Archives de catégorie : Psychanalyse

Paul Jorion, psychanalyste – six mois plus tard

Le 3 décembre dernier, il y a un peu moins de six mois, je faisais ici le point de mon activité de psychanalyste dans un billet. J’y écrivais entre autres :

Cet entretien préalable – non facturé – peut se faire de nos jours en distanciel par Skype, Zoom, etc. Les séances de psychanalyse à proprement parler se font elles, selon la coutume, en présentiel.

Une demande liée à une urgence m’a conduit à mener ces derniers mois une analyse en distanciel, sans inconvénient aucun.

Je me suis interrogé sur cela, qui pourrait apparaître comme une bizarrerie. À la réflexion, je n’aurais pas dû être surpris : les conditions mises à l’analyse dans le cabinet de l’analyste reproduisent … ce que le distanciel instaure automatiquement : l’analyste hors du champ visuel de l’analysant (pour faire obstacle à tout jeu de séduction). Il suffit pour cela que l’analysant ayant elle ou lui sa caméra ouverte, je n’allume pas la mienne, et tout se passe … comme si nous étions à Vienne en 1900.
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Contre le sectarisme, le 21 mars 2021 – Retranscription

Retranscription de Contre le sectarisme, le 21 mars 2021.

Bonjour, nous sommes le dimanche 21 mars 2021 et la scène se passe en 1975. Un groupe de jeunes femmes a fait accepter par l’Université de Cambridge [King’s College] que soit créé un séminaire de réflexion féministe.

Il se fait que parmi la demi-douzaine de jeunes femmes qui ont obtenu ça de l’université se trouve ma copine de l’époque et quand les sessions commencent dans cet auguste collège, je suis là. Je suis là par sympathie pour le but affiché et par sympathie personnelle pour les jeunes femmes qui sont là, dont la plupart sont des amies de ma copine, je les connais bien : avec qui je suis déjà allé en vacances. 

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Les masses et les publics, par CG

Cher Monsieur Jorion,

Je n’ai pas acheté l’émission où vous interveniez (« arrêt sur images »), mais j’ai regardé la vidéo de lancement de 10 min, où un résumé de l’affaire GameStop a été réalisé par un chroniqueur et où Monsieur Schneidermann vous a présenté ainsi que votre répondant. Je reste donc sur le seuil, ne sais ce qui est dit, mais j’ai vu sur votre blog cette autre vidéo qui a sans doute joué le rôle de carte de visite (« Wall street : le petit gars a perdu »).

J’avais, comme monsieur Daniel Schneidermann sans doute, été très intéressé par ce que vous y disiez. Suite à cela, je m’étais remis à la lecture de votre ouvrage sur Keynes. J’ai relu le chapitre XV qui réactive un certain nombre de souvenirs sur ce que j’avais appris autrefois grâce notamment à vos explications patientes sur les produits dérivés, et autre inventions de la finance. 

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Ce que l’Intelligence Artificielle devra à Freud (1987)

Ce que l’Intelligence Artificielle devra à Freud a paru dans L’Âne Le magazine freudien, 31, 1987 : 43-44.

Le texte qui suit a paru, comme plusieurs que je republie en ce moment ici, dans L’Âne Le magazine freudien, mais alors que j’ai écrit les autres en tant que chroniqueur de la rubrique anthropologie, c’est en tant que psychanalyste que j’ai rédigé celui-ci, qui serait ma contribution à un numéro spécial de la revue consacré à l’Intelligence Artificielle dont notre comité de rédaction venait de concevoir le projet (pour la petite histoire, étaient présents dans mon souvenir ce soir là, Judith Miller, directrice et par ailleurs fille de Lacan, Gérard Miller, Slavoj Žižek et moi-même).

Ce n’est que plusieurs mois plus tard que Robert Linggard m’aborderait dans les couloirs d’un colloque d’IA à Bordeaux pour m’offrir de participer aux travaux du Connex Project qu’il mettait sur pied chez British Telecom, sur la seule base d’un « J’aime beaucoup les questions que vous posez de la salle ». J’expliquerais dans Principes des systèmes intelligents (1989) la philosophie du logiciel ANELLA (Associative Network with Emergent Logical and Learning Abilities = réseau associatif aux propriétés émergentes de logique et d’apprentissage) que je mettrais au point pour BT. Au moment où paraît « Ce que l’Intelligence Artificielle devra à Freud », au tout début de 1987, il s’agit donc d’un texte purement programmatique : je n’ai non seulement pas encore écrit à ce moment là une seule ligne de programmation en IA mais j’ignore que l’occasion me serait bientôt donnée de devenir chercheur dans ce domaine. 

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W.H.R. Rivers (1979)

W.H.R. Rivers (1864-1922) A paru dans les notes de mon cours Encyclopédie de l’ethnologie et histoire des doctrines ethnologiques publiées…

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Meyer Fortes (1906 – 1983)

J’ai déjà rédigé il y a près de cinq ans un billet de ce nom. Je n’y disais en fait pas grand-chose de Meyer Fortes, sinon ceci :

Meyer Fortes, le sage « talmudique » (je ne sais pas ce que le mot signifie exactement, mais je crois que c’est bien cela que je veux dire !), qui se décrétait grand-père de certains étudiants thésards à Cambridge et devenait pour eux à partir de ce moment, leur ange tutélaire, chacun des mots qu’il leur adressait prenant alors la forme d’une bénédiction. Il est toujours là, perché à jamais sur mon épaule.

