Espirito Santo, … et la Commission européenne n’a rien vu venir …, par Jean-Luce Morlie

Billet invité. Également publié ici.

Les phases de crises financières ne sont-elles pas l’occasion, pour les plus malins des plus doués des banquiers, de sauver, en douce, les billes de leurs meilleurs clients ? Visiblement, l’opacité bancaire est entretenue avec un soin lucide. N’est-ce pas, comme au jeu des chaises musicales; lorsque la ronde des joueurs s’arrête, pour trouver la chaise où s’asseoir, il faut bien qu’il s’en retrouve par terre ? Et ceci amène une autre réflexion.

En effet, la dynamique propre de la concentration du capital par l’intérêt composé, n’est-elle pas, et dans un même ordre de nécessité, dans l’obligation d’organiser le jeu de telle façon que les moins bons joueurs perdent la partie, puisque, à parier sur des reconnaissances de dette (Paul Jorion), il y aura toujours des perdants ? Ne croyons-nous pas que les mieux placés pour faire tourner le manège, savent très bien quand s’arrêtera le moulin, puisqu’ils le font tourner ?

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Espirito Santo : PREMIERS DESSOUS D’UN SAUVETAGE par François Leclerc

Billet invité.

Ravi de ce qu’il présente comme un heureux dénouement protégeant les contribuables et les déposants de la banque BES, le gouvernement portugais voudrait bien vite revenir à ses affaires courantes : l’adoption de nouvelles mesures d’austérité. Les autorités bruxelloises ont de leur côté donné officiellement leur imprimatur à un sauvetage à l’orthodoxie douteuse mais dont elles avaient négocié la teneur. Mais en ont-ils fini ?

La mariée pourrait être moins belle que prévue. Que se passera-t-il, en effet, si la good bank intitulée Novo Banco ne pouvait être vendue au-dessus des 4,4 milliards d’euros prêtés par l’État pour la capitaliser ? Ces fonds proviennent en effet d’une dette de l’État qui ne sera pas couverte tant qu’ils ne seront pas totalement remboursés par des capitaux privés. Qu’interviendra-t-il par ailleurs si l’addition du capital et des créances subordonnées ne couvrait pas les pertes de la « bad bank », dont l’étendue n’est pas à l’abri des surprises ? Dans les deux cas, les contribuables pourraient être mis à contribution, dérangeant la belle histoire qui est contée.

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MH 17 : Un « educated guess » sur les dernières secondes, par Timiota

Billet invité. Timiota commente la carte très précise faisant le relevé des débris de MH17, publiée par le Wall Street Journal.

Un scénario plausible est l’explosion du missile « Buk » à l’avant de la cabine.

Si le missile venait à la rencontre de l’avion, et n’a pas la précision requise pour avoir un impact exact, il doit exploser en envoyant des schrapnels quand l’écho radar est soit très fort (proximité) soit déjà décroissant (passage depuis 20 ou 50 ms,  4 ou 10 m (x2 en vitesse relative s’ils allaient en sens opposé, comme le suggère le reportage).

On peut néanmoins imaginer que les pilotes ont vu venir quelque chose et ont peut-être essayé de faire un peu piquer l’avion, un quart de seconde, ce qui expliquerait l’impact en haut du cockpit et non en plein au centre. La suite ressemble un peu au vol « célèbre » Aloha 243.

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Penser quelque chose plutôt que rien. À propos de Le capital au XXIe siècle de Thomas Piketty (Le Seuil 2013), par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Dans Le capital au XXIe siècle, Piketty a fait un beau travail mais dans le strict cadre du nihilisme de la pensée économique officielle. Sa vision du capital est nominaliste, statistique et par conséquent causalement statique. Elle permet une certaine description des phénomènes actuellement à l’œuvre et les compare à un idéal, lequel permet de constater l’instabilité intrinsèque du capitalisme financier libéral. La recommandation de Piketty de mettre en œuvre une vraie fiscalité sur le capital est d’un absolu bon sens. La concentration du capital détruit le potentiel de croissance ; il faut donc opérer une réallocation par un autre mécanisme que celui du marché « libre et non faussé », pour que les attentes de rendement des investisseurs ne soient plus simplement virtuelles et que la solvabilité des banques et des États aient une quelconque plausibilité.

Le nominalisme économiste consiste à ne pas penser l’existence d’une réalité qui ne soit pas exactement conforme à la théorie. Il en résulte quatre phénomènes invisibles qui sont pourtant la réalité du capital. La première réalité du capital rendue invisible par le nominalisme est le capitaliste lui-même. Derrière un rendement quantitatif le plus élevé possible, il est impossible de voir et d’analyser les processus cognitifs par quoi le propriétaire du capital choisit la réalité qu’il transforme pour faire croire à l’augmentation du prix du capital investi. Si le capital n’a pas de sujet objectivement défini et identifié, il est impossible de qualifier la quantité, donc de dire ce qu’il y a réellement derrière un titre de prix. Sur les marchés financiers d’aujourd’hui on voit bien des prix qui montent pour certains et des prix qui baissent pour d’autres : mais quels sont les facteurs de production valorisés ou dévalorisés ? Qui accroît ou perd son pouvoir de décision et pour faire quoi ?

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