L’actualité de la crise : LES BANQUIERS CENTRAUX EN PASSE DE PERDRE LEUR VERTU, par François Leclerc

Billet invité.

A l’image de la révolution copernicienne du changement de représentation de l’univers, sommes-nous en passe de connaitre un bouleversement de même ampleur affectant la science économique ? On pourrait le penser, à suivre les décisions et les réflexions des banquiers centraux aux États-Unis et au Royaume-Uni : tout se passe comme si la lutte contre l’inflation allait y être reléguée au second plan, à l’occasion d’un changement d’objectif faisant de la relance de la croissance une priorité destinée à faciliter le désendettement et stabiliser le système financier international.

George Osborne, le ministre britannique des finances, vient de nommer Mark Carney, l’actuel gouverneur de la Banque du Canada, à la tête de la Banque d’Angleterre, avec prise d’effet en juin 2013. Ce dernier a déjà délivré sa vision de l’évolution de la politique monétaire, substituant à la cible d’inflation de 2% – un mandat donné il y a 20 ans par le Parlement britannique – celle d’un taux de croissance nominale, cocktail associant croissance et inflation. Appliquée au Royaume-Uni, ce serait la porte ouverte à une relance de la création monétaire destinée à sortir le gouvernement britannique de l’impasse dans laquelle il s’est lui-même mis en adoptant une politique d’austérité et de réduction du déficit public qui ne fonctionne pas. Une option que George Osborne ne verrait pas nécessairement d’un mauvais jour. Il a d’ailleurs exprimé le souhait qu’un débat international s’engage à propos des nouveaux objectifs des banques centrales, sans attendre juin prochain.

Aux États-Unis, le Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) a lancé un nouveau programme de création monétaire de 40 milliards de dollars mensuel d’achat de la dette fédérale, sans limitation de durée, qui additionné avec ses achats au même rythme de 45 milliards de dollars de titres hypothécaires fera gonfler en une seule année son bilan de 2.500 à 3.500 milliards de dollars. Le taux directeur quasiment à zéro de la Fed est désormais lié au taux de chômage de 6,5%, le premier destiné à être maintenu tant que le second reste au dessus de ce seuil, ainsi qu’à des perspectives d’inflation à moyen terme ne déviant pas de plus d’un demi-point par rapport à 2%. Après avoir de longue date privilégié de ses deux missions la lutte contre l’inflation, la Fed vire de bord en faveur de la lutte contre le chômage, c’est dire de la relance économique.

En commentant ces décisions, Ben Bernanke, le président de la Fed, a précisé que la capacité de soutien à l’économie de la Fed n’est pas « illimitée », justifiant selon lui de « prendre les devants maintenant, alors que nous avons encore la capacité de le faire ». Il a même ajouté, dans l’hypothèse où le couperet du mur budgétaire tomberait faute d’accord entre démocrates et républicains, que « nous essayerons de faire ce que nous pourrons » devant ses conséquences pour l’économie qui pourrait entrer en récession, n’excluant pas d’augmenter encore « un peu » les opérations de rachats de titres sur les marchés.

Enfin, la nouvelle équipe du Parti Libéral-Démocrate, qui vient de remporter haut la main les élections, entend que la Banque du Japon accroisse sa cible d’inflation pour sortir le pays de la trappe de la déflation. Elle se prépare à rééditer à l’identique l’adoption d’un programme de grands travaux financé par la planche à billets – qui n’avait pas permis de sortir de la déflation à l’époque – alors que la dette japonaise caracole en tête de celle des pays industrialisés (plus de 240% du PIB). Le nouveau gouvernement cherche aussi à provoquer une dévaluation compétitive du yen, afin de relancer les exportations japonaises et de rééquilibrer la balance commerciale. Les effets de cette politique sont loin d’être garantis en raison de la vigueur de la concurrence asiatique, du rapatriement des bénéfices des avoirs japonais à l’étranger, et de la poursuite de la stratégie de dollar faible de la Fed.

