149 réflexions sur « Le temps qu’il fait, le 2 juillet 2010 »

  1. Mr Jorion, nous nous demandez plus haut de réfléchir et de donner nos conclusions… pour que vous mettiez tout ça dans des livres je suppose…et après ?
    Moi j’ai des enfants, petits encore et c’est une chance. On me dit de leur apprendre la frustration, la dureté, l’opportunisme, l’individualisme puisse-t-il être méthodologique afin qu’ils puissent survivre aux crises….
    Que pensez-vous faire avec DEATH/MAGNETIC comment redonner de l’espoir aux enfants ? Comment éviter le « délugisme » , les tabassages; la haine, sommes nous si vulnérables…?

    En tout cas, merci de nous donner la parole !

    1.  » Mr Jorion, nous nous demandez plus haut de réfléchir et de donner nos conclusions… »

      Si tous les économistes se tenaient par la main, ils n’arriveraient même pas à une conclusion. [George Bernard Shaw]

      Cette nuit, en regardant le ciel, je suis arrivé à la conclusion qu’il y a beaucoup plus d’étoiles qu’on en a besoin. [Quino]

      La conclusion résulte souvent de ce moment précis où vous en avez eu marre. [Anonyme]

      Au silence qui suivit, je conclus qu’il avait fait une plaisanterie. [Richard Brinsley Sheridan]

    2. « On me dit de leur apprendre la frustration, la dureté, l’opportunisme, l’individualisme… »

      Qui leur apprend de telles choses ?
      Ça fait peut être une carapace pour se protéger du monde, l’inconvénient, c’est à l’intérieur que ça saigne. Je ne parle pas du rouge, il s’agit du noir intérieur impitoyable.

    3.  » comment redonner de l’espoir aux enfants ?  »

      Eloigner-les le plus des lamentations de Jérémie au sujet des gens du système.

      Comment se fait-il que les enfants étant si intelligents, la plupart des hommes soient bêtes ? Cela doit tenir à l’éducation. [Alexandre Dumas, fils]

      Comment dépasser les seules valeurs de l’argent en voulant continuellement enseigner l’économie ou pire encore le même vocabulaire funeste du monde au plus grand nombre d’enfants ?

      Le dimanche, les enfants s’ennuient. Vienne vienne la semaine, Lundi mardi jeudi, Car la rue est toujours pleine De lumière et de bruit ! [Charles Trenet]

      Laissez les petits enfants et ne les empêchez pas, car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. [Saint Matthieu]

      Les enfants peuvent être ici nos guides ; voyez chez eux le rire succède vite aux larmes.
      [Karl Otto Schmidt]

      Rien n’est moins raisonnable que de vouloir que les enfants le soient.[Madame de Maintenon]

      « Lorsque l’enfant paraît… », je prends mon chapeau et je m’en vais. [Paul Léautaud]

      Trop de peur dans les parents cause la perte des enfants. [Charles Perrault]

      Le poète en mélancolie Pleure de n’être plus enfant. [Nérée Beauchemin]

      Petits enfants, gardez-vous des idoles en or et en argent ! [St Jean]

      Rien n’étonne quand tout étonne : c’est l’état des enfants. [Rivarol]

      Grand est celui qui n’a pas perdu son coeur d’enfant. [Meng-Tsen]

      Tellement d’adultes et si peu de gens sages dans le monde.

    4. Tenez, plus bas, Lisztfr a un commentaire sur Annie Le Brun. Elle a écrit un livre magnifique il y a 10 ans déjà : DU TROP DE RÉALITÉ.

      4ème de couverture :

       » Il est des livres qu’on préférerait ne pas écrire. Mais la misère de ce temps est telle que je me sens obligée de ne pas continuer à me taire, surtout quand on cherche trop à nous convaincre de l’absence de toute révolte.
      Avec le naturel des saisons qui reviennent, chaque matin des enfants se glissent entre leurs rêves. La réalité qui les attend, ils savent encore la replier comme un mouchoir. Rien ne leur est moins lointain que le ciel dans les flaques d’eau. Alors, pourquoi n’y aurait-il plus d’adolescents assez sauvages pour refuser d’instinct le sinistre avenir qu’on leur prépare ? Pourquoi n’y aurait-il plus de jeunes gens assez passionnés pour déserter les perspectives balisées qu’on veut leur faire prendre pour la vie ?
      Pourquoi n’y aurait-il plus d’êtres assez déterminés par tous les moyens au système de crétinisation dans lequel l’époque puise sa force consensuelle, Autant de questions qui me sont une raison de ne pas garder le silence. »
      Annie Le Brun

      C’est un contre-poison, n’est-ce-pas ?

