Archives par mot-clé : Bundesbank

OÙ MÈNE LA MISE EN CAUSE ALLEMANDE DE LA BCE ? par François Leclerc

Billet invité.

Tout fout le camp, la BCE est descendue de son piédestal et n’y remontera pas ! Ce ne sont pas ses résultats mitigés qui en sont la cause, mais les attaques provenant d’Allemagne qui se répètent et s’amplifient. L’inconcevable est arrivé : sa politique y est publiquement critiquée, écornant le sacro-saint dogme de son indépendance dont elle portait haut le drapeau.

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LEUR NOUVELLE SOCIÉTÉ, par François Leclerc

Billet invité.

Née dans la foulée des années 30, la doctrine de l’ordo-libéralisme pourrait évoluer à l’initiative de son gardien du Temple, la Bundesbank. Classiquement, une division du travail est instituée par cette théorie, qui attribue la conduite de la politique monétaire à la banque centrale, à l’abri du pouvoir politique, confie les affaires budgétaires au gouvernement, et la fixation des salaires et des conditions de travail aux négociations entre employeurs et syndicats des travailleurs. Sortant sans scrupule de sa mission, la Bundesbank propose d’introduire une nouveauté : la création d’un Conseil fiscal européen indépendant au détriment de la Commission européenne.

Au fil du déroulement de la crise, les banques centrales élargissent leurs missions, et la Bundesbank pourtant si respectueuse de l’Etat de droit n’y faillit pas, au nom des intérêts suprêmes qu’elle défend. De son point de vue, tous les moyens sont bons pour rendre irréversibles les dispositions gravées dans un Traité fixant les normes de déficit et d’endettement public, ainsi que pour veiller à leur stricte application : pour la Bundesbank, les dérogations et les assouplissements sont autant d’horreurs. Sa proposition intervient en réaction explicite à l’attribution d’un nouveau délai de deux ans au gouvernement français, afin de respecter son objectif de déficit annuel de 3%.

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« MAIS OÙ VONT-ILS CHERCHER TOUT CELA ? » par François Leclerc

Billet invité.

« Mais où donc vont-ils chercher tout cela ? » est une question en passe de devenir lancinante. Dernier en date à inciter à se la poser, Peter Praet, économiste en chef de la BCE et membre de son directoire. A Washington, devant l’auditoire choisi de l’Institute of International Finance (IIF), il a livré le fond de sa pensée en déclarant : « Le pire, c’est d’annoncer des réformes et de ne pas les appliquer, et je pense que c’est ce qui est en train de se passer ». Devant une telle perspicacité, que faire si ce n’est s’incliner ?

D’autant qu’elle n’est pas en phase avec l’évolution de celle de Mario Draghi, qui, devant le Comité monétaire financier international du FMI, a admis que « le faible niveau de demande agrégée est devenu un facteur contribuant à une inflation plus basse qu’attendu ». La demande agrégée représente la consommation des ménages, la dépense publique et l’investissement privé.

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Europe : UN TOURNANT QUI RESTE ENCORE A NÉGOCIER, par François Leclerc

Billet invité.

Ils ont bonne mine, tous ceux qui utilisaient la menace de la sanction des marchés pour imposer leur politique : les taux obligataires rivalisent à la baisse et atteignent des minima en dépit des mauvaises nouvelles qui s’accumulent. A l’occasion d’émissions à court terme, le trésor français bénéficie même de taux négatifs, comme son homologue allemand y est accoutumé. Même les pays hier les plus attaqués sur le marché obligataire connaissent non seulement une accalmie mais une véritable rémission. Est-ce le fruit de la justesse de leur politique, comme viennent de s’en prévaloir Angela Merkel et Mariano Rajoy, ou la poursuite de la dynamique engendrée par Mario Draghi lorsqu’il a menacé ce mêmes marchés des foudres de la BCE, ou bien faut-il y trouver une autre véritable raison ?

