Archives de catégorie : Ukraine

Trump lâché par ses troupes, le 11 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de Trump lâché par ses troupes, le 11 octobre 2019. Ouvert aux commentaires.

Bonjour, nous sommes le 11 octobre 2019. J’avais l’intention de vous parler du Brexit. J’avais préparé quelque chose mais ça peut attendre, il y a des choses plus importantes. Il y a quelqu’un qui m’écrit ce matin pour me dire que je devrais parler du fait que Mme Sylvie Goulard n’a pas été nommée commissaire européen. Et là, je me gratte la tête quand je vois ça et je réponds à cette personne que « Vous avez vraiment l’impression que je parle de ce genre de choses d’habitude ? » [rires].

Non, il se passe des choses plus importantes. Il y a une guerre. M. Lindsey Graham, c’est un inconditionnel de M. Trump, il avait eu des mots très peu aimables pour lui pendant la campagne électorale mais après, c’était un loyal de chez loyaux, quelqu’un qui donnait raison systématiquement à M. Trump absolument sur tout et, sur cette décision de M. Trump de retirer des troupes américaines du nord de la Syrie permettant à la Turquie de lancer une offensive dont font essentiellement jusqu’ici les frais les Kurdes qui se trouvent dans la région, on a posé la question hier à M. Graham de ce qu’il en pensait et il a dit : « Jamais même M. Obama n’a fait des choses de cet ordre-là » et le reporter lui dit : « Est-ce que ce sera le Vietnam des États-Unis, durant la présidence Trump ? » et M. Lindsey Graham lui dit : « Non, non, c’est bien pire que le Vietnam ! ». C’est dire que des craquements se font entendre du côté des Républicains, d’autant plus qu’il s’agit, comme je vous le disais, de vraiment quelqu’un dont on pouvait supposer qu’il faisait partie du dernier carré quoi qu’il arrive.

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« Ambitions financières personnelles » et politique américaine en Ukraine

Mme Marie L. Yovanovitch était ambassadrice des États-Unis en Ukraine d’août 2016 à mai 2019. La presse américaine d’extrême-droite a mené campagne pour son renvoi. Il lui a été enjoint de quitter l’Ukraine « par le premier avion ». La raison qui lui a été donnée par son supérieur : qu’elle avait « perdu la confiance » du Président, il l’a cependant rassurée que par ailleurs elle « n’avait rien fait de mal ».

Le Congrès avait convoqué l’ex-ambassadrice en Ukraine pour une audition vendredi 11 octobre. Dans la nuit du 10 au 11, le ministère des Affaires étrangères (State Department) lui a intimé par un coup de fil de ne pas se rendre à la convocation. Une injonction qu’elle a ignorée. Elle a déposé à huis clos pendant près de dix heures. (Nul doute que ceux qui l’ont entendue ont appris certaines choses qu’ils ignoraient jusque-là).

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La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de La démocratie en petite forme, le 5 octobre 2019

Bonjour, on est le samedi 5 octobre 2019 et ma vidéo s’intitulera « La démocratie en petite forme ».

Je vais parler essentiellement de 3 pays. Je vais parler de la France. Je vais parler de la Grande-Bretagne et je vais parler des États-Unis. Ça ne veut pas dire qu’il ne faudrait pas parler des autres. Je pourrais parler de la Belgique où on a encore essayé de constituer des gouvernements, en tous cas un gouvernement fédéral. Les autres, on a trouvé la solution. Je veux dire les régionaux.

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L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019 – Retranscription

Retranscription de L’homme qui n’avait jamais tort, le 3 octobre 2019.

Bonjour, nous sommes le jeudi 3 octobre 2019.

J’ai commencé à parler de Donald Trump sur mon blog au tout début de la campagne des primaires du parti Républicain, qui conduiraient aux élections qui ont vu la nomination de M. Trump et ce qui attirait l’attention, à ce moment-là, c’est qu’un outsider, quelqu’un qui n’avait absolument pas sa place dans la course, se présentait et commençait à caracoler en tête de manière tout à fait remarquable. C’est M. Michael Moore qui, hier ou avant-hier, dans une interview, a mis le doigt sur ce qui se passa à ce moment-là, à partir de la connaissance qu’il a de la région de Flint (Michigan), qui est son pays natal, qui est le grand pays de l’industrie automobile à l’époque où ça se passait aux États-Unis et qui a dit qu’il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui parlait à ces ouvriers sans emploi, à toute une région dévastée du Michigan où jamais il n’y a eu de réindustrialisation ou même de retour de services en quantités suffisantes. Et il apparaissait comme un sauveur. Voilà quelqu’un qui allait donner un coup de pied dans la fourmilière. Voilà quelqu’un qui allait changer les choses et c’est ça que ces personnes voulaient entendre.

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Trump : Le Grand retournement

Autant vous m’avez vu bavard tant que Trump avait le vent en poupe, autant vous me voyez peu loquace maintenant que le processus de décomposition apparaît sans retour, la presse internationale prenant le relais, convaincue soudain qu’il y a désormais quelque chose à dire sur celui que j’ai appelé « un objet populiste mal-identifié ».

