LE FMI EST PENCHÉ SUR LA DETTE… ET NE S’EN RELÈVE PAS ! par François Leclerc

Billet invité.

L’endettement des 129 États notés par Standard & Poor’s progressera de 1,7% cette année et atteindra 44.300 milliards de dollars. Au fur et à mesure que la masse de la dette publique s’accroît et que la croissance économique s’installe dans ce qui est qualifié de stagnation séculaire – deux tendances fortes – le risque de défaut souverain augmente. Que faire ?

Celui-ci n’apparait plus à l’horizon de lointains pays émergents mais en Europe, même si le risque d’éclatement de la zone euro s’est éloigné depuis l’épisode de 2011. La stratégie de désendettement qui y est imposée alimente une crise sociale et politique qui autorise à douter de sa viabilité. L’énormité d’autres dettes dont la croissance est sans fin, comme celles du Japon et des États-Unis, est telle qu’il est feint de croire qu’elle pourront être éternellement financées, faute d’alternative. A la vue de ce spectacle, une constatation s’impose : la problématique du désendettement a de l’avenir.

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Le Monde / L’Écho, La leçon américaine de Yanis Varoufakis, mardi 10 février 2015

La leçon américaine de Yanis Varoufakis. Ma chronique mensuelle pour Le Monde paraît désormais simultanément dans le quotdien belge L’Écho.

Le parti Syriza qui a accédé au pouvoir en Grèce à la faveur des élections législatives du 25 janvier fait apparaître, par contraste avec des partis plus anciens rodés par la discipline de parti, une mosaïque de personnalités parfois hautes en couleur. Tel est le cas de l’économiste Yanis Varoufakis, le nouveau ministre grec des Finances.

Parlant de lui-même, Keynes observait autrefois que « les citoyens ordinaires ne sont pas soumis à la même obligation que nos ministres, de devoir sacrifier la véracité au bien public ». Or, blogueur impénitent, M. Varoufakis se dit déterminé à continuer de communiquer de cette manière, quoique conscient que le style de ce médium n’est pas celui que l’on attend d’un ministre. M. Varoufakis, jusqu’ici convaincant dans l’identification de son engagement à la cause du bien public, n’entend pas sacrifier la véracité pour autant.

C’est à juste titre que l’on suppose que, auteur de livres savants sur la théorie mathématique des jeux, le ministre des Finances grec n’ignore pas dans la pratique ce qu’il maîtrise sur le plan théorique ; il faudrait de même prendre au sérieux le message de son ouvrage Le Minotaure planétaire, originellement publié en 2011 et paru en traduction française en décembre 2014 aux Editions du Cercle, avec l’ajout à cette occasion d’un nouveau chapitre 9.

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ON ENTRE DANS LE VIF DU CŒUR DU SUJET, par François Leclerc

Billet invité.

En prenant l’initiative à toute allure, l’équipe gouvernementale grecque est parvenue à susciter un rapport de force en sa faveur, mais elle n’est encore qu’au milieu du gué. Le plus dur reste à venir avec deux interlocuteurs de poids : Mario Draghi et Wolfgang Schäuble. Car François Hollande pourra aujourd’hui prononcer de bonnes paroles, comme Matteo Renzi hier, mais cela ne suffit pas. Il faudrait peser avec détermination pour profiter de l’occasion. Or, chacun doit faire ses petits calculs à défaut d’avoir de grandes visions : « que puis-je obtenir, et quelle est la meilleure attitude pour y parvenir ? ».

La BCE dispose du moyen de briser l’élan qui a été créé en refusant de déplafonner le montant des aides d’urgence aux banques, comme demandé par Yanis Varoufakis. De son côté, la Commission ne semble pas prête à devancer le démantèlement de la Troïka, avec laquelle un « accord technique » va être suggéré au ministre des finances grec, ne serait-ce que pour ne pas apparaître lui céder. Au terme du périple de la semaine, une réunion de l’Eurogroupe fera le point mercredi prochain.

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OÙ S’ARRÊTERA LE GÉNIE HUMAIN ? par François Leclerc

Billet invité.

