Archives de catégorie : Psychanalyse

27/9/19 : Impeachment live

Qui était donc le lanceur d’alerte ayant déclenché la rentrée dans l’atmosphère de la météorite Trump ?

Cette fois-ci en tout cas il n’aura pas fallu énormément d’imagination aux complotistes puisqu’il s’agit selon le New York Times, non pas comme Trump le soupçonnait d’un « Démocrate enragé », mais beaucoup plus banalement de quelqu’un faisant son métier … d’agent de la CIA. 

Le « Deep State » donc, contre le ministère de la Justice dirigé par William Barr, homme de main de Trump, et qui, mouillé jusqu’au cou, risque sans aucun doute la prison.

C’était donc un agent de la CIA qui avait fait fuiter la tentative de la Maison-Blanche de faire disparaître la retranscription de la conversation compromettante du 25 juillet entre Trump et le président ukrainien. Il ne reste plus qu’à comprendre qui a fait fuiter le fait que  Barr tentait d’étouffer l’affaire en bloquant la transmission du rapport du lanceur d’alerte au Congrès – comme la loi l’exige pourtant. 

18h27 : Pourquoi les commentateurs américains sont-ils encore unanimement en retard d’une longueur par rapport aux événements qui agitent leur nation depuis quelques jours ?

L’explication se trouve me semble-t-il dans l’expression « ne pas en croire ses yeux », qui rend compte du délai qui existe souvent entre notre prise de conscience d’un état de fait, et le moment où nous avons été capables de l’assimiler sans décomposition majeure de notre personnalité. [Dans les termes que j’ai introduits dans Principes des systèmes intelligents (1989) : le temps et l’énergie nécessaires à ré-écrire les noyaux de croyance de notre réseau mnésique.]

19h10 : Une circulaire interne à la chaîne télé Fox News, porte-voix depuis l’élection du Président de la vision Trump du monde, avise le personnel qu’il doit se préparer à « une représentation du monde sans Trump ».

20h17 : Michael Savage, éditorialiste recommandant la déportation des États-Unis de tous les Musulmans – supporteur enthousiaste et inconditionnel de Trump – à propos des derniers développements : « Tout ce que vous voyez en ce moment est mensonge ! ». On dit aux États-Unis, « circling the wagons » : disposer les chariots en cercle, pour tenter de survivre aux Indiens résistant au vol de leurs terres. [À ce propos, revoyez Avatar (2009) de James Cameron, l’admission par certains Blancs que leurs ancêtres étaient dans le mauvais camp – plusieurs suites dans les tuyaux].

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Trump et la légitime défense

Trump a donc été pris la main dans le sac par les services secrets qui l’avaient mis sur écoute (il faut bien que quelqu’un s’occupe de la sécurité de la nation 😉 ), proposant à 8 reprises sur une seule conversation téléphonique au nouveau président ukrainien de débloquer des fonds d’aide militaire pour son pays, à condition qu’il offre en échange des informations compromettantes sur Joe Biden, candidat à la présidence US du côté Démocrate, et son fils Hunter Biden, récoltant les jetons de présence en Ukraine (un autre génie à l’intégrité manifestement irréprochable ).

Trump est-il sur la défensive ? Vous le connaissez mal : il est à l’attaque sur le mode « légitime défense » : « Je ne fais que me défendre : ils m’ont fait bien pire à moi ! »

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« Féminicide »…, ma part de vérité, par Annie Stasse

À propos de Il n’y a pas de génocide accidentel. Ouvert aux commentaires.

Il se trouve que ma vie fut « riche » de chocs sexuels divers :

Inceste maternel durant l’adolescence – le crime tabou, les femmes seraient parfaites ! au niveau psychique il me semble que c’est plus grave, plus de conséquence sur la construction de l’être ainsi atteint par l’être d’où l’on est sorti et qui est censé prendre soin de son corps au quotidien pour sa survie. À tout hasard je vous recommande un livre de témoignages sur le sujet : L’ultime tabou, de Anne Poiret, éditions Patrice Robin, 2006.

Viol par mon mari à 22 ans, d’où naquit mon fils, et qui me valut 10 ans d’anorexie mentale… qui je crois était la conséquence de ce rajout au 1er choc vécu.

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Il n’y a pas de génocides accidentels

Un génocide demande concertation, décisions délibérées ; en particulier s’il est organisé d’emblée à l’échelle industrielle.