  2. http://www.franceculture.com/emission-du-jour-au-lendemain-annie-le-brun-2010-07-02.html

    Annie Le Brun, une extraordinaire émission !

    Elle évoque l’irréductible en chacun de nous…

    Pour elle le positivisme a évacué tout l’immaitrisable, l’infini et le négatif, récupéré depuis Hegel, le mal récupéré par la dialectique hégélienne pour en faire un bien… Une entourloupe.

    Elle dénonce également une attaque contre le désir, l’interchangeabilité des êtres…

    Elle évoque Jarry, pour les questions d’amour,

    Hegel, de la nuit effroyable qu’il y a dans le regard de chaque homme…

    Hugo, le promontoire du songe, dont une citation sur la forme du rien donne le titre de son ouvrage

    1. La citation exacte reste pour moi introuvable mais il pourrait s’agir de ceci :

      http://www.unicaen.fr/services/puc/revues/thl/questionsdestyle/print.php?dossier=seminaires/memoire&file=02legros.xml

      L’homme qui sort de la nature est cette nuit, ce rêve, ce trésor d’images fuyantes. C’est ce qu’exprime Hegel dans cette belle page :

      L’homme est cette nuit, ce néant vide, qui contient tout dans sa simplicité – une richesse de représentations infiniment multiples, d’images, dont aucune ne lui échoit en ce moment –, ou qui ne sont pas en tant que présentes. Ceci est la nuit, l’intérieur de la nature, qui existe ici – Soi pur, – dans des représentations fantasmagoriques il fait nuit tout autour, surgissent alors tout à coup et disparaissent de même ici une tête sanglante, là une figure blanche – Cette nuit on l’aperçoit lorsqu’on regarde l’homme dans les yeux – alors on regarde une nuit, qui devient effroyable, – ici vous tombe dessus la nuit du monde (194-195).

    2. Elle poursuit :

      Hegel et Goethe se livraient à une sorte de trafic en essayant de faire que le négatif engendre du positif….

      L’énergie qu’il a fallu à Hegel pour essayer de sortir de ça, et à nouveau pouvoir donner, produire de la positivité, à partir de ce …

      -hm

      Se dégager de cette nuit là ; nuit de l’esprit…

      – Comment va-t-il s’en dégager alors, par un coup de force ?

      – Oui, par la dialectique… et tout d’un coup, le noir, le négatif va produire le positif, mais dans le fond c’est une rationalisation de ce que moi j’appelle le noir…

      (il est question d’un certain Enders ?)

      – Et l’idée de progrès est directement née de cette tentative de rationalisation du négatif ?

      – Oui et aussi d’une tentative de faire rentrer le Temps dans une positivité, au bout du compte mensongère…(zut pour moi, Michaud). C’est intéressant de voir à quel point cette posture a été partagée par presque tous, (…) à nouveau il y a eu une dévotion, une religiosité autour de la notion de progrès.

      – Un désir de positivité à tout prix ?
      – Oui.

      – Produire au détriment du regard sensible et de la conscience poétique… c’est une des tares de la société industrielle, parce que il n’est pas de société traditionnelle ou primitive qui se permette de faire l’économie de ce regard sur les forces sombres… puisque les mythes et les religions tentent de saisir ces forces là, or la société industrielle se paye le luxe de faire comme ci ça n’existait pas… une sorte de marche forcée à la positivité…

      – dont la marchandisation est le dernier avatar ?
      – Voilà.

      D’où collège de sociologie en 1930, surréalisme, recherche d’un autre espace mental d’où l’on pourrait penser le monde différemment..

    3. La couleur c’est le noir, dont V Hugo dit :

      – L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité, nous n’avons que le choix du noir… et pour vous c’est ça l’essentiel, intuition qui est aussi partagée par Sade, pour qui le noir est la couleur d’un infini qui est autant dans l’homme qu’en dehors de lui..;

      – Oui c’est pas seulement Sade ou Hugo, ceux qui ont réfléchi ont abordé ces contrées là, ont tournés autour de ce gouffre là, qui est la conscience de l’inhumain, qui est en nous, c’est ça le plus important…

      – hm

      – … et une nouvelle fois la société a tout fait pour que nous perdions complètement ce sens de l’inhumain, cette conscience de l’inhumain

      – l’infini ?

