Archives par mot-clé : Chamber of Commerce

Le temps qu’il fait, le 2 juillet 2010

Le G20
Les États-Unis
La Chine
L’Allemagne
La France
Golfe du Mexique

Problèmes d’enregistrement ce matin : première prise entièrement perdue, celle-ci, c’est la seconde, l’image se fige sur la fin, probablement un moindre mal.

Partager :
Email This Post Email This Post

« Va y avoir de la bagarre ! »

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Donc ce matin dans « Pour qui sonne le glas » j’expliquais qu’Obama disposait au début de son mandat d’une super-majorité pour mettre au pas Wall Street et qu’au lieu d’en tirer parti, il avait tergiversé, entouré de conseillers et de ministres copains comme cochon avec la finance, et que – comme il était hautement prévisible du coup – l’opinion se retournait maintenant contre lui.

Il a entendu le message (pas le mien mais celui de la rue dont je synthétisais le sentiment) et on apprenait donc cet après-midi qu’il passait enfin aux actes avec l’intention de faire rentrer Wall Street dans le rang : rétablissement (à peu de choses près) du Glass-Steagall Act qui sépare l’activité d’intermédiation des banques (mettre en contact ceux qui peuvent prêter et ceux qui veulent emprunter) des « opérations sur fonds propres » (spéculation des salles de marché et investissement dans les fonds d’investissement spéculatifs), démantèlement des établissements financiers Trop Gros pour Faire Défaut, etc. On passait enfin aux choses sérieuses !

Je me souviens d’un Laurel et Hardy vu étant gosse où Hardy se disputait avec un voisin de palier au sommet d’un immeuble, les deux belligérants décidaient d’aller régler l’affaire sur le trottoir et, pendant qu’ils descendaient des étages, Laurel frappait aux portes à chaque palier pour alerter les locataires : « Va y avoir de la bagarre ! » Arrivés en bas, le combat tournait court : le voisin irascible allongeait Hardy d’un direct bien asséné.

Si je vous raconte ça, c’est que c’est exactement ce qui s’est passé aujourd’hui : Obama avait à peine dirigé son coup du droit, qu’un uppercut à la mâchoire le mettait K.O.

Dans ma petite discussion avec Jean-Claude Casanova le mois dernier sur France Culture, au moment où il m’objectait que le New Deal rooseveltien avait capoté en 1937, je lui avais demandé s’il avait entendu parler de l’action de sape menée à l’époque par la Chambre de Commerce américaine (j’évoquais une « Chambre de Commerce… toujours aussi nuisible qu’elle l’était autrefois… »), et par la Cour Suprême (« Une Cour Suprême d’extrême-droite comme elles le sont toujours aux Etats-Unis… »).

Encore une fois, il ne s’agit pas d’une digression : on apprenait aujourd’hui que la Cour Suprême avait levé toute restriction quant au montant des contributions financières que peuvent apporter les personnes morales (sociétés et organisations) aux campagnes électorales (invalidant une réglementation qui avait été introduite par – devinez qui ? John McCain !) et ceci au nom du Premier Amendement à la constitution qui protège le droit d’expression (sic).

Obama se rebelle contre ses « protecteurs » de Wall Street et leur réponse ne se fait pas attendre : « Tiens, prends ça dans les gencives ! T’es pas près de te relever ! »

Et la Chambre de Commerce dans tout ça ? Elle a fait savoir par la voix de son porte-parole, Robin Conrad, que « La décision prise aujourd’hui protège le droit au Premier Amendement des organisations appartenant à l’ensemble de l’éventail politique et constitue une évolution positive pour le processus politique et la liberté d’entreprendre ». Quand je vous disais.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :
Email This Post Email This Post