Ce que notre jurisprudence a qualifié de « crime passionnel » relève d’une autre catégorie : il s’agit de tragédies qui ont lieu sans planification préalable.

La délibération implique un calcul par la conscience. La passion au contraire met en jeu ce que la, ou le psychanalyste, appelle l’inconscient, ce que Paul de Tarse appelait la chair, et que l’on peut tout aussi bien appeler le corps. Or, la chose est établie, la conscience n’est informée de ce que le corps a décidé d’entreprendre qu’avec un délai considérable (d’une demi- à 10 secondes).

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Des hasards du calendrier … qui n’en sont pas vraIment…

Je viens de mentionner dans mon dernier billet « les hasards du calendrier » à propos de deux événements que nul autre que moi sans doute n’aurait songé à rapprocher : les débordements tragiques ayant accompagné les funérailles du chanteur ivoirien DJ Arafat et la déclaration du syndicat patronal américain Business Roundtable récusant le pouvoir (impérialiste depuis les années 70) des actionnaires des grandes entreprises sur notre vie économique à tous.

Aujourd’hui 31 août, l’affaire Yann Moix est partout sur vos sites d’actualité : Moix, lauréat de la littérature francophone, se trouve être aussi l’auteur autrefois (à notre insu, ou au bénéfice de notre amnésie sélective, c’est selon) de propos et de caricatures antisémites délirants.

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Trump perd la boule. Bonne ou mauvaise nouvelle ?

La capture d’écran ci-dessus vient d’une émission sur la chaîne MSNBC. Il s’agit de citations d’un article paru hier, le 16 août, dans le New York Times. Ce dont il est question, c’est d’un meeting de Trump la veille dans le New Hampshire.

L’extrait de l’article dit ceci :

Comme à son habitude, il s’est mis à digresser pendant plus d’une heure et demie, à s’écarter de manière apparemment aléatoire de ce qu’il avait prévu de dire, il a répété des points qu’il avait déjà soulevés plus tôt dans la soirée, comme s’il ne se souvenait plus les avoir déjà mentionnés. 

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Les saisons du plaisir (1988) de Jean-Pierre Mocky

« Les saisons du plaisir » (1988) est un film où tout le monde, les jeunes, les vieux, les hétérosexuels, les homosexuels, les zoophiles, ne pense qu’à baiser, ce qui le rapproche du documentaire plutôt que du film de fiction où l’on rencontre en général ce qu’on appelle des « sentiments plus élevés ».

Ceci permet au spectateur transporté d’entendre dire des horreurs pendant 1h22m par Bernadette Laffont, Jean Poiret, Eva Darlan, Fanny Cottençon, Richard Bohringer, Sylvie Joly, Stéphane Audran, Bernard Menez, Judith Godrèche, Darry Cowl, Jean-Pierre Bacri, Jacqueline Maillan, Jean-Luc Bideau et Sophie Moyse puisqu’on est chez Mocky.

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Fake news : « L’indicible est tabou », par TomBilabong

Ouvert aux commentaires.

Votre post Si vous n’avez pas l’occasion de venir m’écouter à Fleurance samedi… est très juste. Il me semble évident qu’il est le reflet d’une personne qui a fait une psychanalyse. Pourquoi ? Parce qu’il montre qu’on peut parfaitement inverser cause et conséquence et donner un tout autre sens à ce qu’on considère comme un fait, et donc une info, etc. et au final un affect . Et donc une opinion / pulsion. L’inconscient est tout proche… 

Mais pour dire tout cela, il faut impérativement avoir fait une analyse ou parfaitement en mesurer/connaître les effets – bons ou pervers : être en mesure d’interpréter différemment, verbalement notamment, en donnant un autre sens à ses affects.  

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La vie

Aujourd’hui, de manière inattendue (absolument sans crier gare), j’ai vécu pendant plusieurs heures une expérience humaine d’une extraordinaire intensité.

Je ne peux rien vous en dire de plus car en dire davantage risquerait de blesser l’une ou l’autre personne.

Aujourd’hui, j’ai été à la fois fier et ravi de vivre, dans ce qu’elle a de plus sublime et de plus tragique, la vie de ce qu’on appelle un être humain.

