de la comprendre et l\u00e0 aussi, pour moi, c\u2019est un \u00e9l\u00e9ment important d\u2019information, [ce fait] qui est que mon livre qui s\u2019appelle\u00a0: <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em>, que les Chinois ont voulu le traduire et que voil\u00e0, \u00e7a va para\u00eetre bient\u00f4t. Je ne sais pas comment \u00e7a va \u00eatre re\u00e7u, je n\u2019en ai absolument pas la moindre id\u00e9e, mais le fait que les Chinois aient envie de lire ce livre m\u2019a encourag\u00e9 \u00e0 terminer celui que je suis en train d\u2019\u00e9crire depuis un an, un an et demi, et qui s\u2019appellera\u00a0: <em>Qui \u00e9tions-nous\u00a0?<\/em> Qui est un ouvrage qui est dans la suite de ce <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em>, une r\u00e9flexion sur ce qu\u2019il est encore possible de faire. Qu\u2019est-ce que nous avons compris en tant que genre humain et est-ce que nous avons les \u00e9l\u00e9ments, l\u00e0, d\u2019une survie possible de nous-m\u00eames, \u00e0 la surface de notre plan\u00e8te\u00a0?<\/p>\n<p>Pour moi, la r\u00e9ponse n\u2019est absolument pas \u00e9vidente, et c\u2019est \u00e7a qui me distingue \u00e9videmment des th\u00e9ologiens. Quand un th\u00e9ologien me dit\u00a0: \u00ab\u00a0On peut soit tomber dans une pens\u00e9e, dans notre culture occidentale, tomber dans une pens\u00e9e de l\u2019\u00e9ternel recommencement\u00a0(nous ne sommes jamais que dans des reconfigurations, des recombinaisons de choses qui ont d\u00e9j\u00e0 eu lieu, qui auront encore lieu), on peut aussi se dire &#8211; parce qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une culture comme la n\u00f4tre, c\u2019est un raisonnement sur lequel on tombe n\u00e9cessairement &#8211; que les choses vont \u00e0 la catastrophe et qu\u2019il y a peut-\u00eatre quelque chose \u00e0 faire et que peut-\u00eatre m\u00eame apr\u00e8s la catastrophe, on se retrouvera dans une situation o\u00f9 on aura sauv\u00e9 le monde, d\u2019une certaine mani\u00e8re\u00a0: il y aura une r\u00e9demption (il y aura d\u2019abord une Apocalypse, c\u2019est-\u00e0-dire une r\u00e9v\u00e9lation de la catastrophe qui se pr\u00e9pare) et des \u00ab\u00a0lendemains qui chantent\u00a0\u00bb, le Royaume de Dieu sur terre, etc. etc.\u00a0\u00bb, on peut aussi arriver \u00e0 une troisi\u00e8me conclusion\u00a0: non pas qu\u2019il y ait l\u2019\u00e9ternel retour, non pas qu\u2019il y ait justement des catastrophes suivies de renaissances mais il peut y avoir \u2013 et \u00e7a c\u2019est l\u2019aboutissement de ma propre pens\u00e9e \u2013 il peut y avoir des catastrophes. Il peut y avoir des catastrophes qui ne sont pas suivies d\u2019une renaissance, qui ne sont pas suivies d\u2019une r\u00e9demption. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut faire quelque chose. Et l\u00e0, voil\u00e0, c\u2019est ce que je disais, j\u2019ai cette chance, en se contentant de faire comme d\u2019autres peuvent faire, c\u2019est-\u00e0-dire de lire ces quatre ouvrages qui sont parus ou qui vont para\u00eetre, je crois qu\u2019il y a du sens qui appara\u00eet, qu\u2019il y a un sens qui est visible aussi par d\u2019autres. Et c\u2019est un sens, \u00e0 mon avis, qui peut sortir, peut-\u00eatre, les gens de la catatonie, du d\u00e9couragement, de la m\u00eame mani\u00e8re que hier, voil\u00e0, que hier je me suis r\u00e9joui, je me suis r\u00e9joui de voir, dans le journal\u00a0: \u00ab\u00a0Nationalisation des chantiers de Saint-Nazaire\u00a0\u00bb. \u00c7a, c\u2019est la chose qu\u2019il faut faire.