Le démon étant toujours vivace, la menace de défaut s’est déplacée aux États-Unis : le crédit automobile et les prêts étudiants sont désormais suivis attentivement par les empêcheurs de tourner en rond. Il est estimé que plus de 20 % des prêts ayant permis d’acheter une voiture présenteraient un risque de défaut de payement, un pourcentage en hausse constante. Mais, en ces temps de Consumer Electronics Show à Las Vegas et de promesses miraculeuses des objets connectés, l’un d’entre eux retient l’attention, dont on a peu parlé.

Initialement destiné aux voitures de luxe à la demande des assurances, un dispositif électronique télécommandé a trouvé un second usage et un marché bien plus conséquent. Il permet en effet aux huissiers de couper le fonctionnement du moteur d’une voiture dont une traite est impayée, ainsi que de la localiser pour la récupérer. Il paraît qu’il est prévu pour n’être activé que lorsque le véhicule est à l’arrêt, moteur stoppé et après injonction de payer, rassurent les fabricants ! Plus de deux millions de véhicules en seraient déjà munis.

L’objectif est de faire passer le payement des traites devant les autres dépenses, ne pas disposer de voiture étant aux États-Unis souvent un véritable handicap dans la vie courante. L’arbitrage forcé pourra se faire au détriment des dépenses médicales par exemple. Mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Les valises des transporteurs de fonds sont munies d’un dispositif qui macule d’encre les billets de banque en cas d’agression, à quand le frigidaire qui en fera autant des aliments, ou le verrou de la porte d’entrée qui se bloquera une fois sorti, si le loyer n’est pas payé ?

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Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce

Élu pourtant par l’élan de tout un peuple, l’attentisme d’Obama lui avait rapidement fait perdre sa majorité de rêve au Congrès. Jamais si peu n’avait été annoncé durant les cent premiers jours d’un président US. Il lui a fallu davantage de temps pour perdre sa majorité au Sénat. Il y est parvenu hier.

La raison : une très grande pusillanimité. Seul son combat pour l’Obamacare, son programme d’assurance-maladie, a révélé chez lui des velléités de courage. Sinon… que d’alignements sur la politique prônée par ses adversaires républicains, voire même par la seule aile droite de ce parti.

Le grand perdant d’hier : le combat pour l’environnement. Contre le réchauffement climatique en particulier. Dire que la température monte, et le niveau de la mer aussi, ce sont des choses qui gênent le business, et dont on n’entendra du coup plus parler dans le proche avenir outre-Atlantique.

Une très grande partie, pourtant très loin d’être gagnée, s’est peut-être jouée hier. Le 4 novembre 2014 : jour noir pour la survie de l’espèce.

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Humble proposition pour contribuer à un petit progrès dans une grande civilisation, par Jacques Seignan

Billet invité. P.J. : Il faut rappeler que même si la peine de mort existe au niveau fédéral, elle n’est pas d’application dans tous les États aux États-Unis.

Dans les échanges transatlantiques, l’uniformisation culturelle pourrait être vue comme un objectif indirect. Des esprits chagrins qui y sont opposées refusent de voir l’avantage que représentera l’adoption parachevée de la grande « Civilisation » sur la Terre : celle des États-Unis d’Amérique. Ce fut ainsi pour les habitants des parties, même reculées, de l’Empire romain qui avaient le désir de se romaniser ; il est vrai que de nos jours, des peuples appartenant à des empires sont devenus ingrats : les Tchétchènes qui oublient toujours les efforts inlassables faits pour les russifier ou les Tibétains pour les siniser.

Déjà la majorité de nos contemporains en Occident sont reliés entre eux grâce aux merveilleuses entreprises américaines qui nous fournissent des réseaux sociaux, des machines avec écran pour se connecter en permanence, des contenus, et en outre, gratuitement, un parfait contrôle de tout ce qui s’échange pour nous protéger (y compris de nous-mêmes) et nous aider à être mieux connus de toutes ces bienveillantes firmes qui nous vendent nos indispensables besoins en consommation. La culture de masse, malgré quelques poches de résistance ou plutôt d’impertinence et d’arriération, est donc « globalement » américaine. Il faut avancer dans toujours plus de civilisation, que diable !

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BNP Paribas, banque d’un monde qui ment (codicille), par Zébu

Billet invité. Complément à BNP Paribas, banque d’un monde qui ment.

On apprend, grâce au Wall Street Journal, que finalement, on était loin du compte.

