LA DISPARITION « EXPONENTIELLE » DU TRAVAIL

Vous verrez cela ici : une vidéo du Financial Times.

Le travail disparaît avec une accélération « exponentielle ». Et il ne s’agit pas d’une histoire d’ouvriers spécialisés qui ne vous concerne pas : il s’agit du travail requérant Bac + X que VOUS faites en ce moment !

Le travail… disparaît

© Financial Times

Aux États-Unis : le travail en rouge, les profits en bleu. L’écart qui se creuse entre les deux, ce sont les machines : robots, « algos » ou logiciel vulgaris

 

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VENTSCONTRAIRES.net : « Un tournant comme notre espèce n’en a encore connu que deux ou trois jusqu’ici »

Sur le site Ventscontraires.net : « Paul Jorion : Un tournant comme notre espèce n’en a encore connu que deux ou trois jusqu’ici ».

Deux extraits :

A une époque où les politiques ont l’air de faire de la figuration, y a-t-il des expériences en ligne de type collaboratif qui à vos yeux ouvrent des pistes ou offrent des outils pour avoir prise sur les événements ?

Oui, il y a sur l’internet une multitude de réseaux sociaux, de systèmes de messages instantanés, de blogs, de forums, de groupes de discussion, qui fonctionnent comme autrefois seuls le faisaient les think-tanks, les universités populaires, les groupes de recherche. L’avantage sur l’internet, c’est qu’on peut être n’importe où à la surface du globe. Au sein du groupe de discussion « Les amis du Blog de Paul Jorion », il y a des participants que je n’ai jamais rencontrés, j’ignore même pour certains dans quel pays ils vivent. Ces groupes ont joué un rôle considérable dans les printemps arabes, dans le mouvement des indignés ou « Occupy », ils vont décider de ce que la Chine deviendra, ou l’Inde – comme on l’a vu récemment dans une actualité tragique. C’est ce qui explique pourquoi les services de renseignement, y compris des gouvernements dits démocratiques, consacrent aujourd’hui tant d’énergie à infiltrer l’internet, à tenter de le manipuler.

Sur votre site, vous venez de vous passer de la possibilité de laisser des commentaires. Quelle leçon en tirez-vous ?

La formule du blog avec commentaires s’enraie, comme nous avons pu le constater, quand leur nombre dépasse 500 par jour (d’autant plus que sur mon blog les commentaires faisaient souvent plusieurs pages) : on n’a plus le temps de tout lire, les intervenants ne retrouvent plus les textes qu’ils ont mis en ligne, la frustration monte. Pour que le « think tank » spontané ne soit pas alors noyé dans une masse d’informations impossibles à traiter, il faut le recréer en plus petit ailleurs : pour maîtriser la complexité. C’est ce que j’ai fait.

 

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L’actualité de demain : LES ARTISTES TRAVAILLENT AVEC UN FILET, par François Leclerc

Billet invité.

Le coup de grâce au projet européen Liikanen de séparation des activités bancaires – destiné à protéger les dépôts des activités à risque – vient d’être donné par le gouvernement allemand. Faisant suite au projet de loi français qui a ouvert le chemin, et dans la même lignée, celui-ci exonère dans la pratique la quasi-totalité des banques allemandes de toute réforme, à l’exception de la Deutsche Bank, de Commerzbank et de LBBW, la principale banque régionale (Landesbank).

Il repose sur le principe d’une séparation illusoire des activités de trading pour compte propre lorsque celles-ci représentent au moins 100 milliards d’actifs au bilan des banques ou 20% de celui-ci. À ce titre, il ignore superbement la difficulté – insurmontable du dire des connaisseurs, dont Errki Liikanen – qu’il y a à identifier séparément ces activités de celles que la banque opère pour le compte de ses clients, notamment celles de « teneur de marché » – la garantie donnée par une banque à un client que tel titre qu’il possède va rester liquide, c’est à dire qu’il pourra s’en défaire – qui est toute aussi risquée pour la banque.