Revoir la cible d’inflation semble être la dernière ressource des banquiers centraux devant la généralisation du marasme économique et la minceur des résultats des mesures adoptées jusqu’alors. Toute la question est de savoir s’il sauront contrôler ce qu’ils s’apprêtent à engager. Militent en ce sens les masses de liquidités déjà déversées qui n’ont pas eu d’effets notables sur l’inflation (bien que regonflant une bulle financière, pas encore dégonflée). Dans un système financier en crise qui ne fonctionne déjà pas normalement, de surcroit marqué par le danger d’une généralisation de la récession et la menace d’un élargissement hors du Japon de la déflation, les repères habituels ne sont pas toujours fonctionnels. Les instruments classiques de la politique monétaire ne fonctionnant plus, il n’y a pour les banquiers centraux d’autre issue que de sacrifier leur vertu. Et la BCE ? Isolée, pourra-t-elle longtemps éviter de se renier ?

Rien toutefois n’indique que le tournant stratégique qui s’amorce aboutira à la relance de l’économie. Car si l’écueil de la déflation pourra être évité – ce qui n’est pas assuré – restera encore celui de la stagflation…

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73 réflexions sur « L’actualité de la crise : LES BANQUIERS CENTRAUX EN PASSE DE PERDRE LEUR VERTU, par François Leclerc »

    1. En principe, si tout se passe bien, il « faudrait » que l’ensemble des zones économiques se mettent d’accord pour garder néanmoins une parité de change.
      Même et surtout en cas d’inflation.
      Et si ma mémoire ne flanche pas trop, comme beaucoup trop de monde, mais c’est fait pour, je me souviens parfaitement des « résultats » des G20 qui se sont révélés être de véritables flops.
      Là, je vois d’ici le résultat : les plus riches vont se dépêcher de transformer leur magot dans les monnaies qui feront le moins d’inflation, et elle ne touchera que les plus pauvres.
      Un coup pour rien, retour à des situations pré-révolutionnaires. Voire encore « meilleures ».
      Signé : le roi du guillemet.

      1. Hhmm.. j’ai oublié une précision.
        Les plus pauvres, soit les 99% d’entre nous, bien sûr. Juste pour ceux qui se considèrent « riches » avec quelques dizaines de millions.

  1. Si seule la « création Monétaire » peut nous sortir de là, qu’en dira Madame Merkel.? La « Planche à billets », sa grande hantise, prête à fonctionner à la BCE, c’est bien tentant mais pas pour elle.!

    1. …alors que la dette japonaise caracole en tête de celle des pays industrialisés (plus de 240% du PIB)…
      le fait qu’elle soit détenue à 80% (?) par les japonais(e)s change la donne ?
      (sans tenir compte de l’analyse de la dette illégitime,)

      la dette française 30% par les « riches », le reste ?…merci si un lecteur a des précisions.

      1. Le fait que la dette japonaise soit détenue par les nationaux a eu de nombreux avantages :
        – taux d’intérêts très faibles et pas de pression des marchés

        Oui mais, c’est fini
        -Premièrement car la population en question est la plus âgée au monde : 44 ans de moyenne et continue de vieillir à un rythme rapide (à ce rythme il n’y aurait plus de japonais en 2800) le pays perd des habitants et surtout de la population active.

        -Deuxièmement la masse de dette est telle que son simple refinancement exige pour l’année 2013 une somme supérieure à l’ensemble des revenus du pays! En clair si tous les Japonais se mettaient au riz sec et dépensaient l’intégralité de leurs salaires dans des bonds du trésor cela ne suffirait pas.

