LE TEMPS QU’IL FAIT LE 13 NOVEMBRE 2015 – (retranscription)

Retranscription de Le temps qu’il fait le 13 novembre 2015. Merci à Cyril Touboulic !

Bonjour, nous sommes le vendredi 13 novembre 2015. Et donc, faites un peu attention quand vous sortez de chez vous parce que, quand même, on sait bien qu’un vendredi 13, il faut être un tout petit peu prudent. Ou si vous croyez au contraire que vous aurez de la chance un peu plus que d’habitude, eh bien, n’hésitez pas donc à acheter un billet de loterie.

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Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43 – (retranscription)

Retranscription de Paul Jorion pense tout haut le 30 septembre 2015 à 19h43. Merci à Olivier Brouwer !

Ouvert aux commentaires. J’aimerais que le débat – qui me semble important – soit ciblé sur les sujets que j’évoque ici. Je demanderai du coup à quelques commentateurs habituels qui ont fait la preuve au fil des ans de leur incapacité à parler du sujet évoqué [BasicRabbit, Dominique Gagnot, Gudule et JDucac] de s’abstenir cette fois-ci pour laisser de la place aux autres.

Bonjour, nous sommes le mercredi 30 septembre 2015. Quand je vous parle un vendredi, j’appelle ça Le temps qu’il fait. Quand c’est un autre jour, j’appelle ça parfois Le temps qu’il fait, si on est un jeudi, en vous expliquant que le lendemain, je serai sur la route ou je ne sais quoi. Aujourd’hui, on est mercredi, et j’ai envie de parler de quelque chose, c’est d’une inquiétude que j’ai, et en même temps, ce n’est pas vraiment une inquiétude parce qu’il y a quelque chose de rassurant dans toute cette histoire.

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100 millions de dollars pour le projet « Maman ! Vite ! Au secours ! »

Sigmund Freud écrit dans « Deuil et mélancolie » (1917) : « Il est […] remarquable qu’il ne nous vienne jamais à l’idée de considérer le deuil comme un état pathologique et d’en confier le traitement à un médecin, bien qu’il s’écarte sérieusement du comportement normal. Nous comptons bien qu’il sera surmonté après un certain laps de temps, et nous considérons qu’il serait inopportun et même nuisible de le perturber. »

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Games of ThOrMones, ou la réciprocité depuis Shakespeare, par Timiota

Billet invité.

Lectrice/lecteur, voici pour t’appâter un grand classique, le sexisme. Succombe donc, car la suite est bien différente !

1) Hormones

Parmi les réactions recueillies de ci de là au débat Piketty/Lordon le 17 avril dernier sur CSOJ, celle-ci : « mais il y a que des mecs », suivie de « et dans des réunions de femmes sur des sujets un peu moins éthérés, l’ambiance est autrement plus pratique ». Oui-da!

Je prends le risque de m’aventurer sur le grand débat du sexisme, en mettant en scène les hormones. Ajoutant immédiatement qu’elles sont partagées entre les sexes !

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Le temps qu’il fait le 27 mars 2015

Sur DailyMotion, c’est ici.

Le geste d’Andreas Lubitz, co-pilote de l’A320 de Germanwings.

La mémoire personnelle : Principes des systèmes intelligents (1989 ; 2012)

Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie (1872)

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Le transport amoureux : Une affaire inquiétante !

Avant-hier vendredi à l’heure du déjeuner, nous nous efforcions,  Annie Le Brun et moi,  de percer le mystère de la beauté (il y a déjà foule en effet à s’efforcer de percer celui du football 😉 ), lorsque l’idée s’est imposée à moi que Sade nous aiguille sur la bonne voie si l’on se demande d’où vient la cruauté, quand il nous dit, comme Annie nous l’a rappelé avec Sade. Attaquer le soleil, qu’« Il n’est point d’homme qui ne veuille être despote quand il bande ».

Le transport amoureux est une affaire inquiétante : quand l’orgasme vient l’interrompre dans ses débordements en le faisant dérailler, n’est-ce pas providentiellement juste avant que le drame n’éclate ? Le soupçon nous effleure qu’il s’agit avec tout ça d’une histoire qui pourrait sinon très mal se terminer.

Quand, sur la voie de la cruauté, l’orgasme n’intervient pas à point nommé, le genre humain bascule du plus sublime à ses propres yeux au plus abominable dans les faits même.

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(Ivan) Locke (2014)

Dimanche dernier dans la soirée, j’ai envoyé à l’éditeur le manuscrit de mon livre « Rebâtir, à partir de Keynes (titre provisoire) ». Vous savez en gros ce qu’il y aura dedans : vous m’avez vu l’écrire ici à partir d’août 2013. Maintenant je vais me mettre au livre qui commençait à s’écrire dans ma tête pendant ce temps-là. Pour celui-là aussi vous savez déjà plus ou moins de quoi il s’agit : il sera question de robots, d’emplois qui disparaissent, du pouvoir que nous avons sur les choses et que les choses ont sur nous, de la machine que nous sommes et du rapport en général qu’ont les machines entre elles : celles en chair et en sang et celles en métal et en plastique.