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« Le temps qu’il fait », le 22 février à 18h30 au Théâtre du Rond-Point à Paris

On peut maintenant acheter sa place via le lien ou en appelant le 01 44 95 98 21 – le tarif unique est de 9€.

P.S. : Vous êtes nombreux à me signaler que le système de réservation en ligne ne semble pas fonctionner (dixit le théâtre : « C’est une histoire de quotas entre Fnac, Internet, etc. qui doivent être rebalancés ». Téléphonez plutôt. Merci d’avance !

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L’actualité de demain : DANGEREUSE BONNE FORTUNE, par François Leclerc

Billet invité.

Wall street remonte comme aux plus beaux jours, les grands indices boursiers retrouvent leurs couleurs et n’étaient plus mardi qu’à quelques dizaines de points de leurs sommets d’octobre 2007, quand tout allait encore au mieux sur la place de New York. Un léger fléchissement intervenait hier, à l’annonce d’une croissance américaine plus faible qu’attendue au quatrième trimestre, mais cela n’a pas altéré la conviction que tout allait s’arranger. Constatant cette stagnation de la croissance, le comité de politique monétaire de la Fed, qui se réunissait hier mercredi, l’imputait d’ailleurs à des facteurs météorologiques, affectant la sérénité, tout en confirmant cependant ses mesures d’exception, dont l’achat d’actifs financiers pour un montant mensuel de 85 milliards de dollars.

Dans cette ambiance, les investisseurs n’ont comme crainte que de ne pas en être et en profiter, et reviennent sur un marché qu’ils avaient déserté. La situation des grandes entreprises américaines n’y est pas pour rien : elles ont réduit leur endettement, dégagent d’importants profits et disposent de très importantes liquidités, toute porte donc à croire dans le retour de la croissance, pour ceux qui en voient là la raison. Cette confiance retrouvée doit cependant beaucoup dans le maintien de la politique monétaire ultra-accommodante de la Fed, qui permet d’emprunter à des taux très bas pour investir sur le marché des actions qui bondit et faire d’excellentes affaires. Les financiers jouent parfois à se faire peur, ils ont cette fois au contraire choisi d’abandonner toute retenue pour profiter de cette bonne fortune.

A bien y réfléchir, une telle embellie est-elle une si bonne nouvelle ? Est-il bien normal que les indices de Wall Street caracolent alors que la croissance américaine recule de -0,1% au quatrième trimestre, que l’Europe est en récession et que le Japon espère relancer son économie en finançant des grands travaux ? L’appétit pour le risque qui se manifeste dans les milieux financiers correspond au désir de renouer avec des rendements qui avaient disparu. Notamment de la part des fonds de pension et des fonds monétaires, qui ont beaucoup souffert et ont besoin de se refaire une santé. Mais dans un contexte où les principales mesures de régulation financières ne sont toujours pas appliquées, quand elles n’ont pas été déjà émoussées et retardées, est-ce bien raisonnable ?

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L’EUROPE S’APPRÊTE À « PROTÉGER LES INVESTISSEURS CONTRE LES CONSÉQUENCES DE LEURS MAUVAISES DÉCISIONS »

L’économiste allemand Hans-Werner Sinn et l’économiste suisse Harald Hau ont signé avant-hier une tribune libre dans le Financial Times, intitulée : « L’union bancaire de la zone euro est profondément viciée ». Elle traite un thème qui m’est cher et sur lequel il est toujours bon de revenir : que le mécanisme du prêt et de l’emprunt est aujourd’hui faussé du fait que le défaut, soupape nécessaire d’une économie fondée sur une répartition très inégale de la richesse, a été mis hors-jeu. Tout défaut, toute somme qui n’est pas remboursée par un emprunteur à un prêteur, est depuis 2007 prise à charge par l’État, c’est-à-dire par le contribuable, le cas princeps étant celui de la faillite de l’assureur américain AIG en septembre 2008 : le contribuable américain a (à son corps défendant bien entendu) réglé l’entièreté des 182,5 milliards de dollars nécessaires à rembourser rubis sur l’ongle l’ensemble des créanciers.