        Donc le Japon va devoir se présenter sur le marché pour se refinancer : ça ne sera pas à 2%

        Bref le Japon est en faillite, et se sont les détenteurs de la dette en l’occurrence les Japonais eux-mêmes qui vont payer la note dans son intégralité…

  2. Rogoff évoquait il y a peu, à propos de la chute ininterrompue des taux d’intérêt très en dessous des taux réels positifs sur les grands titres souverains (US, RU, Allemagne, France, Japon bien sûr…), ce moment où les BC abandonneraient leurs mantras auto-réalisateurs contre les anticipations inflationnistes pour basculer vers la « nécessaire inflation contrôlée ». Il semble que ce moment arrive. Forcément, c’est la dernière échappatoire, dernière pétoire…
    Gaffe au hockeyeur les rosbeefs, la fête est finie, vendez vos Gilts…

  3. La cellule souche germanophone etant bien presente aux USA

    ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Image-Census-2000-Data-Top-US-Ancestries-by-County_fr_FR.png)

    Esperons que ce n’est pas le predeterminisme facon emmanuel Todd (et donc une montée inflationiste type allemage année 20 ) qui l’emportera .

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperinflation_de_la_R%C3%A9publique_de_Weimar#L.E2.80.99inflation_allemande.2C_un_ph.C3.A9nom.C3.A8ne_de_longue_date

    La chute se précipite à partir de la mi-1922.
    Un dollar valait 420 marks en juillet 1922 et 49 000 en janvier 1923.
    Pendant l’année 1923, le cours du dollar par rapport au Papiermark augmente ainsi de 5,79 × 1010.
    Le prix au détail passe de l’indice 1 en 1913 à 750 000 000 000 en novembre 1923.

    1. Euh c’est bon là. Finissons en avec la lecture familiale le playo-toddienne de l’histoire (et maintenant de l’actualité), c’est non seulement simplificateur mais encore dangereux.

      1. @vigneron
        lecture familiale : c’est un peu méprisant non ?
        je trouve pourtant que : « prédéterminisme facon emmanuel todd  »
        fais moins populace que : « dernière échappatoire, dernière pétoire … »

      2. Serais-tu méprisant, Vigneron..??
        M’étonnes de toi, Bachus.
        Certes, l’utilisation du sécateur finit par faire avoir des visions de sarments partout autour de soi.

        Manquerait plus que je sois insultant, tiens…
        Déformé que je suis par trop de commerciaux abusifs rencontrés.

        L’acquis, encore et toujours, qui nous sculpte 😉

      3. Perceval78, z’êtes bas du front : ‘lecture familiale de l’Histoire’, parce que Todd étudie les origines des … systèmes familiaux.
        Rien à voir par ailleurs quant au lien entre le type familial souche d’avec l’hyperinflation : le type familial zimbabwéen, c’est souche et allemand aussi, sans doute ?

    2. @perceval78
      vous n’êtes plus très loin du Point Godwin, il nous faudrait vérifier votre haplotype pour déterminer si vous allez le franchir ou non..

      1. @Perrico :

        eclairons le debat : http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin
        d’aucun considere que le simple fait d’évoquer le point godwin est un point de godwin en soi !

         » il faudrait verifier votre haplotype  »
        je crains que ce ne soit aussi un Point Godwin

        je me permets en sus d’introduire une nouvelle notion :le point Godwin politiquement correct PGPC qui consiste a dire sans le dire des choses qui relève du point godwin

        Le coté obscur de cette loi est qu’elle nous amène a penser que toute discussion est inutile , laissant ainsi la porte ouverte à la dictature du premier qui parle .

        Je vous remercie cependant de m’avoir parlé du point Godwin , au depart j’ai cru que c’etait un vague jeu de mot avec le point G , mais il est vrai que j’ai l’esprit très mal orienté .

      2. @perceval78

        j’ironisais bien entendu sur le haplotype pour vous faire comprendre l’idiotie de votre idée liant la carte des USA et l’inflation de 1923. J’observe souvent sur ce blog et ailleurs que l’Allemagne est le coupable tout désigné, mais ne pensez-vous pas que la France a une large part de responsabilités sur l’épisode de 1923 ?