Le message essentiel sera que la seule chose pour laquelle nous sommes véritablement équipés, c’est faire des bébés (pour de vrai ou pour du beurre), et respecter les conditions minimales pour que ce soit possible (boire, manger, ne pas mourir de froid…). Faire des bébés nous fait dérailler en permanence et nous passons une bonne partie de notre temps à essayer de remonter sur les rails. Comme en plus nous pouvons parler, nous passons le reste de notre temps à nous raconter à nous-même et aux autres que nous avons, en réalité et contre toute évidence, des intentions et que nous avons une volonté et que cette volonté nous permet de réaliser nos intentions. Les autres savent très bien que ce n’est pas comme ça que ça se passe mais ils ont la politesse de nous écouter parce qu’ils voudraient bien qu’un jour ou l’autre ce soit nous qui les écoutions déverser eux aussi leur boniment. Pourquoi nous racontons-nous de telles salades si nous ne sommes même pas prêts à les acheter ? Parce que ça calme un peu le tumulte intérieur, pendant qu’on continue de ramer.

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VentsContraires.net, Paul Jorion : L’argent est-il notre Dieu et le marché sa religion ?

Sur le site VentsContraires.net, c’est ici.

L’hyperdiffusionnisme britannnique : Grafton Elliot Smith.

Comment faire pour oublier qu’on va mourir ? Sigmund Freud : L’avenir d’une illusion (1927), Malaise dans la civilisation (1930).

Je mentionne que dans un de mes livres j’ai voulu expliquer ce qu’était « la confiance des marchés » en la programmant. C’est dans La crise. Des subprimes au séisme financier planétaire (Fayard 2008). Cela avait d’abord paru ici comme billet : La crise des subprimes et la « confiance des marchés ».

La retranscription se trouve ici (merci à Olivier Brouwer !) :

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Arthur Schnitzler (1862 – 1931)

Le livre de Theodor Reik, Arthur Schnitzler als Psycholog (1913), a été traduit en français aux éditions Circé sous le titre Schnitzler psychologue en 2004.

Je n’arrive à m’en procurer ni un exemplaire neuf, ni d’occasion. Si vous avez un tuyau, soyez gentil ou gentille de me le signaler ici.

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Le temps qu’il fait le 5 décembre 2014

Sur Dailymotion, c’est ici.

La vidéo : Le travail disparaît, et c’est ce que nous avons voulu

Il y a des gens qui s’amusent régulièrement à enlever cette vidéo, heureusement il y en a d’autres qui s’amusent à la remettre.

Paul Jorion, Principes des systèmes intelligents

Le projet DeepMind

Portrait de Demis Hassabis dans Technology Review : Google’s Intelligence Designer, le 2 décembre 2014
Alex Graves, Greg Wayne, Ivo Danihelka : Neural Turing Machines, le 20 octobre 2014

Wikipedia en anglais : Paul Jorion

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L’emprise : pris en tenaille, du dehors et du dedans

Communication faite le 4 octobre à Strasbourg, lors des Journées Nationales de l’Association française des psychiatres d’exercice privé – AFPEP.

J’appelle, pour aller vite, « Moi », le point d’ancrage que suppose la conscience à la volonté subjective, qui serait le mode d’action dont elle dispose sur le monde. Des modifications interviennent effectivement dans le Réel du fait des actes posés et constatés par la conscience ; celle-ci en attribue l’origine à la volonté, dont le siège supposé est le Moi.

À propos du Moi, Freud écrit en 1929 dans Malaise dans la Civilisation : « À l’origine le Moi inclut tout, plus tard il exclut de lui le monde extérieur » ([1929] 1970 : 12). Il avait déjà expliqué quelques lignes plus haut que

« La pathologie nous fait connaître une multitude d’états où la délimitation du Moi d’avec le monde extérieur devient incertaine, fait l’objet d’un tracé réellement inexact : dans certains cas, des parties de notre propre vie psychique, perceptions, pensées, sentiments, apparaissent comme étrangers, semblent ne plus faire partie du Moi ; dans d’autres cas, on attribue au monde extérieur ce qui visiblement a pris naissance dans le Moi et devrait être reconnu par lui. Ainsi donc le sentiment du Moi est lui-même soumis à des altérations, et ses limites ne sont pas constantes » (ibid. 11).

