Archives par mot-clé : BoJ

LES BANQUES CENTRALES JOUENT PERSO, par François Leclerc

Billet invité.

La BCE s’est découvert une nouvelle mission, une de plus. Elle cherche à corriger les effets négatifs de sa politique intensive d’achats d’actifs, car celle-ci contribue à aggraver le déficit en collatéral qui s’était déjà instauré en raison de sa demande accrue. Un sujet qui régulièrement réapparait timidement dans l’actualité, sur lequel la discrétion est de mise car touchant à un domaine essentiel du fonctionnement du système financier : la garantie des transactions sur le marché du REPO, là où les banques vont se financer à court terme.

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LES TRAVAUX PRATIQUES DE LA BANQUE DU JAPON, par François Leclerc

Billet invité.

La Fed continuant depuis un an à annoncer un relèvement de son taux qui n’intervient toujours pas, c’est la Banque du Japon (BoJ) qui vient pratiquement de mettre les pouces au terme de trois années d’offensive monétaire infructueuse.

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QUAND RIEN NE VA PLUS, QUE RESTE-T-IL À FAIRE ? par François Leclerc

Billet invité.

« Il se pourrait que nous soyons face non pas à des coups de tonnerre isolés, mais aux signes avant-coureurs d’une tempête qui couve depuis longtemps », a estimé Claudio Borio, le chef du département monétaire et économique de la Banque des règlements internationaux, en commentant son dernier rapport trimestriel.

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L’actualité de demain : FRAGILE FILET DE VOIX DES BANQUIERS CENTRAUX, par François Leclerc

Billet invité.

La BCE et la Banque d’Angleterre viennent d’adopter une attitude similaire en donnant à l’occasion de leurs réunions d’hier des indications inédites sur leur politique à venir. Selon une version allégée par rapport à celle précédemment adoptée par la Fed, elles n’ont donné ni indication de durée, ni critères chiffrés de modification ultérieure de leurs taux très bas. Du jamais vu dans ce monde très particulier où les banquiers centraux se refusent à s’engager pour l’avenir, jouant les Sphinx et utilisant des expressions codées. Des artistes dans leur genre, qui en disent le moins possible pour en exprimer le plus possible afin d’influer sur le cours des événements, c’est à dire sur les marchés. Surtout quand ils n’ont plus que la parole pour tout viatique, après avoir fait l’expérience que leurs outils d’intervention sont inopérants. Pis, comme la Fed a dû se résoudre à implicitement l’admettre, quand ils constatent qu’ils vont faire plus de mal que de bien ! C’est pourquoi, faute de mieux, ils viennent de déroger à l’une des règles de conduite de base du manuel de savoir-vivre des banquiers centraux.

Comment, à ce propos, comprendre l’annonce par la Fed de l’arrêt progressif de ses achats obligataires mensuels de 85 milliards de dollars ? La formation d’une nouvelle bulle financière en est à l’origine, mais la conséquence en est que les banques ne vont plus pouvoir puiser dans une malle sans fonds de liquidités à bas prix pour renforcer leurs fonds propres en utilisant une partie des résultats de leur spéculation. Elles devront se contenter du stock existant, ou des liquidités distribuées par la Banque du Japon. Cela ne fait que renforcer les craintes sur la solidité des banques américaines et explique paradoxalement que la Fed accélère la mise en œuvre de la réglementation Bâle III…

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L’actualité de demain : PARTIE DE PIANO DÉSACCORDÉ À QUATRE MAINS, par François Leclerc

Billet invité

Selon des tempos différents, les banques centrales occidentales jouent à quatre mains sur un instrument qui a besoin d’être accordé, exprimant chacune à leur manière leurs incertitudes, leurs dilemmes, et au final leur impuissance. Résultat : leurs politiques divergent dans un monde économique et financier globalisé, le dernier G20 finances n’étant parvenu qu’à affirmer une unité de façade à propos de la formation des taux de change et de la dévaluation compétitive.

La BCE s’inquiète, sa politique de bas taux favorisant la spéculation et la prise de risque qui l’accompagne d’un côté, l’inflation ne cessant de diminuer de l’autre, comme les derniers chiffres allemands et français en janvier viennent de l’établir (respectivement 1,9 % et 1,4 % annualisés). Cela devrait en principe la conduire à simultanément monter et baisser son taux directeur. Moralité : elle ne fait rien.