<\/p>\n<p>Vous avez d\u00fb voir que dans le discours qui avait \u00e9t\u00e9 tenu par Monsieur Macron, le long discours, je ne me souviens plus de la date, c\u2019\u00e9tait quoi\u00a0? Le 3 [juillet], j\u2019avais \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement irrit\u00e9 par ce terme de <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Gironde_(R%8Evolution_fran%8Daise)\">\u00ab\u00a0girondisme\u00a0\u00bb<\/a>, non pas que la Gironde ne soit pas un beau pays, mais l\u2019esprit du girondisme, c\u2019est l\u2019esprit, voil\u00e0, du retour en arri\u00e8re, de la contre-r\u00e9volution, de la restauration, de ne pas aller jusqu\u2019au bout de son projet. Et l\u00e0, \u00e7a m\u2019avait irrit\u00e9 particuli\u00e8rement, et quand j\u2019ai vu&#8230; C\u2019est le mot qui m\u2019est venu tout de suite\u00a0: <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Jacobinisme\">\u00ab\u00a0jacobinisme\u00a0\u00bb<\/a>, jacobinisme\u00a0! Voil\u00e0, c\u2019est le contraire, c\u2019est au moins une des choses dans lesquelles je crois, comme moyen, comme moyen vers certaines fins. Quand j\u2019ai vu que tout le monde a utilis\u00e9 ce terme de jacobinisme, j\u2019ai \u00e9t\u00e9, voil\u00e0, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 un petit peu soulag\u00e9. Pourquoi\u00a0? Parce que ce d\u00e9sarroi, cette paralysie, cette catatonie, elle est aussi, elle est aussi [la r\u00e9alit\u00e9 de] ce gouvernement, de ce nouveau r\u00e9gime que Monsieur Macron essaye d\u2019incarner dans le bon sens. Mais c\u2019est aussi, l\u00e0 aussi, il faut bien le dire, cette campagne \u00e9lectorale en France, r\u00e9cente, des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles puis des l\u00e9gislatives, on peut aussi le r\u00e9sumer comme \u00ab\u00a0un grand champ couvert de morts sur qui tombait la nuit\u00a0\u00bb. Et on le voit, d\u2019ailleurs, dans les dissensions qui apparaissent aussit\u00f4t. Ce n\u2019est pas en rassemblant une arm\u00e9e d\u2019\u00e9clop\u00e9s, pour appeler les choses par leur nom, qu\u2019il y a n\u00e9cessairement un grand souffle qui se l\u00e8ve. Mais, mais il y a la possibilit\u00e9 de faire autre chose. Il y a la possibilit\u00e9 de ne pas tomber dans l\u2019orni\u00e8re tragique de la Hongrie et de la Pologne pour le moment, les nationalismes de droite, le populisme dans son plus mauvais sens, le plus mauvais sens du terme, prenant le pouvoir.<\/p>\n<p>Alors, voil\u00e0\u00a0: on est \u00e0 la fin du mois de juillet, mais j\u2019ai le sentiment qu\u2019une renaissance est possible. Non pas sur des illusions, non pas sur des croyances de type th\u00e9ologique, non pas sur des mythes comme les fils d\u00e9vorant le p\u00e8re et puis \u00e9tant coupables \u00e0 l\u2019infini de \u00e7a, tout \u00e7a c\u2019est de la mythologie\u00a0! Il faut s\u00e9parer la mythologie de ce qui s\u2019est vraiment pass\u00e9, de ce qu\u2019on peut vraiment tirer de ce genre humain, de quoi il est capable. Il faut\u2026 c\u2019est le mot que j\u2019avais utilis\u00e9, c\u2019est peut-\u00eatre le grand mot de ce livre <em>Le dernier qui