Archives par mot-clé : Catholicisme

Débats possibles et impossibles avec les catholiques convaincus, par Jeanne Favret-Saada

Billet invité.

Travaillant en ce moment sur la doctrine catholique de la famille, j’en profite pour rédiger un message responsable quant à l’impossibilité de débattre avec des militants catholiques opposés à l’une des causes que je défends sur la reproduction, de la sexualité, et de la famille. La conception de la famille s’insère dans la doctrine sociale de l’Eglise, dont un résumé récent, le Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise, est accessible sur Internet : cette version formule dans la théologie personnaliste de Jean-Paul II la totalité d’une doctrine qui a débuté avec Léon XIII dans un style intransigeant — lequel avait permis à l’épiscopat français d’en voir la réalisation idéale dans la Révolution nationale de Pétain. 

Dans ce Compendium, les principes de la doctrine sociale, énoncés dans le quatrième chapitre, aboutissent dans le septième à une conception de la vie économique avec laquelle nous ne pouvons qu’être en sympathie. (Je m’étonne seulement de ce que les infractions quotidiennes et systématiques à cette conception n’aient jamais jeté une foule dévote dans la rue. Au mieux, nous avons eu quelques déclarations de l’épiscopat ou d’un pape.) 

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L’esprit du capitalisme d’après l’œuvre de Max Weber, par Crapaud Rouge

Billet invité.

L’esprit du capitalisme d’après le roman l’œuvre de Max Weber
« L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme »

En cherchant « Dieu Goldman Sachs » sur le net, vous ne pourrez manquer cet article du site néolibéral Objectif Liberté qui débute ainsi : « Lloyd Blankfein, dirigeant de la banque Goldman Sachs, que la modestie n’étouffe pas, a affirmé dans une interview qu’il accomplissait le travail de Dieu. Je ne suis pas spécialement théologien, mais il me semble que Dieu n’aurait pas confié ses bonnes œuvres à un …euh, enfin, un… ah, oui, un présumé innocent de la trempe de M. Blankfein. » En pleine crise financière et économique mondiale, l’on ne s’étonnera pas qu’une telle déclaration soit tournée en dérision, mais l’on aurait grand tort de ne pas la prendre au sérieux. Non pas que Goldman Sachs serait vraiment la main de Dieu sur Terre, mais elle est hautement représentative de « l’esprit du capitalisme » tel que Max Weber le décrit, et, aussi surprenant que cela puisse paraître, Dieu est vraiment derrière tout ça ! Mais que l’on se rassure, il n’y est pas venu tout seul : des hommes l’y ont mis, probablement « à l’insu de son plein gré », et, depuis lors, personne ne l’a délogé.

Tout commence au XVIème siècle lorsqu’un certain Martin Luther, moine et théologien de son état, fort inquiet pour son salut, entreprend une révision déchirante des doctrines religieuses. Pour l’Église et ses fidèles, qui croient en l’existence réelle du paradis et de l’enfer, – et de cette espèce de « check point » interminable qu’est le purgatoire -, la question du salut est fondamentale. L’Église y répond par le sacrement de confession qui permet la rémission des péchés, et les « indulgences » que les fidèles peuvent acquérir par des actes de piété ou en les achetant. Mais aucun de ces procédés ne trouve grâce aux yeux de Luther, et surtout pas le trafic des indulgences qui substituent l’argent à la piété. Aussi, en 1517, il condamne celle qu’émet Léon X pour la construction de la basilique Saint-Pierre, et publie ses « 95 thèses » qui vont connaître, grâce à l’imprimerie, un succès foudroyant.

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