      – … qui est l’infini, oui, évidemment.

      – Hugo dit, « le formidable infini noir », et Sade parle de l’infini du désir… donc il faut que chacun se réapproprie ce temps de l’infini qui nous habite et qui a été délogé ?

      – Oui et qui est de plus en plus… tout est fait pour qu’on soit détourné de ça. La nouvelle forme de censure n’est pas du tout une censure par manque (le trop de réalité) mais c’est une censure par l’excès, et il y a une occupation, non seulement cette pléthore de marchandise qu’on connait, mais tout est en place pour dire cette occupation du temps, sous toutes les occurrences possibles, et même en ce qui concerne l’ordre amoureux, en ce qui concerne le désir on se trouve dan sune situation où, maintenant, tout se passe comme si le désir pouvait être comblé avant même qu’on le formule… et ça je pense que c’est très grave, parce que de ce fait on nous prive du temps du trouble, on n’a même pas le temps de vouloir quelque chose, immédiatement il y a de quoi assouvir la pulsion, et dès lors qu’il n’y a pas ce temps du trouble, on nous prive aussi de la force de discernement du désir… contrairement à ce qu’on dit que l’amour est aveugle, c’est complètement faux, et je pense que le désir est un force de discernement, qui permet justement de saisir de façon très fine, ce à quoi l’on rêve…

      – hm, c’est le noir qui peut sauver les amants ?
      – Ah oui, or justement tout est fait pour qu’il n’y ait plus de noir,

      – hm, vous parlez de l’acuité redoutable

      – Il faut bien constater qu’il y a actuellement une guerre contre le secret, et en perticulier le secret amoureux, le secret qui peut lier deux êtres, c’est quand même toujours une association de malfaiteurs (rires), si on peut dire, ça ne fonctionne que parce que ce secret est bine gardé, or on est dans, c’est absolument l’inverse, on assiste à une exposition de la vie amoureuse des uns et des autres, qui est quelque chose de, d’hallucinant…

      – hm, alors le programme de Rimbaud serait plus que jamais d’actualité, réinventer l’amour ? changer la vie ?

      – Oui, mais on voit bien aussi comment ce genre de paroles a été complètement dévalorisé par les utilisations qu’on en a faites… justement.

      – Au 20 s il y a eu une impuissance à penser le corps, il y a eu des corps sans idées, des idées sans corps…

      – Oui, on est toujours dans cette situation là.

      – Vous pensiez au néo-féminisme ?

      – Il s’agit d’une entreprise pour dépassionner la vie, remplacer l’amour par un contrat… c’est un foyer de la révolte qui est en train d’être éradiqué, car contre deux personnes qui s’aiment, la société a peu de prise, le côté pragmatique de ce néo féminisme va dans le sens d’une domestication à la technique.

      – hm, Badinter, l’Un et l’autre ? un livre qui est la cible de vos critiques ? Badinter se félicite que la passion soit en voie d’extinction, le vertige sensuel aussi…

      – Oui, c’est pas le conditionnel, elle se félicite, l’éradication du désir, elle le dit, c’est ça le programme, il y a de quoi être inquiet.

      – Dépassionner la vie ?
      – Oui, c’est ça, et de faire des êtres complètement manipulables, avec une pseudo liberté sexuelle où les personnes sont complètement interchangeables, les corps également, et c’est quand-même ce qui se passe, on le voit aussi dans les comportements, les habillements, comment les gens apparaissent et… on est dans des flux

      – effectivement tout n’est peut-être pas fini parce que il y a justement, il y a toujours des gens, des jeunes gens qui s’aiment, comme l’herbe repousse, aussi, c’est pourquoi tout n’est pas forcément, définitivement désespéré, mais il n’empêche que les conditions sont très très défavorables…

      – Alors Jarry avait tout prévu ?

      – Oui, Ubu n’est pas le seul, l’impasse est faite autour du Surmâle, car c’est là que toutes les questions qui se posent avec l’amour ont été abordées, etc… le surmâle n’aime pas comme une machine, c’est ce qu’on lui reproche… ils ont l’idée de faire une machine qui le contre, une machine à fabriquer de l’âme, or on nous fabrique de l’âme tous les jours !

      – Et aujourd’hui, il y a des acteurs de cette grande domestication ? les acteurs culturels ?