Quand le Grand retournement a-t-il eu lieu ?

Souvenez-vous de ce que j’écrivais le 26 septembre, lors de l’audition de Joseph Maguire, directeur par intérim de la National Intelligence devant le comité du Congrès pour les questions de renseignement, où il était interrogé sur son refus initial de transmettre le rapport du lanceur d’alerte relatif au chantage exercé par le Président sur l’aide militaire à l’Ukraine :

Les membres Républicains du comité ont dû se contenter de tenter de limiter les dégâts : féliciter Maguire d’avoir servi son pays en ayant été vice-amiral (la question n’était pas là), suggérer de supposés vices de forme : que les malversations de Trump ne relèvent pas à proprement parler du « renseignement » ou, pour l’un, utiliser l’entièreté de son temps de parole, non pas à interroger Maguire mais à dénoncer « une chasse aux sorcières de plus ».

Il y avait là une première : lors de précédentes auditions du même type, les Républicains répondaient du tac au tac à toute accusation envers Trump, quand ils n’étaient pas carrément à l’offensive, obligeant les Démocrates à tenter de se couvrir.

Que le désarroi soit le même à tous les niveaux de l’appareil Républicain, on en a eu la preuve avec une vidéo devenue virale montrant une militante de la base (Amy Haskins – son nom est désormais partout) interpeller la sénatrice Républicaine de l’Iowa , Joni Ernest, lui demandant : « Où est la limite ? » et cuisinant ensuite la Sénatrice pour ses réponses évasives, chacun des propos de Mme Haskins étant applaudi. « Il faut que vous soyez maintenant prête à vous lever », conclut-elle à l’adresse de Joni Ernst.

Que le processus suive son chemin, on en a la preuve dans le fait qu’il est question maintenant de deux nouveaux lanceurs d’alerte : un second sur la question de l’Ukraine, et un autre sur une tentative motivée politiquement d’interrompre l’audit des déclarations d’impôt de Trump. La révélation d’autres exploits foldingues du Président, comme sa proposition d’agrémenter sa Grande muraille du Mexique de douves remplies d’alligators et de serpents, fait sans doute encore grossir la part folklorique du dossier, mais n’est plus qu’anecdotique dans le Grand retournement en cours.

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26/9/19 : Impeachment live

On continue de s’étonner à Washington de la rapidité avec laquelle a soudain été communiquée hier la retranscription accablante de la conversation du 25 juillet entre Trump et Volodymyr Zelensky, le président ukrainien. Que Trump imagine qu’il s’agissait d’une « très belle conversation » quand elle semble tirée par tout autre que lui du dialogue du « Parrain » passe encore vu le personnage, mais que le ministre de la Justice William Barr la laisse passer paraît incompréhensible, Trump suggérant dans la conversation qu’il existe désormais une « cellule ukrainienne » composée uniquement de son avocat Rudy Giuliani, de Barr et de lui-même, dont le seul but est sa ré-election en 2020, alors que Barr apparaissait déjà aux premières loges comme étant la personne ayant bloqué la transmission au Congrès du rapport du lanceur d’alerte. Une explication possible serait que Barr a compris, aussitôt la fuite rendue publique, à quel point il était compromis, et que la seule option qu’il lui restait était de limiter les dégâts – ce que semble confirmer la déclaration immédiate du ministère de la Justice, aussitôt la retranscription connue, que Barr ignorait avoir été mentionné dans la conversation et qu’aucun contact n’avait eu lieu entre les Ukrainiens et lui.

16h23 : Joseph Maguire, directeur par intérim de la National Intelligence (il remplace Dan Coats), témoigne en ce moment devant le comité du Congrès pour les questions de renseignement. Maguire répond comme un fonctionnaire consciencieux pris – malheureusement pour lui – entre le marteau (de la loi) et l’enclume (de la dérive mafieuse de Trump). Continuer la lecture de 26/9/19 : Impeachment live

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25/9/19 : Impeachment live

En diffusant il y a quelques minutes une retranscription de la conversation entre Trump et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, le 25 juillet, la Maison-Blanche tente probablement d’allumer un contre-feu. Malheureusement pour Trump, le texte confirme ce que la rumeur colportait depuis plusieurs jours, à savoir qu’il essayait d’enrôler le président ukrainien dans sa campagne présidentielle de 2020 en lui réclamant des informations compromettantes sur la famille Biden, père et fils.

Info très gênante dans la retranscription pour William Barr, le ministre de la Justice, déjà sur la sellette pour avoir jusqu’ici refusé de transmettre au Congrès le rapport du lanceur d’alertes – ce que la loi l’oblige à faire, Trump dit explicitement au président ukrainien de se mettre en rapport avec Barr. Pas très rassuré pour son patron, le ministère a immédiatement fait savoir, aussitôt la retranscription diffusée, que le ministre n’était pas au courant.

