Archives par mot-clé : CoCos

L’INDIGESTION AU RISQUE, par François Leclerc

Billet invité.

Que se passe-t-il donc dans ce monde financier qui a recommencé à prospérer et arrêté de faire parler de lui ? Ce silence est-il d’ailleurs un bon signe, la mare aux canards ayant continué à se remplir, les banques centrales ayant massivement déversé de nouvelles liquidités ? Le resserrement de la politique de la Fed, qui fait les manchettes, consiste seulement à fermer leur robinet, mais pas à commencer à les assécher.

Les conditions sont favorables, est-il largement admis, pour que de nouvelles bulles financières apparaissent, et de doctes débats agitent en conséquence le monde financier : « à quoi reconnait-on une bulle constituée », s’interrogent-ils , alors qu’elles prospèrent sous leur nez ! A partir de combien de cailloux fait-on un tas ? La régulation financière ayant laissé largement inviolé le paradis des produits structurés, doit-on s’en alarmer et prendre le risque d’être accusé de voir le mal partout, les mêmes causes produisant les mêmes effets ? Le retour de l’appétit au risque sur certains marchés à haut rendement – et à risque correspondant – serait-il vraiment, comme ce jargon semble l’indiquer, un bien annonciateur de la remise en marche de la machine, comme il en court l’idée ?

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Espirito Santo : SAUVER LES APPARENCES ! par François Leclerc

Billet invité.

Une hypothèse de sauvetage de la Banque BES prend corps, qui pourrait être annoncée dimanche soir, in extremis avant l’ouverture de la bourse du lendemain. Selon TVI et SIC, deux chaînes de télévision commerciale, l’État se préparerait à rentrer au capital de la banque malgré les affirmations réitérées du premier ministre qui l’excluait.

Afin d’éviter à tout prix une nationalisation ne cadrant pas avec le credo libéral de l’équipe au pouvoir, une formule combinant l’apport de fonds et la souscription à une émission d’obligations contingentes par la banque tiendrait la corde. Elle permettrait de recapitaliser convenablement la banque, afin que ses fonds propres atteignent à nouveau le niveau requis par la Banque du Portugal de 7%, sans donner a l’État la majorité et en favorisant la constitution d’un pôle privé d’actionnaires.

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Le trop plein de liquidités : CE REMÈDE QUI CONDAMNE LE MALADE, par François Leclerc

Billet invité

Jamais les marchés financiers n’ont été scrutés avec une telle attention, forts de la conviction – implicitement admise et parfois théorisée – que des rebondissements de la crise en cours sont inévitables. Mais où, quand et comment cela va-t-il survenir ? La faible volatilité (ampleur des variations des cours) enregistrée sur les marchés interroge d’ailleurs des analystes, qui la compare au calme qui précède la tempête.

Des signes manifestes de surchauffe sont décelés et soupesés et le coupable n’est pas difficile à trouver : l’appétit au risque est revenu et les liquidités à très faible taux continuent d’être disponibles sans limitation aux guichets des banques centrales. Le volume de l’immense marché des « repos » (repurchase agreements, pensions livrées en français) était avant la crise de 4.200 milliards de dollars et a depuis rétréci. Désormais identifié comme source de tous les dangers, il n’est plus le lieu de prédilection des banques (qui se financent dorénavant à moins court terme, pour des raisons réglementaires), mais des hedge funds, fonds de pension et autres Real estate funds (ou Reits, les sociétés d’investissements immobilier cotées).

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LES ALCHIMISTES DE LA FINANCE BANCAIRE, par François Leclerc

Billet invité

Tirant la leçon qu’elles avaient pris trop de risques, les alchimistes de la finance s’ingénient à ce que les banques en soient dorénavant prémunies. Non pas en les empêchant d’en prendre, mais en le faisant supporter par d’autres.

La réanimation du marché européen des Asset-Backed Securities (ABS) en fournit l’occasion rêvée. Il est annoncé que la BCE et la Banque d’Angleterre joindront leurs forces pour venir en renfort de celles de la Commission, à l’occasion de la tenue de la réunion annuelle du FMI à Washington de cette semaine. La relance de la titrisation pourrait s’appuyer sur une évolution de la réglementation de l’IOEPA, qui regroupe les autorités de contrôle nationales du secteur des compagnies d’assurance et opère dans le cadre de Solvency II, l’équivalent pour celles-ci de Bâle III pour les banques. Toute l’argumentation repose sur le fait que la titrisation n’a pas donné lieu en Europe aux dérives constatées aux États-Unis, ce qui permettrait de l’assouplir… Les banques pourraient alors développer l’émission de titres adossés à des paquets de créances afin de les sortir de leur bilan et les compagnies d’assurance, les acheter, favorisant ainsi la relance du crédit aux entreprises, est-il espéré. Mais comment séparer la bonne de la mauvaise titrisation et donner des garanties à ce propos ? La relance de la machine à fabriquer de la dette est à opérer à ses risques et périls.