      – Oui, parce qu’il me semble que au 20s plus particulièrement, ce que vous nommez très justement les acteurs culturels n’ont pas eu cette attitude sinon de révolte au moins de retrait, qui fait que souvent, auparavant des personnages qui prétendaient penser avaient un recul par rapport à ce qui, à la réalité qu’on essayait d’imposer, or il me semble que, de plus en plus, les acteurs culturels ont participé à ce mouvement de marchandisation de la sensibilité du monde sensible…

      – d’où l’importance de l’activité critique,

      – Oui, voilà,

      – Parce que tous ces intellectuels, ces artistes, ont tout fait pour que nous ne reconnaissions rien de notre sauvagerie, c’est le mot que vous employez,

      – Oui, c’est ça

      – La sauvagerie était le terme qui me paraissait rendre le mieux ou le moins mal compte de ce qu’il y a d’irréductible en chacun de nous, et il me semble que la situation est si grave que, c’est maintenant à chacun, de prendre conscience de ça et d’essayer de trouver ce qu’il y a d’inaccaparé dans sa singularité

      OK, retranscription non exhaustive et pas tout à fait fidèle, il manque la fin sur le situationisme qui est un positivisme pour Annie Le Brun.

    4. 03.07.2010 – Terre à terre
      La relation homme-nature (1) 53 minutes
      Avec : Eric Julien, géographe, fondateur et président de l’association Tchendukua – Ici et ailleurs et auteur de « Les Indiens kogis : la mémoire des possibles » (Actes Sud, 2009)

      cette émission aussi était parfois touchante, comme inspirée de poésie, égrainée de la lecture de trois pages, du roman d’Eric Julien, (surtout la dernière )
      ce n’est pas le noir, mais la nuit, la forêt, la nature sauvage

  3. « C’est très curieux dans notre société dite libérale on tolère de moins en moins celui qui ne pense pas comme vous {…} vous êtes mis à la porte »
    Charles Melman

    1. Très juste ce n’est peut-être pas du tout celui qui nous parle le plus d’économie, de commerce, d’échange, de croissance, de liberté qui nous apprend le mieux à se passer de lui comme de ces mêmes livres et autres idoles modernes. Le grand paradoxe de conduite des gens du marché il faut quand même un peu de tout pour faire un monde qui dure sans trop faire de dégats en plus.

  4. monsieur Jorion, chaque fois que je lis « vente à découvert nu », je lis, j’écoute, je mesure la progression de l’idée de leur interdiction
    et voilà que pour la première fois, je tombe sur un zélé promoteur de la vente à découvert et pas du tout embarrassé de la vente à découvert nu
    qui explique que la vente à découvert, (donc nu ou pas nu) ayant été interdite sur les institutions financières, c’est pour cela que l’on a pas vu venir la crise
    (c’est là, 27 mai | Bertrand Jacquillat est interrogé sur l’interdiction des ventes à découvert à nu (naked short sellings)
    http://www.lecercledeseconomistes.asso.fr/spip.php?article32&debut_articles=20#pagination_articles

    je ne vois pas de sens à son idée de vouloir concevoir le pari comme un thermomètre, un pari n’est pas un thermomètre,
    hors, le jeu des paris d’argent, poker, casino, et co, se décrit d’avantage tel un vice, et d’un vice même dangereux, qui dans ces dégats est comparé avec ceux de l’accoutumance à l’alcool, aux drogues dures, qui justement et de ce fait ne peut prétendre à aucune mesure raisonnable de rien
    et surtout comment tous ces gens, qui n’ont à priori pas vu venir la crise, alors que …
    osent-ils en accuser de ne pas avoir eu de thermomètre ?
    (est-ce que quand mes enfants sont malades, j’ai besoin d’un thermomètre pour m’en appercevoir,
    cette histoire de la primauté du thermomètre, déjà ne tient pas non plus debout, en plus il faudrait que la température, qui sert de mesure la fièvre, soit mesurée par un thermomètre qui se fondrait sur des paris, dont il faut supposer certains d’être fous, car il en est ainsi et par définition même des paris, ils peuvent être fous …)

  5. A tous ceux qui demandent des conseils, que dois je faire, Paul répond : C’est à vous de décider.

    Ca me fait penser à une magnifique chanson de Brassens interprétée par Jean Bertola, je n’ai pas trouvé la vidéo, mais voici les paroles.