s\u2019en va \u00e9teint la lumi\u00e8re<\/em>, <em>lucidit\u00e9<\/em>, appelons \u00e0 la lucidit\u00e9\u00a0! Et la lucidit\u00e9, c\u2019est que le genre humain, voil\u00e0, c\u2019est un m\u00e9lange de tas de trucs\u00a0: c\u2019est l\u2019horreur absolue, c\u2019est le bonheur absolu, c\u2019est la beaut\u00e9 et c\u2019est la laideur. Ce sont ces [repr\u00e9sentations] de Dieu qui sont apparues dans notre t\u00eate mais aussi ces repr\u00e9sentations du diable et de Satan, c\u2019est tout \u00e7a, c\u2019est tout \u00e7a. C\u2019est ce spectacle d\u2019une esp\u00e8ce animale, dou\u00e9e, avec un talent sp\u00e9cial, un talent de la technologie et qui aime inventer des choses, ce qui lui permettra peut-\u00eatre d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la plan\u00e8te qu\u2019il aura compl\u00e8tement d\u00e9truite\u2026 Euh\u2026 Ce n\u2019est vraiment pas le sc\u00e9nario que j\u2019esp\u00e8re. J\u2019esp\u00e8re qu\u2019on pourra garder cette plan\u00e8te, qu\u2019on pourra la rendre vivable, qu\u2019on pourra en faire le paradis sur terre que \u00e7a pourrait \u00eatre et sans n\u00e9cessairement l\u2019immortalit\u00e9. L\u2019immortalit\u00e9 je crois que c\u2019est une id\u00e9e qui nous est n\u00e9cessaire comme jambe de bois, parce que, voil\u00e0\u2026 de la m\u00eame mani\u00e8re que l\u2019id\u00e9e que l\u2019on puisse mourir un jour, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 par nous comme une mani\u00e8re de\u2026 voil\u00e0\u2026 un salut en soi\u00a0: qu\u2019au moins \u00e7a s\u2019arr\u00eate\u00a0! Mais l\u2019immortalit\u00e9 peut aussi appara\u00eetre comme la possibilit\u00e9 d\u2019exorciser cette grande terreur qui est la n\u00f4tre \u00e0 partir du moment o\u00f9 nous avons compris que nous allions mourir un jour.<\/p>\n<p>Il faut que nous comprenions le monde o\u00f9 nous sommes. Il faut que nous comprenions sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre un enfer mais aussi sa capacit\u00e9 \u00e0 \u00eatre un paradis et que nous sortions de la gangue la capacit\u00e9 d\u2019en faire un paradis. Et l\u00e0\u00a0! Le temps presse (rires)\u00a0! <em>Le temps presse<\/em>, c\u2019est le nom qui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9 \u00e0 ce recueil d\u2019articles de Jacob Taubes que je vous encourage v\u00e9ritablement \u00e0 lire. Le temps presse parce que la catastrophe, elle est l\u00e0\u00a0: sans R\u00e9v\u00e9lation, sans Apocalypse, sans \u00ab\u00a0lendemains qui chantent\u00a0\u00bb automatiquement derri\u00e8re, sans Royaume de Dieu. Dieu \u00e0 mon sens ne descendra pas sur terre. Nous savons ce qu\u2019il y a dans le ciel maintenant, gr\u00e2ce \u00e0 la physique moderne, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019astronomie. Le Royaume de Dieu n\u2019est pas l\u00e0 quelque part. Si nous voulons le Royaume de Dieu, il faut que nous le fassions nous-m\u00eames avec nos propres moyens. Et nous avons le talent pour le faire. Nous avons aussi, voil\u00e0\u2026 cette dimension satanique en nous-m\u00eames. Nous avons le sadisme, le plaisir de faire souffrir, le plaisir d\u2019en jeter plein la vue, de montrer aux autres qu\u2019on n\u2019est pas un con, etc.