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Imagine, Le réalisme aujourd’hui, c’est de proposer Tout autre Chose, N°108, mars-avril 2015

Syriza en Grèce, Podemos en Espagne, et désormais Hart boven Hard / Tout autre Chose en Belgique, que sont donc ces mouvements venus de nulle part ? Ils représentent l’affirmation par la multitude que le réalisme aujourd’hui, c’est de dire « Non ! » à des dirigeants qui prétendent que le désastre auquel ils président est une fatalité, que, selon les paroles légendaires de la Dame de Fer Margaret Thatcher, « TINA : There Is No Alternative ! »

Curieux quand même que ceux qui défendent le slogan TINA ne veuillent rien entendre aux protestations de ceux qui proposent Tout autre Chose.

C’est que chaque parti de gouvernement a les apparences pour lui : les autres partis ayant pignon sur rue n’affirment-ils pas la même chose : « Rien n’est plus comme avant et d’ailleurs depuis des dizaines d’années (sans y avoir prêté attention) nous avons tous vécu au-dessus de nos moyens ! Voilà la faute qu’il nous faut maintenant expier ! C’est la fatalité, et la fatalité, c’est bien connu, il n’y a rien qu’on puisse mettre à la place ! »

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BALISES DU MOUVEMENT TOUT AUTRE CHOSE

Le texte subira peut-être encore quelques modifications sur des points de détail. Le site du mouvement Tout autre Chose se trouve ici. Le mouvement s’appelait initialement ici sur mon blog Le coeur, pas la rigueur, une traduction quasi-littérale de Hart boven Hard, le mouvement flamand sur lequel Tout autre Chose a embrayé comme son pendant francophone. Ouvert aux commentaires.

 
BALISES DU MOUVEMENT TOUT AUTRE CHOSE

Tout Autre Chose est un mouvement qui regroupe des personnes et des associations d’horizons très divers, au sein duquel le débat est valorisé. Nous ne sommes pas d’accord sur tout. Mais toutes et tous, nous partageons dix grands principes qui définissent les valeurs de notre mouvement commun et servent de balises à nos débats, à nos luttes, à nos innovations.

Toutes et tous, nous voulons une société :

Démocratique. Une société qui n’accorde pas seulement le droit de vote mais donne, dans tous les domaines et à chacun-e, le pouvoir de participer aux débats et d’être entendu-e. Une société dont le cap est davantage fixé par les décisions collectives démocratiquement élaborées que par les décisions unilatérales d’acteurs puissants et par l’addition imprévisible de décisions individuelles.

Solidaire. Une société où la juste répartition des richesses est la première des solidarités. Où les garde-fous complémentaires contre les aléas de la vie sont fondés sur des droits sociaux plutôt que sur l’assistance ou la charité. Une société dont le bien-être solidaire ne se construit pas au détriment de celles et ceux qui vivent ailleurs ou vivront demain.

Coopérative. Une société où la coopération prévaut sur la compétition, l’égoïsme et la monétarisation des échanges. Une société qui mise sur l’intelligence collective et l’altruisme, et qui refuse l’accaparement par quelques-uns des bénéfices tirés d’efforts collectifs.

Ecologique. Une société qui respecte la planète, les autres formes de vie et les équilibres écologiques, s’engage dans la transition écologique et prend au sérieux les changements climatiques. Une société tournant le dos au productivisme qui épuise les ressources naturelles et à la marchandisation qui privatise les biens publics.

Juste. Une société qui recherche le juste équilibre entre les droits individuels et collectifs, et qui vise à étendre les droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. Une société qui met en avant la justice sociale ; où la justice est libre, dispose de moyens et est accessible à tous.

Egalitaire. Une société qui n’égalise pas seulement les chances d’accès aux places prestigieuses mais réduit les différences de reconnaissance, de rémunération et de pouvoir entre les personnes occupant des positions distinctes.

Emancipatrice. Une société qui ne se satisfait pas de la liberté d’expression et de choix, mais veut donner à chacun-e une réelle liberté. Celle de pouvoir déterminer son projet de vie, de lutter contre les dominations, de résister aux aliénations et addictions et de ne pas se soumettre à ceux qui tentent de conditionner ses choix.

Créative. Une société qui soutient la créativité sous toutes ses formes et encourage ses membres à prendre des initiatives. Non pas seulement pour « trouver des solutions » mais de manière plus fondamentale pour sans cesse questionner les évidences, renouveler le regard critique sur le monde, poser de nouvelles questions, ouvrir de nouvelles perspectives et initier de nouveaux débats face à une pensée dominante qui, toujours, veut laisser croire que nombre de débats ont déjà été tranchés et qu’il n’y a pas d’alternatives.

Apaisée. Une société où ne règne pas la peur de la diversité, où les « autres différents » ne sont pas stigmatisés, discriminés ou perçus comme un risque. Une société où la diversité est au contraire vécue comme un ferment de créativité, une occasion de réflexivité, un antidote au dogmatisme et une opportunité d’enrichissement.

Réjouissante. Une société où nous puissions nous réjouir de la richesse des liens sociaux et du sens profond que nous parvenons à donner à ce que nous vivons. Une société où le bonheur ne se cherche plus dans une consommation manipulée.

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