Après avoir passé en revue 100 milliards de transactions, les autorités américaines ont recensé près de 30 milliards de dollars de transactions frauduleuses dans les opérations de BNP Paribas, bien au-delà donc du montant de 10 milliards des sanctions escomptées.

Mieux, ou plutôt « pire », que c’est avec la complicité de banques régionales un peu partout dans le monde que la BNP Paribas a pu maquiller ses opérations en utilisant les codes de compensation de ces banques pour pouvoir effectuer celles-ci en dollars.

Mieux encore, que la banque française mériterait une amende en proportion du crime, à savoir, 60 milliards de dollars, mais que devant cette somme, les autorités américaines ont jugé que cela faisait trop pour une seule banque.

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BNP Paribas, banque d’un monde qui ment, par Zébu

Billet invité.

La BNP Paribas était une des rares à être passée entre les gouttes, disait-on, lorsque la crise des subprimes eut lieu. Un gage de sérieux et d’orthodoxie, de la banque de détail sur la banque d’investissement, disait-on … Las, quelques années plus tard, on apprenait que la dite banque contrevenait à sa réputation, du coup largement imméritée.

Faut-il le rappeler ?

Apparemment oui, puisqu’il restera toujours des partisans de la lutte contre l’impérialisme américain et de la défense de la nation contre la justice et la vérité : la BNP Paribas a fraudé pendant presque 10 ans (de 2003 à 2011) pour pouvoir effectuer des transactions avec certains pays soumis à des sanctions US (Cuba, Libye, Iran, Soudan, Irak, …), en maquillant ces opérations effectuées en dollar, alors même que toute transaction effectuée en cette monnaie doit être compensée au travers de chambres de compensation sur le territoire américain.

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Faire dire par Obama ce que l’on n’a pas l’habitude d’entendre en France, par Komensamarchvrèmant

Billet invité.

Hollande et Fabius ne se sont pas mis en tête de demander à Obama de prendre son téléphone pour demander aux Procs comme l’on dit ici, d’arrêter les ennuis faits à ces braves petits dirigeants de la BNP-Paribas. Ils laissent le soin à Sapin et Jouyet de gérer la casse. C’était pour obtenir la réponse officielle donnée par Obama lors du G7 : « Je ne connais pas le N° de tél de l’Attorney General ! »

Pourquoi il fait comme cela Hollande ? Eh bien parce qu’en France jusqu’en 2012, c’était une pratique habituelle des puissants de passer par les Politiques pour que les Procureurs cessent de regarder là où il y a des faits répréhensibles à imputer à tel ou tel VIP. Le summum c’était la Sarkosie et beaucoup n’ont toujours pas compris que c’est fini. La loi est récente, ils n’ont pas encore pris le temps d’en parler dans les dîners en ville mais ils croient encore que les magouilles dans leur monde de connivences entre gens intelligents bien élevés sont encore tout à fait possibles, après tout, aucun d’eux n’a encore été mis au cachot VIP à la Santé.

Les banques en France sont tenues sans doute autant qu’ailleurs par la grande bourgeoisie et cette grande bourgeoisie tient aussi les média. Lesquels média se gardent bien de rapporter les magouilles reprochées (ils ne sont pas abonnés à la presse US). Seul un journaliste de France 2 a lâché 3 secondes d’explications au 20h.

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Le temps qu’il fait le 6 juin 2014

Sur dailymotion, c’est ici.

BNP Paribas : Des goûts et des couleurs, ou une affaire bien plus sérieuse ?, le 25 mai 2014

BNP Paribas : Qui a voulu déclarer la guerre aux États-Unis, et pour quelle raison ?, le 30 mai 2014

Post-scriptum à « BNP Paribas : Qui a voulu déclarer la guerre aux États-Unis, et pour quelle raison ? », le 31 mai 2014

De nouvelles précisions sur les faits reprochés à BNP Paribas par les autorités américaines, le 31 mai 2014

Qui mène la charge aux États-Unis contre BNP Paribas ? ou Converti à l’honnêteté, le secteur financier serait-il encore rentable ?, le 31 mai 2014

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Qui mène la charge aux États-Unis contre BNP Paribas ? ou Converti à l’honnêteté, le secteur financier serait-il encore rentable ?