Dans ce domaine, l’Europe met en ce moment les bouchées doubles. Sinn et Hau écrivent très justement à propos du projet d’union bancaire européenne qu’il « pourrait constituer une nouvelle étape dans le transfert de dettes privées douteuses au bilan des États – ce qui réjouit le marché des capitaux et explique sans doute sa confiance retrouvée ».

Les principales composantes du taux d’intérêt sont la prime de liquidité (le prix à payer pour le temps qui s’écoulera avant le remboursement), l’expression du rapport de force entre prêteurs et emprunteurs dans une conjoncture particulière de l’économie, et la prime de risque faite pour absorber statistiquement le défaut s’il a lieu. Or maintenant que le risque a cessé d’exister, la prime de risque incluse dans le taux d’intérêt exigé constitue une simple aubaine. À propos du Mécanisme européen de stabilité (MES) Sinn et Hau font observer qu’il « met en avant des mesures protégeant les investisseurs contre les conséquences de leurs mauvaises décisions ».

Pour justifier son profit, le prêteur invoque – et le plus souvent à hauts cris – le risque auquel il est exposé. Mais le risque de non-remboursement a aujourd’hui disparu : le versement des sommes dues a été verrouillé, aux frais de la communauté. Si celle-ci proteste : dit qu’elle a du mal à payer, il lui est répondu sans vergogne – venant d’en haut – que ses difficultés actuelles proviennent du fait qu’« elle a vécu autrefois au-dessus de ses moyens ! ».

Les exilés et autres optimiseurs fiscaux expliquent à qui veut les entendre que leur attitude se justifie par le fait que la solidarité fiscale s’exerce systématiquement à leurs dépens. Certains d’entre eux – peut-être même de bonne foi – continuent de l’affirmer. Ils peuvent cependant être rassurés : depuis 2007, et dans l’ensemble des pays occidentaux en tout cas, c’est désormais à eux que la solidarité fiscale bénéficie essentiellement.

Il faut que les États cessent immédiatement de prendre à leur charge la totalité des défauts qui se manifestent dans l’économie : le défaut est une soupape assurant le désendettement sans que l’économie ne s’effondre pour autant. L’assurance contre le défaut existe d’ores et déjà : c’est la prime de risque incluse dans le taux, faite précisément pour absorber statistiquement un non-remboursement éventuel. Si le défaut d’une firme spécifique devait constituer par sa nature-même un risque systémique, cette firme doit être immédiatement démantelée en unités non-systémiques.

Les mesures assurant la disparition du risque pour le prêteur ont été mises au point conjointement par les entreprises transnationales et les grandes firmes d’audit avant d’être proposées clé-en-main aux États par leurs lobbyistes. J’ai rappelé cela lundi lors de la première réunion du « Groupe de réflexion sur l’économie positive », la fureur d’un participant au cœur de ce mécanisme en réponse à mon affirmation, m’a confirmé que j’avais visé juste.

 

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L’actualité de demain : UN MONDE PEU RÉJOUISSANT DE MÉGAPOLES, par François Leclerc

Billet invité

Cinq millions de véhicules, des particuliers qui se chauffent au charbon et une ceinture industrielle dont c’est également la source principale d’énergie : Pékin, mégapole de 20 millions d’habitants, continue d’être asphyxiée par une pollution atmosphérique persistante, résultat d’un épais brouillard constitué de particules très fines, qui ne se résorbe pas contrairement aux prévisions initiales, malgré l’arrêt d’une centaine d’usines et des mesures de restriction de la circulation automobile. Les autorités conseillent à des millions de Pékinois de s’abstenir de sortir, prioritairement les enfants, les personnes âgées et les malades. Les hôpitaux voient affluer les cas de détresse respiratoire. Un seuil de pollution dangereux est atteint et même dépassé.