Quoi qu’il en soit, le paradoxe est là : la poussée déflationniste s’accentue, les anticipations d’inflation chères à la BCE se détériorent, du dire de son directeur général lors d’une communication remarquée à Jackson Hole, et le marché obligataire est plus que jamais à la détente. Sans doute en raison, à y réfléchir, de la nécessité de trouver une nouvelle obligation justifiant la poursuite de la même politique : l’échange entre marges de flexibilité fiscale et réalisation de réformes du marché du travail. Non sans heurter la détermination du gouvernement allemand et de ses alliés, qui en sont restés à l’épisode précédent.

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LES RÉALITÉS FINANCIÈRES DU PRÉSIDENT DE LA BUNDESBANK, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Le Financial Times du lundi 30 septembre se fait l’écho des inquiétudes de Jens Weidmann devant la fragilité croissante du système bancaire européen. Responsable de la solidité des banques et de l’euro devant les institutions politique allemandes, comptable de la réalité des actifs financiers auxquels s’adosse l’épargne des citoyens allemands, le Président de la Bundesbank et membre du Conseil de la BCE, ne peut que douter de la capitalisation réelle des banques de la zone euro par rapport aux capitaux propres qu’elles affichent dans leur bilan.

Les marchés d’actifs financiers montrent que, contrairement au discours lénifiant des gouvernements de la zone euro et de la BCE, le système bancaire continue d’accumuler des pertes en prêtant aux États l’argent qu’elles reçoivent de la BCE. Pour ne pas révéler la faillite dont il n’est pas sorti depuis l’effondrement systémique des subprimes en 2008, le système bancaire mondial emprunte des liquidités aux banques centrales à des taux d’intérêt arbitrairement bradés. Au lieu de constater les pertes accumulées par la spéculation libre instaurée depuis la dérégulation financière des années 80, les banques centrales prêtent gratuitement aux banques pour les dispenser de vendre au prix réel les actifs toxiques immobilisés dans leurs comptes.

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CE QUI SE PASSE EN CE MOMENT À LA COUR CONSTITUTIONNELLE DE KARLSRUHE

Mon opinion sur le débat qui a lieu en ce moment à la cour constitutionnelle de Karlsruhe se trouve exprimée dans mon billet en date du 2 mai.

J’y écrivais entre autres :

Le fait que [Jens] Weidmann [patron de la Bundesbank, la banque centrale allemande] ait une fois de plus sur cette question une opinion qui se distingue de celle de ses confrères européens n’est pas tellement due – comme on l’imagine toujours – au fait qu’il représente l’Allemagne, mais au fait qu’il comprend les mécanismes monétaires. Sa candeur, c’est de croire que tout le monde les comprend aussi bien que lui et de ne jamais prendre la peine du coup d’expliquer son raisonnement.

Et

Est-ce en effet à M. Draghi [patron de la Banque centrale européenne] de faire tomber la « prime de crédit » des pays de la zone euro en difficulté en assurant que celle-ci mutualisera tout risque de défaut ? Est-ce à lui de neutraliser toute « prime de convertibilité » en jurant ses grands dieux qu’aucun pays de la zone euro n’aura à la quitter ? Poser ces questions, c’est bien entendu y répondre, et donner raison du même coup au patron de la Buba.

L’enjeu, on l’aura compris, c’est que les décisions politiques qui nous affectent dans la vie de tous les jours, continuent d’être prises par des élus (quelle que soit la médiocrité du service qu’ils nous rendent en ce moment dans cette capacité) et non par des personnalités cooptées par d’autres personnalités, cooptées elles par les milieux financiers.

Jens Weidmann est l’un des derniers démocrates toujours en vie dans ce petit monde, cultivons-le !

P. S. : L’exercice d’une cour constitutionnelle est lui nécessairement un processus démocratique essentiel.

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MEDIAPART, Paul Jorion : « La zone euro est à deux doigts de l’éclatement », le 30 avril 2013

Le Handelsblatt a publié vendredi le mémoire de la Bundesbank adressé à la Cour constitutionnelle allemande, contestant la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne. Cette fuite intervient alors que la campagne électorale est engagée en Allemagne. Est-ce une manière pour la Bundesbank de s’inviter dans le débat électoral ?

