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Économie morale des retraites, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité

Valeur du droit présent projeté dans le futur

Le droit général et garanti par la société à recevoir une pension de retraite, c’est à dire des revenus liés à l’âge sans avoir à poursuivre des activités professionnelles rémunérées, est reconnu et appliqué dans les pays développés. L’application de ce droit résulte d’une discussion morale, politique et économique continue. Elle implique des redistributions de richesses dans l’espace et dans le temps entre des personnes qui les produisent au présent, des personnes qui les ont produites dans le passé et des personnes qui ne les produiront pas dans le futur. Les dépenses d’un retraité portent sur une production actuelle. Elles sont donc financées par des agents économiques actifs qui ne dépensent par pour eux-mêmes toute la contrevaleur de ce qu’ils produisent. Les revenus dépensés d’un retraité, quelle que soit leur origine, pension, produit d’épargne ou produit de capital investi, ont pour contrepartie de la valeur réelle qu’un salarié, un entrepreneur, un investisseur ou un service social public épargne. Une pension de retraite signifie que le cotisant qui produit effectivement la richesse épargne au bénéfice immédiat du retraité et à son bénéfice à terme.

Trois réalités cohabitent dans un système de retraite : la réalité économique actuelle du transfert de ressource ; la réalité financière qui lie la valeur du passé à la valeur du présent et la valeur du présent à la valeur du futur ; et la réalité politique qui attribue des droits aux membres de la société. La réalité politique est l’effet d’une décision collective. Elle détermine la réalité économique présente d’un certain niveau de transfert de richesses matérielles par les transferts qui s’opèreront dans le futur en vertu d’une certaine conception de la solidarité qui fonde la vie dans une même société politique. Dans l’ordre de la finalité, la réalité politique définit premièrement un équilibre de droits entre des cotisants, la puissance publique et des retraités présents ou futurs. Ensuite la réalité financière transforme des droits formels en cotisations et versements de pension effectifs. Enfin la réalité économique opère les transferts de valeur au bénéfice des catégories âgées qui ne produisent pas au présent.

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