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X aurait raison aujourd’hui ! (sic)

17 juin 2015. Le billet ci-dessous faisait état d’un mail où l’auteur d’un livre intitulé « X aurait raison aujourd’hui », le X en question étant un personnage historique célèbre pas entièrement innocent dans la création et la mise en oeuvre du goulag, me conseillait de me rendre sur un site-toile publicitaire où se faisait la promotion entre autres d’un livre intitulé « Y, une résistance inespérée », le Y en question étant, selon la pub, « un artiste que l’on tente d’empêcher de travailler et d’exercer son Art ». J’en tirais la conclusion que

Le situationnisme a inspiré les années 1960, le confusionnisme règne en maître apparemment cinquante ans plus tard.

Le contenu de cette publicité a au moins le mérite de confirmer une hypothèse sinon hardie : que le poutinophile d’aujourd’hui aurait été un stalinophile enthousiaste autrefois. Quod erat sans doute demonstrandum (cqfd).

L’auteur de « X aurait raison aujourd’hui » a changé de maison d’édition et son nouvel éditeur me signale ce changement, m’affirmant que mon billet lui porte ombrage. Dont acte, j’ai donc anonymisé de la manière que vous voyez, mon billet initial.

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XLIIIème Journées nationales de la psychiatrie privée : « Emprises. Quand ça pense pour moi ! », à Strasbourg le 4 octobre 2014

Merci à la personne qui a présenté hier mon exposé, et qui ne m’en a pas (trop) voulu que je parle d’emprises sans évoquer les « algorithmes ».

Merci à mes voisins de table au dîner en soirée à l’Auberge Pont Saint-Martin, qui ont, tous ensemble avec moi, discuté du sens de la vie, ainsi que de celui de la mort à la pêche en mer, tel qu’évoqué en particulier ce dernier par Roger Vercel dans La caravane de Pâques (1948).

Merci à Georges-Arthur Goldschmidt de m’avoir fait comprendre hier soir par une seule phrase terrible et secrète comment il est possible d’être amoureux de la race humaine après avoir pourtant traversé les pires épreuves de son fait.

Et merci aux trois psychiatres avec qui j’ai discuté ce matin au petit déjeuner du Glass-Steagall Act, de la spéculation et des produits dérivés synthétiques, et que j’ai dû interrompre pour aller prendre le train qui me ramenait vers Bruxelles.

Tout cela vous fait compter pour rien les huit heures de train qui rendent ces conversations possibles.

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Le temps qu’il fait le 26 septembre 2014 (retranscription)

Retranscription de « Le temps qu’il fait le 26 septembre 2014 ». Merci à Olivier Brouwer

Bonjour, nous sommes le jeudi 25 septembre 2014 et j’enregistre ma vidéo du vendredi 26 avec un peu d’avance parce que demain, à l’heure où j’enregistre d’habitude ma vidéo le vendredi, je serai dans le train, parce que je serai en route vers Paris. Je me rendrai à l’heure du déjeuner à BFM Business, où on enregistrera l’émission que vous aurez l’occasion, vous, de voir dans la soirée, à 22h, et qui sera consacrée à ce livre d’entretiens entre Bruno Colmant et moi-même, avec Marc Lambrechts, sur « Penser l’économie autrement ». Et quand j’aurai quitté le studio, je partirai vers Bruxelles, parce que lundi je reprends mon enseignement à la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel, l’université néerlandophone de Bruxelles.

Et samedi à 18h, on renouera avec les rencontres des amis du blog de Paul Jorion au Vicomte à Ixelles. On entamera la troisième année de ces rencontres. Nous venons à Vannes, à Conleau, d’avoir la deuxième réunion en Bretagne.

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La route sera longue

Le temps où sera établie la primauté de l’intelligence est sans doute encore immensément éloigné de nous, mais la distance qui nous en sépare n’est sans doute pas infinie. Et comme la primauté de l’intelligence poursuivra vraisemblablement les mêmes buts que ceux que votre Dieu doit vous faire atteindre : la fraternité humaine et la diminution de la souffrance, nous sommes en droit de dire que notre antagonisme n’est que temporaire et nullement irréductible. Bien entendu, nous les poursuivrons dans les limites humaines et autant que la réalité extérieure, l’Aναγχη le permettra. Ainsi nous espérons une même chose, mais vous êtes plus impatients, plus exigeants, et – pourquoi ne pas le dire ? – plus égoïstes que moi et mes pareils. Vous voulez que la félicité commence aussitôt après la mort, vous lui demandez de réaliser l’impossible et vous ne voulez pas renoncer aux prétentions qu’élève l’individu. De ces désirs, notre Dieu Λογοσ réalisera ce que la nature extérieure permettra, mais seulement peu à peu, dans un avenir imprévisible et pour d’autres enfants des hommes. À nous, qui souffrons gravement de la vie, il ne promet aucun dédommagement.

Sigmund Freud, L’avenir d’une illusion, 1927

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