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L’actualité de demain : APRÈS LES BANQUES ZOMBIES, VOICI LES OBLIGATIONS MUTANTES… par François Leclerc

Billet invité.

A point nommé, une avalanche de CoCos est prévue en 2014. Selon le Financial Times, jusqu’à 30 milliards d’euros de ces obligations d’un type très particulier pourraient être émis l’année prochaine par les banques européennes, afin de répondre aux exigences réglementaires de renforcement de leurs fonds propres. Le mouvement s’est déjà engagé et prend de l’ampleur, les émissions se multipliant, recensées par la Banque des règlements internationaux (BRI) et la société Dialogic.

Afin d’y parvenir, il est choisi par les banques non pas d’augmenter leur capital, mais d’utiliser un moyen qui ne sera paradoxal que pour les méconnaisseurs : contracter de nouvelles dettes ! Ainsi va un système financier qui repose sur de la dette flottant tant bien que mal sur un océan de liquidités, la première ne se résorbant pas et le second s’étendant ! Les CoCos, obligations contingentes convertibles, sont un nouvel instrument financier né dès 2008, indice supplémentaire, s’il en était besoin, de la parfaite connaissance dès cette époque de l’étendue des pertes à combler au sein du système bancaire, ainsi que de la ferme intention de biaiser au lieu d’y répondre par une classique augmentation de capital.

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L’actualité de demain : LA MAGIE DES CoCos VA-T-ELLE OPÉRER ? par François Leclerc

Billet invité.

Une rencontre du 3ème type entre les investisseurs et les banques va-t-elle avoir lieu, afin de combler les trous géants des bilans bancaires en respectant un effet de levier quantifié à 3% de fonds propres par rapport au volume des actifs ? Sous le regard circonspect des régulateurs, les CoCos entrent en scène à petits pas.

La réduction de la taille des bilans ne pouvant à elle seule répondre aux nécessités réglementaires, l’estimation des montants qui vont devoir être levés par les banques européennes sur le marché naissant des CoCos (obligations convertibles contingentes) varie de 400 à 1.000 milliards d’euros ; seulement une vingtaine de milliards d’euros ont été déjà consacrés à l’achat de ces obligations d’un genre nouveau, appelées à muter en actions pour absorber les pertes. Dans l’attente de la finalisation de la réglementation les concernant – la main des régulateurs n’est pas trop assurée – une demi-douzaine de banques émettrices se sont jetées à l’eau et de multiples formules de déclenchement de la mutation ont été expérimentées auprès des investisseurs. La famille des CoCos s’agrandit de jour en jour et bientôt on ne s’y retrouvera plus. Mais un long chemin reste à parcourir avant qu’elle puisse jouer le rôle qui lui est imparti, indispensable pour se hisser à la hauteur des pertes à combler, afin que les créanciers devenus actionnaires aient ensuite quelque espoir de survie. A défaut de se mériter, la confiance se bâtit. On parle de cinq ans, voire du double, pour y parvenir, calquant le calendrier de renforcement des banques sur celui du désendettement des États, venant en cela confirmer que la période qui s’est engagée est de longue durée.

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L’actualité de demain : ILS BALAYENT À NOUVEAU LES MIETTES SOUS LE TAPIS… par François Leclerc

Billet invité.

En abandonnant leur projet d’union bancaire pour une pâle copie, à l’instigation du gouvernement allemand, les dirigeants européens confirment leur choix du début de la crise : ils préfèrent ignorer que le système bancaire européen a besoin d’être recapitalisé entre 500 et 1.000 milliards d’euros, selon les estimations qui circulent, plutôt que de mettre en place un dispositif permettant d’y faire face, ne sachant pas où cela les entrainerait. Car c’est bien de cela qu’il s’agit et non pas d’un hypothétique accident de parcours.