<\/p>\n<p>Nous avons la capacit\u00e9 de saboter \u00e7a et nous l\u2019utilisons tous les jours et, malheureusement, nous sommes victimes d\u2019un complot\u00a0: de ce complot ultra-lib\u00e9ral qui est une forme \u2013 je ne crois pas que Satan existe \u2013 mais qui est une forme de satanisme en soi. C\u2019est vraiment de mettre en avant le pire, le pire \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019homme et de vouloir en faire un id\u00e9al. Et on ne r\u00e9p\u00e9tera jamais assez que des gens comme von Hayek, von Mises, ce Buchanan dont on parle ces jours-ci parce qu\u2019on comprend mieux \u00e0 quel point ce type \u00e9tait li\u00e9 comme tous les gens \u2013 pas von Mises \u2013 mais si on ajoute Friedman, des \u00ab\u00a0prix Nobel [d\u2019\u00e9conomie]\u00a0\u00bb, tous des personnes qui ont voulu aller conseiller Pinochet, c\u2019est dire le genre d\u2019ordures dont on parle. Il y a des gens qui m\u2019\u00e9crivent et qui ont une bonne opinion d\u2019Hayek. Mais bon, Messieurs, Dames\u00a0! oui, si vous croyez \u00e0 Satan, c\u2019est Satan\u00a0! Voil\u00e0, c\u2019est ce qu\u2019on peut faire de pire au genre humain, de se conduire comme des gens comme \u00e7a. On ne lui a pas demand\u00e9 d\u2019aller conseiller Pinochet. \u00c7a lui est venu tout seul. Alors, ne me citez pas ce bonhomme en exemple. Ne me dites pas qu\u2019il a r\u00e9fut\u00e9 Keynes. Non, c\u2019est une crapule, c\u2019est une ordure. Il n\u2019y a rien de ce qu\u2019il a pu dire qui n\u2019ait pas \u00e9t\u00e9 calcul\u00e9, qui n\u2019\u00e9tait pas en vue d\u2019\u00e9tablir la diff\u00e9rence entre les \u00eatres humains. Et comment\u00a0? Sur la base du Veau d\u2019or, sur la capacit\u00e9 des gens \u00e0 faire de l\u2019argent\u00a0! \u00c0 dire voil\u00e0\u00a0: \u00ab\u00a0quelqu\u2019un qui m\u00e9rite de vivre et de survivre et de vivre bien, c\u2019est quelqu\u2019un qui a pu le montrer en faisant de l\u2019argent\u00a0\u00bb. Il n\u2019y a pas de moyen plus d\u00e9voy\u00e9 de comprendre ce qu\u2019a pu \u00eatre le genre humain\u00a0! Il faut lire les gens qui ont compris au fil des ann\u00e9es ce qui s\u2019est pass\u00e9\u00a0: les Socrate, les Aristote, les Machiavel, les Shakespeare et les Victor Hugo, les saint Paul. Les gens, voil\u00e0, qui ont r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce qu\u2019on \u00e9tait et dont j\u2019essaye de mettre l\u2019image ensemble pour que nous puissions tirer des cons\u00e9quences des le\u00e7ons de ce qu\u2019ils ont appris, chacun \u00e0 sa mani\u00e8re et en tirant la quintessence\u00a0: en essayant d\u2019en tirer la quintessence. Voil\u00e0, \u00e7a c\u2019est le programme de ce livre qui s\u2019appelle\u00a0: <em>Qui \u00e9tions-nous\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>J\u2019ai l\u2019impression d\u2019avoir parl\u00e9 plus longtemps que d\u2019habitude, mais c\u2019est parce que j\u2019avais envie de dire quelque chose\u00a0: c\u2019est ce contraste entre le sentiment d\u2019avoir l\u2019id\u00e9e de savoir o\u00f9 il faut aller maintenant, ce contraste entre \u00e7a et le d\u00e9sarroi que je vois autour de moi, tout pr\u00e8s\u00a0! Sur ce blog de Paul Jorion, dans ces \u00ab\u00a0Amis du blog de Paul Jorion\u00a0\u00bb qui sont tomb\u00e9s dans un mutisme absolu. Non, non, je crois qu\u2019il y a moyen, je crois qu\u2019il y a moyen de savoir ce qu\u2019il faut faire. C\u2019est pour \u00e7a que cette r\u00e9flexion