Archives par mot-clé : Beppe Grillo

Dette publique : TANT VA LA CRUCHE À L’EAU QU’À LA FIN ELLE SE BRISE, par François Leclerc

Billet invité.

Les événements se précipitent : les marchés manifestent leur impatience en appelant au lancement par la BCE d’un début de création monétaire en grand, Jean-Claude Juncker annonce qu’il va présider « la commission de la dernière chance » et les rumeurs se multiplient sur l’échec aux stress tests de nombreuses banques, en attendant l’affichage des résultats le 26 octobre prochain, une fois passé le cap du tout proche sommet européen.

La cause est entendue, la stagnation va être séculaire et la dette un problème lancinant. Cultivant une vision malgré tout optimiste, tout en ne s’en tenant qu’à la dette publique, le FMI constate que « les efforts budgétaires au cours des cinq dernières années ont stabilisé le ratio entre dette publique et PIB, même s’il reste à un niveau élevé ». Mais il relève un « sentiment de saturation » vis à vis des réformes et que « les perspectives d’un durcissement des activités financières et d’un éventuel tassement de la croissance potentielle (…) sont autant de facteurs qui exigent une reconstitution des marges de manœuvre utilisées durant ces dernières années ». En d’autres termes, il serait nécessaire de « judicieusement » concilier la viabilité de la dette publique et la croissance… Dit autrement : dans les hautes sphères, on ne sait pas quoi faire devant la faillite d’un modèle de désendettement qui ne fonctionne pas.

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LE TEMPS QU’IL FAIT, LE 8 MARS 2013

Un parfum de printemps
Eric Holder, Adair Turner, Michel Barnier, Finance Watch
John Maynard Keynes
Citoyen / Bourgeois

Sur YouTube, c’est ici.

Gilles Dostaler sur « Keynes et la politique » :

Comme sa pensée politique, l’action politique de Keynes est peu souvent évoquée. Ses positions sont en tout cas sujettes aux interprétations les plus diverses et les plus contradictoires, plus encore que sa pensée économique ou sa vision philosophique. C’est ainsi que, pour certains, Keynes se situe très à gauche sur l’échiquier politique. Plusieurs conservateurs le considéraient comme un crypto-communiste. À l’autre extrême, les communistes et les marxistes le jugeaient comme un conservateur d’autant plus dangereux qu’il se présentait comme un ami de la classe ouvrière et critiquait les politiques du parti conservateur, Entre ces deux appréciations, on trouve toutes les positions intermédiaires imaginables. Nouveau libéral, progressiste et radical, pour les uns, Keynes est un libéral centriste, de tendance droitière, pour les autres. Lui-même semblait prendre plaisir à brouiller les pistes en se décrivant tantôt comme modérément conservateur et ailleurs comme à gauche du Parti travailliste. Il a vexé le premier ministre travailliste MacDonald en déclarant, au terme d’une réunion, qu’il se considérait comme le seul véritable socialiste présent !

Inutile de dire que je partage l’opinion de Keynes sur lui-même !

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L’actualité de demain : LE MALAISE POLITIQUE GRANDIT, par François Leclerc

Billet invité.

Heureux résultat, l’interdiction des parachutes dorés décidé par un referendum d’initiative populaire en Suisse est-il une surprise ou tout simplement l’accomplissement de ce qui devait finir par arriver et va se poursuivre en Europe ? Car, un profond malaise s’est installé dans les opinions publiques et s’exprime quand l’occasion s’en présente, ou bien quand ce n’est vraiment plus possible, il emprunte les chemins disponibles et prend les formes les plus variées, y compris parfois les pires.

C’est le cas au Royaume-Uni avec la montée en puissance électorale de l’UKIP, ce parti sous la pression duquel se trouve David Cameron et qu’il a traité de « barjots, de cinglés et de racistes ». Ce qui n’a pas empêché celui-ci de devancer les conservateurs lors de l’élection partielle de Eastleigh avec 27,8% des suffrages. Mais l’extrême-droite ne donne pas le ton en Europe, en dépit également de l’apparition en Grèce d’Aube dorée, le parti néo-nazi.

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EN ITALIE, LE PEUPLE EST DE RETOUR

Dans mon billet paru hier dans Le Monde, je montrais comment au Royaume-Uni l’opinion publique est en train de parvenir à modifier la pratique bancaire, le changement radical de style de la Barclays, qui affirme vouloir renouer avec la décence en affaires, et a déjà posé quelques gestes significatifs en ce sens, en étant le témoignage.

Je faisais allusion par contraste à la situation en France, où les politiques élus pour changer les choses dans le monde financier se contentent d’entériner le statu quo, se félicitant au passage des qualités après tout admirables du système condamné, et ceci, dans l’indifférence générale d’une opinion publique hypnotisée par les derniers soubresauts d’une institution autrefois vénérable.

C’est précisément l’opinion publique, le « peuple », qui vient d’opérer son retour triomphal en Italie, sous la forme du « non-parti » Cinque Stelle, qui vient de dire Non au front unifié du « plus ça change, plus c’est la même chose », constitué des partis politiques à proprement parler.