    Le vieux normand http://www.paroles-musique.fr/Georges_Brassens-Le_Vieux_Normand-paroles-8186

    Depuis que je commence à faire de vieux os,
    Avide de conseils, souvent un jouvenceau
    Me demande la marche à suivre et s’il est bon
    D’aller par-ci, par-là, scrupuleux je réponds :

    [Refrain] :
    Crosse en l’air ou bien fleur au fusil,
    C’est à toi d’en décider, choisis !
    A toi seul de trancher s’il vaut mieux
    Dire « amen » ou « merde à Dieu ».

    Et le brave petit blâme ma position,
    M’accuse de danser la valse hésitation.
    Cet âge exècre l’attitude des Normands,
    Les seuls à lui parler en fait honnêtement.

    [Refrain]

    Facile d’entraîner de jeunes innocents !
    Puisqu’il est interdit d’interdire à présent,
    Lors, en bonne justice, il est déconseillé
    De donner des conseils, surtout s’ils sont payés.

    [Refrain]

    A gauche, à droite, au centre ou alors à l’écart,
    Je ne puis t’indiquer où tu dois aller, car
    Moi le fil d’Ariane me fait un peu peur
    Et je ne m’en sers plus que pour couper le beurre.

    [Refrain]

    Quand tous les rois Pétaud crient « Viv’ la république »,
    Que « Mort aux vaches » même est un slogan de flic,
    Que l’on parle de paix le cul sur des canons,
    Bienheureux celui qui s’y retrouve, moi non !

    [Refrain]

    La vérité d’ailleurs flotte au gré des saisons.
    Tout fier dans son sillage, on part, on a raison.
    Mais au cours du voyage, elle a viré de bord,
    Elle a changé de cap, on arrive : on a tort.

    [Refrain]

  6. Un contre-pouvoir face au lobby de la finance
    http://www.alternatives-economiques.fr/contre-pouvoir-au-lobby-de-la-finance_fr_art_633_49845.html

    extrait
    « Pourquoi créer un nouvel outil associatif ?
    Et en face ? « Il n’existe pas aujourd’hui de contre-pouvoir suffisant dans la société civile », affirment les signataires. Pourtant, de nombreuses organisations de la société civile ont déjà vocation à placer la finance sous surveillance, comme par exemple Attac, Oxfam, le réseau européen Banktrack ou encore la Confédération européenne des syndicats. Mais aucune d’entre elles ne dispose, et de loin, de moyens équivalents à ceux déployés par les lobbies de la finance pour maîtriser des dossiers très techniques et faire valoir leurs opinions à Bruxelles. Le réseau européen Banktrack, par exemple, qui piste les financements des acteurs financiers en direction de projets controversés sur le plan social ou écologique, ne dispose que de trois experts salariés…

    Sur des points précis comme la lutte contre les paradis fiscaux ou pour la restitution des « bien mal acquis » des chefs d’Etat placés à l’étranger, des réseaux ou des ONG comme la Déclaration de Berne, Ofxam ou le Tax justice network, ont acquis une expertise significative. Mais ils peinent à aborder tous les sujets. « Pour travailler sur les hedge funds, les marchés dérivés ou les chambres de compensation, nous n’avons clairement pas la masse critique », regrette ainsi Yann Louvel, chargé de campagne spécialiste du suivi des acteurs financiers aux Amis de la Terre. »

    et delà
    extrait
    http://www.banktrack.org/show/pages/qui_sommes_nous_
    « Qui sommes-nous?
    BankTrack est un réseau d’organisations non gouvernementales (ONG) et d’individus qui surveille les opérations du secteur financier privé (banques commerciales, investisseurs, compagnies d’assurance, fonds de pension) ainsi que les impacts de ses opérations sur l’Homme et la planète. Nous avons mis nos moyens financiers et humains en commun afin de nous montrer cohérents et efficaces dans notre travail, mais nous restons malgré tout des organisations indépendantes, qui ont chacune leur propre façon d’agir.

    NB très anglophone

    Notre vocation
    Les membres de BankTrack partagent tous la même ambition : contribuer à rendre le secteur financier privé plus responsable envers l’ensemble de la société civile. Nous œuvrons pour que les opérations du secteur financier privé contribuent à rendre les sociétés humaines plus justes et plus fortes, tout en préservant l’environnement. Vous trouverez plus d’informations sur la vocation de BankTrack en consultant la Déclaration de Collevecchio. « 

    1. http://www.banktrack.org/show/pages/notre_vocation
      (il ne manque que la très courte introduction, pour un développement durable )

      « Rôle et Responsabilité des Etablissements Financiers

      Dans le contexte actuel de mondialisation, les EF jouent un rôle décisif dans la canalisation des flux financiers et dans la création des marchés financiers, et influencent énormément les politiques internationales. Malheureusement, trop souvent, ils n’agissent pas de manière responsable envers les citoyens et appuient des politiques nocives pour l’environnement et contraires aux droits de l’Homme et à la justice sociale. De manière irresponsable, les EF versent de l’argent à des entreprises exerçant des activités contraires à l’éthique, à des gouvernements corrompus et financent des projets faramineux.

