Paul Jorion, psychanalyste – six mois plus tard

Le 3 décembre dernier, il y a neuf mois, je faisais ici le point de mon activité de psychanalyste dans un billet. J’y écrivais entre autres :

Cet entretien préalable – non facturé – peut se faire de nos jours en distanciel par Skype, Zoom, etc. Les séances de psychanalyse à proprement parler se font elles, selon la coutume, en présentiel.

Une demande liée à une urgence m’a conduit à mener ces derniers mois une analyse en distanciel, sans inconvénient aucun. [14 août 2021 : je peux maintenant confirmer ce « sans inconvénient aucun » sur un échantillon de 13 personnes].

Je me suis interrogé sur cela, qui pourrait apparaître comme une bizarrerie. À la réflexion, je n’aurais pas dû être surpris : les conditions mises à l’analyse dans le cabinet de l’analyste reproduisent … ce que le distanciel instaure automatiquement : l’analyste hors du champ visuel de l’analysant (pour faire obstacle à tout jeu de séduction). Il suffit pour cela que l’analysant ayant elle ou lui sa caméra ouverte, je n’allume pas la mienne, et tout se passe … comme si nous étions à Vienne en 1900.

Je reproduis ici la suite de mon billet initial :

Le montant des honoraires pour une séance se détermine lors d’un entretien préalable qui n’est pas « psychanalytique », mais en tête-à-tête, et qui constitue une évaluation par moi de la demande de la personne, c’est-à-dire en fait un pronostic de la pertinence ou non de la psychanalyse comme réponse au(x) souci(s) qui condui(sen)t la personne à se tourner vers moi (il y a des personnes à qui je dis, après les avoir entendues, que je ne peux malheureusement rien pour elles).

Je ne suis pas partisan des séances à longueur variable : une séance dure 60 minutes. Cela dit, une analyse avec moi peut être de courte durée : il est arrivé que les analysants soient libérés de leur(s) tourment(s) après cinq ou six séances.

Pour me contacter, écrivez-moi ici.

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14 réflexions sur « Paul Jorion, psychanalyste – six mois plus tard »

  1. Zoom est à la mode, avec des résistants ; de là à comparer avec Vienne… où c’était 50 mn 6 fois par semaine…
    Quant aux psy le gouvernement ne les indemnisent pas, il les subventionne chichement.

    Sur le « distanciel » le Solaris de Tarkovski dans mon souvenir posait le problème, il fallait à la vitesse de la lumière plusieurs minutes pour que le récepteur reçoive le dire de l’émetteur. Et finalement le psy vient sur place dans la station où la planète matérialise les rêves…quel cauchemar !

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  2. Des clients ? … ça doit se trouver dans le cheptel politique…
    Entre celle qui a tué le père et celui qui a épousé la mère, voilà même le duo gagnant que nous prédisent les sondages, fichtre !
    Mais je comprends votre embarras à devoir décider vous-même lors d’une première consultation la suite à donnée sur l’efficacité de vos soins.
    Cette déontologie vous honore.
    Mais si vous pensez ne pouvoir rien faire pour eux… AHHHHHHHH !
    Faites-le pour nous ! HI! HI! HI!
    Un arrêt prolongé ! Por favor Doctor !

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  3. Ainsi vérifie- t-on une fois de plus la règle selon laquelle l’émetteur reçoit du récepteur son propre message sous une forme inversée.

    1. @Rosebud1871
      Pourquoi ne pas saluer un geste de Macron qui va dans le bon sens (en répondant aux cris d’orfraies des spécialistes de psychologie de l’enfant) , mais qui n’est que le signe de la décrépitude (le délitement ?) de la prise en charge psychiatrique et psychologique en France, beau résultat de nos efforts déjà anciens dans la maîtrise de la dépense publique, et à qui l’on doit
      – L’affaire Halimi
      – L’affaire de Rambouillet !