On ne peut que se poser la question de cette fuite. Pourquoi ce mémoire sort-il maintenant ? Est-ce une volonté de la Bundesbank ou du gouvernement allemand ? Il y a un précédent. Au début de la crise grecque, le Spiegel avait publié une longue enquête sur les montages financiers – les swaps de change – mis au point par Goldman Sachs pour aider le gouvernement grec à masquer sa dette. Ces révélations avaient pesé sur tout le débat sur le sauvetage ultérieur de la Grèce : les Grecs avaient triché. Ils devaient donc payer le prix fort. On ne peut que s’interroger sur la motivation qui a poussé à révéler ce mémoire, aujourd’hui. Il est en tout cas clair que la Bundesbank s’invite dans le débat électoral allemand.

Ces critiques marquent-elles une rupture dans le débat sur la zone euro ?

En soi, le mémoire de la Bundesbank n’apporte aucune information nouvelle. Sa position est connue depuis des mois. Jens Weidmann (le président de la Bundesbank) a fait savoir dès cet été tout le mal qu’il pensait de la politique menée par Mario Draghi (président de la Banque centrale européenne) et son opposition aux mesures prises. C’est un banquier central d’un très grand rigorisme.

En l’occurrence, si Weidmann a une fois de plus une opinion qui se distingue de celle de ses confrères européens, ce n’est pas tellement dû – comme on l’imagine toujours – au fait qu’il représente l’Allemagne, mais au fait qu’il comprend les mécanismes monétaires. Sa candeur, c’est de croire que tout le monde les comprend aussi bien que lui. Du coup, il ne prend jamais la peine d’expliquer son raisonnement. Ce qui ressemble à de l’arrogance est en fait une erreur de jugement sur le degré de connaissance de l’opinion.

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L’actualité de la crise : UNE PLANÈTE, DEUX SYSTÈMES ! par François Leclerc

Billet invité.

Pendant que les Grecs attendent forcés et contraints la tête sur le billot, les exécuteurs des hautes œuvres poursuivent leurs palabres. Selon les fuites disponibles, un accord politique de principe pourrait être donné aujourd’hui au dégel des fonds, mais sous de strictes conditions de surveillance et de suivi qui feront de la Grèce un véritable protectorat. Restera, pour leur déblocage effectif maintenant prévu début décembre, à trouver l’accord technique sur le financement du report de deux ans des objectifs de réduction du déficit grec, si le FMI ne continue pas à faire des siennes, exprimant une politique américaine soucieuse de desserrer l’étau qui fait plonger l’Europe dans la récession et qui menace leur faible croissance.

De fait, les nouvelles allemandes sont à leur tour préoccupantes. La Bundesbank constate le ralentissement de l’activité économique du pays et, plus inquiétant, le fait qu’il n’atteint plus uniquement le secteur industriel travaillant pour l’export mais s’étend à toute l’économie ; si le bâtiment et la consommation restent encore solides, ce n’est pas le cas de l’investissement qui recule.

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LA FINANCE DU SAUVE QUI PEUT, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

Selon un rapport pour le moment non officiel du US Government Accountability Office, la cour des comptes des États-Unis dépendante du Congrès, le récapitulatif des liquidités prêtées au système bancaire mondial par la Réserve Fédérale atteint des montants gigantesques. La disparition du crédit interbancaire international depuis la crise des subprimes obligerait la Fed à accorder des découverts illimités aux grandes banques internationales pour les maintenir à flot malgré des pertes latentes très supérieures à leurs fonds propres officiels.

Les sommes en jeu seraient de l’ordre d’une année de PIB des États-Unis, c’est à dire un cinquième du PIB mondial. Il est techniquement impossible d’établir des comptes exacts entre les banques et la Fed du fait de la qualification juridiquement imprécise des engagements effectivement négociés. Selon les hypothèses préalables à toute comptabilité, l’évaluation de la réalité économique appréciée dans les bilans bancaires permet d’afficher n’importe quel montant de capitaux propres. Vu la physionomie de l’économie mondiale en 2012, il est tout à fait probable que l’actif net consolidé du système bancaire mondial soit lourdement négatif. Une fraction de la dette mondiale est comptabilisée à sa valeur nominale sans qu’il n’y ait le moindre actif réel en contrepartie.

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