      Au Sud, les EF jouent un rôle de plus en plus important dans le financement du développement ; ce qui signifie qu’ils sont en partie responsables des crises financières internationales et des dettes écrasantes des pays en développement. Cependant, la plupart des établissements financiers refusent d’être redevables pour les dommages environnementaux et sociaux que leurs transactions ont provoqués, même s’ils se plaisent à s’attribuer le mérite du développement économique et des bienfaits engendrés par leurs services rendus. De plus, relativement peu d’EF, dans leurs rôles de créanciers, d’analystes, d’assureurs, de conseillers, ou d’investisseurs usent de leur pouvoir efficacement pour délibérément favoriser des entreprises promouvant le développement durable, ou pour pousser leurs clients à s’engager vers le développement durable.

      De même, la majeure partie des EF ne s’investissent pas pour créer des marchés financiers qui estiment l’Homme et l’environnement à leur juste valeur. En tant qu’entreprises, les EF s’activent pour maximiser le profit de leurs actionnaires, et en tant que financiers, elles recherchent également la maximisation du profit. Ceci explique pourquoi nous pouvons considérer que les EF ont joué un rôle décisif dans la création de marchés financiers ayant comme mot d’ordre le profit à court terme. Les entreprises se sentent alors sous pression et privilégient les profits à court terme aux buts de long terme plus nobles, tels que la stabilité sociale ou la protection de l’environnement. Enfin, de par les politiques mises en place par les organismes publics internationaux tels que les institutions de Bretton Woods et au fur et à mesure que les gouvernements ont dérégulé, libéralisé et privatisé leurs économies et leurs marchés financiers, le pouvoir des EF s’est incroyablement accru.

      Les EF n’ont pas seulement activement encouragé ces politiques et ces processus, ils en ont également largement profité, étant donné que cela a accru leurs profits et leur influence. Trop souvent, les EF ont tiré injustement des profits aux dépens des Hommes et de l’environnement. Par exemple, pendant les crises financières, les EF ont facturé à des pays endettés des primes de haut risque, alors que dans le même temps ils bénéficiaient du renflouage public. Certaines EF se sont prononcées contre des solutions inédites et originales qui pourraient mettre fin à la crise de la dette, telles que le mécanisme de restructuration de la dette souveraine, proposé par des ONG et actuellement à l’étude au Fonds Monétaire International. De plus, les EF ne se sont pas mobilisés pour combattre les paradis fiscaux. Or, les paradis fiscaux constituent un frein pour l’équité et le développement durable. Par conséquent, la société civile se demande de plus en plus si le secteur financier peut réellement être responsable, et conteste de plus en plus le fait que les EF n’obtiennent pas nécessairement l’autorisation des communautés affectées avant de monter un projet.

      En tant qu’acteurs jouant un rôle important dans l’économie mondiale, les EF devraient réellement s’engager pour le développement durable, en intégrant les meilleures pratiques émanant du mouvement pour la responsabilité sociale des entreprises. D’autre part, les EF doivent reconnaitre que mettre en place des mesures sur la base du volontariat uniquement, ce n’est pas suffisant, et doivent donc soutenir les réglementations promouvant le développement durable dans le secteur financier.

      1. Engagement en faveur du développement durable
      Les EF devraient remettre en cause le dogme de la maximisation du profit, et privilégier une vision prenant en compte les considérations environnementales et sociales. Un engagement en faveur du développement durable suppose que les EF intègrent complètement les notions de limite écologique, d’équité sociale et de justice économique dans leur culture d’entreprise et dans leurs principales opérations (crédit, investissement, assurance, conseil). Cela suppose également que les EF tiennent au moins autant compte de leurs objectifs sociaux et environnementaux que de leurs objectifs de maximisation des profits des actionnaires et de satisfaction de la clientèle. Par ailleurs, elles doivent privilégier le financement d’opérations favorables au développement durable.