Les langues se délient depuis le lancement de la procédure de destitution de Trump par Nancy Pelosi hier soir. On a appris en particulier que le Président était parvenu ces mois récents à circonvenir entièrement le State Department, le ministère des Affaires étrangères, pour ce qui touche à l’Ukraine, ne passant plus pour ses relations avec ce pays que par son avocat Rudy Giuliani, au point que les fonctionnaires du ministère consultaient la presse pour découvrir quelle était la politique étrangère des États-Unis envers l’Ukraine.

Les esprits chagrins affirmaient hier que la procédure de destitution n’avait aucune chance d’aboutir en raison de la majorité Républicaine au Sénat. Mais dans la soirée d’hier encore, le Sénat, dans un vote unanime, Républicains et Démocrates confondus, a réclamé la communication du rapport du lanceur d’alertes. La procédure de destitution de Richard Nixon n’avait pu aboutir qu’en raison de tels revirements. Nixon choisit de démissionner lorsque l’aboutissement probable de l’impeachment ne faisait plus aucun doute.

20h15Un article à l’instant dans le New York Times, par

L’article suggère que Pelosi prend ses décisions en fonction de ce qu’elle apprend en provenance des professionnels du renseignement plutôt que de ce que vous et moi pouvons savoir de ce qui se passe sur la scène politique. Le fait qu’elle ait avancé hier soir sa reine au beau milieu de l’échiquier s’expliquerait donc par certaines informations auxquelles elle a eu accès, et que vous et moi, simples mortels, en sommes réduits à supputer…  

21h20 :  Les politiciens Républicains s’arrachent les cheveux ce soir : pourquoi Trump a-t-il voulu publier dans la précipitation la retranscription de sa conversation du 25 juillet avec le président ukrainien, alors qu’elle est à ce point accablante pour lui ? Parler de comportement suicidaire, d’auto-punition, ou quoi que ce soit d’autre du même genre, serait à mon avis surestimer ses capacités intellectuelles. Ses motivations sont celles que j’ai mentionnées tout au long : 1° pressurer l’adversaire en fonction du rapport de force est ce que fait l’homme d’affaire avisé – qu’il soit le dirigeant d’une puissance étrangère n’a aucune importance : le principe est d’application générale, 2° « Ce n’est pas moi qui ai commencé ! » : c’est Joe Biden qui le premier s’est mêlé de politique ukrainienne, moi je ne fais que me défendre ! La victime c’est moi. c.q.f.d. : il se croit dans son bon droit et n’a du coup rien à cacher. 

Comme je vous l’expliquais le mois dernier dans mon billet Trump, champion de l’« auto-destitution », Pelosi était convaincue qu’il provoquerait sa propre chute. La confirmation ne tardera pas.

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Impeachment : Mme Pelosi est en train de virer de bord !

Mme Pelosi, à la tête de la majorité Démocrate au Congrès (assemblée nationale US), a toujours été d’avis jusqu’ici qu’une destitution (impeachment) du Président Trump était une stratégie risquée vu le soutien que lui apportent imperturbablement 40% des électeurs américains depuis son élection. « Soyons patients ! », disait-elle, « nous le ratatinerons à la présidentielle de 2020 ! ». Pronostic que les sondages confirmaient.

La découverte ces jours derniers que Trump avait bloqué les fonds destinés à l’aide militaire à l’Ukraine, jusqu’à ce que le président ukrainien l’aide dans sa campagne en produisant des informations compromettantes sur Hunter Biden, fils de Joe Biden (principal adversaire Démocrate de Trump jusqu’à récemment), a convaincu tout le monde, elle y compris, que le Président utilisait déjà ses prérogatives présidentielles pour truquer la présidentielle de 2020.

On attend donc le ralliement de Mme Pelosi à l’impeachment … d’une minute à l’autre !

P.S. J’ai publié mon billet à 17h50, et la nouvelle est tombée à 13h01 (là-bas) + 6h00 = 19h01 (ici). Il aura donc fallu attendre exactement 71 minutes 🙂

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Pas bon pour Trump, mauvais pour Biden

À chaque minute qui passait hier, on en apprenait davantage sur le coup de téléphone qui avait conduit un lanceur d’alerte de haut rang à révéler l’existence d’une conversation du Président Trump avec « un dirigeant étranger » appelant « une réponse urgente ». De « haut rang » parce qu’il devait faire partie des destinataires des retranscriptions des écoutes du Président Trump.

On a rapidement su – grâce à une offensive défensive sur CNN de Rudy Giuliani, ancien maire de New York devenu avocat de Trump – de quoi il s’agissait vraiment : d’une conversation le 25 juillet entre Trump et Volodymyr Zelensky, président nouvellement élu de l’Ukraine, au cours de laquelle Trump lui aurait demandé à 8 reprises d’enquêter sur de supposées malversations qu’aurait commises en Ukraine Hunter Biden, fils de Joe Biden, candidat à la présidentielle 2020 du côté Démocrate, et sur les pressions que le père aurait exercées, à l’époque où il était Vice-Président d’Obama, pour que soit limogé un procureur qui risquait d’inculper son fils.

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