Les atteintes à l’environnement, la pollution à grande échelle des cours d’eau et de l’atmosphère et les cas d’atteinte à la sécurité alimentaire qui se multiplient confirment que le modèle de développement accéléré chinois n’est pas tenable. La réaction populaire est vive, mais les autorités n’ont pas de solution à court terme, car les reconsidérations à effectuer sont immenses. Le problème n’est pas propre à la Chine, où il atteint son summum. Le développement de mégapoles – qui résultent d’une croissance très rapide dans les pays « émergents » ou « émergés » – produit les mêmes phénomènes partout en Afrique, en Amérique latine et en Asie.

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L’actualité de demain : UN ENTERREMENT DE DERNIÈRE CLASSE, par François Leclerc

Billet invité.

Ouf ! les dirigeants allemands et français se sont mis d’accord et l’Europe est sauvée. L’Europe des banques, s’entend. Michel Barnier, le commissaire chargé de la régulation financière, en a tiré la leçon. L’application du rapport Liikanen sur la séparation des activités des banques doit selon lui « préserver leur diversité ». L’étude de l’impact des mesures proposées se poursuit et le commissaire présentera ses conclusions dès cet été, sans tarder. « Je ne veux pas pénaliser le travail des banques quand elles travaillent au bénéfice de l’économie et de l’industrie », a-t-il déclaré à Davos devant un auditoire réceptif.

Quelques mauvais esprits n’ont pas manqué de remarquer que l’application des mesures du rapport aurait permis d’éviter le scandale de la Monte Paschi di Siena (MPS), qui enflamme la campagne électorale italienne et dont nul ne sait jusqu’où il va aller. D’autres que la Deutsche Bank, qui se trouve décidément impliquée dans toutes les plus belles affaires (*), dont celle-ci, ne sera pas avec d’autres mécontente du coup d’arrêt que Michel Barnier annonce. Le gouvernement français y avait contribué en adoptant un projet de loi – présenté aujourd’hui devant l’Assemblée nationale – ne tenant pas compte de ses préconisations, soutenu en cela par le gouvernement allemand.

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UN ÉTRANGE DEUX POIDS DEUX MESURES

Vous avez dû noter que les autorités financières américaines n’incriminent jamais véritablement qui que ce soit : tout cela se termine toujours de la même manière : le criminel – que rien n’empêche de poursuivre ses activités criminelles – s’acquitte d’une amende sans reconnaître pour autant avoir rien fait de mal.

L‘époque où il aurait été interdit aux États-Unis à une entreprise financière de poursuivre ses activités dans un secteur où elle s’est conduite en criminel endurci, se perd hélas dans la nuit des temps.

Dans le scandale du LIBOR (voir mes billets d’avril 2008), Barclays a été mise en cause, et sa direction décapitée (essentiellement parce que le comportement répugnant de l’empire Murdoch avait mis les nerfs à vif de l’opinion publique britannique), puis UBS. Le temps est venu pour Royal Bank of Scotland d’expier, et cette fois-ci, il est (enfin) question de poursuites sur le plan criminel.

La différence entre Barclays et UBS d’un côté, et Royal Bank of Scotland de l’autre, est que RBS est, depuis ses déboires du temps des subprimes, nationalisée à 82%.

J’ai déjà eu l’occasion d’en faire la remarque : les instances américaines traitent de manière générale avec beaucoup plus de rigueur tout ce qui relève directement de la nation britannique, que ce qui touche aux entreprises privées de ce beau pays.

Quel sens cela a-t-il ? Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que ceux qui, sur le continent, sont prompts à blâmer « les Anglo-Saxons » dans leur ensemble pour tous les malheurs qui nous affligent, vont devoir revoir leurs interprétations devant la fracture qui se dessine de plus en plus nettement entre les États-Unis et le Royaume-Uni.

 

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Ce dont on (ne) parlera (pas), par Zébu

Billet invité.

La fin de la prise d’otages à In Amenas scellée dans le sang et la guerre au Mali se poursuivant, on est amené depuis plusieurs semaines à parler de nombreux sujets, et non des moindres, de manière récurrente ou par intermittence dans les media.