      2. Engagement à ne pas nuire
      Les EF s’engagent à ne pas constituer une menace pour l’Homme et l’environnement. Pour cela, ils doivent prévenir et limiter les impacts sociaux et/ou environnementaux négatifs de leurs portefeuilles et de leurs opérations. Les EF doivent mettre en place des politiques, des procédures et des standards basés sur le Principe de Précaution, afin de réduire les risques environnementaux et sociaux, afin d’améliorer les conditions sociales et environnementales dans lesquelles eux-mêmes et leurs clients opèrent, et afin de ne pas être impliqués dans des transactions contraires aux principes du développement durable.

      3. Engagement à être responsables
      Les EF doivent être entièrement responsables pour les dommages environnementaux et sociaux de leurs transactions. Ils doivent supporter une part juste et totale des risques qu’ils acceptent et engendrent. Ceci englobe les risques financiers, mais également les risques sociaux et environnementaux traditionnellement supportés par les communautés.

      4. Engagement à rendre des comptes
      Les EF doivent rendre des comptes à toutes les parties prenantes et particulièrement aux personnes affectées par les compagnies et les activités qu’ils financent. Cela signifie que toutes les parties prenantes doivent pouvoir faire entendre leurs voix lors du processus décisionnel.

      5. Engagement en faveur de la transparence
      Les EF doivent s’engager en faveur de la transparence, non seulement en publiant des informations tangibles et normalisées de manière régulière, mais aussi en accueillant favorablement les demandes d’informations spécifiques concernant leurs politiques, leurs procédures et leurs transactions. Les EF ne doivent pas invoquer la confidentialité commerciale comme excuse pour refuser de divulguer telle ou telle information.

      6. Engagement en faveur d’une gouvernance au service du développement durable
      Les EF doivent s’assurer que les marchés sont favorables au développement durable, en soutenant activement toutes les lois, politiques publiques et initiatives volontaires qui promeuvent le développement durable et qui favorisent la prise en compte des externalités sociales et environnementales dans le calcul des coûts. Dans sa version complète, la Déclaration de Collevecchio donne des conseils sur la manière de mettre en oeuvre ces engagements.

  7. Je ne cherche plus à comprendre le fonctionnement du système financier, je sais par expérience que ce système est au bout du rouleau et que le monde dans lequel nous vivons n’est plus durable, d’ailleurs, il ne l’a jamais été mais nos grands parents avaient d’autres préoccupations que pour s’en inquiéter, et surtout les limites n’étaient pas encore atteintes.
    Aujourd’hui, les limites de la planète et la fin du système qui nous y a conduit doit devenir notre principale préoccupation, c’est bien ce que je rencontre sur ce blog et je m’en réjouis.
    Je ne considère pas le système monétaire et financier comme secondaire, mais les limites de la planète concrétisées aujourd’hui par l’abscence de croissance pétrolière (le sang de notre civilisation) est drôlement plus important.
    On peut remplacer les systèmes monétaire et financier on peut aussi changer la nature de nos activités, ce n’est que l’oeuvre des hommes qui peut être amandée ou transformée, mais on ne remplacera jamais notre planète bleu, notre mère à tous, nous la consommons et nous la salissons.
    L’argent doit redevenir un moyen d’echange et rien d’autre, l’emploi doit redevenir une manière parmis d’autres de créer des richesses succeptibles d’améliorer le bien être mais également les liens sociaux, c’est peut-être cela la croissance de demain.
    L’intérêt sur l’argent et la necessité absolue de l’emploi (d’ailleurs, tous les chantages sont permis) sont les tares de ce système.
    Il ne faut plus employer le temps des travailleurs mais les compétences des hommes et des femmes voir même des enfants (sont-ils moins intelligents ou moins créatifs) pour ensemble construire un nouveau monde qui sera encore valable dans mille ans.
    Le moment de l’action est venu, je ne pense pas que des joutes littéraires sur des forums ou sur des blogs changeront quoique ce soit, c’est sur le terrain que cela se passe en travaillant de ses dix doigts et de ses neurones.
    Vous dites que cela va mal et que les solutions proposées ne sont que des rustines, je veux bien mais par rapport à quoi?
    Si vous parlez du système industriel, je sais depuis 30 ans qu’il est condamné, nous vivons la dernière et irréversible crise de ce système et cela au niveau mondial.
    Par ailleurs, je sais aussi depuis 30ans que de plus en plus de personnes se mettent en marche pour construire autre chose, c’est d’ailleurs grâce à elles qu’avec mes modestes compétences je me suis moi-même mis en marche.
    Je fais ce que je peux en égard de ce que le système m’impose car, qu’on le veuille ou non, nous n’y échappons pas; alors nous n’avons pas le choix, c’est de l’intérieur que doit venir le changement, les impératifs environnementaux nous rappelant à l’ordre.
    Si même je ne cherche pas à comprendre la totalité du système financier ce n’est pas pour cela que cela ne m’intéresse pas, je lis avec beaucoup de plaisir les commentaires de tous les intervenants, mais bon, c’est parfois très ardu à comprendre.

