Archives par mot-clé : Asie

L’actualité de la crise : LA MONDIALISATION EN BERNE, par François Leclerc

Billet invité

L’assemblée générale du FMI qui vient de se terminer à Tokyo ne laissera pas un souvenir impérissable, car l’organisation internationale semble condamnée à lancer des alertes sans effet et à formuler des préconisations sans résultat. En définitive, cette impuissance exprime bien l’élan brisé de G20 présentés il y a encore peu comme prenant les choses en main au nom d’une nouvelle gouvernance qui ne fait pas ses preuves.

Divergeant sur le rythme du désendettement en Europe, Christine Lagarde et Wolfgang Schäuble se sont à l’issue de l’assemblée appliqués à minorer du mieux qu’ils pouvaient leurs désaccords, après n’avoir pu éviter de les exposer publiquement. « En réalité, ce qui a été parfois présenté comme un désaccord tient surtout à la perception [qu’on a de ce sujet]», a tenté la directrice du FMI. Animée par la volonté de convaincre – contre toute évidence – elle a prononcé des paroles définitives : « Nous ne sommes peut-être pas d’accord sur tout, mais je crois qu’il existe un consensus général sur le fait que l’action collective est en train de produire des résultats », en référence à la précieuse consigne qu’elle a donnée et qui tient en un seul mot : agir ! Face à l’adversité, Wolfgang Schäuble a semblé mettre un peu d’eau dans son vin en expliquant : « on peut parler du rythme de réduction de la dette, mais pas de son principe », sans aborder la question essentielle des moyens…

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LA MONDIALISATION EN BERNE, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : LE PETIT BOUT FINANCIER DE LA LORGNETTE, par François Leclerc

Billet invité

Toujours à la recherche de miracles, les économistes bien-pensants ont déjà depuis quelque temps reporté leurs espoirs vers d’autres cieux. Exit l’Espagne et l’Irlande, oublié le Japon ; la Chine et la Corée du sud ont été à leur suite vénérées !

Las ! Les prévisions de croissance asiatiques ne cessent d’être revues à la baisse par les organismes internationaux. Dans son dernier rapport, c’est au tour de la Banque asiatique de développement (BAsD) d’y procéder. Elle prévoit que la croissance des 45 pays de la région sera en 2012 de 6,1 %, et non plus de 6,9 % comme estimé en avril dernier. Pour l’année prochaine, sa prévision de croissance est abaissée à 6,7 %, contre 7,3 %. Principaux responsables : la Chine et l’Inde, dont les performances continuent de se tasser. Le FMI s’apprête une nouvelle fois à baisser lui aussi ses prévisions.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE PETIT BOUT FINANCIER DE LA LORGNETTE, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : LE POINT D’APPUI QUI LUI AUSSI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Billet invité

L’Inde ne va pas fort, le Japon et la Corée du Sud non plus et la Chine ne se sent pas très bien. Les exportations à la baisse en raison de la faiblesse de ses grands marchés à l’export, un net ralentissement de la croissance asiatique est enregistré. Des analystes interrogés affectent de croire en un rebond résultant de mesures de relance, en dépit de cet environnement international. Que peuvent-ils espérer d’autre ?

La banque centrale chinoise a réduit son taux d’intérêt deux fois en un mois, signe d’une évidente nervosité. Depuis décembre, les réserves obligatoires des banques ont été réduites par trois fois – des mesures qui pourraient être renouvelées d’ici la fin de l’année – afin de maintenir l’investissement, principal moteur de la croissance vu la faiblesse de la consommation intérieure. Officiellement, cette croissance est encore de 7,6 % sur un an, elle était de 10,4 % en 2010 et de 9,2 % l’an dernier : quelle que soit la valeur de ces chiffres, une forte décrue est incontestable.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : LE POINT D’APPUI QUI LUI AUSSI FAIT DÉFAUT, par François Leclerc

Partager :

L’actualité de la crise : L’ÉPICENTRE DE LA GUERRE MONÉTAIRE EN ASIE, par François Leclerc

Billet invité

A son tour, l’Asie est atteinte par la crise, principale victime de la guerre monétaire.

Une rencontre va donc y tomber à pic, tout en ne réglant rien ! Demain lundi, à Shanghai, la Banque populaire de Chine accueillera la fine fleur des banquiers centraux sous le parrainage du FMI. Zhou Xiaochuan, gouverneur de la PBoC, et Dominique Strauss-Kahn, que l’on ne présente plus, présideront la réunion.

Actuellement théâtre principal de la guerre des monnaies, l’Asie pourrait demain se révéler être le terrain et l’occasion d’un pas en avant en vue de la réforme du système monétaire international. Cette réunion pourrait permettre d’avancer les premiers pions, à moins que tout ne soit que plans sur la comète, dans un horizon totalement bouché.