      La poursuite de notre effort sur la dépense publique va s’accompagner pour en pallier les conséquences
      D’une loi réflexe ad hoc (méthode Sarkozy) pour mettre en conformité notre droit avec l’extraterritorialité des tribunaux de Jérusalem, aussitôt promue et endossée par le Chef de l’Etat à un an des élections.
      Même si elle ne peut être rétroactive et même si les Romains déjà ne jugeaient pas les fous.

      De lois légalisant un peu mieux la surveillance du citoyen, à toutes fins utiles, et d’une pratique bienveillante de l’abbattage systématique des auteurs et de la mise en garde à vue systématique des proches (pas l’audition libre ..) en vue d’une mise en examen éventuelle rendue nécessaire pour pouvoir tenir un procès ..

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      1. L’imbroglio psy n’est pas nouveau : rappel
        https://www.cairn.info/revue-l-information-psychiatrique-2009-6-page-525.htm
        les bavures, bêtises, actes manqués sont humaines…
        Que des gens se sentent mal dans l’ambiance, c’est normal, l’angoisse, la déprime, le deuil sont des affects nécessaires, après à quelle échelle est autre chose. Qu’on file un coup de pouce pour pousser à consulter pourquoi pas, on envoie aussi du matos à New Delhi par bateau 8 unités de production qui alimenteront chacun 15 respirateurs…ouf je respire…et salut ! Macron.

    1. « crépuscule…. »
      Freud aussi n’est plus un messie (heureusement), bien qu’il y ait tourours des apôtres incorrigibles. La psychanalyse freudienne tourne en rond, dans le cercle de son système fermé (les intellectuels allemands adorent les systèmes fermés, sauf Nietzsche), rien de nouveau à l’horizont. Il fut en temps…où un certain Heinz Kohut (psychanalyste américain d’origine autrichienne) parlait savamment du narcissisme, par exemple. C*est fini depuis longtemps, pour faire place à l’ennui.

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      1. « faire place à l’ennui ? »… le mauvais côté du pendule de Schopenhauer qui ne cesse d’osciller vers un mauvais côté… finalement.
        à propos de la psychanalyse, Deleuze prétendait que l’inconscient n’était pas un théâtre où l’on rejoue Hamlet tous les soirs ^^

  4. C’est curieux cette émotion sur l’affaire Sarah Halimi, et l’ouverture à la pente de responsabiliser juridiquement tout acte sous emprise de molécules jouant sur l’altération ou l’abolition du discernement articulé au libre arbitre.
    Pourtant pas besoin de molécules pour constater que des masses éprouvent l’altération ou l’abolition du discernement, le champ du politique le montre historiquement, il y a aussi une tripotée d’économistes dont le discernement a été altéré voire aboli en ratant la future crise des subprimes, mais pas P. Jorion. Et n’évoquons pas la Covid…

    À suivre cette pente, les consommateurs de molécules mauvaises pour la santé (tabac, drogues, alcool) devraient réfléchir, car ils seront vite responsables du coût privatisé des soins que leur addiction peut entrainer. Ben oui c’est leur libre arbitre qui les fait consommer, à eux d’en payer les frais etc.

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  5. Mes racines paysannes du massif central me feraient préférer :

    – le distanciel pour convenir de la note ,
    – le « tête à tête » pour la consultation proprement dite .

    Voire même la discussion sur la note en fin de séance ( l’habitude de la comptabilité publique , où on ne paie que  » service fait » ) ….

    Mais ça doit être en partie pour ça qu’il n’y a pas beaucoup de paysans auvergnats dans les cabinets des psy .

  6. A mon sens, vu que cette « histoire de Covid » n’est pas prête de s’arrêter, et qu’il va falloir nous apprendre à vivre avec, le coup du « distanciel » —j’ai pas dit le coût ! ;-)— est à étudier sérieusement !
    Une expérience (pour une urgence donc ?), ne suffira pas pour en tirer des conclusions valables.
    Il faut absolument renouveler, et le plus possible, je crois…
    Quitte, probablement, par la suite, à développer de nouveaux « outils », de nouvelles formes de dialogues s’il le faut.
    Je vous souhaite bonne chance !
    G.M.

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