  8. Réfléchir et trouver des solutions.
    J’ai écouté la dernière de la série hebdo du samedi de F Culture « L’économie en question »
    L’écoute n’est pas encore opérationnelle, ils sont un peu long à la détente chez F Culture.
    http://www.franceculture.com/emission-l-039-economie-en-questions.html
    Bonne prestation, des pistes intéressantes et d’autres à éviter.
    on ne sait pas capitaliser nos différences, il faut réindustrialiser les pays à vocation, pas les autres
    explorer les investissements à long terme, les faire progresser sur des sujets transversaux
    rebâtir l’Europe à long terme (vaste sujet et pourtant préalable)
    faire de l’écologie non pas une contrainte mais une chance
    chercher une nouvelle voie pour la sociale-démocratie
    il faut accèder à l’eldorado africain
    le CAC 40 ça baigne mais il manque 500 à 1.000 PME performantes : c’est une priorité, mettre en oeuvre des mesures pratiques et rapidos.

    Et aussi :
    Nous assistons à une faillite du politique pas de l’économie
    il y a une perte de contrôle économique de l’Europe
    l’Europe est la 1ère puissance commerciale

  9. Réfléchir et trouver des solutions, suite.

    « Imaginons l’alternative » titrait le Nouvel Obs du 17 juin.
    Dans le cadre de « Les débats de l’Obs », « Libération » et « le Nouvel Observateur » ont appelé au renouveau civique et à débattre ensemble les 18, 19 & 20 juin.
    Quelle annonce prometteuse

    « En avant-goût de cette rencontre, nous avons posé à sept personnalités politiques « progressistes »(Cécile Duflot, Jean-Luc Bennahmias, Eva Joly François Hollande, Jean Peyrelevade Pierre Moscovici, Manuel Valls) 3 questions préalables ».

    http://renouveau.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/06/15/imaginons-l-alternative.html

    De nombreuses propositions ont été faites par les intervenants ainsi que des erreurs commises ou à ne pas commettre.
    Questions posées :
    . Quelle serait la réforme prioritaire à mettre en oeuvre ? Et comment la financeriez vous ?
    . Pourquoi la France est elle si difficile à réformer ?
    . Quelle est la dernière réforme marquant une grande avancée en France ?

    Dans les réponses nous pourrons trouver des axes de réflexion et de propositions allant dans le sens de l’intérêt de tous avant que les blés verts ne soient fauchés abusivement.
    D’autres débats de ce type ont foisonné en juin.

  10. Après avoir poussé les petits malins à s’endetter à fond en 2009 ils sont
    maintenant en train de les saigner. Ca promet. C’est comme ça quand on
    soutien le mensonge, il faut s’attendre d’être à son tour menti.

    Incapables de relancer l’inflation (pardon la croissance) les maitres
    semblent avoir décidé de mettre un grand coup de frein et nous pousser dans
    la déflation la plus grave qu’on a jamais connu. Car dans leur folie
    névrosée ils ne conçoivent ne rien faire. Pourtant c’est la seule chose
    qu’ils font bien – le rien. Pourquopi ne pas les aider à exprimer leurs
    talents, hien ?

    A quoi servent les milliards des uns et des autres si non à corrompre encore
    plus le système de valeurs sur lequel notre société est basée ? A rien.

    Alors il vaut mieux les faire revenir à leur état d’origine – de la fumée.
    Et ceux qui ne peuvent pas s’en séparer ils n’ont qu’à partir avec.

  11. Paul,
    Une grande différence entre l’Europe et les Etats-Unis, c’est le pragmatisme.
    Vous en parlez de ce qui se passe dans le Golfe du Mexique.
    Croyez-vous un instant, que si le problème existait en Europe, que l’on essayerait de trouver les réponses aux problèmes parmi le public comme on l’a fait?
    Quelques émissions télés européennes ont existé pour demander l’aide du public dans le domaine de la délinquance. Appels à témoins. Mais ailleurs?

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