    3. En fait aprés la guerre 1914-18, la France et l’Allemagne ont eu du mal à revenir au Mark-Or et au Franc-Or (Convertible)…
      C’est la guerre qui a imprimé un nombre considérable de papier monnaie…L’or servant a importer en priorité.
      En général, le commerce se méfie des pays en guerre et demande à etre payé en or…
      Par exemple les USA…

  4.  » En passe de perdre leur vertu »???? m’enfin cher François Leclerc, encore faudrait-il qu’ils en aient une, de vertu, nos chers banquiers centraux!
    La croissance retrouvée par l’inflation qui vous sort du trou de l’empire des dettes, la planche à billets qui ne sert qu’à alimenter une bulle spéculative notamment sur les produits alimentaires de base, et au bout du chemin, la stagflation, mélange improbable de la carpe ( la stagnation ) et du lapin ( l’inflation )
    Tout cela me fait songer à une phrase de W Churchill à propos de la 2° guerre mondiale:  » ils ont voulu la paix au prix du déshonneur et ils ont eu le déshonneur et la guerre ».
    Et un tantinet hors sujet, mais bien dans l’actualité franchouillarde sur l’immobilier « qui ne peut pas baisser, voyons! » discussions avec une agence, relayée par un groupement en province Rhône – Alpes: baisse des transactions de l’ordre de 30 %, et aussi baisse des prix de 30 %!!! le Grenelle de l’environnement va rendre obsolètes toutes ces baraques mal isolées, chauffées au fuel et perdues en campagne….gros dégâts en perspective!

    1. Les banquiers centraux ne sont pas les donneurs d’ordres puisqu’ils servent à relayer des politiques décidées par des institutions.

      Et si l’inflation se met à galoper, il est probable que les prix immobiliers en soient affectés et repartent à la hausse.

      1. Deux phrase tirées du livre » La cause humaine , du bon usage de la fin d’un monde de Patrick Viveret » qu’un commentateur de ce blog avait donné :
        Et le comble de l’idéalisme, à l’inverse , ce sont tous ces humains qui ‘ » vivent sans savoir qu’ils vont mourir et meurent sans savoir qu’ils ont vécu  » Dalaï Lama.
        « un homme vide aux mains pleines » Théodore Monod .

        La FED imprime de l’argent, à l’image de Tepco qui met de l’eau pour essayer de refroidir le corium .Résultat de l’eau radioactive à ne plus savoir quoi en faire .

    1. la solution ultime de réduction de la dette ?
      le taux d’intérêt négatif :
      bon du trésor à 12 mois : +0.005 %
      bon du trésor à 3 et 6 mois : – 0,001% (au 11/12/2012)

      « on est tellement content de revoir notre capital qu’on vous reverse une prime ».

      Les clients AAA se font rare… et vous voudriez qu’on laisse notre argent à la banque !!!
      On voit que vous ne lisez pas le blog de paul jorion.

      Et comment on fait pour la csg, c’est malin.

      1. Tss tss zebulon, l’investisseur se fout un peu des intérêts dans ces cas là. Ce qui l’intéresse c’est le rendement global sur le bond à la revente, comme sur le marché action, la plus-value quoi. Et de ce coté là tout baigne, pour le moment…

  5. Effectivement, il va y avoir rupture épistémologique mais le retour de la stagflation- évoqué par François Leclec- n’est pas évident, ou plus exactement, celle -ci se déroulait dans les années 70/80 dans un autre contexte.
    A l’époque le capitalisme fonctionnait encore largement dans le contexte de l’Etat-Nation où la puissance publique encore keynésienne se fixait aussi comme mission de garantir l’équilibre entre l’offre globale et la demande globale. La stagnation était alors la conjonction du recul des gains de productivité d’un fordisme contesté, d’où une croissane plus faible, avec une poursuite de rémunérations rapidement croissantes et d’une hausse des cours des matières premières.
    Les choses changent avec la mondialisation où les salaires n’apparaissent plus que sous la forme d’un coût à réduire le plus possible, ce qui développe une tendance naturelle à un excès d’offre sur la demande et ce à l’échelle mondiale. Et donc la « trappe à liquidité » va s’élargir et s’approfondir très longuement avant de voir émerger une possible stagflation
    http://www.lacrisedesannees2010.com/article-grande-crise-et-scission-recomposition-de-l-entrepreneuriat-politique-112986176.html