Le temps est déjà lointain où Eric Holder, l’Attorney General des États-Unis, l’équivalent chez nous d’un Ministre de la justice, s’était fait taper sur les doigts pour avoir répondu au Sénateur Chuck Grassley (républicain de l’Iowa), qui l’interrogeait sur l’apathie du ministère de la Justice dans la recherche de coupables dans l’effondrement du système financier international en septembre 2008 :

Je crains que la taille de certains de ces établissements ne soit devenue si importante qu’il est devenu difficile de les poursuivre en justice, parce que des indications nous parviennent qui si nous les poursuivions – si nous procédions à des inculpations – cela aurait un impact négatif sur l’économie nationale, voire même sur l’économie mondiale, et il me semble que ceci est la conséquence du fait que certains de ces établissements sont devenus trop importants […] Ceci a une influence inhibitoire sur, ou impacte, notre capacité à prendre les mesures qui seraient selon moi les plus adéquates…

Holder a tenu ces propos il y a un peu plus d’un an : le 6 mars 2013 précisément. Ils avaient été universellement interprétés comme voulant dire que le ministère américain de la justice ne faisait pas le poids face aux milieux d’affaires. Il a tenu à se racheter le 5 mai dernier quand il a déclaré que

« Trop gros pour aller en prison », cela n’existe pas. Certains ont cru bon de recourir à cette expression pour renvoyer à une théorie selon laquelle certaines institutions financières, alors même qu’elles se livrent à des activités criminelles, devraient être immunisées contre les poursuites en raison de leur taille et du rôle qu’elles jouent au sein de l’économie tout entière. Cette opinion est erronée. Elle a été rejetée par le ministère de la Justice. Disons les choses sans ambiguïté : aucun individu, ni non plus aucune compagnie, quelle que soit sa taille ou sa rentabilité, n’est au-dessus des lois. Lorsque le ministère de la Justice mène des investigations, nous respectons dans tous les cas la loi et les faits avérés, où que cela puisse nous conduire.

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De nouvelles précisions sur les faits reprochés à BNP Paribas par les autorités américaines

Dans un article publié hier soir, le Wall Street Journal apporte de nouvelles précisions sur les sanctions que les autorités américaines envisagent de prendre à l’encontre de BNP Paribas.

Ce serait ainsi tout particulièrement le contournement de l’embargo financier sur le Soudan qui serait visé. Des individus particuliers seraient par ailleurs dans le collimateur des autorités américaines. Le journal parle d’« au moins une douzaine » de personnes qu’elles chercheraient à faire révoquer (« to be axed » ; « for heads to roll »), dont il est précisé qu’il s’agirait pour certains d’« executives », c’est-à-dire de dirigeants de la firme.

Le New York Department of Financial Services, qui est à la pointe de la recherche de sanctions, réclame une suspension temporaire de la capacité de la banque à effectuer des opérations de compensation en dollars, ce qui constituerait un handicap majeur pour une banque à vocation internationale, et paralyserait en particulier l’activité des filiales de BNP Paribas aux États-Unis puisqu’il leur serait interdit durant la suspension d’effectuer des opérations aussi banales que le versement des traitements des employés d’une entreprise dont elle gérerait le compte, ou le règlement de paiements à ses clients.

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Post-scriptum à « BNP Paribas : Qui a voulu déclarer la guerre aux États-Unis, et pour quelle raison ? »

Vendredi, dans un communiqué, le Front National a pris parti sur cette question de l’amende envisagée par les autorités américaines contre BNP Paribas, au montant colossal de 10 milliards de dollars. Je cite quelques passages de ce communiqué où le FN annonce qu’il s’agit de « défendre et protéger les intérêts de millions de déposants français ».

Étant donné l’importance des montants en jeu – 10 milliards de dollars – le contentieux qui oppose le gouvernement américain à BNP Paribas est une affaire éminemment politique qui intéresse directement l’État français. […] Il est de son devoir et de sa responsabilité de défendre et protéger les intérêts de millions de déposants français. […] Nous risquons de payer très cher le renoncement de nos dirigeants à une politique étrangère indépendante au bénéfice de l’atlantisme le plus forcené. […] Il va de soi que la banque française ne peut se permettre de payer une amende aussi colossale, dont le coût serait obligatoirement supporté par ses clients et ses épargnants.

