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Permissives contraintes financières : LA VOIE EST LIBRE ! , par François Leclerc

Billet invité

En prologue de son analyse des bilans de 128 banques européennes, la BCE vient comme prévu de calmer le jeu, confirmant qu’elle entend aborder ce périlleux exercice non sans complaisance. Dévoiler la réalité, c’est replonger l’Europe dans une crise aiguë, trop la masquer c’est perdre toute crédibilité.

Dans une lettre à Sharon Bowles, la présidente de la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen, Mario Draghi donne des assurances à propos du traitement réservé aux obligations souveraines. Elles ne feront l’objet d’aucune dépréciation lors de l’examen, à la seule condition que les banques aient prévu de les conserver jusqu’à leur maturité, lorsqu’elles sont remboursées au nominal, si ni un défaut, ni une restructuration ne sont entre-temps intervenus, et si elles n’ont pas été apportées en garantie… à la BCE. On sait comment les banques jouent de ce classement entre banking book et trading book afin de ne pas dévaloriser leurs actifs et améliorer leur bilan, quitte à revenir dessus quand l’occasion se présente. Les actifs destinés à être détenus jusqu’à échéance sont rangés sur la première étagère et ceux qui font l’objet de négociations sur la seconde.

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COMMENT LES BANQUES CENTRALES (ET LES ÉTATS) FURENT ROULÉS DANS LA FARINE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

François Leclerc : Sans compter ce subterfuge comptable grossier qui ne prend en compte pour toute dévalorisation que les titres classés dans le trading book, alors qu’ils sont pour l’essentiel comptabilisés dans le banking book,c’est à dire destinés à être conservés jusqu’à leur maturité.

Ce subterfuge est depuis trente ans le fondement de la « création de valeur » par les banques. Création purement comptable masquant une réalité favorable ou défavorable dont les banques gardent la maîtrise en choisissant l’affichage qui montre immédiatement les plus-values et étale si nécessaire les moins-values.

Le « trading book » est le portefeuille de titres en transit dans les comptes : des titres négociés pour répondre à l’offre ou à la demande du marché afin d’établir un prix d’intermédiation financière. Un titre est en trading tant que la banque n’a pas d’intention propre de le conserver pendant un certain temps comme outil d’investissement dans le risque ou le crédit.

Le « banking book » est donc le portefeuille des titres détenus moyennant des intentions bancaires de prêter ou d’investir la contrevaleur du titre. Entrent dans le banking book, les titres achetés ou vendus à un prix sur lequel la banque anticipe des gains en intérêts ou plus-values pendant la période où elle va porter le risque financier du titre. Entrent également dans le banking book, les titres issus du trading que la banque estime ne pas pouvoir négocier à un prix favorable pour son résultat comptable. Un titre passe du trading book au banking book à son prix de marché au moment de la décision de transfert.

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