    1. Pas si sûr, Werrebrouk, que quelques émergents.( Chine, Brésil, Inde, Turque particulièrement) voire tous, ne connaissent à leur tour les délices de la stagflation dans une version nouvelle, i.e chômage et inflation avec un taux de croissance en chute…
      Sans compter que la Chine risque bien de devoir utiliser ses réserves en devises à ce à quoi elles semblent bien finalement destinées, plus encore qu’à maintenir la parité avantageuse du yuan : sauver le système financier chinois.

      1. Mon pauvre yvan… Pour sûr que s’ils transforment leurs 3 000 milliards d’actifs en dollars et en roros en or ni le dollar ni leurs usines à exporter ne vaudront plus très lourd mais les dizaines de milliers de tonnes d’or à collecter (au cours actuel 60 000 tonnes soit le double des réserves mondiales des BC et 60 fois le stock officiel de la Banque de Chine)… sûr de sûr aussi qu’elles leur pèseraient très très lourd…

  6. Devant la levée de bouclier (fiscal) des éditorialistes à la suite de l’affaire Depardieu, y a-t-il quelqu’un sur le blog qui pourrait nous éclairer véritablement ?
    Il est dit que ce pauvre Gégé sera imposé à hauteur de 85% de ses revenus et que d’autres personnes ayant la malchance d’être fortunées paieront jusqu’à 100% de leurs revenus. En cause, la surtaxe de l’ISF qui aurait pour conséquence de raboter sérieusement le magot. Voici quelques articles qui traitent le sujet :

    http://www.lesechos.fr/economie-politique/politique/actu/0202453835583-pourquoi-depardieu-paie-t-il-85-d-impot-521355.php

    http://blogs.lesechos.fr/dominique-seux/ecouter-et-comprendre-depardieu-malgre-lui-a12203.html

    http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/12/17/l-impossible-calcul-de-l-impot-de-gerard-depardieu_1807490_823448.html

    N’y a-t-il pas quelques niches fiscales dans ce pays qui permettent à ces malheureux de dégager au moins le SMIC ?

    PS : le monde signale que la surtaxe peut atteindre

    1,80 % de la valeur du patrimoine au-delà de 16,79 millions d’euros.

    . Par conséquent certaines sommes peuvent être rondelettes. Dois-je pour autant plaindre des gens qui possèdent un tel patrimoine ?

    1. La barrique castelroussine pèse 150 millions de $ de patrimoine selon le WSJ. Qui n’en veut de son hôtel Chambon de 1800 m2 à 50 millions ?

      1. Goûté une fois, pas loin de Saumur d’ailleurs et ya longtemps (dans une maison troglo il est vrai). Sans intérêt. Pas eu envie d’y regoûter, aujourd’hui moins que jamais.

    2. Si gégé s’était abstenu de prendre position politiquement en faveur du candidat UMP, il aurait eu droit au même traitement que Dany Boon ou Omar Sy lorsque ceux-ci ont quitté la France après leurs immenses succès au cinéma : silence total des médias.

    3. N’oubliez pas de déduire le capital emprunté de votre isf.
      C’est bien la moindre des choses de soutenir l’activité bancaire avec une politique fiscale « juste », efficace et incitant à prendre des crédits, ceux qui peuvent bénéficier d’un effet de levier

  7. Tout à fait d’accord avec Jean-Claude Werrebrouck, commentant plus haut. Nous ne pouvons pas subir de stagflation. La consommation des ménages est trop faible, car les inégalités de richesse matérielle, trop grandes. Le risque est bien la déflation, pas l’inflation des années 70/80.

