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Le Monde : Le bourreau de BNP Paribas, lundi 8 – mardi 9 septembre 2014

Le bourreau de BNP Paribas

L’affaire des sanctions américaines contre la BNP Paribas laissera des traces : décapitation de la direction de la filiale suisse certainement et peut-être de la première banque française elle-même, déplacement de son centre névralgique de sécurité financière aux États-Unis, ce qui la transfère de fait de la sphère d’influence française à la sphère d’influence américaine.

Ce qui s’est véritablement passé du point de vue de la BNP elle-même, nous l’ignorons toujours, puisqu’à part une lettre aux termes extrêmement vagues envoyée par la direction aux déposants de la banque, aucune déclaration officielle n’a été faite : la communication s’est limitée à quelques fuites calculées dans la presse.

Ce qui s’est passé du côté américain nous est mieux connu, la presse financière d’outre-Atlantique étant plus curieuse et ayant un meilleur accès à l’information.

Lorsque les États-Unis décrètent en 2002 un premier embargo sur le Soudan, un climat de laisser-faire en termes de régulation règne dans la finance depuis déjà vingt ans. Un embargo sur le Soudan, se dit-on, soit ! tout en se souvenant que dans un cas antérieur, celui de l’Iran, les États-Unis avaient délibérément permis de 1979 à 2008 un contournement de leur propre embargo pour que les transactions pétrolières iraniennes puissent se poursuivre en dollars afin de préserver l’hégémonie de la devise américaine dans ce secteur.

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Qui mène la charge aux États-Unis contre BNP Paribas ? ou Converti à l’honnêteté, le secteur financier serait-il encore rentable ?

Le temps est déjà lointain où Eric Holder, l’Attorney General des États-Unis, l’équivalent chez nous d’un Ministre de la justice, s’était fait taper sur les doigts pour avoir répondu au Sénateur Chuck Grassley (républicain de l’Iowa), qui l’interrogeait sur l’apathie du ministère de la Justice dans la recherche de coupables dans l’effondrement du système financier international en septembre 2008 :

Je crains que la taille de certains de ces établissements ne soit devenue si importante qu’il est devenu difficile de les poursuivre en justice, parce que des indications nous parviennent qui si nous les poursuivions – si nous procédions à des inculpations – cela aurait un impact négatif sur l’économie nationale, voire même sur l’économie mondiale, et il me semble que ceci est la conséquence du fait que certains de ces établissements sont devenus trop importants […] Ceci a une influence inhibitoire sur, ou impacte, notre capacité à prendre les mesures qui seraient selon moi les plus adéquates…

Holder a tenu ces propos il y a un peu plus d’un an : le 6 mars 2013 précisément. Ils avaient été universellement interprétés comme voulant dire que le ministère américain de la justice ne faisait pas le poids face aux milieux d’affaires. Il a tenu à se racheter le 5 mai dernier quand il a déclaré que

« Trop gros pour aller en prison », cela n’existe pas. Certains ont cru bon de recourir à cette expression pour renvoyer à une théorie selon laquelle certaines institutions financières, alors même qu’elles se livrent à des activités criminelles, devraient être immunisées contre les poursuites en raison de leur taille et du rôle qu’elles jouent au sein de l’économie tout entière. Cette opinion est erronée. Elle a été rejetée par le ministère de la Justice. Disons les choses sans ambiguïté : aucun individu, ni non plus aucune compagnie, quelle que soit sa taille ou sa rentabilité, n’est au-dessus des lois. Lorsque le ministère de la Justice mène des investigations, nous respectons dans tous les cas la loi et les faits avérés, où que cela puisse nous conduire.

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