On parle par exemple, concernant la prise d’otage en Algérie, de la stupéfaction des Occidentaux face à ce qui a semblé une défaillance béante de l’appareil sécuritaire algérien quant à la protection de sites (majeurs) de production d’énergie fossile, ce qui ne peut qu’interroger ces mêmes pays occidentaux, en bonne partie consommateurs de ces énergies, de la capacité réelle dudit régime à garantir leur approvisionnement. Plus profondément, on parle aussi avec inquiétude de la lutte des factions au pouvoir, qui semble avoir été ravivée avec l’autorisation de survol du territoire algérien pour les avions français allant bombarder au Mali et le départ prochain du président Bouteflika. Certains parlent même des ‘complicités’ dont les djihadistes auraient pu profiter au sein du site de production gazier, leur permettant d’y stocker des armes en vue de la prise d’otages. D’autres accusent les services algériens d’entretenir des liens avec ces mêmes djihadistes, maîtrisant plus ou moins les manipulations de ces groupuscules qu’on leur prête.

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La vie quotidienne début 2013 au Japon : comment protéger ses enfants de la radioactivité ?, par Marc Humbert

Billet invité.

Je suis revenu du Japon, fin août 2012 après un séjour de 4 ans et je viens d’y passer une quinzaine de jours entre la mi-décembre et le début janvier. Les populations d’une grande partie de l’Est du Japon donnent l’impression de vivre comme si la radioactivité n’existait pas, mais quand on quitte les routines quotidiennes et que les langues se délient, on perçoit l’immense angoisse de fond et la profonde opposition à la remise en marche d’une production d’énergie nucléaire. Les sondages évaluent cette opposition à plus de 60%. Quand on en rencontre des familles jeunes avec enfants, le malaise est pire et les mamans vivent très mal cette situation, surtout si elles sont restées à moins de 100 km de la centrale. Même en vivant plus loin, comme nombre de celles qui habitent à Tokyo, elles s’inquiètent pour leurs jeunes enfants. Je vous livre ci-après quelques témoignages directs et d’autres lus dans les journaux et transcrits depuis mon retour.

« J’ai cru que j’allais perdre la tête » se souvient Minaho KUBOTA, en répondant à un interview récent, publié le 31 décembre par le Japan Times. Aussitôt après la menace radioactive elle est partie se réfugier très loin, à Naha, sur la principale île de l’archipel d’Okinawa, à 2 500 km de Fukushima. « Je sentais que je n’aurais eu aucune réponse à donner à mes enfants si, une fois grands, ils en venaient à me demander : Maman, pourquoi n’es-tu pas partie ? ».  Cette pensée taraude des centaines de milliers de mères au Japon, pas seulement celles qui se trouvaient les jours qui ont suivi le 11 mars à quelques dizaines de kilomètres de la centrale, mais une grande partie de toutes celles qui vivaient dans l’Est du Japon.

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L’actualité de demain : LES AUTOMOBILISTES, AVEC NOUS ! par François Leclerc

Billet invité

Rêve à assouvir, la possession d’une voiture a longtemps symbolisé l’ascension sociale de ceux qui pouvaient enfin se le permettre, faisant de l’industrie automobile et de tout ce qui l’a entouré un moteur du développement de l’économie qui n’est plus. Avec la banalisation de la possession d’une voiture, la crise est passée et cette industrie en subit les redoutables effets sans y être préparée, se tournant vers les nouveaux marchés émergés pour vendre sa production, après l’avoir délocalisée autant que les contraintes politiques et sociales le permettent. Le rêve n’est plus ce qu’il était, les contraintes financières sont passées par là, le premier signe en a été le succès inattendu des voitures « low cost », contingentées de peur d’une cannibalisation de l’entrée de gamme des constructeurs, la diminution de la consommation d’essence ou l’essor du diesel n’ayant pas suffi.

Mais le vieillissement du parc automobile va générer d’autres besoins. Le coût exorbitant des pièces détachées et des réparations est le prochain poste des dépenses à réduire. C’est pour cela qu’apparaissent des self-garages où des moyens et des outils sont mis à la disposition des plus bricoleurs, afin de réaliser des opérations de base d’entretien et de remplacement de pièces détachées. La différence de prix avec un garage classique peut aller jusqu’à 70 % et les pièces commandées sur Internet sont acceptées.

