Archives de catégorie : Psychanalyse

Vie quotidienne – Les jupes des filles

Dans Le Monde, un entretien dont je vous recommande la lecture avec l’historienne Christine Bard, qui déclare entre autres :

Le vêtement met en tension permanente trois fonctions traditionnelles : la parure, la pudeur et la protection. L’émancipation des femmes s’est jouée sur la modification des dosages entre ces trois fonctions. […]

Au lieu d’affronter les urgences sanitaires, sociales, on discute de manière un peu routinière, avec un petit côté de déjà-vu, sur la façon dont doivent s’habiller des jeunes filles. C’est fou. Les lycéennes en crop top de 2020 sont aussi, à mon avis, les victimes collatérales d’une angoisse diffuse qui active les désirs autoritaires de contrôle du corps des femmes. Au risque de nous faire régresser collectivement.

Ce qui m’a rappelé, sur cette question, Jeanne Huet, la jeune fille qui s’est vu refuser l’accès au Musée d’Orsay en raison de sa tenue. Le Média l’a interviewée à ce propos :

Jeanne Huet
[Corrigez-moi si je me trompe, mais la robe objet du scandale me semble coupée dans un splendide wax hollandais.]

Mon opinion sur la question étant identique à celle de Christine Bard, je vous renvoie à ce que dit l’historienne.

J’ai cependant une interrogation, à propos d’une phrase prononcée par Jeanne Huet, et qui me semble représentative de ce que d’autres jeunes filles ont dit récemment ici et là :

C’est les autres qui voient en moi un potentiel sexuel et moi non, je porte juste une robe que j’aime.

Il me semble qu’à d’autres époques il serait allé de soi que le potentiel sexuel d’une personne, c’étaient bien les autres – et eux seuls – qui en décidaient. Comment en est-on venu à penser que son potentiel sexuel, on soit seul juge de sa présence ou de son absence ?

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« La personnalité comme faisceau de dispositions ou comme histoire » (1989)

Comme il est beaucoup question de « mémoire et personnalité » dans le débat qui se déroule en ce moment ici à propos de la pensée de Bernard Stiegler, je reproduis la 2e partie du Chapitre 15 – « L’apprentissage », de mon livre Principes des systèmes intelligents paru en 1989 (pp. 151-153 dans la réédition de 2012) :

[…] Dans une note du chapitre 3, nous donnions l’exemple d’un système intelligent qui apprendrait d’abord l’art de l’ingénieur et ensuite celui du médecin, mais qui du coup aura toujours tendance à envisager les problèmes médicaux « dans une perspective d’ingénieur », alors que les choses seraient inverses pour un système qui aurait d’abord été médecin et ensuite ingénieur. Ce qui revient à dire qu’un système intelligent se construit historiquement tout comme un sujet humain et que chaque SI est nécessairement et automatiquement unique. Une implication tout à fait essentielle de ceci étant que deux SI apprennent lorsqu’ils communiquent entre eux. Si l’utilisateur a la possibilité de s’adresser à une batterie de systèmes intelligents dont l’histoire est distincte (soient qu’ils aient eu des utilisateurs différents, soit qu’ils aient appris les mêmes choses dans un ordre différent) et qui ont par ailleurs l’occasion de communiquer entre eux, tout se passe comme s’il interrogeait en fait un SI unique, mais considérablement plus puissant (Bruno Marchal, comm. pers.). Continuer la lecture de « La personnalité comme faisceau de dispositions ou comme histoire » (1989)

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Le coronavirus et le Père Noël

1° Je lis certains des commentaires ici (et je suis sûr que c’est encore pire ailleurs – il y a quand même une auto-sélection…) : « comme le dit le professeur Raoult le virus est sûrement en train de muter », « une sorte d’auto vaccination bio et naturelle », « le nombre de cas dépistés ne veut rien dire », « le professeur X précise qu’il n’y a pas de 2ème vague et il évoque les effets délétères de certaines mesures barrières », etc.

2° Je constate que ces commentateurs mettent entre parenthèses sans broncher le principe quand même largement admis que les mêmes causes produisent les mêmes effets et qui si l’on remet en place les mêmes causes (par le déconfinement, par la négligence des gestes barrières) on retrouvera les mêmes effets (contaminations et décès à la clé).