Peut-on gouverner sur un programme de simple « basta » ? Non, bien entendu, car c’est précisément là que sont intervenus les dérapages les plus abominables de l’histoire récente, ce qui alimente les accusations anticipées de « poujadisme » adressées à Cinque Stelle. Le peuple s’est exprimé en votant pour ce mouvement, il faut s’assurer maintenant qu’à travers celui-ci ce soit maintenant lui qui prenne la parole et qu’on l’entende énoncer clairement ce qu’il veut véritablement.

 

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L’actualité de demain : LA CRISE REBONDIT SOUS SA DIMENSION POLITIQUE, par François Leclerc

Billet invité.

La crise a atteint sa dimension politique en Italie : Silvio Belusconi n’a raté la victoire que de moins d’un demi-point et un électeur sur quatre a voté pour le Mouvement des 5 étoiles (M5S). Au final, le Parti démocrate est majoritaire à la Chambre mais minoritaire au Sénat.

La crise n’avait jusqu’à maintenant que provoqué la sortie des sortants, au Portugal, en Espagne, en Grèce (et en France), mais elle débouche aujourd’hui sur un vide politique. A leur manière, les électeurs italiens ont manifesté leur rejet de l’austérité et, en donnant au M5S un score auquel il n’avait même pas osé rêver, celui du monde de la politique et de la corruption mélangée. Le paradoxe voulant qu’ils ont failli en même temps adouber celui qui le représente au mieux.

Cette double contestation traverse désormais toute l’Europe, particulièrement dans les pays subissant une crise sociale aiguë, tous connaissant leur lot de scandales. La désaffection vis à vis du monde politique s’accentue. Au Portugal, pas un ministre ne peut plus apparaître sans que « Grândola Vila Morena » – la chanson qui avait donné le signal de la chute de la dictature – ne retentisse désormais. Ce n’est pas seulement une politique qui est contestée mais ceux qui en sont porteurs et en sont les profiteurs.

Stabilisée aux bons soins de la BCE, la crise est relancée en Europe, sa troisième puissance économique entré dans une ère d’instabilité, alors que le gouvernement français doit assumer ses choix et ne peut plus tergiverser.

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L’actualité de demain : AVANTI POPOLO ! par François Leclerc

Billet invité.

Les résultats des élections italiennes ne seront connus que dans la soirée et les commentaires craignant qu’ils ouvrent une ère d’instabilité vont bon train. Sous-entendu : que la mise en œuvre d’un programme « réaliste » poursuivant ce qu’à engagé Mario Monti rencontre de grandes difficultés.

Figure emblématique d’une politique qui n’a procuré une accalmie qu’en s’abritant sous le parapluie de la BCE, Mario Monti a d’ores et déjà perdu son pari. De même que Silvio Berlusconi, désormais tout entier consacré à son propre sauvetage. Le « Tsunami-tour » que Beppe Grillo a effectué dans tout le pays a par contre payé, lui permettant de cristalliser les rejets, mais aussi d’affirmer quelques idées force fédératrices. Si l’on prend également en compte la baisse de la fréquentation électorale (voire la désertion des urnes dans le Sud du pays), c’est de toute évidence le phénomène le plus important : les Italiens ont trouvé l’occasion d’exprimer à la fois leur rejet de l’austérité et du monde politique.

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L’actualité de demain : « A CASA ! », par François Leclerc

Billet invité

Combien étaient-ils hier venus écouter Beppe Grillo pour son dernier meeting électoral à Rome ? Il a lui-même annoncé 800.000 participants, mais qu’importe : il y avait la foule des très grands jours sur la place Saint-Jean de Latran, pour ceux qui y ont connu l’enterrement de Togliatti ou les grandes manifestations syndicales unitaires. Reprise en chœur, une simple injonction adressée au hommes politiques rend compte de ce qui les unissait avant tout : « A casa ! » (à la maison).

Les candidats du Mouvement 5 étoiles se sont succédés sur l’estrade, réclamant la fin des grands travaux inutiles et dispendieux mais la gratuité des transports publics et de l’accès à Internet, ou bien encore un service public de l’eau, le plafonnement des hauts salaires et l’instauration d’un « revenu de citoyenneté » de 1.000 euros pendant trois ans, et enfin un référendum portant sur la sortie de l’euro et la renégociation de tous les traités européens.

Combien seront-ils aujourd’hui dans toute l’Espagne, ayant choisi pour protester à un « coup d’état financier » le jour anniversaire de la tentative de coup d’État militaire de 1981 ? La plateforme 23F appelle à manifester pour exiger « une vraie démocratie », l’estimant menacée. Elle regroupe une multitude de mouvements et dénonce « les politiques brutales de rigueur sociale » et « la corruption et la perte de légitimité des institutions ».

Terreira do Paço à Lisbonne, Omonia à Athènes, Puerta del Sol à Madrid, Saint-Jean de Latran à Rome…

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