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L’actualité de demain : PENDANT QUE SOPHIE DESMARETS, CHARLES TRENET ET PIERRE FRESNAY…, par François Leclerc

Billet invité

« Il faut un nouveau contrat social reposant sur le développement d’institutions qui subordonnent la dépense publique à un effort fiscal socialement acceptable » n’a pas hésité à déclarer au Portugal Carlos Costa, le gouverneur de la banque centrale. Il faisait suite à la décision du premier ministre portugais, Pedro Passos Coelho, de trouver encore 4 milliards d’euros d’économies d’ici la fin de l’année prochaine, qu’il est soupçonné de vouloir trouver dans les budgets de la santé et de l’éducation.

Martin Schulz, le président du Parlement européen, ne voit pas les choses exactement de la même manière, expliquant que « le déséquilibre social qui existe actuellement en Europe est catastrophique », annonçant que le Parlement « n’approuvera pas un budget qui n’inclue pas une politique active de croissance », rappelant que c’est celui-ci et non pas les gouvernements qui a le dernier mot en cette matière.

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BRR…

Je lis sur Mediapart un article sur la mort de Robert Boulin et, honnêtement, ça vous fout les jetons. Chers amis, si l’on vous dit un jour que je me suis suicidé parce que j’étais déprimé pour une raison X ou Y, soyez gentils : n’en croyez surtout rien (j’ai à coup sûr deux récepteurs pour la dopamine) et trouvez qui l’a fait ! Je suis Belge de nationalité : j’ai droit à l’euthanasie. Le jour où j’en aurai soupé, je remplirai les formulaires ad hoc et ferai confiance au Comité Local de Sortie Programmée (je ne suis pas sûr qu’il s’agisse de l’intitulé officiel). C’est la seule méthode qui me convienne !

 

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« CAN I FORGIVE HIM ? », par Michaël Grébil (*)

Billet invité.

Merci pour votre post « La « ciminisation » de Paul Simon » qui m’a remémoré cette merveille de Paul Simon qu’était « Songs from the Capeman ». Bien heureux de votre partage de vidéos. Merci. Je voulais partager ce sentiment totalement terrassant lorsque j’avais posé mes oreilles sur cette chanson : « Can I forgive him ? ».

Il me semble qu’il s’agit là d’une des plus belles chansons qu’il m’ait été donné d’entendre à ce jour (inclusivement dans tout le répertoire musical existant à ce jour sur notre bonne vieille planète). Il y a une magie qui opère et qui se situe à tout niveau. Sur les paroles tout d’abord : l’échange dramatique entre deux mères meurtries par la disparition de leur enfant et la possibilité de cet échange est bouleversante. Avec toute une forme de causalité sous-jacente à la culture, la religion ou encore la dureté d’un « homeland » barbare. Ce homeland qui fait de ces femmes des apatrides de tout, et à qui, plus encore, on leur retire leur « patrie » charnelle, absolue, celle de leurs propres filiations. Sur la confrontation de ces deux mères, étrangement, la chanson fait s’annuler toute dimension dualiste, binaire. La perte d’un être plus qu’aimé donne la place pour la parole, la douleur mais aussi l’écoute, l’attention de l’autre. (Cela devient presque une « allégorie » de ce que peut être la notion de justice réparatrice à ce stade.)

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La plus grande arnaque juridico-mathématique de tous les temps, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité. Le film « Margin call » de J. C. Chandor (2011) a déjà inspiré ici des billets de François Leclerc et de moi-même Paul Jorion.

Le film « Margin call » dit tout ce qu’il faut comprendre de la faillite de Lehman Brothers. On devine tout de suite que l’intrigue se noue un jour avant le 15 septembre 2008. La firme est déjà en train de congédier ses traders à cause de l’effondrement de ses positions de marché ; lesquelles sont de pures anticipations, à travers des modèles mathématiques de risque, de la variation de la variation des prix futurs de ce qui n’est pas concrètement visible au présent.