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Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », Le transhumanisme – Retranscription

Retranscription de Université catholique de Lille, Paul Jorion : « Déclarer l’état d’urgence pour le genre humain ? », 2eme de six conférences, Le transhumanisme est-il la nouvelle religion d’une technologie triomphante ?, le 11 décembre 2018. Merci à Eric Muller ! Les premières minutes manquent. Le transhumanisme y est situé dans plusieurs traditions de la pensée occidentale, qui se chevauchent partiellement : l’individualisme, l’« esprit des Lumières ». Ouvert aux commentaires

[… ] Parfois, les auteurs renvoient à des penseurs, par exemple Jean-Jacques Rousseau, ou Nicolas de Condorcet sur la notion de perfectibilité, c’est-à-dire de la capacité de l’homme à se perfectionner lui-même – une réflexion qui est parfois fondée d’ailleurs sur un parallèle avec la domestication – nous avons domestiqué certains animaux pour en tirer parti ; les chiens pour le plaisir de les avoir avec nous à la chasse ou défendre nos maisons, les cochons pour les manger et les vaches pour les manger ou en tirer du lait. Ces espèces ont connu une évolution tout à fait particulière : la vache ne ressemble plus fort à l’auroch – sauf par quelques traits extérieurs – le cheval que nous avons aujourd’hui n’est plus le cheval sauvage que nous connaissions autrefois. La domestication est un processus qui conduit à une évolution des espèces, et certains penseurs ont attiré l’attention sur le fait que nous avons produit une sorte d’auto-domestication de notre propre espèce : nous avons créé des caractères chez nous qui ressemblent fort à ceux que nous avons produit chez les animaux domestiques, et on peut imaginer que la perfectibilité, le perfectionnement soit du même ordre chez nous, et que nous puissions continuer à nous développer par les moyens que la technologie nous offre, de la même manière que nous avons pu le faire pour d’autres choses autour de nous. Et là, bien entendu, ma réflexion aujourd’hui sera autour de certaines difficultés, de certains dangers, de certaines questions qui se posent à nous – parfois même dans l’urgence – autour de ces questions.
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Sciences Critiques, « Que sont la technologie et la critique de la technologie ? », le 29 mai 2019 – Retranscription

Retranscription de « Que sont la technologie et la critique de la technologie ? » le 29 mai 2019. Ouvert aux commentaires.

Merci. Vous m’avez coupé l’herbe sous le pied car j’allais dire comme les autres : « Je vais vous parler d’autre chose que celles qui m’ennuient parce que je les répète tout le temps. » Non, si je vais dire autre chose que d’habitude, c’est parce que j’ai ce sentiment de l’urgence, qu’il faut aller vite et que, d’un exposé à l’autre, il faut tenter de faire un progrès – un mot que personnellement j’adore – c’est-à-dire qu’il faut essentiellement que nous épurions de plus en plus la représentation de dans quoi nous sommes plongés parce que le temps manque et je ne plaisante pas en disant qu’entre deux de mes exposés, j’ai effectivement ce sentiment qu’il faut aller de plus en plus vite parce que nous n’avançons pas dans la solution des problèmes qui peuvent conduire à notre extinction.

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« On nous ment ! » – La seule vérité à laquelle certains sont réduits

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Un article intéressant sur le complotisme dans le Washington Post d’hier : 50 ans après Apollo, les conspirationnistes hurlent toujours au « canular de la lune » met en évidence que le complotiste ne propose pas une représentation alternative de la réalité, il s’en tient à une seule proposition : « On nous ment ! » Aucune démonstration, aucune preuve, aucun raisonnement, ne peut le faire reculer, pas même celle de la difficulté pratique qu’il y aurait à mettre en oeuvre le contraire de la version officielle.

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Freud : le narcissisme des petites différences

« L’intolérance des masses se manifeste curieusement à l’égard des petites différences plus fortement qu’à l’égard des différences fondamentales. »

Sigmund Freud, L’Homme Moïse et la religion monothéiste (1939)

Si vous connaissez mal la nature humaine, vous serez surpris d’apprendre que la totalité des messages agressifs que je reçois en ce moment (en nombre impressionnant) provient de personnes partageant mes vues à 99,999…% et non de gens qui pourraient apparaître comme des adversaires politiques.

« Pourquoi une si grande sensibilité devrait-elle s’être jetée justement sur ces différences de détail, nous ne le savons pas ; mais on ne saurait méconnaître que dans ce comportement des hommes se révèle une propension à la haine, une agressivité dont la provenance est inconnue et à laquelle on aimerait attribuer un caractère élémentaire. »

Sigmund Freud, Psychologie des masses et analyse du moi (1921)

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