3° Je ne peux m’empêcher de repenser au « principe du Père Noël » que rappelait un autre de mes maîtres :

Les journaux disent tous les jours que les progrès de la science, Dieu sait si c’est dangereux, etc., mais cela ne nous fait ni chaud ni froid. Pourquoi ? Parce que vous êtes tous, et moi-même avec vous, insérés dans le signifiant majeur qui s’appelle le Père Noël. Avec le Père Noël, cela s’arrange toujours, et je dirai plus, ça s’arrange bien !

Jacques Lacan, Le séminaire 1955-1956. Les psychoses, pp. 361-362

4° Je me pose la question : quand atteindrons-nous l’âge où nous cesserons de prendre avec un enthousiasme mal dissimulé, des vessies pour des lanternes ?

5° Le temps presse malheureusement.

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Féminicide : « Il n’y aura jamais de dernier mot sur la scène du crime », par Rosebud1871

P.J. : à propos de ma vidéo hier, Féminicide : les « conditions préexistantes », le 10 juin 2020.

Dans la réévaluation en cours des rapports de forces entre mâles et femelles, les identifications au genre construit de chacun sont interpellées, sous la raison de la notion d’égalité dont les révolutions passées ont assis en droit la revendication populaire. En droit, pas en fait, puisque les héritages divers du passé laissent en fait des rapports de force dont la fameuse phrase de Lampedusa « tout changer pour que rien ne change » dit les paradoxes. Continuer la lecture de Féminicide : « Il n’y aura jamais de dernier mot sur la scène du crime », par Rosebud1871

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La mort statistique, et puis l’autre, le 4 mai 2020 – Retranscription

Retranscription de La mort statistique, et puis l’autre, le 4 mai 2020. Ouvert aux commentaires. Bonjour, lundi 4 mai 2020…

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Lille : École Psychanalytique des Hauts-de-France, « Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019 – Retranscription

Retranscription de« Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019. Ouvert aux commentaires. Paul JORION : C’est moi qui commence ?…

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L’Après-Covid et le Monde d’Après, le 27 avril 2020 – Retranscription

Retranscription de L’Après-Covid et le Monde d’Après, le 27 avril 2020. Ouvert aux commentaires. Bonjour, nous sommes lundi 27 avril…

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Cardiff-by-the-Sea (California) : Les admirables vertus de la banque de données personnelle

Je me dis : « Tiens, j’ai un peu faim ! », et aussitôt je me trouve transporté dans la salle à manger de Ki’s, un restau végétarien (plutôt genre « Café de la plage ») à Cardiff-by-the-Sea en Californie méridionale.

On dit : « Les vieux sont tout le temps plongés dans leurs souvenirs, captifs de leur nostalgie ! » Ce n’est pas ça, c’est que – pour peu que nous ayons eu la chance de bouger un peu dans notre vie – nous disposons chacun de nous, au bout d’un moment, d’une telle banque de données, que n’importe quelle pensée déclenche une formidable décharge de mémoire, au risque de nous submerger en effet quelque peu.

Le menu de demain : on s’y donne rendez-vous ! (on peut bien rêver un peu en ces tristes jours de confinement).

Menu « Temps étranges » (en effet), et tout ça pour moins de 3€ !

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Nous sommes quand même bien équipés !

Ouvert aux commentaires.

J’écoute en ce moment un concert d’Andrés Segovia (c’est en effet pour vous faire sourire que je prétends n’écouter que de la musique de cow-boys), et il y a dans son auditoire – il y a un demi-siècle de cela -, une personne qui aurait beaucoup mieux fait de rester chez elle (la civilité se perdait donc déjà en ces temps reculés !) parce qu’elle tousse abondamment.

J’ai déjà écouté ce concert autrefois, mais je n’ai aucun souvenir d’avoir attaché la moindre importance à ce ou à cette cacochyme impénitent ou impénitente. Mais aujourd’hui, apparemment, je n’entends que cela : la menace que constitue ce dangereux tousseur ou cette dangereuse tousseuse ! Nous sommes décidément bien équipés pour nous protéger du danger !

À moins, bien entendu, que nous nous forcions à ignorer les alertes que nous lance notre corps bien décidé toujours à être plus prudent que notre esprit, sans doute raffiné et cultivé, mais aussi frivole et volage.

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Lille, École Psychanalytique des Hauts-de-France, « Les robots appellent ‘capteurs’ leur inconscient », le 23 novembre 2019 – Retranscription

Ouvert aux commentaires. https://www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/Inconscient-Robot-PJorion.mp3 N.B. Je cite un Scolastique en disant « Grégoire de Rimini », au lieu de « Guillaume de Sherwood ».

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