est si importante, que je fais en ce moment sur le transhumanisme. Parce que le transhumanisme, il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 en garder mais il y a au moins, il y a un projet, il y a un projet. C\u2019est un projet, l\u00e0 aussi, qui est assez d\u00e9voy\u00e9, mais il faut voir ce qui est valable l\u00e0-dedans et ce qui ne l\u2019est pas. Ce qui fait toujours partie de ce grand objet de l\u2019anthropologie, de faire dispara\u00eetre la superstition, parce que la superstition, c\u2019est exactement le contraire de la lucidit\u00e9. Mais aussi ce qui sont des illusions de type scientiste ou autre, qui sont du recyclage aussi de la pens\u00e9e apocalyptique qu\u2019on trouve chez les transhumanistes, et ainsi de suite. Il faut trier le bon grain de l\u2019ivraie. Mais il y a du bon grain, il y a du bon grain aussi et c\u2019est ce que je vais essayer de faire dans <em>Qui \u00e9tions-nous\u00a0?<\/em><\/p>\n<p>Alors, je crois que le moment est v\u00e9ritablement venu de retrousser ses manches et de faire des choses. Parce que, dans des p\u00e9riodes de grand d\u00e9sarroi, eh bien, il y a quand m\u00eame une chose qu\u2019on apprend quand on regarde l\u2019histoire. Ce sont des p\u00e9riodes de plus grande libert\u00e9. Ce sont des p\u00e9riodes o\u00f9, si on a une id\u00e9e, si on veut la r\u00e9aliser, elle est beaucoup plus simple \u00e0 mettre en \u0153uvre. Parce que si elle est bonne, il y a des gens qui viendront avec vous. Parce qu\u2019il y a des choses \u00e0 changer, il y a d\u2019autres gens qui veulent les changer. Alors, j\u2019esp\u00e8re que ma&#8230; j\u2019allais dire le mot \u00ab\u00a0certitude\u00a0\u00bb, ce n\u2019est pas une certitude. Ce n\u2019est pas une certitude du tout puisque je vous dis, c\u2019est en me lisant moi-m\u00eame que je trouve peut-\u00eatre ce qui [s\u2019y trouve], mais <em>il y a la possibilit\u00e9 dans ce monde, non pas de trouver du sens, mais d\u2019en mettre<\/em>. Et le moment est venu d\u2019en mettre. Nous avons \u2013 la bo\u00eete \u00e0 outils est l\u00e0\u00a0! \u2013 nous avons les \u00e9l\u00e9ments pour comprendre. Ce sont des gens comme, voil\u00e0\u00a0: Machiavel, Shakespeare, Victor Hugo, il y en a d\u2019autres qui ont mis tout \u00e7a en place\u00a0: Rimbaud, Lautr\u00e9amont, et ainsi de suite.<\/p>\n<p>Le moment est venu, le moment est venu\u00a0! Non pas parce que Dieu attendrait de descendre sur terre, non, non\u00a0: si nous voulons faire les choses, il faut que nous les fassions nous-m\u00eames et que nous lisions, dans le reste du monde, les volont\u00e9s de faire comme nous. Le d\u00e9sarroi des Am\u00e9ricains devant le pr\u00e9sident qu\u2019ils se sont donn\u00e9s, c\u2019est une chose&#8230; Voil\u00e0, il y a un ferment aussi, l\u00e0. Ces tentatives d\u00e9sordonn\u00e9es, un peu dans tous les sens, de modernit\u00e9, de retour \u00e0 des absolutismes qu\u2019on voit en Chine. L\u00e0 aussi, il y a des choses \u00e0 apprendre. Nous avons le moyen de r\u00e9fl\u00e9chir, nous avons le moyen de r\u00e9fl\u00e9chir. Et pas simplement parce que tous ceux qui ont un smartphone peuvent aller regarder dans Wikipedia quelques bonnes d\u00e9finitions mais, oui, nous avons&#8230; tout est sur la table, tous les \u00e9l\u00e9ments sont dans notre main et si nous voulons en faire