Archives par mot-clé : Chômage des jeunes

L’anaphore du Maître rationnel, par Jacques Seignan

Billet invité.

On lit dans Le Monde du 10 mars 2014 : « De plus en plus de jeunes quittent la France ».

Cette constatation sociologique –  nouvelle pour la France – se prête à diverses interprétations. D’aucuns se réjouissent : « Ces jeunes, ils finiront par revenir ! »

Mais est-ce si sûr ?

On sait que près d’un quart des jeunes de moins de vingt ans sont au chômage ; que leur précarité est devenue la norme ; que les loyers inabordables les obligent, devenus adultes, à rester chez leurs parents ; que les embauches se font à plus 80% en CDD… Cette liste inacceptable est si longue ! On peut en conclure que pour un jeune, le choix de quitter la France, quand l’avenir est à ce point bouché, est rationnel. C’est d’ailleurs pour des raisons analogues (la recherche d’une vie plus digne) que des millions d’Européens ont peuplé l’Amérique du Nord.

Tous les acteurs de la société obéissent à leurs propres intérêts immédiats de façon rationnelle sans pour autant qu’en émerge une rationalité bénéfique pour la société toute entière. Est-il rationnel de former des étudiants de haut niveau et les voir ensuite partir ? Est-il rationnel de sacrifier et précariser une génération entière ?

Mais il y a une féroce rationalité dominante et ceux qui l’appliquent sont extrêmement bien payés pour ces basses missions.

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L’actualité de demain : LES DEUX PILIERS DE LA STABILISATION FRAGILISÉS, par François Leclerc

Billet invité.

Oh, que ce calme est trompeur ! Les marchés boursier et obligataire sont d’ailleurs attentivement suivis, les premiers parce qu’ils commencent à trébucher après avoir prospéré, et le second car il a l’apparence d’un monstre dormant pouvant à tout moment se réveiller. Ce dernier en donne des signes aux États-Unis, en raison d’interrogations sur l’arrêt graduel des achats de titres de la Fed, et pourrait faire de même en Europe, après la déclaration de Jörg Asmussen de la BCE devant la Cour de Karlsruhe – selon laquelle le programme OMT est par construction plafonné – ce qui pourrait lui faire perdre son caractère dissuasif.

Un an après l’avoir décidé, le prochain sommet européen de fin juin va se pencher sur le deuxième pilier du sauvetage de la zone euro : l’union bancaire. L’état des négociations sur ce dossier n’est pas des plus impressionnant, si l’on considère le dispositif de renflouement des banques qui filtre : l’intervention du MES serait plafonnée et impliquerait en tout état de cause une intervention financière nationale de l’État. On est loin de l’intention initiale de la création d’un fonds financé par les banques et d’une déconnexion des dettes privées et publiques…

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