    Si l’on fait tourner la planche à billets, un risque de défiance totale envers la monnaie pourrait apparaitre, le risque de super-inflation n’est donc pas nul.
    Mais nous ne sommes pas dans les années 30: les économies étaient très nationales, moins ouvertes sur l’étranger. Que le Mark s’effondre, cela ne dérangeait ni la France, ni le Royaume-uni, ni les voisins de l’Allemagne, surtout après les mesures protectionnistes prises par beaucoup après la crise. Les nations baignant encore dans l’esprit de la première guerre mondiale, on imagine très bien que nombreux y voyaient là encore une occasion de punir l’Allemagne, logique punitive qui rappelle l’actuel comportement du pouvoir allemand, vis-à-vis d’une nation comme la Grèce (avec les mêmes conséquences politiques?).
    Puisqu’aujourd’hui, tout est connecté, personne, mêmes les rivaux des grandes nations de l’OCDE, n’a intérêt à la chute d’une monnaie comme l’euro ou le dollar. Tout le monde se tient. La Chine a besoin de la consommation occidentale. Beaucoup d’états jugulent la valeur de la monnaie vis-à-vis de l’euro(Suisse…) ou du dollar (Brésil…), en achetant de la dette souveraine, par exemple. Les 4 monnaies (yen, livre, dollar, euro) sont de plus les valeurs de réserve.
    Le risque de super-inflation me semble très faible, au vu de ce contexte.
    Reste un ennemi au système économique actuel: la spéculation. Les 4 monnaies pré-citées pourraient être attaquées comme cela s’est déjà produit pour la livre. http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/09/17/1992-george-soros-fait-sauter-la-banque-d-angleterre_1761289_3234.html . Le système donne les moyens à ses thuriféraires de le mettre en crise.
    Mais comme le précise l’article, « la spéculation se nourrit des imperfections du système. ». Il faut que les parités des monnaies incorporent les données post-crise de l’économie mondiale. Les 4 monnaies sont certainement sur-évaluées, par rapport aux monnaies des pays émergents. Tout le monde a intérêt à ce que cette dévaluation se fasse en douceur, un peu comme la réévaluation étatique du yuan chinois, par rapport au dollar…tout le monde, sauf les spéculateurs.
    Mais cela étant dit, même une attaque spéculative ne provoquerait pas nécessairement une super-inflation, une défiance totale, mais plutôt une dévaluation violente.

    Évité le risque de super-inflation, la planche à billets peut bien tourner et la dette publique être monétisée en partie.Ce n’est pas cela qui va relancer la consommation des ménages. Une telle politique n’est pas la panacée, comme le souligne François Leclerc.Mais c’est un premier pas, un pas vers un meilleur rapport, plus équilibré, entre rentiers et travailleurs consommateurs endettés , entre créanciers et débiteurs, car une telle politique va faire encore baisser les taux d’intérêt.
    Ils n’en sont pas tous encore conscients mais les membres du petit monde politiquo-économique ne pourront éviter une redistribution des richesses, pour refaire partir la machine. Que de chapeaux à manger, en perspective…

    1. Pour l’instant, c’est la consommation de la bourgeoisie qui prend le relai.
      Nous assistons à l’effondrement de la consommation populaire
      dans de plus en plus de pays,
      et qui va devenir violente en France avec cette majorité de gôche,
      « pas révolutionnaire, mais keynésienne » (sic, JLM).

      Mais les ventes de Jaguar et toute la consommation
      de biens et services de luxe se portent très bien, de mieux en mieux.

      Question, car je ne domine pas les montants et les proportions,
      Où est la limite économique du transfert de la consommation
      des salariés vers leurs exploiteurs?

      La limite politique, on est de plus en plus nombreux
      à s’en occuper: préparer les affrontements
      et une révolution qui deviendra inévitable dans quelques (petites) années.

      Mais en attendant, quelle est la limite économique du modèle
      d’accroissement des inégalités ?
      Cela fait un moment que je me pose la question, et la pose.
      Help please….