Je dirai davantage aujourd’hui de ce phare de l’anthropologie britannique.

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Le moment du Verbe : le signifiant et son efficace (1998)

Le moment du Verbe : le signifiant et son efficace

A paru dans L’Homme 145, 1998 : 239-248

À propos de Elisabeth Roudinesco et Michel Plon, Dictionnaire de la psychanalyse, Paris : Fayard 1997

Dans le Dictionnaire de la psychanalyse d’Élisabeth Roudinesco et Michel Plon, on trouve des articles biographiques, d’autres consacrés aux sociétés et écoles psychanalytiques, des monographies conceptuelles, ou ayant trait aux ouvrages de Sigmund Freud et aux revues où ses articles furent publiés pour la première fois. 

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Paul Jorion, psychanalyste

Comme quelqu’un me pose la question à l’instant, et que cela est susceptible d’intéresser d’autres personnes, voici quelques informations pratiques.

Le montant des honoraires pour une séance se détermine lors d’un entretien préalable qui n’est pas “psychanalytique”, mais en tête-à-tête, et qui constitue une évaluation par moi de la demande de la personne, c’est-à-dire en fait un pronostic de la pertinence ou non de la psychanalyse comme réponse au(x) souci(s) qui condui(sen)t la personne à se tourner vers moi (il y a des personnes à qui je dis, après les avoir entendues, que je ne peux malheureusement rien pour elles). Cet entretien préalable – non facturé – peut se faire de nos jours en distanciel par Skype, Zoom, WhatsApp, etc. Les séances de psychanalyse à proprement parler se font elles, selon la coutume, en présentiel.

Je ne suis pas partisan des séances à longueur variable : une séance dure 60 minutes. Cela dit, les analyses avec moi peuvent être très courtes : plusieurs (>2) personnes sont rentrées chez elles libérées de leur(s) tourment(s) après cinq ou six séances.

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Vie quotidienne – Les jupes des filles

Dans Le Monde, un entretien dont je vous recommande la lecture avec l’historienne Christine Bard, qui déclare entre autres :

Le vêtement met en tension permanente trois fonctions traditionnelles : la parure, la pudeur et la protection. L’émancipation des femmes s’est jouée sur la modification des dosages entre ces trois fonctions. […]

Au lieu d’affronter les urgences sanitaires, sociales, on discute de manière un peu routinière, avec un petit côté de déjà-vu, sur la façon dont doivent s’habiller des jeunes filles. C’est fou. Les lycéennes en crop top de 2020 sont aussi, à mon avis, les victimes collatérales d’une angoisse diffuse qui active les désirs autoritaires de contrôle du corps des femmes. Au risque de nous faire régresser collectivement.

Ce qui m’a rappelé, sur cette question, Jeanne Huet, la jeune fille qui s’est vu refuser l’accès au Musée d’Orsay en raison de sa tenue. Le Média l’a interviewée à ce propos :

Jeanne Huet
[Corrigez-moi si je me trompe, mais la robe objet du scandale me semble coupée dans un splendide wax hollandais.]

Mon opinion sur la question étant identique à celle de Christine Bard, je vous renvoie à ce que dit l’historienne.

J’ai cependant une interrogation, à propos d’une phrase prononcée par Jeanne Huet, et qui me semble représentative de ce que d’autres jeunes filles ont dit récemment ici et là :

C’est les autres qui voient en moi un potentiel sexuel et moi non, je porte juste une robe que j’aime.

Il me semble qu’à d’autres époques il serait allé de soi que le potentiel sexuel d’une personne, c’étaient bien les autres – et eux seuls – qui en décidaient. Comment en est-on venu à penser que son potentiel sexuel, on soit seul juge de sa présence ou de son absence ?

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“La personnalité comme faisceau de dispositions ou comme histoire” (1989)

Comme il est beaucoup question de “mémoire et personnalité” dans le débat qui se déroule en ce moment ici à propos de la pensée de Bernard Stiegler, je reproduis la 2e partie du Chapitre 15 – “L’apprentissage”, de mon livre Principes des systèmes intelligents paru en 1989 (pp. 151-153 dans la réédition de 2012) :

[…] Dans une note du chapitre 3, nous donnions l’exemple d’un système intelligent qui apprendrait d’abord l’art de l’ingénieur et ensuite celui du médecin, mais qui du coup aura toujours tendance à envisager les problèmes médicaux « dans une perspective d’ingénieur », alors que les choses seraient inverses pour un système qui aurait d’abord été médecin et ensuite ingénieur. Ce qui revient à dire qu’un système intelligent se construit historiquement tout comme un sujet humain et que chaque SI est nécessairement et automatiquement unique. Une implication tout à fait essentielle de ceci étant que deux SI apprennent lorsqu’ils communiquent entre eux. Si l’utilisateur a la possibilité de s’adresser à une batterie de systèmes intelligents dont l’histoire est distincte (soient qu’ils aient eu des utilisateurs différents, soit qu’ils aient appris les mêmes choses dans un ordre différent) et qui ont par ailleurs l’occasion de communiquer entre eux, tout se passe comme s’il interrogeait en fait un SI unique, mais considérablement plus puissant (Bruno Marchal, comm. pers.). Continuer la lecture de “La personnalité comme faisceau de dispositions ou comme histoire” (1989)

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