Archives de catégorie : Dévéloppement

L’Afrique et moi VIII. Les rapports que je rédigeai pour la FAO

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher : IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire ; V. « Jorion se fâche » ; VI. Pêcherie et sorcellerie : VII. Un environnement pas toujours très sûr.

La FAO publia en 1985 deux de mes rapports *  : l’un sur l’organisation des villages et, en parallèle avec la présence de fonctionnaires et d’élus, l’influence encore des structures traditionnelles que sont la chefferie et les églises locales vaudou ; l’autre relatif à l’autosubsistance dans les villages : la part de ce qui est pêché, de ce qu’on récolte, et qu’on ne cherche pas à vendre à l’extérieur parce que l’on en vit prioritairement.

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L’Afrique et moi VI. Pêcherie et sorcellerie

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher : IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire ; V. « Jorion se fâche ».

La raison de l’inefficacité des équipages constitués de Vilis s’avéra résider dans les accusations réciproques de sorcellerie qui minaient rapidement la bonne entente au sein des équipages. Le problème ne se posait pas lorsque ces pêcheurs trouvaient de l’emploi sur les bateaux de Ghanéens ou de Béninois, non pas que la question de la sorcellerie cesse d’être pertinente dans leur cadre mais du fait que les Congolais trouvaient là leur maître, ce qui réglait la question. Les Béninois, venus du pays du vaudou (« vaudoun » veut dire « saint », « sacré », en fon, la langue de l’ancien royaume du Dahomey) étaient réputés à Pointe-Noire comme étant tout particulièrement puissants de ce point de vue. Un Congolais interrogé par moi à propos de l’atmosphère sur le bateau béninois où il était embarqué me dit de son patron : « Il a un poisson magique comme je n’en ai jamais vu ! » Comme cela semblait régler l’ensemble des problèmes de relations humaines susceptibles de se poser sur une pirogue, je ne cherchai pas à en savoir davantage.

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L’Afrique et moi V. « Jorion se fâche »

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher ; IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire.

Mon renvoi des Nations-Unies après un an seulement de présence sur le terrain, cas tout à fait exceptionnel, reflétait en réalité des querelles entre factions au sein de la division des pêches de la FAO : celle des anciens officiers coloniaux à laquelle appartenait mon patron, en lutte contre celle des « idéalistes » convaincus qu’il était quand même possible – à petite échelle – de faire avancer les choses. Témoignage de cette lutte de pouvoir : le fait qu’une mission à Pointe-Noire au Congo me fut confiée durant l’été 1985, quelques mois à peine après mon ignominieux renvoi.

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L’Afrique et moi IV. La vérité : vraiment pas bonne à dire

Rappel : L’Afrique et moi I. Fonctionnaire des Nations-Unies ; II. Un poste de tout repos ; III. Des pêcheurs ne sachant pas pêcher.

La nouvelle que les pêcheurs béninois étaient migrants fit très mauvaise impression : toute la représentation de notre projet FAO s’écroulait. Que faire de nos filets danois et de nos moteurs japonais censés résoudre les problèmes de la pêche locale ? J’aggravai mon cas en cherchant à apporter une solution au cas des pêcheurs malades que l’on voyait effectivement assis à longueur de journée sur la plage, alimentant aux yeux d’un passant peu curieux (comme l’est un expert en aide au développement), l’image d’une paresse atavique. J’allai les voir eux. 

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