Dans la première scène, des zombies vont on ne sait où. On comprendra par les premiers dialogues que les hommes sont éliminés pour que les pertes ne soient pas visibles sur le marché. Le paiement des appels de marge se fait uniquement en chair humaine. Margin call est une interpellation sur la marge de la finance : travaille-t-elle dans la vie réelle des êtres humains ou est-ce un jeu de l’imaginaire numérique sur
l’inhumain ?

Tout le « business » de Lehman alias la firme se fait sur la volatilité des prix dans un marché qu’elle « contrôle » par l’énormité de ses positions. Dans Margin call, les traders qui découvrent que leur poule aux oeufs d’or est en faillite nous expliquent comment ils travaillent. Il y a d’abord une différence entre les jeunes et les vieux. Les vieux ont fait leur droit et ne connaissent rien aux mathématiques.

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L’actualité de demain : LE DÉSENDETTEMENT EST UN TORRENT TUMULTUEUX, par François Leclerc

Billet invité.

La partie non annexée par la Turquie de Chypre pèse 0,15% du PIB de la zone euro, mais elle représente un risque systémique, d’après Jörg Asmussen, membre du comité directeur de la BCE. Refuser d’aider financièrement le pays pourrait avoir un impact sur les banques grecques, déjà très atteintes, et envoyer « un mauvais signal » au moment où le Portugal et l’Irlande s’efforcent de revenir sur le marché, a-t-il fait valoir. Cela donne la mesure de la fragilité extrême de la construction financière de la zone euro…

Mais le gouvernement allemand, en cela fidèle à la position qu’il défend déjà vis à vis de l’Espagne, ne souhaite pas de nouveau plan de sauvetage et tente de justifier son refus en arguant du fait que les banques chypriotes blanchissent à grande échelle des capitaux russes douteux (ce qui fait peu de doute). Il en a résulté des échanges à fleuret moucheté entre Mario Draghi et Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, ce dernier trouvant pour s’abriter une défausse juridique : Chypre ne remplirait pas les conditions pour bénéficier d’un sauvetage, n’étant pas reconnu comme systémique eu égard à sa définition dans la loi allemande adoptée à propos du fonctionnement du MES. Mario Draghi a répliqué que cette question ne pouvait être tranchée que par des économistes, et pas des juristes (ce qu’est Wolfgang Schäuble de formation).

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ALCESTE, MAIS PAS SEULEMENT À BICYCLETTE

C’est avec délice que j’avais vu il y a deux ans Les femmes du 6ème étage de Philippe Le Guay, c’est donc sans inquiétude ni appréhension que je suis allé voir aujourd’hui Alceste à bicyclette, du même.

Je hais les prétendus critiques de cinéma dont le compte-rendu se limite à dévoiler la chute de l’intrigue, ce qui ne requiert aucun talent, si ce n’est celui d’avoir été assis là dans le noir dans une salle pendant deux heures. J’en dirai donc le moins possible à ce sujet. Voici cependant : dans le film de Le Guay, l’interaction entre deux hommes et une femme prouve qu’Alceste, le misanthrope de Molière, avait raison.

C’est donc un film pessimiste. Mais on ne peut s’arrêter là, et la raison pourquoi, c’est que Lacan a affirmé, à très juste titre d’ailleurs, qu’Alceste est fou (Lacan 1966 [1946] : 173). Molière n’en pensait pas moins, qui sous-titra sa pièce « L’atrabilaire amoureux ». L’excès de bile noire est bien une maladie, même si nous ne croyons plus à son existence aujourd’hui, ni en trop, ni en trop peu, ni même en quantité suffisante.

Le peu de liberté dont nous disposons en tant qu’êtres humains nous permet cependant d’adhérer plus ou moins aux propos que nous tenons : de la citation par nous sans engagement aucun de quelque chose que nous avons entendu dire : « Il paraît que… », à notre identification totale : « Je jure mes grands dieux que… » (Jorion 1989 ; 2012 : 220-223 ; 2009 : 147-156).

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