Dans son souci légitime et parfaitement justifié de voler au secours du petit, victime du gros, le FN tombe dans deux pièges : d’une part, soutenir par principe le Français contre l’étranger, sans se poser la question de qui a fait exactement quoi dans cette affaire, d’autre part, exonérer d’office une grosse banque, sous prétexte que des millions de Français y ont déposé leur argent, sans exprimer un quelconque souci que les dirigeants de cette banque expliquent – comme je le réclame dans mon billet – ce qui s’est véritablement passé.

Les milieux financiers n’ont, à ma connaissance, pas encore apporté la preuve qu’ils méritent ce blanc-seing que le Front National leur accorde sans se poser de questions, ni leur poser à eux de questions dont les réponses pourraient éventuellement être embarrassantes.

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Traité transatlantique et financiarisme totalitaire, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’éditorial du Monde en date du 15 mai, intitulé Halte aux fantasmes sur le traité transatlantique est équilibré mais très habilement centré sur une vision purement économiste physique de la mondialisation. La philosophie libertarienne de cette négociation transatlantique n’est pas évoquée comme s’il était absolument évident et définitivement acquis que l’existence nationale de l’État de droit n’est plus une question. Les nationalités du vivre ensemble sont réputées avoir définitivement perdu leur capacité de jugement. La rentabilité financière des investissements et le taux nominal de croissance des échanges monétaires serait le seul horizon raisonnable de l’humanité unifiée.

Ce traité transatlantique ouvre bien des perspectives. Mais s’il ne remet pas en cause l’ordre monétaire actuel, il débouchera sur la consolidation du financiarisme totalitaire : la domination des capitalistes sur les esclaves du travail. Permettre à une firme multinationale ou à une organisation non gouvernementale comme la Commission Européenne de recourir à des arbitrages extra-judiciaires contre des États nationaux, c’est graver un peu plus dans le marbre la supériorité des intérêts du capital sur les solidarités nécessairement nationales des citoyens qui travaillent.

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UN EFFET DE LA COMPLEXITÉ NON MAîTRISÉE, par Jacques Seignan

Billet invité

Voici une illustration de la composante « complexité » du soliton qui grossit inexorablement et risque de tout balayer!

Obama reconnait que sa réforme Patient Protection and Affordable Care Act dite Obamacare est en très grande difficulté ; en fait, elle tourne au fiasco puisque le site internet n’a enregistré que 27.000 adhésions alors que 7 millions sont escomptées au 31 mars 2014. Nul – à part les fascistes libertariens – ne doit s’en réjouir car cela représente aussi des millions de gens laissés dans la détresse de ne pouvoir se soigner.

Exactement comme pour la loi Dodd-Frank supposée réguler Wall-Street, qui comprend des milliers de pages, cette réforme est plombée par la complexité de sa mise en œuvre et ce dès le début.

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ELIZABETH WARREN FOR PRESIDENT !

Si vous lisez l’anglais, ne ratez pas le long article que Naomi Scheiber consacre dans le numéro de The New Republic en date du 10 novembre à Elizabeth Warren et à ses chances de devenir présidente des États-Unis : « Le cauchemar d’Hillary ? Un parti démocrate qui prend conscience que son âme est avec Elizabeth Warren ».

Vous n’ignorez pas la haute opinion qu’a Le blog de Paul Jorion d’Elizabeth Warren (l’une de mes sources déjà dans La crise du capitalisme américain [2007]). Connaissant bien les États-Unis, d’avoir lu à leurs propos dans les livres, et d’y avoir vécu douze ans, je ne serais pas surpris qu’il y ait d’ores et déjà 15+ contrats sur la tête d’EW, et que si un « accident » devait arriver, on ne découvrirait jamais ce qui s’est vraiment passé, les candidats commanditaires de meurtre étant à ce point nombreux.

Si Elizabeth Warren devait naviguer avec succès entre les balles et devenir en 2016 présidente, elle rejoindrait dans l’histoire son éminente prédécesseur : Eleanor Roosevelt (1884 – 1962), symbole des États-Unis à visage humain tels que nous les aimons beaucoup (les autres, honnêtement, nous les exécrons !).

(Quoi ? on ne vous avait jamais dit que le New Deal et plein d’autres choses admirables, c’était Eleanor ?)

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