      1. La limite économique des inégalités a largement été dépassée.Puisque le travailleur-consommateur n’a plus assez d’argent dans les poches, et que de l’autre, l’épargnant-investisseur en a plein les coffres, ils ont pallié à ce problème d’excès de capital/manque de consommation en lançant à corps perdu l’économie dans l’endettement. Ce système n’est bien sûr pas viable à long terme; la crise des subprimes en est l’illustration parfaite. Donc, il n’y a pas d’alternative, « There Is No Alternative »…à la redistribution des richesses!

    1. les banquiers de Goldman Sachs

      « Des hommes vides avec les mains pleines  » Théodore Monod, L’émeraude des Garamantes, Actes Sud

  8. La pompe (le régime d’accumulation) est cassée, le tuyau (le système bancaire) est percé d’où la fuite (le « refinancement », les bailouts, les investissements « non productifs ») s’écoule (dans les bilans des banques pour n’en plus sortir) alors on se met à imaginer que remplir la cuve (par inflation) manuellement va sinon résoudre, du moins masquer le problème systémique (la panne). Si par ce biais on parvient à relancer la pompe, qu’adviendra-t-il si en plus on répare la fuite dans le tuyau ?
    L’explosion de la cuve bien sur!

  9. La Fed imprime des dollars pour essayer d’endiguer la crise économique ,à l’image de Tepco qui met de l’eau pour essayer de refroidir les coriums sans trop savoir où ils sont .

  10. La BCE devra se renier si elle veut sauver l’euro comme tous les traités européens ont été largement bafoués. En cas d’inflation voire d’hyperinflation elle cédera, malgré l’Allemagne mais après les élections de septembre 2013, moins vite que les US dont la Fed a un pouvoir de décision bien plus rapide parce qu’elle émane d’un état, un seul état dont les membres ont en vue le bien d’un seul pays.

      1. Non, mais les oeillades de PPDA à la petite vendeuse de glaces étaient très rafraîchissantes…
        Sacré PPDA, il ne changera jamais…

  11. Je ne peux réfréner la satisfaction d’avoir eu raison avant tout le monde!
    En effet, je partage l’opinion que cette politique aboutira au mieux à un évitement de la déflation (et ce n’est pas gagné…).
    Tant que les masses injectées ne font que nourrir des bulles spéculative ou sont massivement thésaurisées (comme c’est déjà le cas pour au moins 90% de toutes les monnaies centrales émises (je dis thésaurisées dans d’immenses palais et coffres forts dans le monde entier), l’économie ne peut véritablement démarrer.
    Cela ne changera que si on voulait enfin se résoudre à émettre une monnaie « périssable », de type « monnaie fondante » ou « monnaie marquée par le temps »!
    En effet cela serait le seul moyen de se désendetter véritablement et d’obtenir que la monnaie fasse à nouveau demande de biens d’équipements, de marchandises et de services.
    J’ai copieusement exposé comment cela fonctionne, et s’il y a des curieux qui n’ont pas compris et qui voudraient comprendre, je recommencerai.

  12. Pendant que les banques centrales de tous les pays tentent de relancer la croissance lemonde.fr nous apprend que la pollution de l’air tue plus de 2 millions de personnes par an en Asie et que cette pollution due à la croissance économique ne va pas s’arrêter en si bon chemin avec l’explosion des ventes de voiture et plus de 1000 centrales au charbon attendues pour les prochaines années.

    Pendant ce temps, en Europe, les sages discutent des avantages comparés de l’électricité nucléaire et de celle produites par des énergies renouvelables réputées non polluantes par tous ceux qui se gardent bien de nous expliquer comment sont fabriquées les éoliennes industrielles.

    1. C’est ce que l’on appelle la régulation naturelle. Lorsqu’une espèce envahit un biotope et le sature, elle finit par subir les effets négatifs de son empreinte sur l’environnement.
      Pour un capitaliste, ce n’est pas un problème: tant qu’il peut faire du profit…

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