En tout état de cause, nul ne doute que la réflexion se focalisera sur les prochains petits pas qui pourraient être ultérieurement accomplis, ceux-là mêmes que les dirigeants chinois affectionnent et n’ont cessé d’effectuer, mais en y associant dorénavant la région… et le FMI, qui ne voudrait pas être écarté de la partie.

Les achats chinois de terres agricoles, ainsi que leurs investissements dans les ressources minières et l’énergie, avec comme objectif commun de garantir leurs approvisionnements, sont bien connus. Leur accord dans le transport maritime avec le gouvernement grec n’est pas passé inaperçu. Mais leurs percées dans le domaine monétaire ont été masquées par les passes d’armes incessantes qui les ont opposés aux Etats-Unis. Elles ne sont d’ailleurs pas près d’être finies : en août dernier, le déficit commercial américain avec la Chine est de nouveau monté, pour atteindre 28 milliards de dollars en données brutes.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise : L’ÉPICENTRE DE LA GUERRE MONÉTAIRE EN ASIE, par François Leclerc

Partager :

Six propositions pour réorienter l’Europe, par Jean-Luc Gréau

Billet invité

Quelque dix-huit mois après le séisme bancaire occidental de l’automne 2008, les dirigeants politiques européens restent sur l’Aventin. Alors que la déflation salariale est à l’origine première du surendettement privé et de la crise qui s’en est suivie, ils se refusent à émettre publiquement ce diagnostic. Alors que l’explosion de l’effet de levier, de la titrisation et des produits dérivés dans la dernière décennie a fragilisé et déstabilisé le système bancaire et financier dans son ensemble, ils n’osent pas poser le principe d’un retour à la responsabilité des prêteurs. Alors que les banques centrales, jouant le rôle de prêteurs en premier ressort, continuent d’alimenter les banques en liquidités gratuites, leur procurant une véritable rente de situation, ils campent sur les positions anciennes d’un financement non monétaire des dettes publiques. Pourtant, et tandis que le surendettement des ménages, voire des entreprises, n’est pas encore résorbé, nul ne sait comment les Etats occidentaux, y compris les plus puissants, pourront rembourser des dettes publiques rendues disproportionnées, après l’ouverture des vannes pour sauver les banques, par la gravité de l’affaissement économique. Tout se passe comme si la corporation bancaire occidentale, cause du sinistre, exerçait un magistère renforcé sur nos élites politiques.

L’Europe ne sortira de cette situation navrante que si, au lieu de se réfugier dans une incantation  aveugle sur le thème de la rigueur,  sans vouloir en voir les effets déflationnistes, elle a le courage d’entreprendre six réformes fondamentales de son mode de fonctionnement : la réforme des banques, le recentrage des missions des banques centrales, la fidélisation et responsabilisation des actionnaires des entreprises, la remise en ordre de la fiscalité, le rééquilibrage des relations commerciales de l’Europe avec l’Asie émergente et la stabilisation des grandes monnaies occidentales.

Continuer la lecture de Six propositions pour réorienter l’Europe, par Jean-Luc Gréau

Partager :

L’actualité de la crise: digestion très laborieuse pour les deux bulles financières, Par François Leclerc

Billet invité.

DIGESTION TRES LABORIEUSE POUR LES DEUX BULLES FINANCIERES

La crise est-elle soluble dans l’eau ? C’est la question que certains doivent se poser, qui l’espèrent encore, afin que les affaires repartent sans trop tarder. Mais ce qui est en train de se passer ne répond pas exactement à leur attente. Car nous constatons que les deux grosses bulles financières résultant des mesures de sauvetage et de relance que les gouvernements ont adopté – la bulle privée et la publique – ne sont pas près d’être résorbées et commencent à produire, chacune, de sérieux dégâts. Dans un contexte où la sortie de la récession est incertaine et la rechute possible.

La bulle privée se prépare à perturber l’économie des seuls pays qui continuent de connaître une franche croissance économique. En Asie principalement, mais également au Brésil, où les capitaux sont massivement présents, à la recherche des meilleures affaires, pour investir ou pour faire des raids dans le cadre du carry trade.

La bulle publique se révèle si dure à digérer que l’on en vient à se demander si cela va être possible de la contenir et de la résorber. Comme si les Etats avaient présumé de leurs forces en combattant les effets économiques de la déroute financière et en finançant les banques, et qu’ils étaient allés trop loin. La dette cumulée des pays du G7 atteint désormais environ 30 mille milliards de dollars, dont 22 mille milliards pour les seuls Etats-Unis et le Japon. La Grèce y contribue pour un ridicule 300 milliards ! Ces chiffres mettent en perspective la crise actuelle.

Continuer la lecture de L’actualité de la crise: digestion très laborieuse pour les deux bulles financières, Par François Leclerc

Partager :