Assise entre deux chaises, la Fed n’est pas plus assurée, plusieurs « participants » (seuls les « membres » ont le droit de vote) de son comité de politique monétaire s’inquiétant également, d’après les minutes de sa dernière réunion, des « coûts et des risques potentiels découlant d’une poursuite des rachats d’actifs » (l’achat mensuel de 85 milliards de dollars supplémentaires a été décidé le 30 janvier dernier, sans limite de temps et lié à la baisse du taux de chômage). Ils ont également souligné les complications que pourrait susciter l’assèchement sur le marché des liquidités prodiguées par la Fed lorsque le moment en sera venu. Tout en estimant que ces rachats étaient « efficaces » et « stimulaient l’activité économique ». Dans ces conditions, le statu quo l’a emporté et les marchés ont accusé le coup, anticipant un arrêt futur du programme de la Fed.

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L’actualité de la crise : LES BANQUIERS CENTRAUX EN PASSE DE PERDRE LEUR VERTU, par François Leclerc

Billet invité.

A l’image de la révolution copernicienne du changement de représentation de l’univers, sommes-nous en passe de connaitre un bouleversement de même ampleur affectant la science économique ? On pourrait le penser, à suivre les décisions et les réflexions des banquiers centraux aux États-Unis et au Royaume-Uni : tout se passe comme si la lutte contre l’inflation allait y être reléguée au second plan, à l’occasion d’un changement d’objectif faisant de la relance de la croissance une priorité destinée à faciliter le désendettement et stabiliser le système financier international.

George Osborne, le ministre britannique des finances, vient de nommer Mark Carney, l’actuel gouverneur de la Banque du Canada, à la tête de la Banque d’Angleterre, avec prise d’effet en juin 2013. Ce dernier a déjà délivré sa vision de l’évolution de la politique monétaire, substituant à la cible d’inflation de 2% – un mandat donné il y a 20 ans par le Parlement britannique – celle d’un taux de croissance nominale, cocktail associant croissance et inflation. Appliquée au Royaume-Uni, ce serait la porte ouverte à une relance de la création monétaire destinée à sortir le gouvernement britannique de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même mis en adoptant une politique d’austérité et de réduction du déficit public qui ne fonctionne pas. Une option que George Osborne ne verrait pas nécessairement d’un mauvais jour. Il a d’ailleurs exprimé le souhait qu’un débat international s’engage à propos des nouveaux objectifs des banques centrales, sans attendre juin prochain.

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L’actualité de la crise : l’Etat, moteur de secours permanent du capitalisme financier, par François Leclerc

Billet invité.

L’ETAT, MOTEUR DE SECOURS PERMANENT DU CAPITALISME FINANCIER

Certaines promesses ne valent plus la peine d’être lancées, faute d’un minimum de crédibilité, par exemple lorsqu’il s’agit de la relance économique et de la résorption du chômage. Car la première s’annonce toujours aussi résolument anémique et la seconde ne donne aucun signe de s’engager. D’autres semblent pouvoir encore l’être, bien que de plus en plus sujettes à caution. A commencer par l’affirmation trompeuse que la baisse des déficits se fera sans augmentation des impôts, ni atteintes au filet de protection social (grâce à l’opération du Saint Esprit ?). Tandis que les dégâts sociaux de la crise s’étendent et s’approfondissent, et que l’on est loin d’avoir tout vu. Le montant des additions à régler s’annonçant prohibitif, en due proportion du coût du sauvetage du système financier.

Une autre promesse est également faite, selon laquelle les dispositions prises à l’occasion de ce sauvetage seront progressivement retirées… quand les circonstances le permettront. Pour donner un seul chiffre, l’enveloppe globale des prêts au taux de 1% de la BCE tourne autour 665 milliards d’euros, dont bénéficie un millier de banques dans les seuls 16 pays de la zone euro. Un chiffre qui ne prend en compte ni les soutiens financiers publics directs aux banques, ni les garanties apportées à leurs émissions obligataires sur le marché. Or, la question qui se pose, toute crue, est désormais de savoir si le retrait de cet autre filet de protection, nettement plus onéreux, sera vraiment possible un jour et quand, vu la tournure que prennent les évènements !

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