Archives par mot-clé : alchimie

CHINE – Longue vie et immortalité, par DD & DH

Billet invité.

Pardon à ceux qui ont trouvé la traversée du Taoïsme trop longue et trop aride, mais nous allons en ajouter une petite louche ! Disons que nous allons nous accorder, avant solde de tout compte sur le sujet, une dernière petite virée dans une annexe du taoïsme, très exactement à la jonction du daojia (philosophique) et du daojiao (religieux), du côté de l’idéal de « longue vie », voire d’« immortalité » qui a fourni continûment du grain à moudre aux spéculations chinoises depuis bien plus de deux millénaires. Continuer la lecture de CHINE – Longue vie et immortalité, par DD & DH

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RENÉ ALLEAU (1917 – 2013), par Annie Le Brun

Billet invité.

Le 18 octobre dernier disparaissait un des esprits les plus considérables de ce temps. Aujourd’hui peu connu des milieux intellectuels, René Alleau, né en 1917, n’en aura pas moins été celui qui renouvela l’approche de l’alchimie et des savoirs traditionnels, en les dégageant des brouillards occultistes, grâce à une double formation scientifique et philosophique.

Résistant sous l’occupation, il se retrouve quelques années plus tard ingénieur en Afrique, où il s’intéresse, entre autres, aux sociétés secrètes, ne se contentant pas d’avoir auparavant fait une thèse sur l’Alchimie au XVIIe siècle, sous la direction de Gaston Bachelard. Ces quelques éléments biographiques pour donner une idée de la multiplicité des intérêts de René Alleau mais aussi de celle des plans où il s’est trouvé à même de développer une pensée dont l’ampleur de vue aura été servie par une égale ampleur de moyens.

Dès le début, la grande affaire étant en effet pour lui d’accéder à un « surcroît de conscience », il lui paraît évident que « ni notre imagination ni notre raison ne sont capables, même en unissant leurs efforts, de concevoir toute la profondeur réelle des êtres et des choses. Comment pourrons-nous même l’entrevoir si nous opposons ou si nous séparons nos puissances déjà si limitées ? » C’est dans cet état d’esprit qu’il se tourne vers les savoirs traditionnels, non sans mesurer l’enjeu politique de ce choix : « Si j’ai refusé d’enseigner la philosophie avant la guerre, c’est que j’étais intimement persuadé, comme l’étaient aussi Paul Nizan et d’autres jeunes amis normaliens de ma génération, que nous deviendrions tôt ou tard des « chiens de garde » du rationalisme bourgeois… » Car plus que quiconque, René Alleau perçoit combien « nos sciences modernes n’ont fait porter leurs efforts que sur un processus d’abstraction croissante des phénomènes, de façon à pouvoir les formaliser, les axiomatiser et à en exprimer les lois générales grâce au langage mathématique ».

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LES ENFANTS « BONS EN MATHS » QUI RESTERONT CEPENDANT SCEPTIQUES QUANT AUX MÉRITES DE CETTE BRANCHE DU SAVOIR

Être « bon en maths » a toujours été une qualité dont parents et éducateurs ont voulu maximiser le potentiel, si bien que tout enfant présentant cette disposition qui n’a pas fini mathématicien, physicien ou ingénieur, ne l’a dû qu’à sa détermination personnelle.

Telles furent les pressions que John Maynard Keynes dut lui aussi endurer. Pour lui, la maîtresse de toutes les formes de connaissance était la philosophie, dont l’une des qualités et non des moindres à ses yeux est sa résistance à toute tentative de restreindre le domaine de sa compétence. En 1901, alors que le jeune Maynard vient de fêter ses dix-huit ans, à la veille d’importants examens de mathématiques, ses répétiteurs – ainsi que son père – découvrent avec stupeur qu’il vient de consacrer la totalité de ses efforts des derniers mois à la rédaction d’un mémoire consacré aux mérites de la poésie en latin médiéval du scolastique Bernard de Cluny.

Le Treatise on Probability à la rédaction duquel Keynes consacra le plus clair des années 1906 à 1913 (l’interruption de la guerre fera qu’il ne sera publié qu’en 1921) est, selon la définition qu’il donne de la probabilité de constituer une branche de la logique, un ouvrage très peu mathématique pour ce qui touche à la contribution originale de Keynes au sein du volume. Il renoue en fait avec la discipline dans l’état qui était le sien avant que les colles astucieuses que le chevalier de Méré posa à Pascal, Huygens, Fermat et quelques autres, sur la façon la plus juste de partager les enjeux d’une partie de cartes interrompue alors qu’elle est déjà entamée, n’ait conduit à assimiler la probabilité d’un événement à une mesure constituant la généralisation de sa fréquence observée.

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