Les faits entre-temps ont tranché : les banques ne parviennent pas plus que les États à se désendetter comme prévu. Ce qui devait durer quelques années va maintenant prendre une décennie, est-il prédit. La situation alarmante du crédit, notamment dans les pays du Sud de l’Europe, résulte d’arbitrages en faveur de la consolidation bancaire au détriment de la distribution d’un crédit devenu trop risqué, sont pourtant porteurs de la désagrégation de la zone euro. Les États n’ont plus les moyens d’intervenir, confrontés à leur propre désendettement, ne pouvant qu’assurer la liquidité en maintenant leurs garanties. La BCE ne sait pas faire mieux, une fois ses guichets restés grands ouverts.

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L’actualité de la crise : UN PLAN A’ VIRTUEL, par François Leclerc

Billet invité

Pour ceux qui ne veulent voir dans la responsabilité de la crise que la construction imparfaite de l’euro, les nouvelles en provenance du Royaume-Uni devraient être passablement perturbantes, puisque le pays ne fait pas partie de la zone euro. À leur sujet, on pense à la singulière explication que vient de délivrer Mario Draghi : « À l’origine, il y avait une rupture de confiance dans la zone euro entre les pays qui respectaient toujours, ou la plupart du temps, la sagesse budgétaire, et les pays qui ne le faisaient pas. Ces deux dernières années, il s’est agi de reconstruire la confiance et pour cela les pays ont consenti des règles budgétaires plus strictes ».

Pour ceux qui ne voient d’issue que dans l’austérité et le désendettement des États, les récentes remarques d’Olivier Blanchard, l’économiste en chef du FMI, doivent sonner étrangement : « La réduction des déficits, qui s’est pour le moment bien plus déployée en Europe qu’aux États-Unis, a eu un impact considérable sur la croissance. Si vous regardez pays par pays, vous arriverez à la conclusion que les pays qui ont mis en place les plans de réduction les plus drastiques sont ceux qui ont le moins de croissance ».

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L’actualité de la crise : LES PLUMEAUX ET LE MARTEAU, par François Leclerc

Billet invité.

Au lieu de se faire toute petite, la finance spéculative fait à nouveau abondamment parler d’elle, rappelant les bonnes résolutions d’origine restées lettre morte.

En Espagne, l’opération vérité que tente le gouvernement pour faire le ménage dans les banques n’est pas crédible à force d’avoir trop tardé. Mais rester les bras croisés n’est plus possible. Elle rejaillit déjà sur le marché de la dette souveraine, car on ne voit pas comment l’Etat pourra éviter d’être mis à contribution, si le futur Mécanisme européen de stabilité ne les recapitalise pas directement. Sans même parler du financement ultérieur des bad banks dans lesquelles leurs actifs immobiliers toxiques devront être parqués (en dépit des réticences de Santander et de BBVA à y procéder, qui préféreraient continuer de dissimuler leurs faiblesses).

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L’actualité de la crise : DESSOUS DES CARTES, par François Leclerc

Billet invité

A quoi tiennent parfois les choses ! L’avenir de l’Europe et de l’euro est désormais prisonnier des péripéties de la vie politique allemande, au fil des élections régionales qui se succèdent et que la coalition au pouvoir semble continuer à devoir perdre.

L’intelligence de la crise de la dette européenne et de sa solution se résumant pour Berlin à l’impérieuse nécessité de réduire par tous les moyens les déficits publics, il en découle deux conséquences qui éclairent les épisodes en cours, le gouvernement étant dans l’obligation d’être exemplaire sur ce terrain.

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L’actualité de la crise : LA VALSE DES MILLIARDS, par François Leclerc

Billet invité.

Faut-il s’atteler à l’écriture du scénario de la crise européenne en 2011 ? C’est bien entendu illusoire, car on ne sait jamais à l’avance comment un château de cartes va s’écrouler. Par contre, mettre en place pour 2013 un échafaudage permanent, afin de remplacer le provisoire, c’est faire un calcul qui a toutes les chances de se révéler faux.

Si l’expression n’était pas usée, on dirait que 2011 va être une nouvelle année de tous les dangers.

Car d’autres calculs plus prévisibles risquent en effet d’imposer leurs effets, une fois considéré dans son ensemble le marché obligataire, sur lequel viennent se financer à la fois les Etats, les banques et les grandes entreprises. L’addition cumulée des besoins de tous est chargée et l’on va se bousculer au portillon.

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