un autre monde, nous pouvons le faire maintenant et il faut le faire maintenant, parce que si on ne le fait pas maintenant, on ne le fera jamais parce que la possibilit\u00e9 existe effectivement que nous soyons tout simplement en train de d\u00e9truire la plan\u00e8te, comme le lieu o\u00f9 nous pouvons vivre. Il faut le faire maintenant. Il faut se d\u00e9p\u00eacher, le temps compte. Vous ne serez pas immortel, je ne le suis pas non plus. Je suis plus proche de la fin, sans doute, que la plupart d\u2019entre vous. Le moment est venu de faire des choses, le moment est venu de faire des choses. Il faut sortir, il faut secouer cette\u2026 voil\u00e0, ce mutisme, cette catatonie, cette paralysie dans laquelle on est. Elles sont li\u00e9es au fait que <em>nous sommes au pied du mur et \u00e7a participe \u00e0 notre paralysie, de voir ce grand mur devant nous. Mais le moment est venu de l\u2019escalader, d\u2019en faire quelque chose. Pas parce qu\u2019il y a quelque chose d\u00e9j\u00e0 derri\u00e8re ce mur, mais parce que nous, nous avons des choses \u00e0 b\u00e2tir derri\u00e8re ce mur. Et il faut les b\u00e2tir maintenant\u00a0!<\/em> Voil\u00e0\u00a0!<\/p>\n<p>Allez\u00a0! Passez une bonne semaine.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<blockquote>\n<p>Retranscription de <a href=\"http:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/2017\/07\/28\/le-temps-quil-fait-le-28-juillet-2017\/\" target=\"_blank\">Le temps qu&rsquo;il fait le 28 juillet 2017<\/a>. Merci \u00e0 Marianne Oppitz et Olivier Brouwer ! Ouvert aux commentaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bonjour, nous sommes le vendredi 28 juillet 2017 et hier, j\u2019ai re\u00e7u un long message d\u2019un participant au Blog, qui fait des billets sur le blog, et qui participe aussi \u00e0 l\u2019activit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[4681,5027,4489,4941,4390,1,4454,1603,5367,4246,7,2104,4728,4140,6,4802,2769,5133,4904,725,5346,5008,5318,5319],"tags":[],"class_list":["post-97624","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-belgique","category-capitalisme","category-chine","category-christianisme","category-collapsologie","category-economie","category-france","category-grand-tournant","category-gratuite","category-haut-comite-pour-lavenir-du-secteur-financier-en-belgique","category-histoire","category-la-survie-de-lespece","category-le-dernier-qui-sen-va-eteint-la-lumiere","category-le-genre-humain","category-questions-essentielles","category-qui-etions-nous","category-science-economique-2","category-se-debarrasser-du-capitalisme-est-une-question-de-survie","category-socialisme","category-technologie-2","category-theologie","category-transhumanisme","category-ultraliberalisme","category-vers-un-nouveau-monde"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97624","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=97624"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":97657,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/97624\/revisions\/97657"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=97624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=97624"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.pauljorion.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=97624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}